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lundi 28 septembre 2026

Détection de Salmonella dans le cadre d'une épidémie liée à des graines de courge de France

Il s’agit de la suite de l’information publiée sur le site du ministère de l’agriculture, et dont le blog vous avait relaté le sujet, ici, le 2 septembre 2026.

« Détection de Salmonella dans le cadre d'une épidémie liée à des graines de courge de France », source article de Joe Whitworth publié le 28 septembre dans Food Safety News.

Des analyses effectuées sur des graines de courge et au sein de l'usine de transformation ont permis de détecter la présence de Salmonella, selon des chercheurs enquêtant sur une épidémie en France.

Une épidémie nationale à Salmonella Enteritidis a touché 81 personnes entre le 3 mai et le 12 août. L'âge médian des patients était de 35 ans et 56 d'entre eux étaient des femmes. Huit personnes ont été hospitalisées et deux se sont présentées aux urgences en raison de leurs symptômes.

Le 30 juillet, le Centre national de référence (CNR) des E. coli, Shigella et Salmonella de l'Institut Pasteur et Santé publique France a signalé une augmentation d'un cluster génomique de Salmonella Enteritidis, avec 49 isolats recensés depuis le mois de mai.

Une étude publiée dans la revue Eurosurveillance a indiqué que les personnes malades étaient majoritairement des femmes, avec un âge médian de 32 ans, et que 17 d'entre elles provenaient d'une même région. Le délai entre l'isolement de la souche par le laboratoire initial et l'obtention des résultats de séquençage est d'environ quatre semaines.

Une avancée grâce à l'Autriche

Santé publique France a mené des enquêtes épidémiologiques par téléphone auprès des cas, en utilisant un questionnaire exhaustif de 25 pages sur les salmonelloses, interrogeant les patients sur leurs expositions alimentaires et environnementales.

Les entretiens visant à formuler des hypothèses ont révélé que la plupart des cas faisaient leurs courses dans l'enseigne Grand Frais. Toutefois, aucun aliment spécifique n'a été identifié. Au fil des investigations, une proportion inhabituellement élevée de patients a signalé la consommation de diverses noix et graines.

Les graines de courge ont une longue durée de conservation, sont souvent consommées crues et sont intégrées dans des mélanges pour en-cas, ce qui complique les enquêtes épidémiologiques et de traçabilité.

En août, un message a été publié sur EpiPulse, une plateforme en ligne permettant aux autorités sanitaires européennes d'échanger des informations sur les épidémies. L'Autriche a signalé un isolat d'origine alimentaire, obtenu en juin à partir de graines de courge importées de Pologne, présentant un profil identique à celui de l'isolat de référence français. La consommation de graines de courge, seules ou en mélange, a par la suite été confirmée pour 21 des 24 patients.

Les enquêtes de traçabilité ont permis d'identifier un producteur de graines de courge qui fournissait l'enseigne Grand Frais. Cette entreprise a fourni les graines, conditionnées dans de grands sacs portant un numéro de lot, à deux prestataires français ; ces derniers les ont soit reconditionnées dans des contenants plus petits pour la vente en vrac, soit préemballées pour une vente directe (seules ou en mélange) en grande distribution.

Prélèvements positifs et contexte général

Des échantillons de graines de courge provenant de l'enseigne Grand Frais, dans leur emballage d'origine, ont été prélevés au domicile de trois personnes touchées. Les trois échantillons se sont révélés positifs à Salmonella Enteritidis, et le séquençage a confirmé un lien génétique avec les cas humains recensés.

Fin août, le fournisseur a procédé au rappel et au retrait des lots de graines de courge commercialisés depuis le mois de mars. Des inspections sur site ont révélé la présence de Salmonella Enteritidis sur deux prélèvements de surface effectués dans l'usine de transformation ; des analyses par séquençage sont en cours.

Les graines incriminées provenaient de jeunes plants importés d'Autriche, puis avaient été cultivées et transformées en France. Les investigations de traçabilité n'ont pas permis d'établir un lien entre le producteur et des graines de courge en provenance de Pologne.

Le système d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) a permis d'identifier des exportations vers la Belgique, la Suisse et le Luxembourg. Aucun cas lié à l'épidémie n'a été signalé en Suisse ni en Belgique, mais le Luxembourg a enregistré un cas humain associé le 3 septembre. La personne concernée, tombée malade fin août, avait consommé un mélange de fruits à coque et de raisins secs contenant des graines de courge. L'analyse des prélèvemments des restes de ces produits a confirmé la contamination par la souche épidémique.

Le Royaume-Uni et le Portugal ont également signalé des isolats appartenant au même groupe épidémique. Le patient britannique avait séjourné en France de la mi-juillet au début du mois d'août et a présenté des symptômes la semaine suivant son retour au Royaume-Uni, mais aucune information n'est disponible quant à une éventuelle consommation de graines de courge. L'isolat provenant du Portugal date de mai 2026, mais aucun lien n'a pu être établi avec la France ou avec des graines de courge.

