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vendredi 9 décembre 2022

Rapport épidémiologique annuel 2018 de l’ECDC sur l’hépatitis A

«Rapport épidémiologique annuel 2018 de l’ECDC sur l’hépatitis A», source ECDC.

En 2018, 30 pays de l'Union européenneet de l’Espace économique européen (UE/EEE) ont signalé 15 815 cas d'hépatite A, dont 15 677 (99,1%) ont été confirmés.

Faits saillants
- En 2018, 30 pays de l’UE/EEE ont rapporté 15 815 cas d'hépatite A, dont 15 677 (99,1%) ont été confirmés.
- La Roumanie et l'Espagne représentaient 43,5% de tous les cas confirmés
- Le taux de notification de l'UE/EEE était de 3,0 cas pour 100 000 habitants. Dix pays de l'UE/EEE avaient un taux de notification inférieur à un cas confirmé pour 100 000 habitants. Les pays avec les taux de notification les plus élevés étaient la Bulgarie (19,1 cas pour 100 000 habitants) et la Roumanie (23,2 cas pour 100 000 habitants).
- En 2018, une réduction considérable du nombre de cas déclarés et des taux de notification a été observée par rapport à 2017. En effet, 2017 a été caractérisée par une épidémie dans plusieurs pays sans précédent, importante et prolongée, affectant de manière disproportionnée les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), qui s'est principalement réduite en 2018.
- Comme les années précédentes (hors 2017), les enfants âgés de 5 à 14 ans représentaient une part importante des cas (29%) et le taux de déclaration le plus élevé (8,2 cas pour 100 000 habitants).

Implications pour la santé publique
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) énonce ddes recommandations de vaccination suivantes pour réduire l'incidence de l'hépatite A. Dans les pays à très faible et faible endémicité du virus de l’hépatite A (VHA), comme la plupart des pays de l'UE/EEE, l'OMS recommande de vacciner les hommes ayant des rapports HSH, les voyageurs vers les zones endémiques et les consommateurs de drogues injectables. Les mêmes groupes devraient être ciblés par des campagnes de communication pour accroître la sensibilisation concernant l'infection par le VHA et les modes de transmission. Dans les contextes d'endémicité très faible et faible du VHA, l'OMS recommande également de vacciner les personnes à risque d'évolution grave (c'est-à-dire les personnes immunodéprimées et les personnes âgées). Dans les pays d'endémicité intermédiaire, l'OMS recommande la vaccination universelle des enfants. Dans tous les contextes, les actions visant à améliorer l'hygiène et la mise en œuvre rapide de la riposte aux éclosions sont essentielles pour réduire la transmission du VHA, y compris la mise en œuvre rapide de la recherche contractuelle des cas afin de réduire la probabilité de transmission secondaire et tertiaire. De plus, la collaboration entre le secteur de la santé publique et celui de la sécuirté des aliments est importante pour aider à réduire les infections d'origine alimentaire.

Pour la France, voici les données extraites du rapport,

mercredi 2 septembre 2020

Quand la DGCCRF tweete pendant les vacances d'été, une nouvelle édition


J’avais déjà écrit un premier article, le 4 août 2020, Quand la DGCCRF tweete pendant les vacances d'été …

La DGCCRF indiquait avoir réaliser 99 500 contrôles en 2019 sur des établissements, mais je rappelais qu’il y en avait eu 111 600 en 2018 …

Voici que sur un nouveau tweet ‘Focus sur la DGCCRF’ du 31 août 2020, on apprend qu’il y a eu 114 500 contrôles effectués par la DGCCRF en 2019 … étonnant, non ? Et comment expliquer cette différence en moins d’un mois ...
En 2019, ses contrôles ont donné lieu à
  • 99 500 établissements contrôlés
  • 15 000 sites internet contrôlés
  • 42 600 lettres d’avertissement
  • 11 000 lettres d’injonction (dont 95 % ont été suivies d’une remise en conformité)
  • 6 150 dossiers pénaux (dont 2500 délits)
  • 2 660 amendes administratives, pour un montant de 39 M€
Le nouveau chiffre proposé par la DGCCRF le 31 août de 114 500 contrôles provient de l’addition de 99 500 établissement contrôlés et 15 000 sites internet contrôlés.

