vendredi 12 juin 2026

De l'hygiène en restauration

Un article paru dans International Journal of Food Microbiology a pour titre « Food safety assessment of last mile delivery as an alternative food distribution system for ready-to-eat multi-ingredient salad bowls » (Évaluation de la sécurité des aliments lors de la livraison du dernier kilomètre* en tant que système alternatif de distribution alimentaire pour des salades composées prêtes à consommer).

La présente étude indique que la livraison du dernier kilomètre de salades composées prêtes à consommer ne présente pas de risques microbiologiques supplémentaires par rapport à ceux déjà associés aux salades prêtes à consommer préemballées vendues en magasin ou à emporter. Les délais de livraison étaient généralement courts (35 minutes en moyenne en zone urbaine) et, bien que les salades livrées du dernier kilomètre soient destinées à une consommation immédiate, un court stockage à température ambiante ne favorise pas la prolifération de pathogènes humains ni de bactéries d'altération. Cependant, face à l'expansion continue des services de livraison de repas en ligne dans l'UE, il est recommandé de mettre en place des procédures de livraison adaptées, des recommandations, une communication efficace et un contrôle par les autorités sanitaires lors de la livraison du dernier kilomètre. Parallèlement, il demeure essentiel de sensibiliser les consommateurs à leur responsabilité en matière de sécurité alimentaire à domicile.

* Le « dernier kilomètre » est l'ensemble des agents, opérations et équipements associés et mis en œuvre dans les derniers segments de la chaîne de distribution finale des biens ou services.

Un autre article publié dans Journal of Food Protection, « Routine Restaurant Inspections: An Underutilized Data Source for Foodborne Illness Prevention » (Inspections régulières des restaurants : une source de données sous-utilisée pour la prévention des maladies infectieuses d’origine alimentaire) soutient que les données d'inspection de routine des restaurants constituent une ressource sous-utilisée pour la prévention des maladies infectieuses d'origine alimentaire, et que les analyses reliant les données d'inspection aux données de surveillance des épidémies pourraient potentiellement contribuer à prévenir les éclosions de maladies d'origine alimentaire. L’étude a porté sur les États-Unis.

Les maladies d'origine alimentaire demeurent un enjeu majeur de santé publique, et les restaurants sont des lieux fréquents de transmission. Les inspections des restaurants constituent une fonction essentielle de santé publique visant à réduire le risque de transmission de ces maladies. Bien que les données de surveillance de la santé publique et les données d'inspection des restaurants soient collectées de manière systématique et partagent un objectif commun de prévention, elles sont rarement croisées afin de comprendre le lien direct entre les infractions aux normes de sécurité alimentaire et la survenue de maladies d'origine alimentaire. Nous décrivons les éléments probants établissant un lien entre les inspections de routine des restaurants et la survenue de maladies d'origine alimentaire, les difficultés rencontrées pour croiser ces données, et soulignons les avantages potentiels de cette approche comme nouveau cadre pour réduire la fréquence de ces maladies.

jeudi 11 juin 2026

Cas groupés d'infection à Salmonella dans des nouilles instantanées et dans des graines germées dans l'UE

Éclosion dans plusieurs pays à Salmonella Stanley ST2045, source ECDC.

Des cas d'infection dans plusieurs pays à Salmonella Stanley ST2045 signalés dans le rapport sur les menaces de maladies transmissibles du 28 mai 2026 sont toujours en cours. Cela touche principalement les enfants et les jeunes adultes, avec au moins 20 cas hospitalisés, ce qui indique un impact significatif sur la santé publique. Au 5 juin 2026, 83 cas confirmés ont été signalés, les symptômes étant apparus entre décembre 2025 et mi-mai 2026. Par ailleurs, 24 autres cas de Salmonella Stanley identifiés en 2026 n’ont pas encore été séquencés et pourraient être liés à l’éclosion précédente. De nouveaux cas continuent d’être identifiés, ce qui suggère une exposition continue.

En Angleterre, 21 patients sont concernés par cette éclosion. Ils ont présenté des symptômes entre fin janvier et mi-avril. Huit patients sont des enfants et six personnes ont été hospitalisées. L'Autriche est également touchée avec six cas.

