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vendredi 28 août 2026

La science et la communication comme fondements de la sécurité des aliments, selon la FAO

Voici un article écrit par des scientifiques de la FAO, en accès libre, à paraître dans Journal of Food Protection, et intitulé, « La science et la communication comme fondements de la sécurité des aliments ».

Faits saillants

  • Les décisions en matière de sécurité des aliments reposent sur une science rigoureuse, transparente et responsable.
  • Les cadres institutionnels doivent favoriser l'intégrité dans la production et le partage de données probantes.
  • La confiance dans la sécurité des aliments dépend de données probantes solides ainsi que d'une communication claire et cohérente.
  • Une communication scientifique précise relève de la responsabilité partagée de toutes les parties prenantes.
  • Les nouveaux outils, y compris l'IA, doivent faire l'objet d'une évaluation rigoureuse avant d'être utilisés dans le domaine de la sécurité des aliments.

Résumé

La fiabilité des informations scientifiques et la pertinence de leur communication entre les parties prenantes sont essentielles à l'efficacité des systèmes de maîtrise des denrées alimentaires. Une science fiable étaye l'évaluation des risques, éclaire la prise de décision et l'élaboration de politiques fondées sur des données probantes, et constitue le fondement de la mise en œuvre de contrôles efficaces tout au long de la chaîne d'approvisionnement alimentaire mondiale. Toutefois, les données scientifiques peuvent comporter des limites ou des incertitudes qui doivent être soigneusement évaluées et prises en compte lorsqu'elles servent de base au management de la sécurité des aliments et aux décisions réglementaires. Le présent document souligne la nécessité d'une science solide ainsi que d'une communication claire et fiable à l'intention de toutes les parties prenantes afin de soutenir et de faire progresser la sécurité des aliments. Il s'articule autour de quatre objectifs : premièrement, il décrit le rôle de la science dans la garantie de la sécurité des aliments et clarifie certains concepts pertinents. Deuxièmement, il encourage les scientifiques en quête de nouvelles orientations de recherche à envisager de produire des données répondant aux besoins réglementaires, une démarche illustrée par une étude de cas. Troisièmement, il aborde la responsabilité partagée des parties prenantes dès les premières étapes du processus scientifique, afin de garantir la production de données de haute qualité ainsi qu'une communication précise et sans ambiguïté des résultats scientifiques. Enfin, il traite brièvement des défis scientifiques et communicationnels liés à la sécurité des aliments. Cet article s'adresse aux scientifiques, aux décideurs et aux professionnels qui s'intéressent à la sécurité des aliments, ainsi qu'au renforcement des approches fondées sur la science et d'une communication efficace sur les risques au sein du système alimentaire.

Commentaire
Comme souvent, des vœux pieux ...

dimanche 9 août 2026

Le tatouage altère-t-il la réponse immunitaire à la vaccination ?

À lire sur l'excellent site de l'Afis, Association française pour l'information scientifique, cet article, coordonné par Kévin Moris, « Le tatouage altère la réponse immunitaire à la vaccination », et publié en ligne le 25 juillet 2026. 


Extraits.
Pratique marginale il y a encore quarante ans, le tatouage s’est largement démocratisé. En 2023, près d’un Français sur cinq est tatoué, un taux qui place le pays dans la moyenne européenne. À l’échelle mondiale, on retrouve une valeur similaire, les États-Unis présentant la proportion la plus élevée avec plus de 30 % de personnes tatouées. Lors du tatouage, la pénétration répétée d’aiguilles dans le derme introduit une ou plusieurs encres selon un dessin précis. La permanence des tatouages est obtenue grâce à l’utilisation d’encres contenant des pigments peu solubles dans les fluides corporels, et un mélange complexe de liants, de solvants et d’additifs. Si le noir de carbone est le principal pigment utilisé pour les tatouages noirs, les autres contiennent généralement des pigments organiques initialement destinés aux plastiques, aux vernis ou aux peintures. 
(...)
Des travaux européens montrent que lors d’une vaccination, l’encre de tatouage au site d’injection module les réponses immunitaires de manière spécifique au vaccin, avec une réponse réduite au vaccin contre la Covid-19 (diminution du taux d’immunoglobulines) et une réponse accrue au vaccin antigrippal inactivé par UV. Ces résultats obtenus chez la souris ont été confirmés in vitro dans des cultures de macrophages humains. Ils reflètent des différences dans les mécanismes d’action entre ces classes de vaccins.

Il faut bien évidemment considérer ces conclusions avec précaution car les travaux, réalisés avec des modèles animaux et cellulaires, devront être confirmés par des études cliniques humaines. Cependant, compte tenu de la popularité croissante du tatouage, ils sont importants pour informer les décideurs politiques et le grand public du risque potentiel lié à une altération de la réponse immunitaire associée à la pratique du tatouage. Il convient toutefois de préciser que ces résultats ne remettent pas en cause l’intérêt et les bénéfices de la vaccination, même chez les personnes tatouées.

NB : L'article est disponible en intégralité et gratuitement.