Si on appliquait le même raisonnement avec les chiffres des contrôles de la DGCCRF pour 2018, nous avons,
  • 111 600 établissements contrôlés (- 1 %)
  • 12 600 sites internet contrôlés (+ 2 %)
Soit un total de 124 200 contrôles en 2018 versus 114 500 contrôles en 2019, c'est-à-dire une baisse de 8,4 %, étonnant, non ?
Lire le communiqué de l’Académie nationale de médecine : Masquez-vous, masquez-vous, masquez-vous

dimanche 5 avril 2020

Les toxi-infections alimentaires collectives existent en France, je les ai rencontrées : +24% de foyers de TIAC et +13% de personnes malades en 2018 !


Pour comprendre le tableau des maladies infectieuses d'origine alimentaire en France, vous pouvez disposer au moins de deux documents:
  1. Estimation de la morbidité et de la mortalité liées aux infections d’origine alimentaire en France métropolitaine, 2008-2013, source BEH janvier 2018.
  2. Les données des toxi-infections alimentaires collectives en France qui sont publiées chaque année par Santé publique de France.
Santé publique de France vient de publier le 30 mars les données 2018 des toxi-infections alimentaires collectives en France. Le document s’intitule « Surveillance des toxi-infections alimentaires collectives (tiac). Données de la déclaration obligatoire, 2018. Point de janvier 2019 ».

Les données relatives aux toxi-infections alimentaires collectives déclarées en France en 2018 sont en augmentation de +24% par rapport à 2017. Le nombre de malades liées à ces TIAC a aussi augmenté : 14 742 en 2018 versus 13 010 en 2017 (+13%)
En 2018, 1 630 toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) ont été déclarées en France, affectant 14 742 personnes, dont 777 (5%) se sont présentées à l’hôpital (hospitalisation ou passage aux urgences) et 2 sont décédées. Par rapport à 2017, le nombre de TIAC notifiées est en augmentation (+24%) : 1 310 TIAC avaient été déclarées en 2017 affectant 13 010 personnes.
Comme les années précédentes, l’agent pathogène le plus fréquemment confirmé était Salmonella pour 35% des TIAC pour lesquelles un agent a été confirmé (30% en 2017). Les agents pathogènes les plus couramment suspectés, sur la base des informations épidémiologiques et cliniques, mais sans pouvoir être confirmé sur le plan microbiologique, étaient les agents toxiniques Staphylococcus aureus, Clostridium perfringens et Bacillus cereus correspondant à 70% des TIAC pour lesquelles un agent a été suspecté (74% en 2017). Aucun agent n'a pu être mis en évidence ni suspecté sur la base des informations épidémiologiques et cliniques dans 16% des TIAC déclarées (18% en 2017).
L’augmentation du nombre de TIAC déclarées entre 2017 et 2018 est principalement observée pour les TIAC familiales (+35%) et les TIAC en restauration collective (+29%). Les TIAC en restauration commerciale ont également augmenté mais dans une moindre mesure (+14%).
En 2018, « Une fermeture des établissements a été ordonnée pour 19 (7%) restaurants commerciaux (20 en 2017) et 12 (5%) établissements de restauration collective (6 en 2017) ».