En Allemagne, des investigationss épidémiologiques suggèrent un lien avec des nouilles instantanées aromatisées au poulet et/ou les produits à base de poulet transformés. Certains patients ont déclaré avoir consommé des nouilles instantanées sans préparation, uniquement avec l'assaisonnement fourni.

Plusieurs personnes malades ont consommé des nouilles instantanées de la même marque. Cependant, ce produit n'explique pas tous les cas.

La bactérie Salmonella Stanley a été détectée dans un plat de nouilles instantanées en provenance d'Ukraine via la Pologne.

En Allemagne, des nouilles instantanées Reeva saveur poulet (60 grammes) ont fait l'objet d'un rappel. Le lot concerné porte la référence L0126 et sa date de péremption est le 5 avril 2027.

Selon les informations fournies par SLCO GmbH & Co. KG, une enquête menée par les autorités de Saxe a permis de détecter la présence de Salmonella Stanley dans le produit.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a indiqué que le risque d'infection est très faible pour la population générale et faible pour les enfants et les jeunes adultes, à condition que les instructions de cuisson soient respectées.

« Les consommateurs doivent suivre les instructions du fabricant lors de la préparation et de la consommation des nouilles instantanées et du mélange d'épices associé, qui ne sont pas des aliments prêts à consommer. »

On dénombre actuellement 19 isolats humains de Salmonella Stanley regroupés dans l'outil de typage moléculaire du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Ces isolats datent tous de 2026 et proviennent de trois des pays européens.

Le Danemark a initialement détecté l’éclosion et a publié une notification dans EpiPulse le 23 mars 2026. Les cas appartiennent à un cluster (cas groupés) génétique étroit et ont été identifiés en Autriche, en République tchèque, au Danemark, en Estonie, en France, en Allemagne, en Lituanie, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.

L'identification d'un cluster (cas groupés) génétique étroit de S almonella  Stanley ST2045 impliquant plusieurs pays, combinée à la répartition temporelle des cas, suggère une source commune à l'origine de l'éclosion. La prédominance des jeunes pourrait indiquer un mode d'exposition, une préférence alimentaire ou des habitudes de consommation spécifiques.

D’après les connaissances actuelles, le risque global d’infection à Salmonella Stanley est considéré comme très faible pour la population générale et faible pour les enfants et les jeunes adultes, à condition de respecter les instructions de cuisson. Les consommateurs doivent suivre les instructions du fabricant lors de la préparation et de la consommation de nouilles instantanées et du mélange d’épices associé, qui ne sont pas des aliments prêts à consommer. La poursuite des investigations coordonnées est essentielle pour identifier la ou les sources et prévenir toute transmission ultérieure.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) coordonneront une évaluation rapide conjointe de l’éclosion afin d’en déterminer plus précisément l’origine.

Par ailleurs, l’ECDC et l’EFSA élaborent également un document sur l’éclosion dans plusieurs pays à Salmonella bovismorbificans liée à la consommation de graines germées. Sa publication est prévue pour fin juin.

L’Irlande, la Finlande et le Royaume-Uni ont signalé 50 patients infectés par des isolats bactériens de Salmonella bovismorbificans génétiquement très proches entre janvier et avril 2026.

Les investigations menées dans les trois pays font état de la consommation de graines germées de différentes sortes. Au moins cinq personnes ont été hospitalisées. Les personnes infectées étaient des adultes, dont 71% étaient des femmes. La Finlande a indiqué une émergence inhabituelle de ce sérotype. Les investigations épidémiologiques menées dans ces trois pays indiquent que des graines germées de différentes variétés seraient le facteur alimentaire commun.

Selon une notification d’alerte du réseau dit d'alerte rapide pour les aliments pour animaux (RASFF), les sources suspectées sont des graines de luzerne, de trèfle, de brocoli et de radis provenant d'Italie.

mardi 9 juin 2026

Cadmium : Quand les députés marchent sur la tête !

