Affichage des articles dont le libellé est test de croissance. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est test de croissance. Afficher tous les articles

jeudi 15 octobre 2026

Les tests de croissance devraient prendre en compte la variabilité des souches de Listeria monocytogenes, selon une étude

Un article, à paraitre dans Journal of Food Protection, caractérise la variabilité de la croissance de plusieurs souches de Listeria monocytogenes dans du saumon fumé.

Faits saillants

  • La croissance de neuf souches de L. monocytogenes sur du saumon fumé a varié de manière significative.
  • Les outils prédictifs ont sous-estimé la croissance de certaines souches à 4,1 °C.
  • Aucune association claire n'a été observée entre les vitesses de croissance et l'origine des souches ou leur tolérance au sel ou au froid.

Résumé

Listeria monocytogenes pose un risque important pour la sécurité des aliments prêts à consommer tels que le saumon fumé, un produit propice à la prolifération bactérienne lors de la conservation au réfrigérateur et associé à plusieurs épidémies de listériose. Les fabricants ont recours à des tests de croissance ou challenge tests et à la microbiologie prévisionnelle (MP) pour garantir la sécurité sanitaire des produits ; la variabilité entre les souches constitue un paramètre important pour ces deux approches. Dans cette étude, nous avons réalisé une analyse détaillée de la variabilité de la croissance selon les souches lors de tests de croissance et comparé les résultats aux prédictions d'outils de MP courants. Des données détaillées sur la croissance ont été obtenues en utilisant neuf souches distinctes de L. monocytogenes sur un saumon fumé du commerce conservé à température de réfrigération (4,1 °C), à une température de rupture de la chaîne du froid (9,6 °C) et à température ambiante (19,8 °C). Les souches ont été sélectionnées en fonction de différences de lignée, d'origine et de tolérance au froid ou au sel en milieu de culture ; elles incluaient des souches recommandées dans le document d'orientation technique du Laboratoire de référence de l'Union européenne pour L. monocytogenes (EURL-Lm). Les vitesses de croissance ont été comparées aux prédictions d'outils de MP bien établis (ComBase, Food Spoilage and Safety Predictor, Pathogen Modeling Program) ainsi qu'à celles d'un modèle secondaire spécifique au saumon fumé. Les vitesses de croissance de toutes les souches étaient inférieures aux prédictions des modèles tertiaires à 9,6 °C et 19,8 °C, mais certaines souches présentaient des vitesses de croissance estimées supérieures aux prédictions à 4,1 °C. Une analyse de classification a également montré l'absence de corrélation significative entre les vitesses de croissance et l'origine des souches ou leur tolérance au sel ou au froid, bien que les souches de la lignée II aient été clairement associées à des vitesses de croissance plus élevées à 4,1 °C et 19,8 °C. Globalement, cette étude présente des données détaillées sur le test de croissance spécifique à chaque souche de L. monocytogenes génétiquement diversifiée sur un produit de saumon fumé et souligne l'importance de prendre en compte la variabilité des souches lors de la conception des tests de croissance ou challenge tests et de l'interprétation des résultats de la microbiologie prédictive.

Objectifs de l’étude

1) quantifier la variabilité de la cinétique de croissance de neuf souches de L. monocytogenes lors d'essais de croissance (challenge tests) réalisés sur un produit commercial de saumon fumé prêt à consommer,
2) comparer les résultats aux prédictions issues d'outils de microbiologie prédictive largement utilisés et,
3) déterminer si des caractéristiques de souche définies au préalable, telles que la lignée, l'origine de l'isolat et les phénotypes de tolérance au pH, au froid et au sel en conditions de laboratoire, étaient corrélées au comportement de croissance observé lors des essais.

Extrait de la discussion

Les résultats de cette étude doivent être interprétés dans le contexte d'un test de croissance ou challenge test. L'utilisation de saumon fumé inoculé a permis une évaluation contrôlée de la variabilité de la croissance selon la souche, dans des conditions définies. Toutefois, cette approche pourrait ne pas refléter entièrement le comportement des populations de L. monocytogenes naturellement présentes dans les produits commerciaux de saumon fumé, pour lesquels les niveaux de contamination, la composition des souches et les interactions avec la flore microbienne indigène peuvent différer. Le nombre limité de souches testées ainsi que l'utilisation d'un seul produit ou lot commercial doivent également être pris en compte lors de la généralisation de ces résultats. De futures études, utilisant des produits de saumon fumé naturellement contaminés, une gamme de souches plus étendue et plusieurs produits ou lots commerciaux, permettraient d'approfondir la compréhension du comportement de L. monocytogenes dans des conditions de conservation réelles.