Commentaire

Aucune information n’a été publiée en France mais uniquement sur le site européen de la revue Eurosurveillance et seulement disponible en anglais.

lundi 14 septembre 2026

Éclairage sur des produits laitiers fabriqués selon des méthodes traditionnelles et la maîtrise de Listeria monocytogenes

Un article autrichien paru dans International Journal of Food Microbiology fait le point sur un fromage, le kajmak, et sa fabrication traditionnelle dans les Balkans. Il rapporte des stratégies pour limiter la recontamination par Listeria monocytogenes. Tout un programme pour des produits laitiers locaux avec une typicité et une authencité bien ancrées parmi les habitants mais aussi à l’extérieur de ces pays.

Le kajmak est un produit riche, de type crème, obtenu en faisant chauffer lentement puis refroidir du lait, traditionnellement issu de vaches, de bufflonnes ou de brebis. Il existe une variété jeune qui est blanche, et une variété plus âgée, jaune.

Les faits décrits montrent tout le chemin à accomplir pour maîtriser Listeria monocytogenes dans le produit et son environnement.

Cela étant, ces progrès restent encore à concrétiser, et selon les auteurs, le Kajmak ne serait pas le seul en cause, « Entre 2020 et 2024, la France (48,1 %), l'Italie (17,1 %) et les Pays-Bas (6,9 %) ont été les pays ayant enregistré le plus grand nombre de rappels de lait et de produits laitiers associés à L. monocytogenes (n = 233). En Autriche, L. monocytogenes a été identifié comme étant l’agent causal dans 100% des rappels de lait et de produits laitiers de 2020 à 2025. » Bref, y’a du boulot !

Cet article vise à sensibiliser aux enjeux d'hygiène alimentaire liés au kajmak traditionnel des Balkans et à illustrer comment des produits très vulnérables à courte durée de conservation peuvent être préservés grâce à de bonnes pratiques d'hygiène, des procédés de fabrication robustes, une surveillance environnementale efficace et le respect de la démarche HACCP.

Résumé

Entre 2020 et 2022, une épidémie de listériose est survenue en Autriche, entraînant dix cas, dont trois mortels. L'épidémie a été attribuée à un produit laitier traditionnel d'Europe du Sud appelé Kajmak, une crème légèrement salée. Le séquençage ultérieur d'isolats cliniques et alimentaires appartenant au complexe clonal (CC) 1 et au type clonal (CT) 6568 a permis d'identifier l'origine de l'épidémie. Le CT6568 est classé au sein du CC1, un groupe qui présente une diversification notable parmi les isolats humains, avec 14 CT distincts identifiés entre 2020 et 2022.

La clientèle de la fromagerie se composait principalement de restaurants balkaniques locaux, de comptoirs de charcuterie et de petites boulangeries. Le système d'autocontrôle en place ainsi que le programme HACCP ne répondaient pas aux normes d'adéquation requises. Listeria monocytogenes a été détectée dans la salle de production et d'affinage, indiquant une recontamination potentielle du Kajmak lors des étapes de conditionnement manuel et d'affinage. Le produit hautement périssable en question portait également un étiquetage incorrect, indiquant une date de durabilité minimale (supérieure à 21 jours) au lieu d'une date limite de consommation. De plus, des informations cruciales pour les consommateurs, telles que la nécessité d'une réfrigération stricte à 4°C, étaient absentes.

L'épidémie a probablement été favorisée par la production discontinue de Kajmak, ce qui a conduit à une hygiène environnementale insuffisante. Le rapport rétrospectif sur cette épidémie met en évidence l'absence d'analyse des risques dans les études portant sur la sécurité des aliments produits à petite échelle selon des méthodes traditionnelles. Il est essentiel que les producteurs alignent leurs pratiques sur les principes de la méthode HACCP et sur des systèmes d'autocontrôle efficaces.

Remarques finales

Dans le contexte de la production traditionnelle de Kajmak, il est nécessaire que les fabricants, les autorités publiques et les groupes d'experts-conseils coordonnent leurs positions afin d'assurer la sécurité sanitaire du produit. Cette collaboration est essentielle pour garantir la sécurité de ce produit très apprécié. Il est pertinent d'établir des comparaisons et de prendre en compte les enseignements tirés des épidémies de listériose liées aux fromages de type mexicain, ces derniers étant considérés comme des produits à haut risque. Il existe également un potentiel pour élaborer des formations destinées aux fabricants ainsi que des programmes éducatifs pour les transformateurs (restaurants, épiceries fines et boulangeries), leur permettant de tirer des conclusions utiles de ces études.

Quelques références

La bibibliographie de l'article est très utile pour mieux appréhender la maîtrise de Listeria monocytogenes et j’ai extrait ci-dessous quelques références utiles pour les fabricants :

dimanche 13 septembre 2026

États-Unis : L'épidémie de cyclosporose liée à la laitue de Taylor Farms s'achève avec près de 13 000 cas et deux décès recensés

L'épidémie de cyclosporose liée à la laitue de Taylor Farms s'achève avec près de 13 000 cas et deux décès recensés, source article de Bailee Henderson paru dans Food Safety Magazine.