Dans un précédent compte-rendu à propos des données relatives aux toxi-infections alimentaires collectives déclarées en France en 2016, il était rapporté :
Depuis avril 2017, les consommateurs ont accès aux résultats des contrôles sanitaires réalises depuis le 1er mars 2017 dans tous les établissements de la chêne alimentaire (restaurants, cantines, abattoirs, etc.) sur le site www.alim-confiance.gouv.fr. Cette mesure a été prévue par la loi d’Avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, du 13 octobre 2014. L’impact de cette mesure incitative à l’amélioration continue des établissements agroalimentaires pourra être évalué dans les années à venir.
Il faut croire si l’on lit des données de 2018 que ce dispositif, comme prévu, n’a pas bien fonctionné … ou plutôt que les contrôles et/ou inspections ne sont pas réalisés en nombre suffisant, ce que le blog n'a cessé de dénoncer depuis des années ...
L’augmentation du nombre de TIAC entre 2017 et 2018 est observée dans les trois types de TIAC : familiales (+35%), restauration collective (+29%) et restauration commerciale (+14%).

A noter que pour les données des TIAC de 2017, il était donné l’explication suivante :
La diminution du nombre de TIAC déclarées entre 2016 et 2017 peut être expliquée principalement par une diminution de 25% des TIAC familiales (465 en 2016 vs. 349 en 2017). Les nombres de TIAC sont très proches entre 2016 et 2017 en restauration commerciale (592 vs. 562 respectivement) et en restauration collective (393 et 392).

Et il était aussi rapporté :
En 2017, le nombre total de TIAC déclarées a diminué pour la 1ère fois depuis 2010 avec une baisse de 145 TIAC (10%) par rapport à 2016. Cette diminution est principalement due à une diminution de 25% observée sur les TIAC familiales. Les nombres de TIAC en restauration commerciale et en restauration collective sont très proches de ceux rapportés en 2016.

Par conséquent, « La diminution du nombre de TIAC déclarées aux ARS et/ou DD(CS)PP en 2017 ne s’est pas confirmée en 2018. »

TIAC déclarées
2018
2017
2016
TIAC familiales
471 (+35%)
349
465
TIAC en restauration commerciale
638 (+14%)
562
592
TIAC en restauration collective
504 (+29%)
392
393

Part des TIAC par agent pathogène suspecté ou confirmé
Par rapport aux données de 2017, le nombre de TIAC par agent pathogène suspecté ou confirmé a augmenté pour tous les pathogènes, parallèlement au nombre total de TIAC notifiées, excepté pour les TIAC à histamine et à Clostridium perfringens qui sont restées à un niveau stable. En proportion, la part de chacun des pathogènes est similaire aux données de 2017.
Le pathogène le plus fréquemment suspecté ou confirmé reste Staphylococcus aureus depuis 2006. Les TIAC liées à ce pathogène ont augmenté entre 2006 (170 TIAC) et 2015 (404 TIAC) parallèlement à l’augmentation du nombre total de TIAC.
Une diminution est observée entre 2015 et 2017 (327 TIAC). En 2018, on observe une légère augmentation du nombre de ces TIAC suspectées ou confirmées à Staphylococcus aureus (354 TIAC).
Entre 2006 et 2010, entre 50 et 100 TIAC suspectées ou confirmées à Bacillus cereus étaient déclarées chaque année. Depuis 2011, leur nombre a augmenté pour atteindre environ 250 TIAC chaque année entre 2013 et 2017. E
En 2018, le nombre de ces TIAC a augmenté jusqu’à 339 TIAC notifiées et atteint le niveau des TIAC à Staphylococcus aureus.

Je vous peux d'ores et déjà vous annoncer que les chiffres de 2019 ne seront pas bons non plus, si l'on en croit cet article, Toxi-infections alimentaires collectives suspectées d’être liées à la consommation de coquillages crus, bilan épidémiologique au 8 janvier 2020.

En effet, selon Santé publique de France,
Depuis début décembre 2019, 179 déclarations obligatoires (DO) de toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) suspectées d’être liées à la consommation de coquillages crus, principalement des huîtres.
Je voudrais enfin attirer votre attention sur la façon dont Santé publique de France présente les données.En effet, la com de Santé publique met systématiquement en avant les données les plus faibles par rapport aux données les plus élevées.