Les articles du blog sur le tatouage sont ici.

jeudi 30 juillet 2026

Nouvelles règles de l'UE relatives aux techniques de génomique végétale

Le 20 juin 2026 est paru un article de Catherine Regnault Roger le 20 juin 2026 dans European Scientist intitué « Réglementation européenne sur les NGT : enfin un brin d’innovation ? »

Il y a 7 ans commençait la procédure de révision de la réglementation européenne pour les NGT (selon l’acronyme anglais New Genomic Technics proposé par la Commission européenne en 2021). Un laborieux processus qui vient de se conclure par le vote positif du Parlement européen le 17 juin 2026.

Des obstacles ont été dressés tout au long du processus évoqué, notamment des tentatives d’obstructions parlementaires comme des « irrégularités » informatiques suspectes, heureusement rectifiées, mais aussi des pluies d’amendements pour retarder les votes des instances parlementaires : une guérilla menée par les opposants traditionnels aux biotechnologies végétales, hier anti-OGM, aujourd’hui anti-NGT qui comptent des eurodéputés influents dans leurs rangs et de plusieurs lobbys bien introduits à Bruxelles. 

L’Union européenne vient de publier ce communiqué sur les « Nouvelles règles de l'UE relatives aux techniques de génomique végétale ».

De nouvelles règles de l'Union européenne (UE) ont été adoptées concernant la commercialisation des cultures produites à l'aide de certaines nouvelles techniques génomiques (NGT) qui modifient le matériel génétique des plantes (Commission européenne 2025). Les nouvelles règles classent les NGT en deux catégories :

  • Les plantes NGT de la catégorie 1 - qui peuvent être produites naturellement ou par sélection conventionnelle - ne seront pas considérées comme des organismes génétiquement modifiés (OGM). Elles devront uniquement faire l'objet d'une procédure de vérification et n'auront pas besoin d'être soumises à une évaluation des risques et à une autorisation.

  • Les plantes de la catégorie 2 des NGT - dont les modifications ne peuvent pas se produire naturellement ou par sélection conventionnelle - devront se conformer aux règles relatives aux OGM, y compris en ce qui concerne l'évaluation des risques et l'autorisation.

Le Conseil de l'UE et le Parlement européen ont donné leur accord provisoire à cette mesure, qui devra être formellement approuvée.

Selon l’article précité de European Scientist,

On sait maintenant que l’édition génomique permet d’obtenir, avec des modifications génétiques minimes, des changements épigénétiques marqués. Et c’est sans doute là-dessus que parie le secteur semencier européen pour saluer l’avancée réglementaire obtenue. Mais celle-ci sera-telle suffisante pour que l’Union européenne, qui s’est illustrée par un refus de fait des cultures transgéniques au XXè siècle, se donne les moyens d’adopter pleinement la révolution biotechnologique du XXIè siècle, les NGT ? Sera-t-elle armée avec ce nouveau règlement pour affronter les bouleversements géopolitiques en cours et la nouvelle donne économique mondiale ?

(…)
Ont été écartés de la nouvelle réglementation, à ce jour, les micro-organismes et les animaux : une exclusion qui ne serait que partie remise, murmure-t-on dans les couloirs ministériels, mais surprenante quand même ! Faut-il rappeler le rôle historique joué des micro-organismes transgéniques pour la biosynthèse de l’insuline humaine qui révolutionna le traitement des diabètes humains ? Ou encore les recherches menées aux Etats-Unis et en Chine avec des techniques NGT qui permettent d’améliorer le bien-être et la santé des animaux, évitant par exemple la castration chimique ou chirurgicale des porcs (travaux de la société Acceligen dans le Minnesota) ou diminuant la sensibilité des porcelets au froid et leur mortalité en hiver (travaux de l’Académie des sciences de Chine à Beijing) ?. L’Union européenne peut-elle se priver de l’outil technologique de l’édition génomique dans ces deux domaines ?

Concernant les végétaux, l’ISF (International Seed Federation), par la voix de son Secrétaire général, Michael Keller, a récemment plaidé pour que le « patchwork des réglementations conflictuelles » laisse la place à une réglementation universelle des NGT basée sur la science qui s’alignerait sur celle des semences conventionnelles et lèverait ainsi les obstacles au commerce mondial des semences ! Il est clair qu’alors le progrès génétique serait à même de donner une réponse à la hauteur des enjeux planétaires de développement et de durabilité de l’agriculture ! Puisse ce souhait devenir réalité !

mercredi 29 juillet 2026

PFAS, microplastiques et retardeurs de flamme bromés et leurs effets sur l'exposition alimentaire

PFAS

Les experts surveillent de près les PFAS et les microplastiques. L'OMS a récemment mené une étude pour appuyer l'élaboration de valeurs sanitaires pour les « polluants éternels », identifiant 18 PFAS prioritaires et six catégories d'effets sur la santé (cancer, effets sur le développement, effets hépatiques, effets sur le système immunitaire, effets métaboliques et effets sur la reproduction.) en fonction de l'exposition alimentaire. Voir la suite ici.