Le 11 septembre 2026, le CDC des États-Unis a indiqué que l'épidémie nationale de cyclosporose liée à la laitue iceberg de chez Taylor Farms a décliné de façon significative. La laitue contaminée n'est plus disponible dans les commerces ni les restaurants. Au total, 12 883 cas ont été recensés dans 21 États, entraînant 570 hospitalisations et deux décès.

Selon le CDC, une baisse significative des infections récentes liées à l'épidémie a été observée. Au plus fort de l'épidémie, avant le rappel des produits, plus de 1 000 cas d’infection survenaient en une seule journée. En août, la moyenne était inférieure à deux cas par jour. L'agence a conclu : « À l'heure actuelle, il n'y a plus de risque de contracter la cyclosporose à partir de cette source. » 

Des cas liés à l'épidémie ont été signalés dans les États suivants : Arkansas, Géorgie, Iowa, Illinois, Indiana, Kansas, Kentucky, Massachusetts, Maine, Michigan, Missouri, Nebraska, New Hampshire, Caroline du Nord, Ohio, Oklahoma, Pennsylvanie, Tennessee, Texas, Virginie et Virginie-Occidentale.

La FDA poursuit son enquête sur les causes profondes et les activités de réponse à l'épidémie

L'enquête de la FDA sur l'épidémie se poursuit toutefois, en se concentrant sur Taylor Farms of Mexico/Taylor Fresh Foods, le producteur et fournisseur de la laitue incriminée. L'agence entame également des activités de suivi post-épidémie. Les actions récentes et en cours de la FDA concernant cette épidémie comprennent :
  • L'achèvement des inspections sur site et du prélèvement d'échantillons chez les producteurs de laitue iceberg et à l'usine de transformation au Mexique ; l'analyse des échantillons est en attente.
  • Des activités d'enquête sur les causes profondes chez Taylor Farms of Mexico ; les conclusions seront intégrées au plan d'action de la FDA en matière de prévention, de réponse et de recherche sur Cyclospora, ainsi qu'aux efforts de prévention menés dans le cadre du partenariat Mexique-États-Unis sur la sécurité des aliments.
  • L'envoi d'une lettre au secteur appelant à la collaboration pour lutter contre la contamination par Cyclospora tout au long de la chaîne d'approvisionnement.
  • Des réunions avec de hauts responsables mexicains de la santé publique et de l'agriculture pour encourager un engagement continu envers un cadre axé sur la prévention afin de traiter les épidémies liées aux produits agricoles cultivés au Mexique.

En juillet, la FDA a déterminé que la laitue cultivée par Taylor Farms au Mexique était le vecteur de la maladie à l'origine de l'épidémie, en se fondant sur des preuves épidémiologiques solides, à savoir que des milliers de patients touchés avaient déclaré avoir consommé des aliments de la chaîne Taco Bell contenant de la laitue iceberg, et sur des activités de traçabilité convergeant vers un fournisseur unique. Plus tôt cette semaine, les autorités de santé publique du Michigan ont publié un rapport provisoire sur les premières étapes de l'enquête menée par l'État, ce qui a contribué à orienter les efforts de traçabilité et la réponse de santé publique de la FDA. Selon ce rapport, sur les 3 114 patients interrogés par les enquêteurs du Michigan, 2 168 (soit 69,6 %) ont déclaré avoir consommé des aliments achetés auprès d'une seule chaîne de restauration (vraisemblablement Taco Bell), la laitue étant l'ingrédient le plus fréquemment consommé par les personnes interrogées. Des éléments indiquaient également une exposition à la laitue chez des personnes n'ayant pas fréquenté cette chaîne de restauration.

Par la suite, Taco Bell a cessé de s'approvisionner en laitue auprès de Taylor Farms, et Taylor Farms/Taylor Fresh Foods a annoncé un rappel de produits touchant diverses marques de la restauration et de la distribution. À ce stade, la FDA s'est déclarée « convaincue que toute la laitue iceberg rappelée en lien avec cette épidémie spécifique à Cyclospora a été retirée du marché ».

D'autres enquêtes sur des épidémies à Cyclospora sont toujours en cours

Les cas de maladie associés à l'épidémie liée à la laitue de Taylor Farms ne représentent qu'une partie du nombre inhabituellement élevé de cas de cyclosporose signalés aux États-Unis en 2026. Entre le 1er mai et le 31 août, le CDC ont reçu des signalements concernant 19 595 cas confirmés en laboratoire et contractés sur le territoire national, entraînant 1 043 hospitalisations et deux décès (les deux mêmes décès que ceux liés à l'épidémie de Taylor Farms). Ce total inclut les cas associés à l'épidémie liée à la laitue de Taylor Farms, ceux liés à d'autres épidémies, ainsi que les cas isolés (non liés à une épidémie). À titre de comparaison, 1 180 cas avaient été signalés aux États-Unis au cours de la même période en 2025.

La FDA poursuit ses enquêtes sur d'autres foyers épidémiques à Cyclospora à travers les États-Unis. Actuellement, outre l'épidémie liée à la laitue de Taylor Farms, l'agence enquête sur quatre épidémies de cyclosporose comptant respectivement 231, 38, 22 et 18 cas. Aucun vecteur de transmission n'a encore été identifié pour aucune de ces quatre épidémies.

