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mardi 29 septembre 2026

Brève de vacances : les curieuses priorités de Santé publique France

Le blog suit assez souvent les nouvelles publiées par Santé publique France, et a publié récemment des articles à son sujet, notamment ici et ici.

Quand on recherche sur le site Internet de Santé publique France une information sur toxi-infections alimentaires collectives en France, voici ce que l’on trouve :

Sur l’image de gauche, le bilan de 2023, publié soi disant le 1er septembre 2026. En fait le document a été publié le 20 mars 2026 et mis à jour le 1er septembre 2026.

Sur l’image de droite, le bilan de 2022, publié le 21 février 2024.

A votre avis, à quelle date sera publié le bilan de 2024 ? Si l’on suit cette cadence de parution, ce sera vraisemblablement 2028 …

En fait, il vous faut savoir que les données de 2024 sont connues puisque l'EFSA les a publiées ...

Evidemment, Santé publique France a des priorités mais les données des maladies infectieuses d’origine alimentaire en France ne me paraissent pas avoir toute l’attention de cette agence, surtout si l'on souhaite faire baisser le nombre de TIAC et de patients en France.


Cela concerne aussi le bilan de la DGAL dont il a été question ici, et qui mesure beaucoup moins directement le résultat final : diminution des contaminations → diminution des maladies → diminution des risques pour le consommateur ...

Complément du 6 octobre 2026
Pour ceux qui ne peuvent pas attendre, il est possible de connaître les données des TIAC de 2024, selon un document de l'EFSA sur les zoonoses en 2024 :

- En 2024, 2 066 toxi-infections alimentaires collectives ont été déclarées en France, affectant 20 340 personnes.
- En 2023, 2 231 toxi-infections alimentaires collectives ont été déclarées en France, affectant 22 282 personnes.
- En 2022, 1 924 toxi-infections alimentaires collectives ont été déclarées en France, affectant 16 763 personnes.

mardi 22 septembre 2026

Après 2024, le nombre d’inspections en sécurité des aliments en France a de nouveau augmenté en 2025

Avec un peu d’avance sur le calendrier habituel, signe des temps, le rapport d'activité de la DGAL, « La DGAL en action 2025 » est paru !

Le consommateur est cité quatre fois dans ce cru 2025 versus cinq fois dans celui de 2024.

Le blog vous présente en exclusivité ce que cela donne sous forme de courbe des inspections en sécurité des aliments depuis 2012 à 2025 et cela montre bien le yo-yo du nombre d'inspections en sécurité des aliments en France.

Le blog prend donc acte avec satisfaction de cette nouvelle augmentation.

Mais que de soubresauts et de chemin parcourus ! Pourtant, la voie était simple « assurer la sécurité des consommateurs », il fallait donc y mettre les moyens, en souhaitant que cela puisse durer ...

Selon la DGAL, « La police sanitaire unique de l’alimentation, de son côté, est un dispositif désormais intégré dans notre quotidien : en 2025, plus de 100 000 contrôles en remise directe ont été réalisés, dont 68 000 effectués par nos délégataires, au service de la protection des consommateurs. »

Nombre total d’inspections en sécurité des aliments

120 765 inspections en 2025 versus 106 280 en 2024, soit une augmentation de 12 %, dont 68 340 inspections par des délégataires du service public en 2025 versus 55 750 en 2024, soit une augmentation de 18,5 %.

Restauration commerciale

49 555 inspections en 2025 versus 51 990 en 2024

Commerces

45 020 inspections en 2025 versus 30 060 en 2024

Restauration collective

9 760 inspections en 2025 versus 9 870 en 2024. A noter que ces inspections ne sont pas déléguées.

Établissements d'abattage*, de transformation et d'entreposage toutes filières confondues**

16 430 inspections en 2025 versus 14 360 en 2024
* Ce nombre prend en compte uniquement l’inspection annuelle des établissements d’abattage où les services vétérinaires assurent par ailleurs une inspection permanente.
** Denrées d’origine animale telles que la viande, les œufs, le fromage, etc., denrées végétales tels que des compotes, des légumes en vrac, etc., les plats cuisinés, etc.

Fermetures totales ou partielles effectives des établissements alimentaires

- 2021 : 500
- 2022 : 810
- 2023 : 989 
- 2024 : 1 750
- 2025 : 1 685

On aura noter une baisse curieuse du nombre d’inspections en restauration commerciale, qui devait constituer le fer de lance de cette nouvelle police sanitaire, ainsi qu'une baisse des inspections en restauration collective.