Microplastiques

Aux États-Unis, le Government Accountability Office (GAO) des États-Unis (le GAO est l’équivalent américain à notre cour des comptes) a publié un rapport sur la présence croissante de microplastiques dans l'environnement et le corps humain, soulignant l'incertitude scientifique persistante quant à leurs effets sur la santé et présentant les efforts fédéraux récents déployés pour mieux comprendre et réduire l'exposition. Voir la suite ici.

Retardeurs de flamme bromés

L'EFSA a mis à jour son évaluation des risques liés aux retardateurs de flamme bromés (RFB) émergents dans les aliments. Le manque de données a empêché une évaluation complète des risques pour la plupart des 27 substances chimiques évaluées. Les RFB sont des substances chimiques de synthèse utilisées dans les plastiques, les textiles, l'électronique et d'autres produits pour réduire leur inflammabilité. On les détecte le plus souvent dans les aliments d'origine animale. Voir la suite ici.

samedi 25 juillet 2026

Loi d'urgence agricole : le point de vue de M. Jean-Baptiste Moreau*

Le projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles a été définitivement adopté par le Parlement le 21 juillet 2026.

J'assiste depuis des années, et même durant mon mandat, à l'hystérisation des débats dès que l'on parle agriculture.

Les débats autour de cette loi n'ont pas échappé à cette tendance : « Acetamiprid is the new glyphosate ».

Ces molécules deviennent des symboles pour les idéologues de tout poil pour se livrer de façon totalement irrationnelle scientifiquement à une critique d'une agriculture qu'on caricature à l'infini en ne connaissant rien de ses réalités.

Je suis bien placé pour parler de cela, pour avoir été rapporteur de la loi egalim où j'ai du consentir pour empêcher l'interdiction par la loi du glyphosate qui aurait eu des conséquences dramatiques sur l'ensemble de l'agriculture, de passer un compromis avec les écolos de mon camp ou des autres, en interdisant la flupyradifurone. Je savais que cela aurait des conséquences sur certaines productions, mais je les pensais moins problématiques que l'interdiction du glyphosate.

Je regrette cette décision et je salue le fait que le texte laisse à l'ANSES la possibilité de déroger à l'interdiction.

Ces décisions n'ont rien à faire dans la main des politiques. Elles doivent être uniquement prises en fonction des faits scientifiques démontrés. Sinon le politique se vautre dans la démagogie, instrumentalisé par des idéologies qui ne conduiront qu'à la ruine de notre agriculture.

J'entends les inquiétudes sur la dangerosité de certaines molécules ou certaines pratiques agricoles. Mais c'est la science qui doit rassurer nos concitoyens et la peur ne doit pas être instrumentalisée par le politique.

Nous sommes en train de faire avec l'agriculture ce que nous avons fait avec le nucléaire.

La pensée unique du moment c'est que notre modèle agricole doit changer, que tout le monde devrait passer en bio.

On assiste aux mêmes caricatures que quand on expliquait que le nucléaire était le mal absolu. À l'époque, les ONG, le grand public et quasiment toute la classe politique voulaient la fin du nucléaire à tel point que certains pays l'ont fait, comme l Allemagne.

Or la tendance s'est inversée aujourd'hui devant la peur de voir des pénuries d'énergie ou le prix de l'énergie flamber, ce qui affecterait notre mode de vie. Et on voit combien cette vision de l'époque va nous coûter cher pour remettre à niveau ce secteur.

Ainsi faut-il attendre que nos rayons de supermarché ou de commerce soient vide de toute aliment français pour que nos concitoyens se rendent compte que notre agriculture est menacée de mort ?

Et qu'on ne mette pas cette mort programmée sur le compte de la concurrence internationale. Ce ne sont que des fadaises pour gogos susceptibles de gober les âneries et autre idéologie mortifère des extrêmes.

Elle va crever car nous sommes au comble de l'hypocrisie. Nous voulons que notre agriculture produise sans aucun produit, sans aucun intrant, mais nous refusons de payer ses produits au juste prix et nous achetons abondamment des produits issues d'une agriculture que nous ne voulons pas.

Et pitié, pas de couplet sur « on part les premiers, les autres suivront ». Ils ne suivent jamais, car ils voient bien que ce que nous faisons est une impasse totale.

L'agriculture française a vocation à produire de l'alimentation saine et durable. Elle n'aura jamais pour vocation unique d'entretenir les espaces car les agriculteurs deviendraient des fonctionnaires et c'est absolument incompatible avec la nature profonde de l'agriculteur faite de passions, de prises de risques. L'agriculteur est un entrepreneur par essence, qui vit dans le réel et n'a d'autre choix que de s'adapter au réel : au climat, aux demandes du consommateur.

oo0oo

Le mythe d'une agriculture vivrière refermée sur nos frontières n'est qu'un mythe. Tous ceux qui ont essayé ont tué leur agriculture. On peut toujours rêver d'un monde où il en fut autrement, mais ce monde n'a jamais existé à travers l'histoire et n'existera jamais. L'agriculture a besoin d échanges pour permettre aux agriculteurs de vivre .