L’épidémie de cyclosporose a suscité des inquiétudes quant à l'infrastructure de santé publique aux États-Unis

L'épidémie de cyclosporose liée aux laitues de Taylor Farms a été largement médiatisée en raison de son ampleur inédite et du nombre de cas recensés. Face à cette situation, experts en sécurité des aliments, législateurs et grand public se sont demandé si le sous-investissement dans l'infrastructure et la recherche en santé publique aux États-Unis, ainsi que les coupes budgétaires imposées aux agences fédérales sous la seconde administration Trump, avaient ralenti la détection de l'épidémie et la réponse apportée. Ainsi, en août, il a été révélé que le Congrès avait supprimé deux des trois projets fédéraux de recherche sur Cyclospora dans le cadre de l'exercice budgétaire 2026, et le troisième sera perturbé par la réorganisation de l’USDA prévue par l'administration Trump.

Lors de l'épidémie, des membres de la commission de surveillance de la Chambre des représentants ont demandé des explications à Taylor Farms concernant sa gestion de la crise, ainsi que sur les dons versés à un Super PAC soutenant Trump une semaine avant que l'administration ne reporte l'application de la règle de la FDA sur la traçabilité des aliments. Si elle avait été mise en œuvre en janvier 2026 comme prévu initialement, cette règle aurait facilité la traçabilité de la laitue à l'origine de l'épidémie de cyclosporose, permettant ainsi des rappels de produits et des interventions plus rapides.

Par ailleurs, en août, la Safe Food Coalition, qui regroupe des acteurs de la sécurité des aliments et de la protection des consommateurs, a exhorté le Congrès à abroger une disposition budgétaire interdisant à la FDA d'utiliser des fonds fédéraux pour administrer ou faire appliquer son règlement sur la traçabilité des aliments avant le 20 juillet 2028.

La Safe Food Coalition s'est également jointe à des experts, des législateurs et au grand public pour réclamer le rétablissement de financements et d'effectifs suffisants pour le CDC et les États, afin d'assurer la surveillance des maladies d'origine alimentaire et la gestion des épidémies.

vendredi 4 septembre 2026

Royaume-Uni : 50 cas supplémentaires dans l'éclosion de salmonellose. Le bilan total dépasse les 500 cas

L'UKHSA, en collaboration avec la Food Standards Agency (FSA) et d'autres partenaires de santé publique, a fait le point au 3 septembre 2026 sur l'épidémie de salmonellose. L’UKHSA poursuit son enquête sur une épidémie de salmonellose au Royaume-Uni conjointement avec la Food Standards Agency (FSA) et d'autres partenaires de santé publique, sur trois foyers de cas à Salmonella Enteritidis (t5.9411, t5.9765 et t0.24068) au Royaume-Uni ; les éléments recueillis suggèrent un lien possible avec des œufs importés.


Au 1er septembre 2026, on dénombrait :

- un total de 305 cas confirmés et un décès liés au foyer de cas t5.9411 en Angleterre, avec des dates de prélèvement allant du 11 août 2025 au 21 août 2026 ;

- un total de 182 cas confirmés liés au foyer t0.24068 en Angleterre, sans aucun décès signalé, et des dates de prélèvement allant du 27 mai 2025 au 15 août 2026 ;

- un totalde 41 cas confirmés et un décès liés au foyer de cas t5.9765 en Angleterre, avec des dates de prélèvement allant du 27 janvier 2026 au 11 août 2026.

Les cas continuent d'être associés à la consommation de repas dans divers établissements de restauration, notamment de petits cafés, des restaurants et des points de vente à emporter. Le risque de salmonellose pour la population générale reste faible.

Hannah Charles, épidémiologiste principale à l'UKHSA, a déclaré :

Nos investigations à ce jour indiquent un lien avec des œufs importés, mais l'enquête se poursuit. Nous continuerons à assurer le suivi des cas et à rechercher d'éventuelles autres sources communes si elles venaient à être identifiées.

« Il est important de souligner que le risque global pour la population reste faible. En Angleterre, tous les prélèvements de Salmonella provenant de patients pris en charge à l'hôpital ou en soins sont systématiquement analysés par séquençage du génome entier, ce qui nous permet d'identifier et d'étudier rapidement les épidémies potentielles. » La plupart des infections à Salmonella provoquent des symptômes bénins, tels que diarrhée, crampes abdominales, vomissements et fièvre, qui disparaissent généralement sans traitement. Toutefois, l'infection peut parfois entraîner une maladie plus grave, notamment une septicémie nécessitant une hospitalisation, en particulier chez les jeunes enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes dont le système immunitaire est affaibli.