Enfin, pas un mot sur les toxi-infections alimentaires collectives dont on sait, selon Santé publique France, que « Le nombre de TIAC notifiées en 2023 est le plus élevé enregistré depuis la mise en place de la surveillance en 1987. Il a dépassé le précédent record de 2022 (1 924 TIAC déclarées). »

La question posée, il y a quelques mois, reste donc entière, Quel est l'objectif de la sécurité des aliments en France: une police sanitaire unique ou la baisse des TIAC ?

En conclusion, le rapport 2025 de la DGAL est bel et bien plus un rapport d'activité qu'un véritable rapport d'impact. Le rapport mesure très bien l'activité :

- nombre d'inspections → avertissements → mises en demeure → PV → fermetures, etc.

Mais il mesure beaucoup moins directement le résultat final :

- diminution des contaminations → diminution des maladies → diminution des risques pour le consommateur.

MàJ du 1er septembre 2026. A titre de comparaison avec la France, en 2025, l'AFSCA de Belgique a réalisé 182 420 inspections auprès de 56 456 entreprises. Cela permet de voir le chemin qui reste à parcourir ...

jeudi 16 novembre 2023

France : Bilan de la surveillance des infections à Campylobacter en 2022. Le nombre de souches isolées augmente ...

Qu’en est-il en 2022 ?

Voici que Santé publique France publie le Bilan de la surveillance des infections à Campylobacter en France en 2022.

Points clés

En 2022, la surveillance des infections à Campylobacter en France a confirmé les tendances épidémiologiques et biologiques déjà observées ces dernières années :

- une prédominance de l’espèce C. jejuni ;
- un nombre de cas et une incidence plus élevés chez les enfants ;
- une prédominance des infections chez les hommes ;
- un pic saisonnier pendant la période estivale sauf pour C. fetus;
- une résistance élevée aux fluoroquinolones et aux tétracyclines, restée stable ces dernières années ;
- une absence d’augmentation significative des taux de résistances des six antibiotiques testés en routine.

Pour en savoir plus, il vous faut aller dans un autre document.

Caractéristiques des patients infectés par Campylobacter rapportés par le CNR

En 2022, l’âge à l’infection variait entre 0 et 102 ans, avec une moyenne à 34 ans et une médiane à 27 ans. L’incidence était maximale pour la classe d’âge 0-9 ans (27 cas/100 000 habitants).

Globalement, l’incidence était plus élevée chez les hommes (15 cas/100 000 habitants) que chez les femmes (12 cas/100 000 habitants). Cette tendance était observée dans toutes les classes d’âge, sauf chez les 20-29 ans.

Les infections par C. fetus ont été principalement rapportées chez des personnes de 60 ans et plus (91% des infections), tandis que les infections par C. jejuni ont été majoritairement rapportées chez des enfants et jeunes adultes de moins de 30 ans (55% des infections).

Autant en 2021, le bilan s’était cantonné aux caractéristiques des souches de Campylobacter isolées en 2022 répertoriées par le CNR, cette fois-ci, et pour la premère fois, il est fait d’un nombre de patients en 2022.

Le CNR a répertorié 9 160 souches de Campylobacter spp. isolées en 2022 (versus 8 875 en 2021 et 7 920 en 2020), correspondant à 10 498 patients infectés (dont 60 avec plusieurs souches isolées).

Conclusion de la surveillance 2022
Le nombre de souches de Campylobacter répertoriées par le CNR est en augmentation depuis 2013, année de la mise en place de la saisie des données en ligne par les laboratoires du réseau. L’augmentation observée en France pourrait être un reflet d’une réelle augmentation des infections à Campylobacter.

Commentaire

Si le nombre de souches augmente, cela peut vouloir signifier que le nombre de cas augmente …
Le reste des constats et des recomandations de ce bilan est assez proche de celui de 2021.
Ce bilan cite en référence une étude de 2018,

 En France, le nombre annuel moyen de cas symptomatiques d’infections à Campylobacter a été estimé à 493 000 (intervalle de crédibilité (IC) 90% : 273 000-1 080 000), dont 392 000 cas auraient été infectés par transmission alimentaire. Campylobacter serait responsable de 26% du nombre total estimé des infections d’origine alimentaire et de 31% des hospitalisations associées à ces infections.

Peut-être faudrait-il actualiser cette étude qui a désormais 5 ans ...

vendredi 3 novembre 2023

Bilan 2022 du réseau d'alerte de la Commission européenne : Augmentation dans les rayons !

Le texte ci-après est issu du Portail de la sécurité alimentaire du Luxembourg que je remercie parce le rapprot de la Commission euroéenne est devenu de plus en plus illisible, voici donc un compte-rendu du «Rapport annuel de la Commission européenne sur le réseau d'alerte et de coopération iRASFF».