Ainsi la com de Santé publique de France indique « 1200 à 1500 TIAC notifiées chaque année en France depuis 2012 », « 10 000 à 13 000 personnes touchées chaque année » et « ~30% des TIAC ont eu lieu suite à des repas familiaux, 30% lors de repas dans des structures collectives et 40% lors de repas en restauration commerciale »

Sur l’origine des TIAC, il me semble que le chiffre à mettre en avant doit être le chiffre des TIAC lors des repas en restauration commerciale ...

Enfin, le sujet des sous-déclarations n'est pas évoqué, car comme de bien entendu, c'est normal, puisqu'il s'agit de déclarations obligatoires ...

Mise à jour du 15 avril 2020. On lira dans Food Safety News, un article de Joe Wiltworth, New report documents rise in foodborne illness outbreaks in France.

samedi 4 avril 2020

Analyse des niveaux de résidus de pesticides dans les aliments sur le marché européen en 2018

Vient de paraître le Rapport 2018 de l'Union européenne sur les résidus de pesticides dans les aliments. On lira le communiqué de l'EFSA ici.
Le pourcentage d'échantillons dépassant les limites maximales était de 0,3%. Ce chiffre se situe dans l’intervalle compris entre 0,25% et 0,37% observé au cours de ces dix dernières années.
Résumé
Conformément à la législation de l'UE (article 32, règlement (CE) n°396/2005), l'EFSA fournit un rapport annuel qui analyse les niveaux de résidus de pesticides dans les aliments sur le marché européen.
L'analyse est basée sur les données des activités de contrôle nationales officielles menées par les États membres de l'UE, l'Islande et la Norvège et comprend un sous-ensemble de données du programme de contrôle coordonné par l'UE qui utilise une stratégie d'échantillonnage aléatoire.
Pour 2018, 95,5% des 91,015 échantillons analysés sont en dessous de la limite maximale de résidus (LMR), 4,5% ont dépassé ce niveau, dont 2,7% n'étaient pas conformes, c'est-à-dire des échantillons dépassant la LMR après prise en compte de l'incertitude de mesure.
Pour le sous-ensemble de 11 679 échantillons analysés dans le cadre du programme de contrôle coordonné par l'UE, 1,4% dépassaient la LMR et 0,9% n'étaient pas conformes.
Pour les 11 679 échantillons analysés:
  • 6 770 ou 58% se sont révélés sans niveaux quantifiables de résidus (résidus < LOQ Limite de quantification).
  • 4743 ou 40,6% contenaient un ou plusieurs résidus de pesticides à des concentrations supérieures à la limite de quantification et inférieures ou égales aux limites maximales de résidus (LMR).
  • 166 ou 1,4% contenaient des concentrations de résidus dépassant les LMR. Parmi ceux-ci, 101 ou 0,9% du total des échantillons ont été considérés comme non conformes, lorsque l'incertitude de mesure est prise en compte.
Les raisins de table et les piments doux/poivrons étaient parmi les produits alimentaires qui dépassaient le plus souvent les LMR.
Pour évaluer les risques aigus et chroniques pour la santé des consommateurs, l'exposition alimentaire aux résidus de pesticides a été estimée et comparée aux valeurs guides basées sur la santé.
Les résultats suggèrent que les niveaux évalués pour les produits alimentaires analysés sont peu susceptibles de poser des problèmes pour la santé des consommateurs. Cependant, un certain nombre de recommandations sont proposées pour accroître l'efficacité des systèmes de contrôle européens (par exemple, optimiser la traçabilité), continuant ainsi à garantir un niveau élevé de protection des consommateurs.
Des compléments sont fournis dans « L'EFSA révèle des données sur les résidus de pesticides dans les aliments en Europe », source article de Joe Whitworth paru le 4 avril 2020 dans Food Safety News.

Résultats 2018 versus 2015
Les pesticides non approuvés par l'UE qui dépassent les limites dans des échantillons de ces deux aliments produits dans l'UE comprennent du chlorfénapyr et du triadiméfon dans les poivrons doux et du carbendazime (RD ou défintion du résidu, voir en fin d'article*), de l'ométhoate et de l'acéphate dans les raisins de table.