Le professeur Ian Young, conseiller scientifique en chef de la Food Standards Agency, a déclaré :

« Les causes exactes de ces foyers n'ont pas encore été identifiées, mais les investigations menées jusqu'à présent ont mis en évidence un lien avec des œufs importés. Rien n'indique que les œufs produits au Royaume-Uni soient concernés. »

« Nos recommandations en matière de sécurité des aliments restent inchangées : les œufs bien cuits et manipulés dans le respect des règles d'hygiène ne devraient présenter aucun risque pour la santé. Les nourrissons, les jeunes enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées ne doivent consommer des œufs crus ou peu cuits que s'ils portent le marquage "British Lion" ou s'ils sont produits dans le cadre du programme "Laid in Britain". Cette recommandation ne s'applique pas aux personnes immunodéprimées nécessitant un régime sous surveillance médicale ; celles-ci doivent continuer à suivre les conseils médicaux qui leur sont propres.

Si vous mangez à l'extérieur ou achetez des aliments contenant des œufs, il est possible que vous ne sachiez pas s'ils portent le marquage "British Lion" ou s'ils sont certifiés "Laid in Britain". Dans ce cas, pour les personnes vulnérables, la mesure la plus sûre consiste à s'assurer que les œufs soient bien cuits et à éviter les plats contenant des œufs crus ou peu cuits, comme les mousses, la mayonnaise fraîche ou la sauce hollandaise.

Comme pour toute maladie d'origine alimentaire, une bonne hygiène reste votre meilleure protection : conservez et cuisinez les aliments conformément aux instructions figurant sur l'emballage, lavez-vous soigneusement les mains avant de manipuler des aliments et systématiquement après avoir manipulé de la viande crue, de la volaille ou des œufs. »

Selon le Daily Mail, il y aurait 50 cas de plus depuis le précédent communiqué de l’UKHSA la semaine dernière, le total passant de 474 cas à 528 cas dont deux décès.

L’origine de la contamination est activement recherchée et des cas ont été rapportés en Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, France et Pays-Bas.

mercredi 26 août 2026

États-Unis : L'épidémie de salmonellose liée aux piments jalapeños touche désormais 431 personnes dans 32 États

Bien entendu, aux États-Unis, l’épidémie liée aux laitues contaminées par Cyclospora est hors concours, avec désormais, plus de 17 000 cas, et donc il y a une « bataille » à distance entre deux autres épidémies, l’une concernant des germes de luzerne contaminées par E. coli et Salmonella et l’autre dont il va être question ci-dessous, concerne des piments jalapeños.

L'épidémie de salmonellose liée aux piments jalapeños touche désormais 431 personnes dans 32 États, source FSM.

Le nombre de cas signalés dans le cadre de l'épidémie dans plusieurs États d'infections à Salmonella Javiana liée aux piments jalapeños s'élève désormais à 431 personnes réparties dans 32 États. On dénombre 57 hospitalisations, mais aucun décès.

Ces piments ont été cultivés dans l'État de Sinaloa, Mexique, et distribués par la société Coast Citrus Distributors à des grossistes, des restaurants et des entreprises de restauration collective à travers les États-Unis, notamment des chaînes de cuisine mexicaine comme Chipotle Mexican Grill. Selon un communiqué publié par l'entreprise le 4 août, Chipotle a activé de manière proactive son système de traçabilité des ingrédients dès qu'elle a eu connaissance d'une épidémie potentielle ; elle a ainsi pu identifier les piments d'un lot spécifique comme étant un ingrédient commun servi dans les restaurants fréquentés par les personnes malades. Ces informations ont été transmises à la FDA et ont contribué à identifier la source de la contamination.

D'après les données épidémiologiques recueillies par le CDC, les personnes touchées par l'épidémie sont tombées malades entre le 19 juin et le 2 août 2026. Sur les 224 personnes interrogées, 203 (soit 91 %) ont déclaré avoir mangé dans un restaurant de cuisine mexicaine, notamment chez Chipotle Mexican Grill et Qdoba, avant l'apparition de la maladie, les repas ayant été pris entre le 14 juin et le 16 juillet.

À la suite du rappel lancé par Coast Citrus Distributors le 7 août, plusieurs autres rappels en aval ont été initiés concernant des piments jalapeños ainsi que des produits en contenant. Parmi les distributeurs concernés figurent Hannaford, Kroger, Stop and Shop, Target, Trader Joe’s, Walmart et Whole Foods Market. Les informations relatives à ces rappels sont disponibles ici.

Par ailleurs, le 8 août, le Food Safety and Inspection Service de l’USDA a émis une alerte de santé publique concernant des produits à base de viande et de volaille contenant des piments jalapeños (soumis à la réglementation de la FDA) susceptibles d'être contaminés par Salmonella Javiana. La liste des produits rappelés est disponible ici. L'investigation de la FDA se poursuit.

lundi 24 août 2026

ECDC : Vue d'ensemble de l'épisode dans plusieurs pays à Salmonella Enteritidis ST11

On connaissait, d’après l’EFSA, le foyer épidémique multinational d'infections à Salmonella Stanley liée à des produits à base de nouilles aromatisées ainsi que les foyers épidémiques dans plusieurs pays de salmonellose liés à des graines de luzerne germées, voici désormais une suite de l’épisode dans plusieurs pays à Salmonella Enteritidis ST11 (2025-2026).