C'est une réalité intangible économique et scientifique. Et on ne peut pas obliger nos agriculteurs à courir avec des boulets au pied. Bien sûr, il ne s'agit pas de faire n'importe quoi pour produire, mais ce n'est déjà absolument pas le cas.

Si nous voulons avoir encore des agriculteurs demain en France, il va falloir renouer le contact, arrêter de les juger sur la base de croyances. Et du côté des agriculteurs, les manifestations ne suffiront pas à faire comprendre les nécessités de ce métier. Bien aimer les agriculteurs, c'est bien ; le leur prouver, c'est mieux. Et on ne le leur prouve pas en leur expliquant comment ils devraient exercer un métier, dont au final on ne connaît rien.

* Ancien député (2017-2022). Paysan de la Creuse à jamais. Consultant indépendant et libre.

Références, 1 et 2.

NB: Je remercie André Heitz d’avoir signalé ce texte paru sur son blog ici.


mardi 7 juillet 2026

PFAS : Un défi permanent

C'est par ces mots forts du Dr Tewes Tralau, vice-président du BfR, que commence le nouveau dossier de l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques (BfR) sur les PFAS dans le nouveau numéro du magazine scientifique du BfR, Bf2GO.

« Il n’y a rien dehors et rien dedans, car elle est à l’envers dehors et dehors dedans », dit le poème « Épirhème » de Goethe, consacré à la contemplation de la nature. Au sens figuré, cela s’applique également à de nombreuses substances que l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques (BfR) considère comme dangereuses.Prenons l'exemple des PFAS, ces « polluants éternels » qui pénètrent dans le corps humain par l'environnement, c'est-à-dire de l'extérieur vers l'intérieur. Il peut s'écouler un long moment avant qu'ils ne soient de nouveau éliminés. Ce n'est toutefois pas une éternité, comme vous pouvez le lire dans notre article sur les PFAS.

L'ingestion de PFAS par l'homme provient principalement des produits alimentaires d'origine animale, tels que le poisson, la viande, le lait et les œufs. En raison de la longue durée de séjour de certains PFAS dans l'organisme, des concentrations peuvent s'accumuler et avoir des effets néfastes sur la santé. Parmi ces effets, on note une augmentation du taux de lipides sanguins (un facteur de risque de maladies cardiovasculaires), une augmentation d'une enzyme hépatique dans le sérum sanguin (indiquant un trouble du foie) et une diminution du poids de naissance. Grâce à des études de transfert, le Dr Robert Pieper et son équipe du BfR étudient comment les PFAS pénètrent dans l'alimentation via les aliments pour animaux, l'eau potable et les sols. Il explique précisément ce mécanisme dans l'interview de BfR2GO.

A lire, cet article « Un défi sans fin », ici.

MàJ du 1er juillet 2026. Substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) : substances préoccupantes dans les emballages alimentaires.

De nouvelles limites de PFAS dans les emballages alimentaires s’appliqueront à partir d’août 2026. La conformité devra être attestée par une déclaration de conformité transmise à l’importateur de l’UE. Ce guide explique les nouvelles règles et la manière dont les opérateurs de la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire peuvent s’y préparer.

mardi 9 juin 2026

La biodynamie et la foi ...

Dans son blog-notes du 9 juin 2023, Olivier Masbou nous propose un article « Biodynamie : le livre qui nous avait échappé ».

Nous sommes tombés sur un article du père Jean-Christophe Thibaut, auteur du livre, « Un regard chrétien sur l’agriculture biodynamique : méthode bio ou pratique occulte ? » (Artège, Juin 2024). L’auteur rappelle que « les croyances de Rudolf Steiner (inventeur de la biodynamie) sont aussi nombreuses que baroques (.) Certains agriculteurs chrétiens peuvent se laisser séduire par le langage apparemment spirituel de la biodynamie, mais celui-ci repose sur une pensée de type panthéiste (tout est divin), antinomique avec la révélation judéo-chrétienne qui professe la foi en un Dieu unique et créateur. L’anthroposophie, qui est la base doctrinale de la biodynamie, s’inscrit dans la mouvance du néopaganisme et anticipe l’avènement du New-Age. Si l’on parle effectivement du Christ dans l’anthroposophie, il s’agit du « Christ Solaire » et non du Jésus des Évangiles. Certes, la biodynamie n’utilise pas des pratiques de sorcellerie au sens propre (pas d’invocations, de rituels magiques), mais elle éloigne les croyants de la foi révélée en les faisant adhérer, plus ou moins explicitement, à une pensée idolâtrique contraire à l’enseignement biblique. Certains agriculteurs chrétiens pensent qu’il suffit de séparer la méthode de son contenu ésotérique pour utiliser sans problème la biodynamie, mais est-ce vraiment possible ? »

« Nier le lien entre le label Demeter et la Société Anthroposophique serait aussi se voiler la face : Demeter reverse chaque année 100 000 euros à la Société Anthroposophique et propose des stages pour découvrir et approfondir la pensée de Steiner. Si tous les adhérents ne deviennent pas anthroposophes, la Société Anthroposophique trouve dans la biodynamie un moyen efficace de recruter de nouveaux membres ».