La Commission européenne a publié son rapport annuel 2022 du réseau d'alerte et de coopération couvrant toutes les informations partagées au sein de l’iRASFF, entre les membres du réseau d'alerte et de coopération (ACN - Alert and Cooperation Network) qui inclut le réseau RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed), le réseau AAC (Administrative Assistance and Cooperation) et le réseau FFN (Agri-Food Fraud Network).

En 2022, les réseaux AAC et FFN ont enregistré le plus grand nombre de notifications jamais transmises tandis que le RASFF a connu la deuxième année la plus active en termes de notifications originales, après l’année 2021 marquée par l'incident de l'éthylène oxyde :

- 4361 notifications transmises via RASFF, concernant des risques sanitaires liés à des denrées alimentaires, des aliments pour animaux ou des matériaux en contact avec des denrées alimentaires (- 6 % par rapport à 2021)
- 2554 notifications transmises via AAC, concernant des non-conformités à la législation de l'Union européenne sur la chaîne agroalimentaire ne présentant a priori pas de risque sanitaire (+ 12 %)
- 600 suspicions de fraude via FFN détectées (+ 32 %).

Conformément aux années précédentes, un grand nombre des notifications RASFF étaient liées aux résidus de pesticides en 2022, principalement dans les fruits et légumes.

Le type de non-conformité le plus notifié en 2022 était lié à des étiquetages erronées ou à des allégations, concernant des étiquettes sur lesquelles les informations obligatoires pour les consommateurs étaient non conformes ou manquantes (nom du produit, liste des ingrédients, déclaration nutritionnelle) ou des allégations de santé non autorisées.

Les actions coordonnées de l'UE menées en 2022 (fraude sur le miel & commerce illégal de chats et chiens) ont eu un impact significatif sur l'augmentation du nombre total de notifications de fraude.

Il est aussi proposé un aperçu du compte-rendu du réseau d'alerte et de coopération (ACN) en 2022 en une page.

Commentaire

- Malgré le découpage de la Commission européenne en trois volets de l’iRASFF, ACN, AAC et FFN, tout ou presque augmente !
- La France (226) dans le trio de tête des notifications au RASFF pour les produit d’origine, derrière la Pologne (312), à la première place suivie des Pays-Bas (257).
- Le nombre de notification en 2022 pour les produits d’origine France a été de 226 versus 274 en 2021, un bon point à nuancer car les prévions de 2022 indique que le chiffre sera supérieur à celui de 2022.

vendredi 14 juillet 2023

Bilan 2022 de l'activité de la DGCCRF

Beaucoup d’informations dans ce bilan d’activité 2022 de la DGCCRF et pour ma part je regrette que les données sur les produits non-alimentaires soient associées aux produits alimentaires seuls.

Cela étant, quelques aspects ont retenu mon attention ...

Les alertes et rappels de produits dangereux

La DGCCRF assure la gestion des alertes et de la procédure de retrait et de rappel des circuits commerciaux des produits de consommation alimentaires (avec le ministère chargé de l’agriculture et de l’alimentation) et non alimentaires présentant des risques pour la santé ou la sécurité des consommateurs. Ces procédures sont publiées sur RappelConso pour alerter le consommateur.
  • 2 443 produits alimentaires retirés et rappelés en 2022. Le site Data.gouv donne 2 441 rappels sur l’année 2022 ...

Commentaire : aucune interrogation sur un nombre si élevé de rappels ...


Contentieux pénaux ouverts en 2022 et leurs motifs
J’ai pris les données concernant les produits alimentaires et cela fait beaucoup. On n’est pas très informé des contentieux, c’est dommage pour la transparence ...

La préparation du transfert de la mission de sécurité sanitaire des aliments
La création d’une police unique en charge de la sécurité sanitaire des aliments, décidée en mai 2022 vise à renforcer les contrôles en matière de sécurité sanitaire des aliments. Elle conduit au transfert des compétences de la DGCCRF vers la DGAl et à la clarification de leurs compétences respectives. Lui permettant de renforcer son action sur ses priorités stratégiques, la DGCCRF reste pleinement compétente sur tous les aspects de loyauté et de lutte contre les fraudes, la DGAl ayant désormais en charge l’ensemble des contrôles liés à la sécurité sanitaire. Le transfert, en particulier des services d’enquêtes dans les départements et les régions, s’effectuera en plusieurs étapes en 2023 afin de maintenir le niveau de contrôle durant cette phase transitoire.
Commentaire : On devrait y arriver puisque c’est acté, mais sait-on jamais ...