Le slogan « On marche sur la tête » n’aura jamais mieux porté son nom et ce sont les députés qui se sont rendus coupable de démagogie …

Cadmium : l’Assemblée nationale vote une nouvelle surtransposition et tourne définitivement le dos à la « Souveraineté alimentaire », source communiqué de presse conjoint de cinq associations sectorielles de producteurs – AGPB, AGPM, CGB, FOP et UNPT – en réaction à l'adoption par l'Assemblée Nationale de la proposition de loi sur le cadmium.

Les organisations représentatives des grandes cultures française (AGPB, AGPM, CGB, FOP, UNPT) dénoncent avec consternation l’adoption cette nuit par l’Assemblée nationale de la proposition de loi visant à abaisser les seuils de cadmium dans les engrais phosphatés.

À l’image de l’examen de la loi d’urgence agricole, où les promesses de simplification ont en réalité conduit à davantage de surtranspositions et de complexité, les actes viennent une nouvelle fois contredire les discours.

Par 144 voix contre 22, les députés ont choisi d’imposer à l’agriculture française une surtransposition supplémentaire, alors même que ces mêmes responsables politiques affirment, depuis des mois, vouloir mettre fin aux distorsions de concurrence qui pénalisent nos producteurs face à leurs homologues européens et mondiaux.

Sur le cadmium, alors qu’une réglementation européenne existe déjà avec un seuil de 60 mg de cadmium/kg de P₂O₅ (pentoxyde de phosphore) applicable dans les 27 États membres, l’Assemblée nationale a choisi d’aller seule plus loin. Malgré le réexamen prochain du dossier par la Commission européenne et malgré le soutien du Gouvernement à une solution plus équilibrée, les députés ont adopté des seuils purement franco-français de 40 mg/kg dès 2027 puis de 20 mg/kg à partir de 2030.

Ce vote n’est ni une victoire de la science, ni une victoire de la santé publique. C’est avant tout une victoire politique des tenants de la décroissance agricole et… de leurs alliés de circonstance.

Depuis plusieurs années, une partie croissante de la classe politique poursuit la même logique : moins de production, plus de contraintes et toujours davantage de culpabilisation de ceux qui nourrissent le pays. Le cadmium n’aura été qu’un nouveau prétexte.

NB : N’hésitez pas à lire l’intégralité du communiqué commun

La biodynamie et la foi ...

Dans son blog-notes du 9 juin 2023, Olivier Masbou nous propose un article « Biodynamie : le livre qui nous avait échappé ».

Nous sommes tombés sur un article du père Jean-Christophe Thibaut, auteur du livre, « Un regard chrétien sur l’agriculture biodynamique : méthode bio ou pratique occulte ? » (Artège, Juin 2024). L’auteur rappelle que « les croyances de Rudolf Steiner (inventeur de la biodynamie) sont aussi nombreuses que baroques (.) Certains agriculteurs chrétiens peuvent se laisser séduire par le langage apparemment spirituel de la biodynamie, mais celui-ci repose sur une pensée de type panthéiste (tout est divin), antinomique avec la révélation judéo-chrétienne qui professe la foi en un Dieu unique et créateur. L’anthroposophie, qui est la base doctrinale de la biodynamie, s’inscrit dans la mouvance du néopaganisme et anticipe l’avènement du New-Age. Si l’on parle effectivement du Christ dans l’anthroposophie, il s’agit du « Christ Solaire » et non du Jésus des Évangiles. Certes, la biodynamie n’utilise pas des pratiques de sorcellerie au sens propre (pas d’invocations, de rituels magiques), mais elle éloigne les croyants de la foi révélée en les faisant adhérer, plus ou moins explicitement, à une pensée idolâtrique contraire à l’enseignement biblique. Certains agriculteurs chrétiens pensent qu’il suffit de séparer la méthode de son contenu ésotérique pour utiliser sans problème la biodynamie, mais est-ce vraiment possible ? »

« Nier le lien entre le label Demeter et la Société Anthroposophique serait aussi se voiler la face : Demeter reverse chaque année 100 000 euros à la Société Anthroposophique et propose des stages pour découvrir et approfondir la pensée de Steiner. Si tous les adhérents ne deviennent pas anthroposophes, la Société Anthroposophique trouve dans la biodynamie un moyen efficace de recruter de nouveaux membres ».