Conclusion

Dans les conditions des tests de croissance ou challenge tests, la croissance de L. monocytogenes sur saumon fumé, à température ambiante et réfrigérée, est influencée par de multiples interactions entre souches, contribuant à la variabilité des taux de croissance. Cette étude a généré des données de croissance détaillées et spécifiques à chaque souche pour neuf souches génétiquement et phénotypiquement diverses, dans les mêmes conditions que le challenge-test. À 4,1 °C, plusieurs souches ont dépassé les prédictions de ComBase, Food Spoilage and Safety Predictor, Pathogen Modeling Program, tandis qu'en conditions de mauvaise conservation et à température ambiante, les taux de croissance déterminés expérimentalement étaient significativement plus faibles que les prédictions des modèles. De plus, aucune association claire n'a été observée entre l'origine de la souche ou ses caractéristiques de tolérance au froid et au sel en milieu de culture et ses performances lors des tests de provocation dans cet ensemble de données. Globalement, ces résultats soulignent l'importance de prendre en compte la variabilité des souches et les effets de la matrice alimentaire lors de l'interprétation des résultats de la microbiologie prédictive et de la conception des études de challenge tests.

lundi 27 mars 2023

Des nouvelles de Listeria

181 ! 
181 est le nombre de produits rappelés en 2023 (jusqu’au 27 mars, 86e jour de l’année) pour cause de présence de Listeria monocytogenes, selon Rappel Conso.

Cela fait beaucoup n’est-ce pas ?

460 ! 
460 est le nombre de produits rappelés en 2022 pour cause de présence de Listeria monocytogenes.

276 ! 
276 est le nombre de produits rappelés en 2021 (du 1er avril au 31 décembre) pour cause de présence de Listeria monocytogenes.

Ces chiffres sont tellement impressionnants qu’il n’impressionnent plus nos autorités sanitaires. Le travail à accomplir est donc immense.

Ce qui rend les choses encore plus tristes, c’est bien sûr que ces rappels auraient pu être évités, mais surtout nombre de ces rappels sont intervenus bien tardivement, bien après la date de fin de la commercialisation.

De la classique recontamination après cuisson en raison du non respect de règles de base des bonnes pratiques d’hygiène à des produits faiblement contaminés rappelés du fait de la tolérance zéro par la direction générale de l’alimentation.

Ces faits sont encore plus probants depuis la création de RappelConso le 1er avril 2021.

Selon le rapport 2021 sur les zoonoses de l'EFSA et de l'ECDC, il faudra désormais dire pour la France, 435 cas de listériose, soit 0,64 cas pour 100 000 habitants. La France a aussi rapporté le nombre de cas le plus élevé de décès (75). Santé publique France indique encore en ce moment sur la page Internet de la Listériose, 300 à 400 cas de listériose invasive sont déclarés chaque année en France. On peut raisonnablement se demander quand les données 2021 de la listériose seront publiées, idem pour les données de toxi-infections alimentaires collectives de 2021.

Parmi les autres informations, voici qu’est parue une nouvelle version, version 3, par le laboratoire de référence de l’UE sur Listeria monocytogenes (Anses) du document d'orientation du laboratoire de référence de l’Union européenne sur Listeria monocytogenes (EURL Lm) afin d’évaluer la compétence des laboratoires mettant en œuvre des challenge tests* et des études de détermination de la date limite de consommation liées à la présence de Listeria monocytogenes dans les aliments prêts à consommer Version 3 au 10/02/2023. Le document n’existe, à ma connaissance, qu’en version anglaise. Document à lire sans modération.

Ce document d'orientation a été préparé par le Laboratoire de référence de l'Union européenne pour Listeria monocytogenes (EURL Lm), en collaboration avec un groupe de travail de six représentants des Laboratoires nationaux de référence pour Listeria monocytogenes (LNR Lm). Il s'agit de la troisième version du document d'orientation de l’EURL Lm pour évaluer la compétence des laboratoires mettant en œuvre des challenge tests ou tests de croissance et des études de la durée de vie liés à Listeria monocytogenes dans des aliments prêts à consommer. Il remplace la version 2 de mai 2018.

Le but de cette révision est d'assurer la cohérence avec la version 4 du document d'orientation technique de l'EURL Lm sur les challenge tests et les études de durée de vie afin d’évaluer les études de durée de conservation des aliments prêts à consommer liés à Listeria monocytogenes (Lm), ainsi que les expériences tirées de l'évaluation des études sur la durée de conservation.

Ce document a été approuvé par la section Sécurité biologique de la chaîne alimentaire du Comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux de la Commission européenne lors de sa réunion du 10 février 2023.

*Un challenge test ou test de croissance permet de déterminer selon un protocole préalablement défini, si votre produit alimentaire est susceptible de permettre ou non la croissance de Listeria monocytogenes.

Peut-être, je dis bien peut-être, l'Anses devrait se poser des questions sur ces rappels si nombreux ... mais rien ne presse ...