Dans la communication de l’ECDC, il est question d’œufs importés, mais le blog vous avait indiqué le 12 août 2026 que « Des œufs de Pologne sont à l'origine de quatre foyers de cas d'intoxication alimentaire à Salmonella en France ». Il s’agissait de Salmonella Enteritidis ST11.

Dans le Communicable disease threats report, 15 - 21 August 2026, week 34 de l’ECDC, il est question d’une « Vue d'ensemble de l'épisode dans plusieurs pays à Salmonella Enteritidis ST11 (2025-2026) » :

Un foyer dans plusieurs pays à  Salmonella Enteritidis ST11 a été identifié dans sept pays européens. Entre mai 2025 et août 2026, 341 cas confirmés ont été signalés, avec une augmentation notable des notifications depuis mai 2026.

Des cas ont été recensés en Autriche (2), en Belgique (15), au Danemark (1), en France (4), en Allemagne (6), aux Pays-Bas (106) et au Royaume-Uni (207).

Sur le nombre total de cas liés à l'épidémie, 152 (45 %) ont été signalés depuis mai 2026. À l'exception de sept cas, tous ont été signalés aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. L'âge des cas varie de 0 à 90 ans (médiane : 31 ans).

Au moins 34 cas ont nécessité une hospitalisation.

Les enquêtes épidémiologiques menées au Royaume-Uni désignent des œufs importés comme source suspectée de l'infection. Les Pays-Bas ont observé un pic en août-septembre 2025. L'enquête réalisée aux Pays-Bas en 2026 a orienté les soupçons vers la viande de poulet, bien que cette conclusion repose sur un nombre limité d'entretiens avec des patients.

Au 20 août, huit isolats présents dans la base de données WGS (séquençage du génome entier) de l'ECDC présentaient une distance allélique inférieure ou égale à 5 (méthode de liaison simple) par rapport à la séquence représentative de l'épidémie (identifiant d'accès SRR38967854).

Ces isolats datent de 2025-2026 et proviennent de quatre pays européens. La souche épidémique a été impliquée dans un foyer précédent signalé par les Pays-Bas à l'ECDC (référence 2025-FWD-00071). À l'époque, les œufs ou la volaille étaient suspectés d'être à l'origine de l'infection. Aucun isolat correspondant (distance allélique inférieure ou égale à 10) n'a été identifié dans la base de données WGS de l'EFSA.

Évaluation de l'ECDC

L'épidémie dans plusieurs pays à Salmonella Enteritidis ST11 se poursuit, avec une augmentation du nombre de cas depuis mai 2026, en particulier aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Les investigations épidémiologiques sont en cours et désignent les œufs et les produits de poulet comme des sources potentielles d'infection. D'autres cas sont à prévoir tant que des mesures de maîtrise appropriées ne seront pas mises en œuvre à la source.

mercredi 19 août 2026

Un décès et plus de 200 personnes malades suite à une épidémie de salmonellose au Royaume-Uni liée à des œufs importés

« Un décès et plus de 200 personnes malades suite à une épidémie de salmonellose au Royaume-Uni », source BBC du 18 août 2026.

Une personne est décédée et des centaines d'autres ont été malades d'une intoxication alimentaire à la salmonelle lors d'une épidémie que les experts britanniques attribuent à la consommation d'aliments préparés avec des œufs importés.

L'UKHSA a ouvert une enquête sur les 207 cas recensés au cours de l'année écoulée, la plupart ayant été enregistrés ces dernières semaines.

Plus d'un tiers des personnes touchées, des nourrissons et des personnes âgées de 90 ans, ont nécessité une hospitalisation, deux d'entre elles ayant développé une septicémie grave. La plupart guérissent cependant spontanément.

Bien que les cas de salmonellose puissent survenir à tout moment, cette épidémie concerne une souche spécifique et identique.

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes incluent des crampes d'estomac, de la diarrhée, des vomissements ou de la fièvre. Ils apparaissent généralement entre 12 et 72 heures après l'infection.

Toute personne inquiète doit contacter en premier lieu son médecin traitant ou le service de garde, indique l'UKHSA.

La plupart des cas, 199 sur 207, ont été recensés en Angleterre, dont 47 à Londres et 38 dans le Yorkshire et le Humber.

On dénombre six cas en Écosse, un au Pays de Galles et un autre en Irlande du Nord.

Hannah Charles, épidémiologiste en chef pour les infections gastro-intestinales à l'UKHSA, a déclaré : « Nous travaillons avec la Food Standards Agency et d'autres agences de santé publique pour enquêter sur une épidémie de salmonellose qui pourrait être liée à des œufs importés de l'extérieur du Royaume-Uni. »

Salmonella peut être présent dans de nombreux aliments, notamment la volaille ou la viande crues ou insuffisamment cuites et les œufs.

Bien préparer et cuire les aliments permet de prévenir les infections, tout comme se laver les mains après être allé aux toilettes et avant de manipuler des aliments.

Chaque année au Royaume-Uni, des milliers de cas d'intoxication alimentaire sont causés par de nombreuses souches différentes de salmonelles.

Il est plus inhabituel de voir une épidémie de ce type liée à une souche spécifique de la bactérie affectant plusieurs personnes simultanément.