Parmi les échantillons cultivés en dehors du marché intérieur, les pesticides non approuvés par l'UE dépassant les limites étaient le carbaryl, le fénitrothion, le carbofuran (RD) et le propiconazole dans les poivrons doux et l'acéphate et le carbendazime (RD) dans les raisins de table.

Dans ce programme, le même groupe d'articles est contrôlé tous les trois ans. En 2018, 12 produits alimentaires ont été considérés: aubergines (aubergines), bananes, brocolis, champignons cultivés, pamplemousse, melons, poivrons / poivrons, raisins de table, grain de blé, huile d'olive vierge, graisse de bovin et œufs de poule. Les résultats ont été comparés à ceux de 2015. Des échantillons ont été analysés pour 177 résidus de pesticides.

Le taux de dépassement des LMR a augmenté de 2015 à 2018 pour les raisins de table (de 1,8 à 2,6%), les piments doux/poivrons (de 1,2 à 2,4%), les bananes (de 0,5 à 1,7%) et les aubergines (de 0,6 à 1,6%) . Il a chuté pour le brocoli (de 3,7 à 2 pour cent), l'huile d'olive vierge (de 0,9 à 0,6 pour cent) et les œufs de poule (de 0,2 à 0,1 pour cent).

Des LMR harmonisées par l'UE sont fixées pour plus de 1 240 pesticides couvrant 378 produits et groupes alimentaires. Une LMR par défaut de 0,01 mg/kg est applicable à près de 690 de ces pesticides, non mentionnés dans la législation.

Constatations générales
En 2018, 95,5% des 91 015 échantillons analysés étaient inférieurs à la LMR, 4,5% dépassaient ce niveau, dont 2,7%, ou 2 478 échantillons, n'étaient pas conformes car ils dépassaient la LMR après prise en compte de l'incertitude de mesure. Au total, 821 pesticides ont été analysés et en moyenne, 239 par échantillon.

Le nombre d'échantillons dans la limite légale était similaire à 2017. Le montant qui a dépassé la limite était légèrement supérieur au rapport précédent. Les pays déclarants ont analysé 821 pesticides différents.

Les programmes de contrôle nationaux sont basés sur les risques, se concentrant sur les produits susceptibles de contenir des résidus de pesticides ou pour lesquels des infractions aux LMR ont été identifiées précédemment.

Sur plus de 90 000 échantillons, 43 542 contenaient un ou plusieurs pesticides à des concentrations quantifiables. Des résidus multiples ont été signalés dans 26 461 échantillons, ce qui était légèrement plus élevé qu'en 2017. Dans un échantillon de baies de goji de Chine, jusqu'à 29 pesticides différents ont été trouvés.

Comme en 2017, les pesticides les plus quantifiés étaient le boscalide (RD), l'imazalil, le fludioxonil (RD), l'acétamipride (RD) suivi du fluopyram. Le chlorate avait le taux de dépassement de LMR le plus élevé avec 10,3%, contre 6,4% en 2017.

Les autres résultats concernant les substances actives non approuvées par l'UE ont été de 44 échantillons contenant de la nicotine, principalement dans des baies de goji de Chine, des champignons cultivés et du chou frisé; 88 échantillons d'antraquinone, principalement dans des thés de Chine; 113 échantillons contenant du fipronil (RD) dont 63 dans des œufs de poule principalement de Roumanie et du tricyclazole dans 109 échantillons de riz.

Résultats par origine
Dans l'ensemble, 57 286 échantillons provenaient de pays de l'UE, 24 495 concernaient des produits importés de pays tiers et pour 9 234 échantillons, aucune origine de produit n'a été signalée.

Dans des échantillons de l'un des pays déclarants, 3,1% ont dépassé la LMR et 1,6% ont été considérés comme non conformes, compte tenu de l'incertitude de mesure. Les échantillons de pays tiers avaient un taux de dépassement des LMR plus élevé de 8,3% et un taux de non-conformité de 5,8%.