S’assurer de l’effectivité des retraits des pizzas Fraîch’Up et des produits Kinder

Les services de la DGCCRF se sont fortement mobilisés, aux côtés de leurs partenaires, dans le cadre d’alertes sanitaires exceptionnelles, afin de protéger les consommateurs. Les investigations sur des cas de syndromes hémolytiques et urémiques graves, touchant des enfants, ont permis de faire le lien avec la consommation de pizzas Fraîch’Up «Buitoni», ce qui a conduit au retrait/rappel généralisé de ces produits en mars 2022.
De même, le retrait/rappel de produits «Kinder» a été initié en avril 2022, suite à de nombreux cas de salmonelloses dans plusieurs pays européens.
Pour s’assurer de la mise en œuvre de ces mesures, plus de 25 000 visites ont été effectuées dans 21 500 établissements (grossistes, magasins et sites de vente en ligne). Ces contrôles visaient à vérifier que les produits rappelés étaient effectivement retirés et que l’information des consommateurs était bien affichée dans les magasins. Ces contrôles ont montré que la grande majorité des professionnels avait rapidement réagi. Toutefois, près de 200 avertissements et 10 procès-verbaux ont été rédigés, pour manquement aux obligations de mises en œuvre des mesures de retrait/rappel de produits dangereux.

Commentaire : Dans un article du blog du mardi 5 avril 2022, je me demandais Pourquoi le site RappelConso n'a-t-il toujours informé pas les consommateurs du rappel de produits de la marque Kinder

Des questions sans réponse ...

mercredi 26 avril 2023

La souveraineté alimentaire en chiffres

Un récent tableau* résume parfaitement la situation du pays par rapport à l’objectif de souveraineté alimentaire. Source article d’Olivier Masbou dans son blog-notes du 25 avril 2023.

10 années et 30 produits sont passés au crible.

La plupart de nos productions agricoles ont connu une évolution négative du taux d’auto-approvisionnement au cours de ces 10 dernières années (2019-2021/2009-2011).

C’est le cas du maïs (recul du taux d’approvisionnement de 34%), des crèmes (-14%), du fromage (-16%), du beurre (-7%), du poulet (-24%), du colza (-21%), des pois (-28%), des fruits tempérés (-14%), et des légumes frais (-3%).

L’évolution est stable pour la viande porcine (0%), légèrement positive pour la viande bovine (+ 1%), le blé tendre (+ 4%), le tournesol (+ 4%).

A noter la jolie performance de la filière ovine qui avec une évolution positive (+9%), retrouve un taux d’auto-approvisionnement positif (+53%).

Enfin, certaines productions connaissent une hausse spectaculaire de ce taux d’auto-approvisionnement : orges (+47%), poudre de lait écrémé (+97%). soja (+33%).

*source étude de FranceAgriMer, «Souveraineté alimentaire : un éclairage par les indicateurs de bilan». Les vins et boissons alcoolisées ne sont pas présentées dans ce document.

jeudi 29 décembre 2022

France : Les infections à Campylobacter sont en augmentation en 2021

«Les infections à Campylobacter : données épidémiologiques 2021», source Santé publique France du 28 décembre 2022.

L’infection à Campylobacter est l’une des causes les plus fréquentes de gastro-entérites bactériennes dans les pays développés. Santé publique France publie les données de surveillance des infections à Campylobacter en France en 2021, dont les tendances observées ces dernières années se confirment.

Chaque année, Santé publique France publie sur son site internet un bilan complet des données de surveillance des infections à Campylobacter. Cette surveillance repose sur le Centre national de référence (CNR) des Campylobacter et Hélicobacter et la déclaration obligatoire des toxi-infections alimentaires collectives (TIAC).

Campylobacter : chiffres clés 2021
- une prédominance de l’espèce C. jejuni ;
- un nombre de cas et une incidence plus élevés chez les enfants avec une incidence maximale chez les 0-9 ans (27 cas/100 000 habitants) versus 25 cas/100 000 habitants en 2020,
- une prédominance des infections chez les hommes 15 cas pour 100 000 habitants versus 11 cas pour 100 000 concernant les femmes (tendance moins marquée chez les personnes âgées de 20 à 39 ans) versus 7 cas/100 000 habitants en 2020.
- un pic saisonnier pendant la période estivale ;
- une résistance élevée aux fluoroquinolones et aux tétracyclines, restée stable ces dernières années ;
- pas d’augmentation notable des taux de résistances des six antibiotiques testés en routine ;
- une consommation de produits de volaille en tant que premier aliment (incriminé ou suspecté) identifié comme source de contamination dans les épisodes de toxi-infections alimentaires collectives.

