Cycle
biologique des Anisakidae (Source Efsa, 2010). |
«Des
scientifiques appellent à un changement des règles de l'UE sur les
parasites dans les poissons» source article
de Joe Whitworth paru le 11 février 2021 dans Food Safety News.
Les
résultats d'une étude sur les parasites dans les poissons
soutiennent une modification de la réglementation européenne, selon
des chercheurs.
Leurs
travaux ont révélé un faible risque d'infection des larves
d'Anisakis
dans les produits de la pêche issus des activités maricoles
européennes. La mariculture,
un type d'aquaculture, implique la production d'aliments destinés à
la consommation humaine en milieu marin.
Selon
les auteurs de l’étude, la demande croissante de produits de la
pêche crus ou insuffisamment cuits, fournis par l’aquaculture et
la pêche, suscite des inquiétudes quant au risque de parasites
zoonotiques des poissons. L'anisakiase, qui est causée par des
larves de nématodes appartenant au genre Anisakis dans le
milieu marin, est considérée comme la principale menace pour la
santé humaine.
Règles
actuelles de l'UE
La
réglementation européenne stipule qu'il est obligatoire d'appliquer
un traitement de congélation des produits de la pêche destinés à
être consommés crus ou insuffisamment cuits mais exclut le saumon
atlantique d'élevage. Cette exemption est basée sur un avis
de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) de 2010.
Les
chercheurs de la revue Eurosurveillance
ont déclaré que la dorade royale d'élevage, le bar européen, le
turbot et la truite arc-en-ciel marine devraient également
bénéficier de l'exemption du traitement par congélation.
De
2016 à 2018, une enquête a été menée sur 6 549 poissons
d'élevage, dont 2 753 dorade royale, 2 761 bar européen et 1 035
turbot provenant de 14 fermes aquacoles en Italie, Espagne et Grèce.
Ces trois espèces représentent 95% de la production maricole de
l'UE à l'exclusion du saumon atlantique.
Deux
cents truites arc-en-ciel en cage au Danemark, 352 dorades et 290
bars importés en Italie et en Espagne d'autres pays ont été
examinés dans le cadre du projet ParaFishControl
financé par l'UE qui s'est terminé en mars 2020. Aucun parasite
zoonotique n'a été retrouvé dans aucun de ces poissons.
La
découverte d'une larve du type Raphidascaris dans un bar
européen d'une ferme aquacole italienne au cours de l'étude, a
conduit à une enquête plus approfondie sur le site pour ce type de
parasite qui, bien que non zoonotique, montre des voies de
transmission similaires aux nématodes Anisakis. Plus de bar
européens de la même ferme ont été analysées et jugées
négatifs, de sorte que les chercheurs ont supposé que sa présence
était accidentelle.
Surveillance
et contrôles internes
Comme
la transmission des larves d'Anisakis se produit tout au long de la
chaîne, les principaux risques à surveiller sont liés à une bonne
gestion de la ferme piscicole, en se concentrant principalement sur
la mise en œuvre de protocoles d'alimentation corrects et une
gestion appropriée des classes de taille des poissons.
L'approche
de l'étude jette également les bases de la planification des
activités de surveillance dans les systèmes de pisciculture de
l'UE. Les méthodes de diagnostic peuvent être utilisées comme un
outil dans un type de système HACCP.
Un
tel système aiderait à identifier les points critiques à
surveiller pendant la pisciculture et à documenter la surveillance
parasitologique des parasites zoonotiques le long de la chaîne de
production aquacole au fil du temps. Ce système de contrôle interne
devrait garantir de meilleurs prix de marché pour les produits de la
pêche à haut niveau de sécurité sanitaire et une modification
progressive des plans d'échantillonnage de surveillance avec un
nombre plus faible de poissons à examiner en interne, selon les
chercheurs.
Avec
la mise en œuvre d'un système de contrôle volontaire au niveau des
exploitations, une surveillance épidémiologique à long terme sera
utile pour surveiller le risque et garantir la sécurité alimentaire
des produits aquacoles européens.