Rappelons que pour le père Jean-Christophe Thibaut,

Parmi la trentaine de labels bio qui fleurissent actuellement, l’un d’entre eux, Demeter, attire l’attention des cavistes et des restaurateurs. Ce label regroupe des vignobles, mais aussi des produits agricoles, issus de l’agriculture biodynamique. Ceux-ci sont réputés être « plus bio que le bio ». Effectivement, le cahier des charges est exigeant : aucun produit chimique de synthèse n’est toléré, ni aucun engrais azoté chimique, ni aucune semence ou plant OGM. 

Mais la méthode repose également sur d’autres principes moins conventionnels, comme la position des astres et du zodiaque, ainsi que sur certaines préparations, comme la bouse de cornes enterrée pendant une saison pour se charger de « forces cosmiques », puis « dynamisée » dans un seau d’eau afin d’être répandue à dose homéopathique sur les cultures ou les vignes. On insiste aussi sur l’importance de la pratique de la méditation et sur l’échange spirituel que l’agriculteur doit nouer avec des « êtres élémentaires » (gnomes, ondines, sylphes, salamandres).

NB : A la suite de l’article du père Jean-Christophe Thibaut est proposé une réponse de l’association Demeter France ...

lundi 8 juin 2026

Cadmium : les chiffres réels sont loin des discours alarmistes

Cadmium : les chiffres réels sont loin des discours alarmistes, article publié le 7 juin 2026 sur le site d'André Heitz.

Cadmium : les chiffres réels sont loin des discours alarmistes de Patrick Hautefeuille sur LinkedIn.

Le sujet du cadmium mérite d’être traité sérieusement.

Avec des analyses, des suivis de terrain et des données vérifiables. Pas avec des raccourcis anxiogènes.

Que montrent réellement les suivis des récoltes françaises ?

– En pommes de terre, les teneurs moyennes annuelles mesurées en France restent stables depuis plus de 15 ans autour de 0,026 mg/kg.

➡️ La limite réglementaire européenne est fixée à 0,10 mg/kg.

➡️ Les niveaux observés sont donc près de 4 fois inférieurs au seuil réglementaire.

La courbe publiée par Arvalis montre d’ailleurs des valeurs restant globalement entre 0,02 et 0,04 mg/kg depuis 2009, très loin de la ligne rouge correspondant à la norme européenne.

– En blé tendre, la teneur moyenne pluriannuelle est d’environ 0,033 mg/kg, soit environ 3 fois sous la limite réglementaire européenne.

– En blé dur, les teneurs ont diminué d’environ 50 % depuis 2010, notamment grâce au travail de sélection variétale et à l’amélioration des pratiques agronomiques.

Autre réalité souvent oubliée :

– Les apports de phosphore minéral (P₂O₅) ont chuté de 67 % en 25 ans en France.

– En blé tendre, 62 % des surfaces ne reçoivent désormais plus d’apport phosphaté annuel.

Autrement dit : pendant que certains entretiennent une peur permanente autour de l’agriculture française, les agriculteurs et les filières techniques travaillent depuis des années sur :

✔️ la sélection variétale

✔️ l’optimisation des fertilisations

✔️ le suivi analytique des récoltes

✔️ la réduction des transferts vers les cultures.

Le cadmium est un sujet de vigilance.

Mais les chiffres montrent aussi des progrès réels et mesurables.
La science mérite mieux que les caricatures.

Sources :
– Arvalis

NB : Le blog avait consacré un article suivi de deux mises à jour sur le sujet du cadmium, ici.

jeudi 12 mars 2026

Une haut-fonctionnaire bientôt à la tête de l'Anses ?

Économiste, diplomate, haut-fonctionnaire, voici la future directrice 
générale de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement, Anses, 
Élisabeth Claverie de Saint Martin

Et elle est où la Science dans cette nomination ?

MàJ du 19 mai 2026. L'Anses nous confirme la nomination d'une nouvelle directrice générale, « Haut fonctionnaire et ministre plénipotentiaire, Élisabeth Claverie de Saint Martin mettra au service de l’Agence une expertise reconnue à l’interface entre science, politiques publiques et enjeux internationaux. »

mardi 19 décembre 2023

Les micro-organismes multitâches pourraient améliorer l’économie des biocarburants et l’impact climatique

Dans une nouvelle étude en microbiologie parue dans Applied and Environmental Microbiology, une revue de l’ASM, des chercheurs ont conçu des microbes pour produire deux produits précieux à partir de fibres végétales, améliorant ainsi l'économie des biocarburants et l'impact climatique. Lire l'article de GLBioénergie sur les microbes multitâches. Découvrez comment GL Bioenergy les a formés pour faire à la fois deux choses précieuses.