Notons que selon les donnée du rapport européenn sur les zoonoses 2021 de l’EFSA et de l’ECDC, la France a déclaré 8 875 cas (données basées sur des cas). Enfin, ces données ne sont basées que sur une surveillance sentinelle, le taux de notification est calculé avec une couverture estimée à 20 %.

Associé à ce document sur les données figure le Bilan de la surveillance des infections à Campylobacter en France en 2021.
Ce bilan cite en référence une étude de 2018,

En France, le nombre annuel moyen de cas symptomatiques d’infections à Campylobacter a été estimé à 493 000 (intervalle de crédibilité (IC) 90% : 273 000-1 080 000), dont 392 000 cas auraient été infectés par transmission alimentaire. Campylobacter serait responsable de 26% du nombre total estimé des infections d’origine alimentaire et de 31% des hospitalisations associées à ces infections.  

Le CNR a répertorié 10 223 souches de Campylobacter et bactéries apparentées isolées en 2021 (Figure 1).
On peut donc bien dire que les maladies infectieuses à Campylobacter augmentent en France .

Une recrudescence saisonnière des isolements était observée pendant la période estivale de 2021 (pic en août), cette saisonnalité estivale était aussi observée les années précédentes (Figure 2).
Surveillance des toxi-infections alimentaires collectives dues à Campylobacter spp
En 2021, 52 foyers de TIAC dues à Campylobacter (avec confirmation biologique) ont été déclarés, comptabilisant un total de 178 malades versus 244 en 2020. Le nombre de foyers confirmés et de malades associés est resté similaire en 2020 et 2021. Pour la moitié des foyers, la consommation de volaille était la source de contamination incriminée ou suspectée (25 foyers versus 35 foters en 2020).

Conclusion de la surveillance 2021
Rappelons que le contexte sanitaire lié à la pandémie de COVID-19 en 2020 ne semble pas avoir eu d’impact sur les données de surveillance

Le nombre de souches de Campylobacter répertoriées par le CNR est en augmentation depuis 2013, année de la mise en place de la saisie des données en ligne par les laboratoires du réseau. (…) Cette augmentation observée en France pourrait être un reflet d’une réelle augmentation des infections à Campylobacter. Toutefois, plusieurs facteurs, comme le regroupement des laboratoires en plateformes techniques et l’utilisation de plus en plus systématique des PCR multiplexes (tests diagnostiques qui permettent de tester en même temps la présence de plusieurs agents pathogènes ciblés à partir d’un même prélèvement), facilitant la détection de Campylobacter sp, pourraient avoir contribué à l’augmentation du nombre d’isolements de souches et donc de la notification par les laboratoires du réseau au cours du temps.

Prévention des infections à Campylobacter
Au niveau du consommateur, les principaux facteurs de risque de l’infection sont la manipulation de viande fraîche (volaille, porc, bœuf), la contamination croisée d’aliments par des surfaces contaminées en cuisine, et la consommation de viande insuffisamment cuite. La prévention individuelle des infections à Campylobacter repose donc sur les bonnes pratiques d’hygiène en cuisine (lavage des mains, nettoyage des surfaces et ustensiles de cuisine après la manipulation de volaille ou viande crue) afin d’éviter la transmission croisée, et la cuisson suffisante de viande de volaille, de bœuf et de porc (cuit à cœur).

Je signale ce que rapporte l’Anses qui me semble plus complet que ce qui est noté ci-dessus.
Les risques de campylobactériose peuvent être largement limités par l’adoption de bonnes pratiques d’hygiène à la maison. Il est ainsi essentiel de :
- se laver les mains après la manipulation de viandes crues ;
- utiliser une planche à découper (bois ou plastique) pour les viandes et poissons crus, et une autre pour les autres aliments ;
- nettoyer rigoureusement la planche, le plat et les ustensiles ayant servi à l’assaisonnement et à la préparation de la viande crue avant réutilisation ;
- s’assurer d’une cuisson suffisante (> 65°C à cœur) des viandes de volailles et de boucherie, notamment la cuisson au barbecue : la jointure cuisse/haut de cuisse du poulet ne doit pas être rosée ou présenter de traces de sang ;
- manipuler ces viandes dans de bonnes conditions d’hygiène lors de la préparation et de la consommation de ce type de denrées ;
- ne pas consommer de viande de volaille crue (de type « carpaccio »).