Mise à jour du 29 mars 2023
Santé Canada vient de diffuser une mise à jour de la «Politique sur la présence de Listeria monocytogenes dans les aliments prêts-à-manger (2023) : Aperçu».
L’accent est mis sur les entreprises d’aliments prets à consommer et des éléments peuvent intéresser des entreprises françaises.

samedi 23 octobre 2021

Nouvelle réglementation européenne en vue en ce qui concerne Listeria monocytogenes ?

Selon un tweet de Joe Whitworth de Food Safety News, informant du communiqué de la Chilled Food Association du Royaume-Uni ci-après, «Je ne sais pas quand cela est sorti, mais les nouvelles règles de l'UE sur Listeria devraient exiger des tests de croissance ou challenge-tests pour définir la durée de conservation plutôt que l'approche Jour de production + Fin de vie avec des essais de stockage.»

Communiqué de lobbying de la part de la CFA ? A vous de voir ...

La législation sur Listeria n'est pas cassée, ne la réparez pas !», source communiqué de la CFA.

La Chilled Food Association (CFA), ses adhérents et leurs clients particuliers, sont depuis longtemps à la pointe du développement des meilleures pratiques, du contrôle et de la réglementation sur Listeria monocytogenes (Lm) au Royaume-Uni, en Europe et au-delà. Les divers documents d'orientation de la CFA sur Listeria sont disponibles en téléchargement gratuit, ici.

L'ensemble de données unique de la CFA, réservé aux membres, de plus de trois millions de données sur les aliments et les zones de production, collectés au cours des 12 dernières années, est le plus complet au monde. La CFA et ses membres utilisent les données pour comparer les performances et vérifier l'efficacité des mesures de maîtrise de l'hygiène et que les durées de conservation sont appropriées.

Les données européennes sur la listériose montrent systématiquement que les taux au Royaume-Uni sont la moitié de ceux de l'Europe dans son ensemble. En dehors du Royaume-Uni, l'application commerciale par les clients fait souvent défaut et des interprétations différentes des réglementations conduisent à un manque de conformité cohérente. (c’est tout à fait exact ! -aa)

Dans ce contexte, la Commission européenne devrait proposer des modifications à la législation sur Lm (Règlement (CE) 2073/2005 de la Commission concernant les critères microbiologiques applicables aux denrées alimentaires). Cela devrait nécessiter des tests de croissance pour définir la durée de conservation, plutôt que l'approche efficace établie et éprouvée du jour de production (DOP pour Day of Production) et de la fin de vie (EOL pour End of Life), associée à des essais de stockage.

Les changements attendus affecteront particulièrement les aliments réfrigérés fabriqués sur le continent, où les durées de conservation sont nettement plus longues que celles du marché local étroitement contrôlé du Royaume-Uni, mais les changements auraient également un impact sur les exportations vers l'UE. Une augmentation des déchets résulterait de la réduction des durées de conservation, avec des prix plus élevés pour des essais hautement spécialisés et étroitement applicables, le tout avec des avantages discutables en matière de sécurité des aliments.

Plus tôt cette année, lorsque les propositions ont été dévoilées, la CFA a créé un groupe pansectoriel pour y répondre. Avec des membres comprenant des associations professionnelles, des membres de la CFA et des distributeurs, et également en liaison avec les fédérations européennes, y compris la Fédération européenne des aliments réfrigérés (European Chilled Food Federation ou ECFF), il recueille des informations et des renseignements à présenter à la Commission européenne pour montrer que les changements proposés ne sont pas nécessaires pour la sécurité des aliments, mais l'approche initialement convenue qui a été adoptée par le Royaume-Uni, l’est.

Comme l'explique la directrice générale de la CFA, Karin Goodburn: «Les systèmes mis en place par le secteur britannique des aliments réfrigérés pour détecter et maîtriser Listeria ont extrêmement bien fonctionné au cours des 16 dernières années, depuis l'entrée en vigueur des règlements de l'UE. Ceci est illustré dans nos plus de trois millions de données sur Listeria, le plus grand ensemble de données de ce type au monde. Ce n'est qu'une façon de prouver que ce qui est proposé n'améliorera pas la sécurité des aliments.»

«L'approche de l'UE est également imparfaite dans la mesure où elle ne couvre que les essais sur les aliments et ne traite pas du contrôle hygiénique critique de l'environnement de production alimentaire. Nous ne voyons aucun avantage évident pour la santé publique ou la durabilité aux changements et continuerons de faire pression sur la Commission européenne pour qu'elle conserve l'approche DOP/EOL et l'essai de stockage car elle est manifestement très efficace. En bref, quand il s'agit de la législation européenne sur la Listeria - celle-ci n'est pas cassée, s'il vous plaît ne la réparez pas !»

Aux lecteurs du blog
Grâce à la revue PROCESS Alimentaire, vous n'avez plus accès aux 10 052 articles initialement publiés par mes soins de 2009 à 2017 sur le lien suivant, http://amgar.blog.processalimentaire.com/. Triste histoire de sous ...