Des microbes multitâches pourraient améliorer l'économie des biocarburants et l'impact climatique. Les scientifiques de l'University of Wisconsin–Madison conçoivent des bactéries pour fabriquer deux produits précieux à partir de fibres végétales.

samedi 9 décembre 2023

Diphtérie : il y a 100 ans, le premier vaccin à base d'anatoxines bactériennes

Le blog dédie cet article à tous les antivax …

«Diphtérie : il y a 100 ans, le premier vaccin à base d'anatoxines bactériennes», source Institut Pasteur.
En 1923, le vétérinaire Gaston Ramon découvrait l’anatoxine diphtérique, une molécule capable de neutraliser la toxine produite par la bactérie à l’origine de la diphtérie. A peine un an plus tard, il conceptualise la notion d’adjuvants et crée l’ancêtre du vaccin DTP. Ces découvertes sauveront des milliers de vies au cours des années suivantes.

La diphtérie est une angine grave qui atteint tout d’abord la gorge, et peut ensuite affecter d’autres organes tels que le système nerveux central. Elle se caractérise par la présence de «fausses membranes» blanchâtres constituées de cellules mortes au fond de la gorge. Le croup ou «cri de corbeau», est une autre caractéristique de la maladie dont le nom se réfère aux sons émis par les patients en détresse respiratoire. Dans la France du milieu du XIXe siècle, la diphtérie touchait chaque année près de 30 000 personnes et tuait la moitié des enfants affectés.

Les toxines bactériennes à l’origine de leur propre antidote
En 1888, les pasteuriens Emile Roux et Alexandre Yersin découvrent que la bactérie à l’origine de la diphtérie, Corynebacterium diphtheriae, est capable d’émettre une toxine qui serait vraisemblablement à l’origine de la maladie. La toxine diphtérique, de son nouveau nom, fut la première toxine bactérienne à avoir été identifiée.


Portraits d’Emile Roux (gauche, vers 1894) et Alexandre Yersin (droite, vers 1908). Crédit Institut Pasteur.

Apparue dans les années 1890, la sérothérapie est une discipline consistant à inoculer des animaux avec des doses croissantes d’une toxine. Le corps de l’animal, pour se protéger contre cette toxine, émet en réponse une dose croissante d’une substance spécifiquement neutralisante, l’antitoxine.

Lors de leurs expériences, Emile Roux et ses collaborateurs remarquent que cette substance peut être produite puis extraite en grande quantité et sans traumatisme chez des chevaux. Ils décident alors d’inoculer ce sérum à des dizaines d’enfants menacés par la diphtérie. Grâce à ces inoculations, deux fois plus d’enfants que prévu survivent : l’expérience est un succès,la sérothérapie antitoxique est née. Lors du Congrès de Budapest en 1894, Emile Roux fut qualifié de héros, de «sauveur des enfants». Mais il ne faut pas non plus oublier les travaux et le soutien de ses collaborateurs : Alexandre Yersin, mais aussi Martin et Chaillou.

Gaston Ramon, l’inventeur du vaccin antidiphtérique
Trente ans plus tard, le pasteurien Gaston Ramon s’intéresse aux anatoxines, des toxines bactériennes traitées par le formol et la chaleur pour leur faire perdre leur pouvoir pathogène.

En 1923, il remarque que dans un récipient contenant une toxine et son antitoxine, un précipité se forme : c’est la floculation, un phénomène mesurable qui permet de quantifier la neutralisation d’une toxine par son antitoxine. Gaston Ramon en conclut qu’inoculer un être vivant avec une anatoxine permet de l’immuniser contre la toxine associée. Le 10 décembre 1923, Emile Roux présente les résultats de Gaston Ramon à l’Académie des Sciences.

Le Canada fut l'un des premiers pays à administrer l'anatoxine à grande échelle. En 1924, sous le contrôle de Gaston Ramon, les Connaught Laboratories de l'Université de Toronto entreprirent la préparation de l'antitoxine diphtérique. Celle-ci fut bientôt mise à la disposition de toute la population canadienne.

La même année, Gaston Ramon conceptualise la notion d’adjuvants, des substances qui renforcent la réponse immunitaire lorsqu’elles sont administrées conjointement avec un traitement. En inventant les vaccins associés, il réussit également un tour de force : immuniser par la même occasion contre la diphtérie et le tétanos grâce à l’ancêtre du vaccin DTP (diphtérie, tétanos, poliomyélite). Grâce entre autres à ces travaux, les années 1920 voient par ailleurs apparaître les vaccins contre la tuberculose (1921) la diphtérie (1923), le tétanos et la coqueluche (1926), d’autres maladies elles aussi mortelles.

A propos des rapports entre la religion et la science

jeudi 7 décembre 2023

Science et biodynamie : Un oxymore !

La biodynamie est une méthode qui refuse l’expérimentation scientique, dès lors que viennent-ils faire ici ces chercheurs ?

mardi 5 décembre 2023

France : L'obscurantisme a de beaux jours devant lui

Complément 

lundi 20 novembre 2023

Solutions microbiennes pour réduire les émissions de méthane

«Un nouveau rapport présente des solutions microbiennes pour réduire les émissions de méthane», source ASM News.