Il s’agit d’une augmentation du nombre de cas de salmonellose due à une souche unique grâce au séquençage du génome entier. Salmonella enteritidis est le sérovar de Salmonella le plus fréquent en Angleterre et la principale cause de salmonellose chez l'homme. Cette épidémie à Salmonella enteritidis est phylogénétiquement liée (à 25 SNP près) à une épidémie précédente survenue en 2025, elle aussi liée à des œufs importés.

Les experts estiment qu'il est probable que d'autres cas surviennent et que certaines personnes aient pu être malades sans le signaler.

L'UKHSA indique que des enquêtes épidémiologiques et sur la chaîne alimentaire « approfondies » sont en cours pour identifier la source, mais que la consommation d'œufs reste la plus élevée à ce jour.

Une épidémie de salmonellose en Belgique atteint les 300 cas

« Une épidémie de salmonellose en Belgique atteint les 300 cas », source article de Joe Whitworth paru dans Food Safety News et adapté par mes soins -aa.

Lors de l'incident initial, Salmonella a été découvert dans un prélèvement de poussière prélevé dans un poulailler Laerco, et des analyses ultérieures ont révélé qu'il s'agissait du même type que celui détecté chez les patients.

L'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) a confirmé à Food Safety News que 300 personnes sont malades dans le cadre de l'épidémie à Salmonella enteritidis, contre 236 en mai.

Les patients sont âgés de moins d'un an à 96 ans, les femmes représentant 45 % des cas. Les symptômes incluent vomissements et diarrhée.

Les patients sont tombés malades entre le 19 février 2025 et le 25 juillet 2026. Il existe un délai de quelques semaines correspondant au temps nécessaire pour envoyer les échantillons au laboratoire et effectuer l'analyse de séquençage du génome entier, de sorte que des cas plus récents pourraient encore être signalés.

La société Laerco BV a procédé le 10 août à un deuxième retrait et rappel d'œufs portant certains codes en raison de la présence possible de salmonelles. Un premier rappel avait eu lieu le 11 mai 2026.

Les codes concernés sont « 2-BE-1073-01 », « 2-BE-1073-02 », « 2-BE-1073-03 » et « 2-BE-1073-04 ». Après la ponte, les œufs doivent être livrés au consommateur dans un délai de 28 jours ; la date limite concernée est donc le 4 septembre.

En mai, la contamination était circonscrite à un seul poulailler et les restrictions ne concernaient que cette unité. Récemment, Salmonella a été détecté dans un autre poulailler du même site ; les mesures ont donc été étendues à l’ensemble de l’établissement.

Lors de l'incident initial, Salmonella a été découvert dans un échantillon de poussière prélevé dans un poulailler Laerco, et des analyses ultérieures ont révélé qu'il s'agissait du même type que celui détecté chez les patients.

Selon une notification du système d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) du 18 mai 2026, les œufs ont également été distribués en France, au Luxembourg, en République tchèque, en Italie, en Pologne, au Portugal, en Espagne et aux Pays-Bas. La notification au RASFF notait alors la présence de 190 personnes affectées.

samedi 15 août 2026

Thriller de l'été aux États-Unis : La FDA entame enfin une inspection chez Taylor Farms au Mexique ; le nombre officiel de cas à Cyclospora approche les 10 000 ; où l'on découvre les liens troubles entre Taylor Farms et le président Trump

Bonne fête du 15 août 2026

L’article ci-après met non seulement à jour le nombre de cas provisoire à Cyclospora aux États-Unis, mais aussi les relations pour le moins troubles entre Taylor Farms et l’entourage du président Trump. Un vrai scénario de thriller et la suite vaudra prochainement son pesant de cacahuètes

« La FDA entame une inspection chez Taylor Farms Mexico alors que le nombre officiel de cas d'épidémie à Cyclospora approche les 10 000 », source article de Bailee Henderson dans Food Safety Magazine du 14 août 2026.

Résumé

  • La FDA a entamé des inspections sur place et des prélèvements chez Taylor Farms au Mexique, où la laitue iceberg à l'origine de l'épidémie a été cultivée, alors que le nombre officiel de cas atteint 9 481 dans 17 États, dont deux décès.
  • Au-delà de cette épidémie, le CDC signale 13 895 cas de transmission locale confirmés en laboratoire et a connaissance de milliers d'autres cas nécessitant une analyse, tandis que la FDA enquête sur six autres épidémies dont les vecteurs alimentaires sont inconnus.
  • Des législateurs et des acteurs de la sécurité des aliments s'interrogent sur la réponse de Taylor Farms et demandent instamment la fin du retard pris dans l'application de la règle de la FDA sur la traçabilité des aliments , ainsi que des financements et des effectifs adéquats pour la surveillance.

Le 13 août 2026, la FDA des États-Unis a annoncé qu'elle avait commencé des inspections et des prélèvements sur place chez Taylor Farms au Mexique, où était cultivée la laitue iceberg impliquée dans l'épidémie de cyclosporose en cours dans plusieurs États, en coordination avec les autorités mexicaines.