Rappelons que pour le père Jean-Christophe Thibaut,

Parmi la trentaine de labels bio qui fleurissent actuellement, l’un d’entre eux, Demeter, attire l’attention des cavistes et des restaurateurs. Ce label regroupe des vignobles, mais aussi des produits agricoles, issus de l’agriculture biodynamique. Ceux-ci sont réputés être « plus bio que le bio ». Effectivement, le cahier des charges est exigeant : aucun produit chimique de synthèse n’est toléré, ni aucun engrais azoté chimique, ni aucune semence ou plant OGM. 

Mais la méthode repose également sur d’autres principes moins conventionnels, comme la position des astres et du zodiaque, ainsi que sur certaines préparations, comme la bouse de cornes enterrée pendant une saison pour se charger de « forces cosmiques », puis « dynamisée » dans un seau d’eau afin d’être répandue à dose homéopathique sur les cultures ou les vignes. On insiste aussi sur l’importance de la pratique de la méditation et sur l’échange spirituel que l’agriculteur doit nouer avec des « êtres élémentaires » (gnomes, ondines, sylphes, salamandres).

NB : A la suite de l’article du père Jean-Christophe Thibaut est proposé une réponse de l’association Demeter France ...

lundi 8 juin 2026

Cadmium : les chiffres réels sont loin des discours alarmistes

Cadmium : les chiffres réels sont loin des discours alarmistes, article publié le 7 juin 2026 sur le site d'André Heitz.

Cadmium : les chiffres réels sont loin des discours alarmistes de Patrick Hautefeuille sur LinkedIn.

Le sujet du cadmium mérite d’être traité sérieusement.

Avec des analyses, des suivis de terrain et des données vérifiables. Pas avec des raccourcis anxiogènes.

Que montrent réellement les suivis des récoltes françaises ?

– En pommes de terre, les teneurs moyennes annuelles mesurées en France restent stables depuis plus de 15 ans autour de 0,026 mg/kg.

➡️ La limite réglementaire européenne est fixée à 0,10 mg/kg.

➡️ Les niveaux observés sont donc près de 4 fois inférieurs au seuil réglementaire.

La courbe publiée par Arvalis montre d’ailleurs des valeurs restant globalement entre 0,02 et 0,04 mg/kg depuis 2009, très loin de la ligne rouge correspondant à la norme européenne.

– En blé tendre, la teneur moyenne pluriannuelle est d’environ 0,033 mg/kg, soit environ 3 fois sous la limite réglementaire européenne.

– En blé dur, les teneurs ont diminué d’environ 50 % depuis 2010, notamment grâce au travail de sélection variétale et à l’amélioration des pratiques agronomiques.

Autre réalité souvent oubliée :

– Les apports de phosphore minéral (P₂O₅) ont chuté de 67 % en 25 ans en France.

– En blé tendre, 62 % des surfaces ne reçoivent désormais plus d’apport phosphaté annuel.

Autrement dit : pendant que certains entretiennent une peur permanente autour de l’agriculture française, les agriculteurs et les filières techniques travaillent depuis des années sur :

✔️ la sélection variétale

✔️ l’optimisation des fertilisations

✔️ le suivi analytique des récoltes

✔️ la réduction des transferts vers les cultures.

Le cadmium est un sujet de vigilance.

Mais les chiffres montrent aussi des progrès réels et mesurables.
La science mérite mieux que les caricatures.

Sources :
– Arvalis

NB : Le blog avait consacré un article suivi de deux mises à jour sur le sujet du cadmium, ici.

dimanche 7 juin 2026

Dimanche 7 juin 2026 : Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments.

Cela se passe un dimanche, précisément le dimanche 7 juin 2026, et c’est la Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments.

Les maladies d’origine alimentaire peuvent toucher tout le monde, partout. Avoir conscience de l’ampleur de leur fardeau permet aux autorités nationales et aux dirigeants d’entreprises d’agir de façon ciblée. Des données fiables sur le fardeau que génèrent les aliments insalubres pour la santé constituent les fondations de politiques, d’une action multisectorielle coordonnée et de choix des consommateurs éclairés par des données probantes.