A noter que les deux premières références de ce bilan sont erronées.

mercredi 16 novembre 2022

Bilan 2021 des plans de surveillance et plans de contrôle, selon le ministère de l’Agriculture

Le blog est heureux d'avoir des nouvelles de la sécurité des aliments en France, cela faisait un certain bail que l'on attendait des informations. Les voilà donc sous la forme de la «Surveillance sanitaire des denrées animales et végétales et des aliments pour animaux. Bilan 2021 des plans de surveillance et plans de contrôle», source ministère de l’Agriculture du 16 novembre 2022. Le bilan 2021 complet est ici.
En bref
En 2021, 21 plans ont été mis en œuvre (dont six étaient des plans programmés initialement pour la campagne 2020 mais reportés sur 2021 suite à la crise sanitaire Covid) selon une programmation basée sur une analyse règlementaire et une analyse de risque au niveau national. Ces 21 plans ont conduit à 57 703 prélèvements et ont révélé 380 non-conformités, soit 0,66%.

Le blog vous propose une petite sélection de ces plans de surveillance.

Bilan de la surveillance de la contamination du thon et de poissons d’autres familles présentant un risque histaminique par l’histamine et cinq amines biogènes au stade de la distribution
Sur les 314 échantillons, pour lesquels les résultats ont pu être exploités, 304 étaient conformes. Le taux de non-conformité du thon et des poissons d’autres familles présentant un risque histaminique est donc estimé à 3,18%.

Mais selon le ministère de l’Agriculture,
Le bilan de ce plan est plutôt satisfaisant, avec un taux de conformité des produits de la pêche au critère réglementaire relatif à l’histamine qui est de 96,5%.
A noter que c’est cependant le taux de conformité le plus bas relevé depuis plus de 6 ans. Les taux de non-conformités sont compris entre 1,8% en 2017 et 3,5% en 2021.

Comprenne qui pourra de se satisfaire d’un taux de non-conformié le plus élevé depuis 2017.

Bilan de la surveillance de la contamination des mollusques bivalves par les phycotoxines au stade de la distribution
Sur les 434 échantillons pour lesquels les résultats ont pu être exploités, un dépassement de seuil réglementaire en toxines lipophiles du groupe de l’acide okadaïque (AO + DTXs + PTXs) sur des moules originaires d’Espagne a été détecté. Le taux de non-conformité des mollusques bivalves est donc estimé à 0,23%. L’échantillon non conforme pour les phycotoxines lipophiles a été prélevé au mois de septembre.

Bilan de la surveillance de la contamination des produits de la pêche et crustacés cuits par Listeria monocytogenes au stade de la distribution
Sur les 405 échantillons prélevés de produits de la pêche fumés et crustacés cuits et dont le résultat a pu être exploité, 8 échantillons de saumons et truite fumés étaient contaminés par L. monocytogenes. Aucun échantillon de crevettes cuites ne s’est avéré contaminé. Pour l’année 2021, le taux de contamination des produits de la pêche fumés et crustacés cuits par L. monocytogenes est donc estimé à 1,98%
Pour autant, cette surveillance ne réflète pas ce qui se passe sur le terrain car la Mission des urgences sanitaires a recensé 124 alertes sur 796 alertes nationales en 2021 portaient sur des produits de la pêche et mollusques bivalves vivants.
Sur ces 124 alertes, 23% correspondaient à des alertes Listeria monocytogenes (soit 29 alertes).

A titre comparatif , il y aurait un petit mieux au niveau des alertes nationales, mais il y en a tant ...

- En 2020, 158 alertes portant sur des produits de la pêche et des mollusques bivalves vivants sur 680 alertes nationales ont été enregistrées. Sur ces 158 alertes, 14% concernaient des alertes Listeria monocytogenes.
- En 2019, 228 alertes sur 1 032 alertes nationales portant sur des produits de la pêche et des mollusques bivalves vivants ont été enregistrées. Sur ces 228 alertes, 12% concernaient des alertes Listeria monocytogenes.
- En 2018, 255 alertes portant sur des produits de la pêche et des mollusques bivalves vivants sur 1 273 alertes nationales ont été enregistrées. Sur ces 255 alertes, dont 23% concernaient des alertes Listeria monocytogenes.

Bilan de la surveillance de la contamination des coquillages par Escherichia coli au stade de la distribution
Le niveau de conformité relevé en 2021 est légèrement inférieur à celui observé lors des années précédentes, à savoir 93,06% en 2019, 93,8 % en 2017, et 97,5 % en 2016 sur mollusques bivalves et coquillages de groupe 1.