Les taux de dépassement les plus élevés dans les pays déclarants ont été enregistrés pour les produits du Portugal, de Chypre et de Malte, avec 6% ou plus d'échantillons supérieurs à la LMR. Les taux de dépassement les plus élevés de plus de 15% des échantillons concernaient le Surinam, la Jordanie, l'Ouganda, le Pakistan, le Vietnam, la République Dominicaine, la Thaïlande, la Chine et l'Inde.

Les dépassements restent plus élevés pour les aliments non transformés que pour les aliments transformés mais le taux pour les aliments transformés a augmenté en 2018.

Certains produits dépassant la LMR étaient des échantillons basés sur le risque avec des contrôles à l'importation accrus tels que les feuilles de coriandre, les grenades, les piments, la pitahaya, le basilic, les thés et les haricots verts. Près de 83 000 envois ont été importés dans l'UE en 2018 et 4,8% n'étaient pas conformes, contre 3% en 2017.

Aliments biologiques et aliments pour bébés plus fipronil
Les pays ont analysé 1 658 échantillons d'aliments pour nourrissons et jeunes enfants. La LMR a été conforme dans 22 échantillons et sept n'étaient pas conformes. Comme les années précédentes, les composés les plus fréquemment quantifiés dans les aliments pour bébés étaient les chlorates dans 80 échantillons, suivis du cuivre dans 39 échantillons.

Les chlorates sont des sous-produits de solutions chlorées utilisés comme agents d'assainissement et de désinfection dans l'industrie et comme biocides. Ces utilisations sont nécessaires pour assurer une bonne hygiène des produits mais conduisent à des résidus détectables de chlorate dans les aliments. Le cuivre est un nutriment pour bébé approuvé.

Les 5 735 échantillons d'aliments biologiques rapportés en 2018 étaient légèrement inférieurs à ceux de 2017. Le taux de dépassement des LMR a légèrement diminué, passant de 1,5% à 1,4%, et 0,5% n'était pas conforme, contre 0,7% en 2017.

Comme pour les années précédentes, le principal résidu quantifié dans les aliments biologiques était le cuivre, retrouvé dans 225 échantillons dans 28 aliments différents, suivi des dithiocarbamates (RD), des ions bromure, des chlorates et du spinosad. Le cuivre, le spinosad, l'azadirachtine et les pyréthrines peuvent être utilisés en agriculture biologique.

Le fipronil a été trouvé dans 68 échantillons d'œufs. Le fipronil est un médicament vétérinaire ou biocide et sa présence dans les œufs est due à une utilisation illégale. En raison de l'incident du fipronil dans les œufs de poule en 2017, l'EFSA recommande aux États membres de poursuivre l'analyse des acaricides dans les produits d'origine animale.

* Le terme (RD) après un nom de pesticide se réfère à la « définition du résidu » et signifie une abréviation qui couvre les quantités mesurables d'une substance active et / ou de métabolites et/ou de produits de dégradation apparentés qui peuvent être retrouvés sur les cultures récoltées ou dans les aliments de l'origine animale dans une définition du résidu.
La définition du résidu à prendre en compte dans la vérification de la conformité à la réglementation peut varier en fonction des denrées.

dimanche 29 mars 2020

L'Italie révèle les résultats des contrôles alimentaires de 2018


« L'Italie révèle les résultats des contrôles des aliments et des boissons », source Food Safety News. Quelques compléments pour la France ont été ajoutés à cet article -aa.

La plupart des problèmes avec les aliments et les boissons en Italie concernaient des produits d'origine animale et étaient microbiologiques, selon un récent rapport des autorités.

En 2018, près de 50 000 échantillons de produits alimentaires ont été prélevés à toutes les étapes de la chaîne d'approvisionnement et près de 130 000 analyses ont été réalisées dans le cadre des contrôles officiels. De ces vérifications analytiques, près de 1 500 ont eu des problèmes, révélant un taux de non-conformité de 1,14%.