Tous les maillons de la chaîne alimentaire, depuis les agriculteurs et les producteurs jusqu’aux consommateurs en passant par les transporteurs, les détaillants, les inspecteurs de la chaîne alimentaire et les cuisiniers, peuvent tirer parti de données scientifiques et d’orientations claires relatives à la prévention de la contamination et des maladies qui en découlent. En se fondant sur ces données, les États peuvent établir des politiques et interventions coût-efficaces, les entreprises du secteur alimentaire peuvent améliorer leurs pratiques, et les individus peuvent prendre des décisions pertinentes et efficaces. À l’occasion de cette Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments, nous voulons mettre en avant la puissance des données sanitaires : comprendre l’ampleur, la répartition et la nature des risques liés à l’alimentation nous permet de prendre des décisions pour rendre les aliments aussi sûrs que possible.


Rappelons-nous les thèmes des années précédentes :
  • 2025 : La science en action
  • 2024 : Préparons-nous à l’imprévu
  • 2023: Les normes alimentaires sauvent des vies
  • 2022: Des aliments sûrs pour une meilleure santé

Il faut aussi associer à cette journée le nouveau rapport de l’OMS, Chaque année, les aliments insalubres coûtent la vie à 1,5 million de personnes dans le monde, dont le blog vous a entretenu ici.

Bien entendu, nos nombreuses autorités ne manqueront pas de réagir dès lundi 8 juin 2026, afin de célébrer comme il se doit, la Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments.

A suivre ...

Les « avancées » de l'Anses vont-elles mieux protéger les consommateurs des toxi-infections alimentaires ?

Cela suffira t'il à faire baisser les TIAC en France ? 
A vous de voir ...

L'Anses annonce le 5 juin 2026 trois avancées scientifiques au service de la sécurité sanitaire des aliments et d'indiquer que cela va « mieux protéger les consommateurs des toxi-infections alimentaires ».

  1. La spectroscopie Raman couplée au marquage isotopique : une révolution pour les diagnostics microbiologiques.
  2. Accompagner la vaccination contre Salmonella dans les élevages de poules pondeuses
  3. De nouveaux tests pour mieux maîtriser le risque lié à Listeria dans les aliments prêts à consommer

De ces trois « avancées » la première me paraît la plus prometteuse, même si ce n’est pas la première fois que l’on entend parler d’« une approche à la fois rapide et fiable, réduisant le risque de faux positifs et de faux négatifs. »

Ce qui paraît utile est que cette méthode « peut aussi les distinguer d’autres bactéries présentes dans l’échantillon et déterminer si elles sont vivantes, dormantes ou mortes, ce que les méthodes conventionnelles permettent difficilement. »

Nous verrons tout cela à l’usage …

L’Anses poursuit ainsi son approche pour mieux réduire le fardeau des TIAC en France, sans pour autant en parler, comme une espèce d’éléphant dans la pièce.

L’Anses nous avait entretenu mi-mai de la Sensibilisation à l’hygiène en cuisine : nos aliments ont quelque chose à nous  dire ! et le blog avait dit ce qu’il fallait en penser ici.

vendredi 5 juin 2026

Forfait pour la demi-finale simple messieurs en raison d'un virus

Grande tristesse, Matteo Arnaldi forfait pour sa demi-finale à Roland-Garros.  Forfait de Matteo Arnaldi, victime d'un "virus" ...

« Par où commencer, a-t-il lancé au début de sa prise de parole. C'est difficile d'être là, ce n'est pas où je voulais être. Je me suis senti mal la nuit dernière, j'avais des soucis à l'estomac. Je me suis réveillé à 1 heure du matin, je pensais que c'était quelque chose que j'avais mangé mais je n'ai pas dormi de la nuit. Vers 7 heures, j'ai vu les médecins et pris des médicaments. Je pense que c'est un virus, j'avais froid, je pense avoir eu de la fièvre mais je ne sais pas exactement, je sais juste que je ne peux pas bouger, pas manger, pas boire. »

Selon le blog, il semblerait que ce "virus" d'une gastro soit norovirus, à suivre ...