Mais comme nous le dit le bilan, «à titre d’information, la Mission des urgences sanitaires a recensé, en 2021, toutes origines d’alertes confondues (autocontrôles, plans de surveillance et plans de contrôle…), 48 alertes nationales correspondantes à des non-conformités à Escherichia coli sur des produits de la pêche et assimilés (64 alertes nationales toutes catégories de produits confondues).»

C’est nettement supérieur aux années précédentes.

Bilan de la surveillance de la contamination des viandes hachées de bœuf par Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC) au stade de la distribution
Au cours du plan de surveillance 2021 relatif à la contamination par des souches STEC des viandes hachées au stade de la distribution, 579 prélèvements de viandes hachées ont été analysés. Parmi eux, trois souches STEC hautement pathogènes ont été isolées : le taux de contamination par des souches STEC hautement pathogènes dans les viandes hachées prélevées à la distribution obtenue en 2021 est bas et comparable aux taux retrouvés lors de plans de surveillances déployés précédemment au même stade de la chaîne alimentaire.

Il est étonnant que l’on ne retrouve pas cela au niveau des rappels de viande hachée bovine.

Bilan de l’exploration de la contamination par Campylobacter des foies de bovins adultes à l’abattoir
Ce plan exploratoire met en évidence la présence de Campylobacter (31,2%) sur la surface des foies de bovins adultes à l’abattoir ce qui pourrait traduire une contamination de ces foies au moment de l’abattage et possiblement au stade de l’éviscération.

Le plan de surveillance (DGAL/SDSSA/2018-920) réalisé en 2018 sur le foie de veau à la distribution (n=330) avait mis en évidence la présence de Campylobacter pour 46,1% des foies analysés, ce qui est supérieur à ce qui a été observé chez le foie de bovin adulte pour ce plan exploratoire.

En 2016, une étude réalisée dans un abattoir de bovin en France avait mis en évidence que la prévalence de Campylobacter dans le contenu intestinal était plus élevée chez les veaux (99,4%) que chez les bovins adultes (40,6%) (Thépault et al., 2018). Cette situation pourrait se traduire par un risque de contamination du foie de veau par Campylobacter plus élevé à l’abattoir et rappelle l’importance des mesures de maîtrise de l’hygiène à l’abattoir.

Bilan de la surveillance de la contamination par les staphylocoques à coagulase positive des charcuteries sèches prétranchées et présentées à la vente à température ambiante à la distribution
L’ensemble des prélèvements réalisés et exploitable présente moins de 1000 ufc/g de staphylocoques à coagulase positive (216 échantillons avec une contamination ≤ 10 ou 100 ufc/g et deux échantillons avec une contamination <1000 ufc/g).

En parallèle, l'exploration relative à la mesure de l’activité de l’eau montre que 55% des jambons tranchés et préemballés conservés à température ambiante mis sur le marché présentent une Aw > 0,89. Ces valeurs d'Aw associées à une conservation à température ambiante constituent des conditions favorables au développement des staphylocoques à coagulase positive: ces résultats doivent donc conduire les opérateurs de la distribution, en lien avec leur responsabilité en application de l'arrêté du 21 décembre 2009, à une vigilance particulière et à obtenir de la part de leurs fournisseurs des garanties quant aux mesures de maîtrise de ce danger microbiologique.

Bref, il y a du boulot en perspective dans les entreprises alimentaires  ...

Bilan de la surveillance de la contamination par Salmonella spp. des saucissons secs et chorizos de porcs au stade de la distribution
Ce plan de surveillance est le premier plan de surveillance de la contamination des saucissons secs de porc par Salmonella spp. au stade de la distribution en France. A titre d'information, la Mission des urgences sanitaires a recensé, en 2021, toutes origines d'alertes confondues (autocontrôles, plans de surveillance et plans de contrôle…), 6 alertes nationales en lien avec la détection de Salmonella spp sur des saucissons secs et chorizos de porc (28 alertes nationales portant sur des produits à base de viande de boucherie). En 2021, 3 clusters ont été investigués dans lesquels des cas humains indiquaient avoir consommé du saucisson sec. Le taux de non-conformité à la distribution est inférieur aux taux préalablement relevés lors des plans à la production des années antérieures.

La présence de Salmonella spp. des saucissons secs et chorizos de porcs au stade de la distribution est très présente dans les avis de rappels en 2022.