L'Académie américaine de microbiologie, groupe de réflexion scientifique et honorifique d’experts de l'American Society for Microbiology (ASM), a publié un nouveau rapport intitulé Le rôle des microbes dans la médiation des émissions de méthane ou The Role of Microbes in Mediating Methane Emissions. Le rapport met en évidence des recommandations visant à approfondir la compréhension de la communauté scientifique des processus microbiens de production et de consommation de méthane afin d’atténuer les émissions de méthane et de lutter contre le changement climatique.

Les microbes peuvent influencer le changement climatique grâce à des cycles biogéochimiques qui consomment ou produisent des gaz à effet de serre. L’augmentation des niveaux de méthane est l’un des principaux moteurs de la hausse des températures mondiales. Le pouvoir réchauffant du méthane est environ 80 fois plus puissant que celui du dioxyde de carbone sur une période de 20 ans. La réduction des émissions de méthane est un moyen efficace de ralentir la hausse des températures mondiales à court terme. Les microbes sont d’importants consommateurs et producteurs de méthane. Comprendre les diverses capacités métaboliques des microbes peut donc aider les scientifiques à mieux développer des solutions microbiennes permettant de résoudre le problème des émissions de méthane.

«En comprenant le rôle des microbes dans la médiation des émissions de méthane, nous ouvrons un large éventail de solutions prometteuses pour relever le défi climatique», a dit Vanessa Sperandio, présidente des gouverneurs de l'Académie. «Plus que jamais, la communauté scientifique doit travailler ensemble pour proposer de toute urgence ces solutions.»

Le rapport est le résultat des discussions et délibérations des experts participants au colloque des 31 mai et 1er juin 2023, organisé par l'ASM et l'American Geophysical Union, avec le soutien supplémentaire de la Soil Science Society of America. L’expertise des participants couvrait une variété de disciplines et de secteurs. Ils ont identifié des lacunes dans les connaissances qui doivent être explorées davantage et ont mis en évidence des stratégies potentielles pour lutter contre les émissions de méthane. Les recommandations du rapport visent à contribuer au développement de solutions qui exploitent les microbes pour réduire les émissions de méthane provenant de 4 sources principales : la fermentation entérique chez les ruminants (comme les vaches ou les moutons), les déchets animaux, les rizières et les décharges.

On lira :


Complément

jeudi 16 novembre 2023

La Commission européenne renouvelle l’autorisation du glyphosate pour 10 ans. Le chantage n'a pas fonctionné. Une victoire pour la Science !

Complément
Complément bis
Les lecteurs du Figaro du 17 novembre semblent ne pas d'accord avec l'autorisation du glyphosate. Y'a du boulot pour la science ...

lundi 13 novembre 2023

C'est quoi cette couleur rose indien de l'eau ?

Une photo ci-dessus est parue sur Instagram et suscite la curiosité ...

Des halobactéries extrémophiles rendent l'eau très rose de la réserve faunique nationale de Kealia Pond, source astrobiology.

Le personnel du US Fish and Wildlife Service de la réserve faunique nationale de Kealia Pond surveille l'eau rose sur place depuis le 30 octobre et travaille avec le département des ressources aquatiques et le ministère de la Santé de l'État d'Hawaï pour identifier la cause et déterminer un plan d'action.

Des échantillons d'eau ont été prélevés et envoyés à l'Université d'Hawaï (UH) pour analyse. L’analyse préliminaire suggère :

Il ne s’agit probablement pas d’une algue toxique, par exemple, du type qui produit des marées rouges.

Il semble qu'il s'agisse d'un organisme unicellulaire appelé halobactérie. Les halobactéries sont des organismes qui aiment le sel et que l'on trouve dans les plans d'eau à forte salinité. La salinité de l’exutoire de l’étang Kealia est actuellement supérieure à 70 parties pour mille, soit deux fois la salinité de l’eau de mer. C’est cette eau à haute salinité dans la sortie qui fournit des conditions favorables aux halobactéries, produisant la couleur rose. L'UH effectue d'autres analyses pour déterminer la souche exacte des halobactéries. Nous continuerons à recueillir des informations et tiendrons le public informé.

Par mesure de précaution, nous recommandons aux personnes de garder une distance de sécurité et de ne pas entrer dans l'eau, de ne consommer aucun poisson de l'eau et de veiller à ce que les animaux domestiques ne boivent pas l'eau.

vendredi 3 novembre 2023

Des bactéries mangeuses de plastique transforment les déchets en matières premières utiles pour d’autres produits

Après
Les plastiques des rivières contiennent des bactéries pathogènes et des gènes de résistance aux antibiotiques, voici que «Des bactéries mangeuses de plastique transforment les déchets en matières premières utiles pour d’autres produits», source ACS Press 1er novembre 2023.

Référence : «Microbial Upcycling of Waste PET to Adipic Acid» (Valorisation microbienne des déchets de PET en acide adipique).