Plus de 78 000 contrôles ont été effectués pour des raisons microbiologiques, principalement pour Salmonella, suivis de Listeria et E. coli, y compris E. coli producteurs de shigatoxines (STEC). Vibrio, Campylobacter, norovirus, Yersinia enterocolitica et Cronobacter sakazakii faisaient également partie des analyses. Les activités ont été coordonnées par le ministère de la santé (Ministero Della Salute).

Au total, 1 314 non-conformités ont été constatées principalement pour E. coli, y compris les STEC, suivi de Campylobacter, Listeria et Salmonella.

Types de problèmes détectés
Le pourcentage le plus élevé d'irrégularités concernait des problèmes microbiologiques dans la viande, le poisson et les produits laitiers. La deuxième catégorie pour les irrégularités microbiologiques était d'autres produits alimentaires tels que les plats composites, dont des plats cuisinés.

Sur 2 342 contrôles d'allergènes, 39 ont montré une non-conformité.
Nature des non-conformités retrouvés
Les catégories d'aliments présentant le plus grand non-respect sont les viandes et produits dérivés, les céréales, les plats composites, les produits de confiserie et les épices.

La plupart des analyses pour les éléments chimiques concernaient les métaux lourds avec 59 analyses sur 21 518 irrégulières. Pour les contaminants organiques tels que les dioxines, les PCBs, le 3-MCPD et autres, sur 20 161 tests analytiques, 29 n'étaient pas conformes.

Près de 160 000 lots d'importation ont été soumis à des contrôles officiels, dont environ les deux tiers étaient des denrées alimentaires d'origine non animale. Pour ce type de denrées alimentaires, qui concernait 106 116 envois, 3 781 échantillons ont été prélevés et 214 ont été rejetés. À partir de ces échantillons, 5 204 analyses ont été effectuées pour Salmonella, aflatoxines et pesticides.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir
Les contrôles du commerce des produits d'origine animale ont conduit au rejet de 49 articles sur 7 658 lots contrôlés. Les rejets concernent principalement les mollusques bivalves pour norovirus, les produits de la pêche pour la présence de parasites, des métaux lourds ou des micro-organismes pathogènes et la volaille pour Salmonella.

Opérations NAS et Guardia di Finanza
Les 38 unités de la NAS (Nucleo Antisofisticazioni e Sanità) Carabinieri ont effectué plus de 50 000 contrôles. Ils ont constaté des non-conformités dans les secteurs de la restauration, de la farine, du pain et des pâtes et des produits laitiers.

Les enquêtes ont abouti à l'arrestation de 13 personnes pour des délits dont la vente d'aliments nocifs dangereux pour la santé publique ou en mauvais état. Près de 24 millions de kg et litres d’aliments et de boissons ont été saisis.

Les unités locales de la NAS faisaient également partie d'un certain nombre d'opérations impliquant le vin, les aliments biologiques et les fruits et légumes.

En janvier 2018, la NAS de Florence a arrêté cinq personnes responsables de la commercialisation du vin contrefait en y ajoutant de l'eau avec plus de 800 bouteilles saisies. Un mois plus tard, la NAS de Lecce a interrompu une opération de falsification de vin qui consistait à ajouter du sucre et d'autres additifs interdits au vin.

En mai, la NAS de Bologne a saisi 7 000 kg de matières premières et de compléments alimentaires, dont certains avaient expiré, d'une valeur de 200 000 euros. D'autres articles, tels que des légumes, ont été saisis faute d'informations sur la traçabilité ou d'étiquetage qui ont induit le consommateur en erreur sur le lieu d'origine. En novembre, la NAS d’Alexandrie a lancé une opération dans le secteur biologique qui utilisait des produits phytosanitaires et des pesticides interdits.