Bilan du contrôle des résidus de produits phytopharmaceutiques en production primaire végétale
Sur les 826 prélèvements réalisés dans le cadre des contrôles de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques durant l’année 2021, l'analyse des résidus met en évidence une non-conformité dans 50 échantillons, soit 6,05% du total. Pour mémoire, ce ratio était de 8,2% en 2020, 6,8% en 2019, 4,4 % en 2018, et 3,8% en 2017

vendredi 23 avril 2021

Lente décomposition de la DGCCRF, selon le bilan d'activité 2020

Le 27 juillet 2020, j'indiquais dans un artticle, Bilan 2019 de l'action de la DGCCRF, bilan de fin de cycle ...

La DGCCRF présente le «Bilan d'activité 2020 de la DGCCRF», qui témoigne d'une sorte de chef d'oeuvre en péril ou en décomposition ...

Il est rapporté 2 940 agents en administration centrale et dans les services déconcentrés, en métropole et en outre-mer, versus 3 000 en 2019, pas divulgué en 2018 mais on nous parle de la réduction des effectifs de la DGCCRF en 2018 et pas divulgué aussi en 2017.


Au niveau du nombre d'établissements contrôlés nous avons les données suivantes,

- 2017 : 112 585
- 2018: 111 600
- 2019 : 99 500
- 2020 : 94 000

Cela se passe de commentaire, baisse nette des établissements contrôlés sur quatre ans, mais c'est somme toute logique puisque désormais on demande au consommateur de faire le job, via SignalConso.


Au niveau de la gestion des alertes et des crises liées aux produits alimentaires, c'est l'inflation qui prédomine, jugez plutôt ...

- 2020 : 1 256 alertes
1 119 alertes ayant une origine nationale dont 10 % ont concerné d’autres États membres de l’Union européenne.
- 2019 : 793 alertes
615 alertes ayant une origine nationale dont 8 % ont concerné d’autres États membres de l’Union européenne
- 2018 : 706 alertes 543 alertes ayant une origine nationale dont 11 % ont concerné d’autres États membres de l’Union européenne.
- 2017 : 575 alertes
405 alertes ayant une origine nationale dont 10% ont concerné d’autres États membres de l’Union européenne

Gestion de l’alerte sanitaire européenne sur le sésame

C'est une belle histoire que nous compte la DGCCRF, La DGCCRF communique enfin le 12 octobre 2020 sur le sujet avec un «Avis de rappel de produits contenant du sésame», source article du blog du 12 octobre 2020. Le lien de cet avis de la DGCCRF n'exite plus ...

Les autorités sanitaires françaises ont été informées début septembre par leurs homologues belges via le RASFF de la présence d’un produit chimique, l’oxyde d’éthylène, à une teneur supérieure à la limite maximum réglementaire dans certains lots de graines de sésame importées.

Voici la version de la DGCCRF,

Le 9 septembre 2020, la DGCCRF a été alertée par les autorités belges via le système européen d’alerte RASFF15 de la présence d’oxyde d’éthylène dans des graines de sésame en provenance d’Inde. Les résultats d’analyses donnaient un dépassement très important de la limite maximale réglementaire (LMR) fixée pour cette substance sur les graines de sésame à 0,05 mg/kg. L’oxyde d’éthylène est classé cancérogène, mutagène et reprotoxique, il est interdit dans l’Union européenne. Un nombre important de produits et d’opérateurs étaient concernés dans plusieurs États-membres qui se sont donc rapidement concertés pour décider des suites.

Conformément aux mesures de gestion harmonisées décidées au niveau européen, la DGCCRF a procédé au rappel et au retrait des graines de sésame contaminées et des produits transformés en contenant.

Il me faut signaler que les rappels liées aux graines de sésame ont été compilé dans un classure Excel illisible jusqu'au 1er avril 2021. Désormais ils sont présents sur RappelConso, le nouveau site de rappel de nos autorités sanitaires dont le ministère d ela santé est absent

Au 31 décembre 2020, on comptait ainsi 821 produits rappelés, 5 884 établissements contrôlés et 170 anomalies (3 %).

Sur la période de septembre à décembre, 892 fiches alertes pour des produits alimentaires auront ainsi été gérées par la DGCCRF contre 280 sur la même période en 2019, soit une augmentation de 218 %.

Cette alerte de très grande ampleur aura fortement mobilisé la DGCCRF pendant la fin d’année 2020. La gestion de cette alerte se poursuit en 2021.

Sur la gestion de l’alerte sanitaire tant au niveau européen que national, pas d'évluation des risques, étonnant, non ? 

On trouvera aussi dans le bilan des situations déjà listées dans les enquêtes de la DGCCRF

  • Étiquetage et composition des produits de charcuterie, de nombreuses anomalies relevées
  • Ventes en vrac, loyauté et hygiène pas toujours au rendez-vous

Des classiques sans évolution pertinente pour les consommateurs ...