Des montagnes de bouteilles en plastique usagées sont jetées chaque jour, mais les microbes pourraient potentiellement résoudre ce problème. Aujourd'hui, des chercheurs dans ACS Central Science rapportent qu'ils ont développé E. coli mangeur de plastique qui peut transformer efficacement les déchets de polyéthylène téréphtalate (PET) en acide adipique, qui est utilisé pour fabriquer des matériaux en nylon, des médicaments et des parfums.

Auparavant, une équipe de chercheurs, dont Stephen Wallace, avait conçu une souche modifiée de E. coli pour transformer le composant principal des vieilles bouteilles en PET, l'acide téréphtalique, en quelque chose de plus savoureux et de plus précieux : la vanilline, un composé aromatisé à la vanille. Dans le même temps, d’autres chercheurs ont conçu des microbes pour métaboliser l’acide téréphtalique en diverses petites molécules, notamment des acides courts. Ainsi, Wallace et une nouvelle équipe de l'Université d'Édimbourg ont voulu élargir les voies de biosynthèse de E. coli pour inclure le métabolisme de l'acide téréphtalique en acide adipique, une matière première pour de nombreux produits quotidiens généralement générés à partir de combustibles fossiles à l'aide de processus à forte intensité énergétique.

L'équipe a développé une nouvelle souche de E. coli qui produit des enzymes capables de transformer l'acide téréphtalique en composés tels que l'acide muconique et l'acide adipique. Ensuite, pour transformer l'acide muconique en acide adipique, ils ont utilisé un deuxième type de E. coli, qui produisait de l'hydrogène gazeux, et un catalyseur au palladium. Lors d’expériences, l’équipe a découvert que la fixation des cellules microbiennes modifiées à des billes d’hydrogel d’alginate améliorait leur efficacité et que jusqu’à 79% de l’acide téréphtalique était converti en acide adipique. À l'aide d'échantillons réels d'acide téréphtalique provenant d'une bouteille jetée et d'un revêtement prélevé sur des étiquettes d'emballages de déchets, le système avec E. coli modifié a produit efficacement de l'acide adipique. À l’avenir, les chercheurs disent qu’ils rechercheront des moyens de biosynthétiser des produits supplémentaires à plus forte valeur ajoutée.

samedi 14 octobre 2023

Shigellose : Un vaccin prometteur mis au point chez la souris

Dans la revue, Microbiology Spectrum, des chercheurs décrivent un candidat vaccin sous-unitaire auto-adjuvant qui induit une réponse immunitaire protectrice contre plusieurs sérotypes et espèces de Shigella, que l'hôte ait déjà été exposé à Shigella ou non.

L’article s’intitule, «The L-DBF vaccine cross protects mice against different Shigella serotypes after prior exposure to the pathogen».

Résumé

Le système de sécrétion de type III (T3SS) de Shigella est un système de sécrétion spécialisé qui constitue le principal facteur de virulence qu'il utilise pour infecter la muqueuse colique. Il a été démontré que les protéines IpaB et IpaD de l'appareil de sécrétion de type III (T3SA), ainsi que la fusion génétique, appelée DBF, protègent les souris contre l’infection à Shigella spp. dans un modèle pulmonaire mortel. Dans une étude précédente, nous avons fusionné LTA1, la partie active de la toxine mortelle de Escherichia coli entérotoxinogène au DBF pour produire un candidat vaccin auto-adjuvant L-DBF, qui protège les souris contre quatre sérotypes de Shigella flexneri et Shigella sonnei. Ici, nous avons exposé des souris à une ou deux doses sublétales de S. flexneri 2a pour identifier si la réponse immunitaire induite par le L-DBF chez l'hôte serait affectée par une infection antérieure par des sérotypes homologues ou hétérologues de Shigella.

Nous démontrons que la pré-infection avec deux doses sublétales de S. flexneri 2a n'a pas provoqué de protection croisée contre S. sonnei, contrairement à la vaccination avec L-DBF.

Nos résultats indiquent que le L-DBF est un candidat vaccin réalisable offrant une protection croisée contre les différents sérotypes de Shigella, même après une exposition préalable à l’agent pathogène.

Ce travail fournit une preuve de concept selon laquelle un nouveau vaccin sous-unitaire peut non seulement protéger un hôte naïf contre une provocation par Shigella, mais peut également protéger contre une provocation après une infection antérieure par le même ou différents sérotypes de Shigella.

Importance

La shigellose est endémique dans les régions du monde à revenu faible ou intermédiaire, où les enfants sont particulièrement vulnérables. Dans de nombreux cas, il existe des anticorps préexistants dans la population locale et l’effet d’une exposition antérieure doit être pris en compte lors du développement et des tests de vaccins contre l’infection à Shigella.

Notre étude montre que les réponses immunitaires induites par L-DBF ne sont pas affectées par une exposition antérieure à cet agent pathogène. De plus, des profils de cytokines quelque peu différents ont été observés dans les poumons de souris vaccinées n'ayant pas été exposées à Shigella, ce qui suggère que les réponses immunitaires provoquées par l'infection à Shigella et la vaccination par L-DBF suivent des voies différentes.

vendredi 13 octobre 2023

Le point sur le glyphosate. Merci Madame Géraldine Woessner du Point

Complément