La Guardia di Finanza, une unité chargée d'enquêter sur les délits financiers et la contrebande, a également saisi plus de 1 384 tonnes de produits agroalimentaires et 207 000 litres de liquides en 2018. Les produits confisqués comprenaient des raisins partiellement fermentés, du vin et du vin mousseux, alcoolisés et non boissons alcoolisées et fruits.

Une opération a consisté à saisir 13 812 bouteilles de prosecco portant de fausses étiquettes d'origine. Le chargement, retrouvé à l'intérieur d'un camion en provenance de Grèce et à destination de la France, portait les mots « Produit d'Italie » sur l'emballage ainsi que « Vin d'Italie » et « Produit d'Italie » sur les bouteilles. Des vérifications documentaires ont révélé que toutes les marchandises transportées avaient été produites avec des raisins cultivés en Bulgarie.

Un autre opération a retrouvé une grande quantité d'huile avec une fausse indication d'origine en mars 2018. La cargaison saisie était constituée de 18 000 packs d'huile de tournesol, soit 22 880 litres, qui a été produite en Bulgarie mais avait deux drapeaux italiens sur l’étiquette des bouteilles.

Niveau élevé de botulisme
L'Italie a envoyé 398 notifications via le système d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux en 2018 (versus 42 pour la France -aa). Les produits d'origine Italie ont été impliqués dans 156 alertes (215 pour les produits d’origine France -aa) et 86 d'entre elles ont été signalées par un autre pays (126 notifications pour les produits d’origine France -aa).
Les non-conformités concernaient principalement les aliments pour animaux, les fruits et légumes, la viande à l'exclusion de la volaille et les céréales. Celles-ci étaient principalement dues à une contamination microbiologique, telle que Salmonella, Listeria et E. coli, mais aussi à des allergènes et à des corps étrangers.

Au total, 209 rappels d'aliments italiens (332 rappels ont eu lieu en France, selon Oulah! - aa)ont été publiés sur le site internet du ministère de la santé en 2018.

En attendant, l'Italie est le pays européen avec le plus grand nombre de cas de botulisme, selon le Centre national de référence pour le botulisme (CNRB).

De 1986 à juin 2019, 342 rapports de botulisme confirmés en laboratoire impliquant 501 personnes ont été enregistrés sur la base de données récemment publiées.

Le botulisme est une maladie rare mais mortelle causée par des toxines produites par la bactérie Clostridium botulinum. Dans le cas du botulisme d'origine alimentaire, les symptômes commencent généralement 18 à 36 heures après avoir mangé un aliment contaminé. Cependant, ils peuvent commencer dès six heures après ou jusqu'à 10 jours plus tard.

Il peut provoquer des symptômes tels qu'une faiblesse générale, des étourdissements, une vision double, des troubles de la parole ou de la déglutition et une paralysie des muscles respiratoires. Des difficultés respiratoires, une faiblesse des autres muscles, une distension abdominale et une constipation peuvent également survenir. Les personnes confrontées à ces problèmes doivent consulter immédiatement un médecin.

Complément.
Il est très difficile de faire une comparaison avec la France. Nous avons, à mon sens, deux sources de données et voici quelques éléments :
La présence de contaminants dans les denrées animales, végétales et aliments pour animaux en réalisant des prélèvements qui sont réalisés par un réseau de laboratoires agréés et 30 laboratoires nationaux de référence. Plus de 800 résultats d’analyses sont ainsi obtenus ;
Chaque année, environ 60 000 prélèvements sont effectués dans le cadre de ces PSPC, donnant lieu à plus de 800 000 résultats d'analyses effectuées par des laboratoires agrées, encadrés par des laboratoires de référence.
Mais en lisant le bilan 2018 des PSPC, on apprend :
En 2018, 17 plans ont été mis en œuvre, répartis sur toutes les filières et aux différentes étapes de la chaîne alimentaire, de la production à la mise sur le marché, dans le champ de compétences de la Direction générale de l’alimentation. 60 661 prélèvements ont été effectués.