Chaque année, les aliments insalubres coûtent la vie à 1,5 million de personnes dans le monde, selon un nouveau rapport de 'l'OMS

Le fardeau mondial des maladies d'origine alimentaire est comparable à celui du paludisme, selon les estimations actualisées de l'OMS, source Food Safety Magazine. Bien entendu un seul article ne peut résumer le travail colossal de l’OMS et je vous invite à lire dans le détail le communiqué déjà cité et les documents fournis par l’OMS.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié ses estimations actualisées sur la charge mondiale des maladies d’origine alimentaire , qui suggèrent que 42 dangers ont causé environ 866 millions de cas de maladies et 1,52 million de décès en 2021 ou « Unsafe food causes 866 million illnesses and 1.5 million deaths annually, young children at highest risk. »

Les enfants de moins de cinq ans courent près de trois fois plus de risques de tomber malades à cause d'aliments insalubres que les enfants plus âgés et les adultes.

Selon l'OMS, le fardeau des maladies d'origine alimentaire est comparable à celui de la tuberculose, du VIH/SIDA ou du paludisme. Cependant, il est encourageant de constater que ce fardeau semble en baisse depuis 2000.

Quoi de neuf dans les estimations de 2026 ?

Ces estimations ont été produites par le Groupe de référence épidémiologique sur la charge des maladies d'origine alimentaire (FERG ou Foodborne Disease Burden Epidemiology Reference Group) de l'OMS pour la période 2021-2025. La précédente édition de ces estimations, qui constituait également la première édition, a été publiée en 2015. Les estimations de 2015 prenaient en compte 31 dangers.

L’OMS a publié ces nouvelles estimations avant la Journée mondiale de la sécurité sanitaire des aliments du 7 juin, soutenant ainsi le thème de cette année, « Du fardeau aux solutions : des aliments sûrs partout », qui encourage les autorités nationales et les autres parties prenantes à investir dans les systèmes et infrastructures de sécurité sanitaire des aliments, en utilisant les données pour cibler les interventions et les ressources.

Par exemple, les estimations utilisent les années de vie corrigées de l’incapacité (DALYs*) comme mesure commune, permettant aux décideurs de comparer les impacts de différents risques et de prioriser les interventions.  

Les estimations de 2026 révèlent également des différences nationales et régionales dans les tendances des maladies d'origine alimentaire, et offrent des estimations du fardeau économique permettant de comprendre les coûts liés aux aliments non sécuritaires.

Les estimations de 2026 couvrent 42 agents microbiologiques (pathogènes entériques, parasites et substances chimiques) et intègrent des méthodologies actualisées, notamment des modèles d'attribution des sources renforcés, une collecte de données standardisée et une modélisation probabiliste améliorée. Surtout, et pour la première fois, ces estimations mettent en évidence le fardeau des maladies non transmissibles (par exemple, les maladies cardiovasculaires, la déficience intellectuelle) résultant de l'exposition alimentaire aux métaux lourds toxiques (comme l'arsenic et le plomb).

Les estimations spécifiques des dangers ayant fortement contribué à la charge ou au fardeau global des maladies d'origine alimentaire ou constituant d'autres dangers importants en matière d'intoxication alimentaire comprennent (classés par ordre décroissant de DALYs :

  • Arsenic inorganique : 2,21 millions de cas de maladie, 64 000 décès, 15,4 millions DALYs.
  • Plomb : 1,66 million de cas, 466 000 décès, 11,2 DALYs
  • Salmonella enterica non typhique : 23,5 millions de cas, 55 100 décès, 3,58 millions de DALYs
  • Norovirus : 54,8 millions de cas, 14,1 millions de décès, 2,65 millions de DALYs
  • Shigella : 118 millions de cas, 42 500 décès, 2,25 millions de DALYs
  • Campylobacter (C. jejuni ou C. coli) : 148 millions de cas, 35 400 décès, 2,15 millions de DALYs
  • Rotavirus : 25,4 millions de cas, 26 000 décès, 1,84 million de DALYs
  • Escherichia coli entérotoxigène : 131 000 cas, 28 000 décès, 1,79 million de DALYs
  • Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC) : 51,9 millions de cas, 20 500 décès, 1,24 million de DALYs
  • Toxoplasma gondii : 26,1 millions de cas, 495 000 décès, 887 000 DALYs
  • Cyclospora cayetanensis : 10,2 millions de cas, 14 600 décès, 857 000 DALYs
  • Vibrio cholerae : 23 millions de cas, 21 400 décès, 821 000 DALYs
  • Virus de l'hépatite A : 20 millions de cas, 11 900 décès, 821 000 DALYs
  • Cryptosporidium : 16,2 millions de cas, 11 400 décès, 769 000 DALYs
  • Mycotoxine (aflatoxine B1) : 14 000 cas, 13 200 décès, 412 000 DALYs
  • Listeria monocytogenes : 22 800 cas de maladie, plus de 5 200 décès, 192 000 DALYs.

Bien entendu ce rapport de l’OMS se penche aussi sur le fardeau économique qui est estimé à 647 milliards de dollars de pertes de productivité (absentéisme pour cause de maladie).

« Ce rapport est un signal d’alarme, mais aussi une feuille de route », a fait valoir Yuki Minato, responsable technique de l’OMS pour la sécurité des aliments. 

« Les données montrent que les maladies d’origine alimentaire sont non seulement persistantes, mais qu’elles sont aggravées par le changement climatique, qui accroît les risques de contamination, et par la résistance aux antimicrobiens, qui rend les infections plus difficiles à traiter. Nous ne pouvons pas faire face à ces menaces seuls ».

Selon l’OMS, ces conclusions devraient aider les pays à cibler leurs interventions, à renforcer la surveillance et à améliorer la coopération entre les secteurs de la santé, de l’agriculture et de l’environnement.

* En santé publique, le sigle DALY signifie Disability-Adjusted Life Year (Année de vie corrigée de l'incapacité). C'est une unité de mesure qui évalue le poids global d'une maladie en quantifiant le nombre d'années de vie en bonne santé perdues.

DALY équivaut à la perte d'une année complète de pleine santé, selon l’OMS.

mercredi 3 juin 2026

Choses lues sur la listériose, ministère de l'Agriculture vs Santé publique France

En date du 2 juin 2026, le ministère de l’Agriculture publie, « Zoonoses : les fiches techniques ».

Chaque fiche détaille l'agent responsable de la maladie, les modes de transmission ainsi que les symptômes chez l'animal et chez l'homme. Les mesures de prévention et la conduite à tenir en cas de contaminations sont ensuite précisées.

A la lecture de la fiche sur la listériose, le blog a constaté une approximation liée au nombre de cas. Il est indiqué « En France, 250 à 300 cas par an. »

Ce n’est pas l’avis de Santé publique France qui rapporte :

Entre 1999 (première année de mise en place de la déclaration obligatoire) et 2005, le nombre annuel de cas de listériose a fluctué entre 188 et 269 cas. Ce nombre a augmenté entre 2006 et 2020, fluctuant selon les années entre 276 et 414 cas.
Depuis 2021, le nombre annuel de cas de listériose est en augmentation nette, avec 619 cas notifiés en 2024.

Dans l’article du blog du 16 mars, Choses lues sur la listériose, Anses vs Santé publique France, j’avais déjà signalé des approximations sur les données de la listériose …, et fort heureusement, le blog était déjà là !

Santé publique France recense 400 à 600 cas par an, comme le montre le document Listériose en France. Période 1999-2024. Voir la figure ci-dessous.

Tout comme le blog a signalé à plusieurs reprises la très très grande discrétion de Santé publique France dans la diffusion de l’information sur les données TIAC en France en 2023Est-on obligé de croire les fadaises de Caroline Semaille, directrice générale de Santé publique France, quand elle écrit !
  • 10 ans d'engagement et d'action au service de la santé publique
  • Construire la santé publique de demain
  • Santé publique France s'est construite sur un modèle capable de produire des données robustes et de les traduire en leviers d'action. Elle dispose de l'expérience pour relever les défis de la nouvelle décennie, avec l'appui d'un collectif de partenaires mobilisés.
Des mots, des voeux pieux, des paroles ...