L'agence a également mis à jour le nombre officiel de cas de l'épidémie pour inclure 9 481 cas de maladie rapportés dans 17 États : Arkansas, Iowa, Illinois, Indiana, Kansas, Kentucky, Massachusetts, Maine, Michigan, Missouri, Nebraska, New Hampshire, Caroline du Nord, Ohio, Oklahoma, Pennsylvanie et Virginie-Occidentale.

De plus, deux décès dus à une déshydratation induite par la cyclosporose chez des patients présentant des problèmes de santé sous-jacents ont été associés à cette épidémie.

La distribution du produit rappelé a été confirmée dans 31 États : Alabama, Arkansas, Connecticut, Floride, Géorgie, Iowa, Illinois, Indiana, Kansas, Kentucky, Louisiane, Massachusetts, Maryland, Maine, Michigan, Missouri, Mississippi, Caroline du Nord, Nebraska, New Hampshire, New Jersey, New York, Ohio, Oklahoma, Pennsylvanie, Caroline du Sud, Tennessee, Texas, Virginie, Wisconsin et Virginie-Occidentale.

La FDA a également dit qu'elle était « convaincue que toute la laitue iceberg rappelée en lien avec cette épidémie spécifique de Cyclospora a été retirée du marché ».

Autres cas et épidémies de cyclosporose à l'échelle nationale

Parallèlement, le nombre d'infections à Cyclospora rapportées par le CDC et les États, y compris celles associées à l'épidémie de laitue de chez Taylor Farms et les cas sporadiques ou ceux liés à d'autres épidémies, est beaucoup plus élevé.

D'après une mise à jour du 11 août, le CDC a reçu des signalements de 13 895 cas de cyclosporose contractés aux États-Unis et confirmés en laboratoire depuis le 1er mai de cette année. L'agence a également eu connaissance d'au moins 10 455 cas supplémentaires d'infection à Cyclospora nécessitant des investigations et des analyses complémentaires.

Au Michigan seulement, où le plus grand nombre de cas a été signalé, le ministère de la Santé a connaissance de 13 909 infections à Cyclospora  , ayant entraîné 314 hospitalisations et deux décès (vraisemblablement les deux mêmes décès qui font partie de l'épidémie de laitue de Taylor Farms).

Dans l'Ohio, un autre État fortement touché, un total de 3 299 cas de cyclosporose a été signalé rien que dans les comtés du nord-ouest de l'État.

Outre l'épidémie survenue chez Taylor Farms, la FDA enquête actuellement sur six autres foyers de cyclosporose, responsables respectivement de deux, huit, 11, 18, 25 et 112 cas. Aucun aliment vecteur de la maladie n'a encore été identifié pour aucun de ces six foyers.

Taylor Farms critiquée pour sa gestion de l'épidémie ; les parties prenantes demandent l'application des règles de traçabilité.

Les législateurs et le public s'interrogent sur la réaction de Taylor Farms face à l'épidémie de cyclosporose.

Le 27 juillet, le représentant américain Robert Garcia, démocrate, membre du comité de surveillance et de la réforme gouvernementale de la Chambre des représentants des États-Unis, a exigé des réponses de Taylor Farms concernant sa réponse à l'épidémie, citant des rapports sur les tentatives présumées de Taylor Farms d'influencer la Maison Blanche et la FDA, ainsi que les déclarations publiques « contradictoires et confuses » de l'entreprise.

La lettre soulevait notamment des questions quant aux dons de Taylor Farms au président Donald Trump et à ses activités de lobbying liées à la législation sur la sécurité des aliments, en précisant qu'un don d'un million de dollars à un Trump super PAC* avait eu lieu une semaine avant que l'administration ne reporte l'entrée en vigueur du règlement de la FDA sur la traçabilité des aliments au 20 juillet 2028. Sans ce report, la règle serait entrée en vigueur en janvier 2026, facilitant ainsi la traçabilité des aliments contaminés impliqués dans des épidémies d'intoxication alimentaire et permettant leur retrait plus rapide du marché.

Faisant écho à cela, le 12 août, la Safe Food Coalition a adressé une lettre aux dirigeants du Congrès, les exhortant à abroger un amendement budgétaire qui empêche la FDA d'utiliser des fonds fédéraux pou administrer ou appliquer sa Food Traceability Rule avant le 20 juillet 2028. Cette disposition enjoignait également la FDA à identifier d'éventuelles flexibilités supplémentaires pour satisfaire aux exigences de suivi au niveau des lots, ce qui, selon la Safe Food Coalition, « incite la FDA à abandonner la pierre angulaire de son cadre de traçabilité et à revoir sa copie ».

La Safe Food Coalition s'est également jointe à des experts, des législateurs et au public pour demander le rétablissement de financements et des personnels adéquats au sein du CDC et des États pour la surveillance des maladies d'origine alimentaire et la réponse aux épidémies.

Par ailleurs, suite à l'annonce de l'ouverture d'une enquête sur place par la FDA chez Taylor Farms au Mexique, Consumer Reports, membre de la Safe Food Coalition, a déclaré : « Il est alarmant que la FDA ait mis autant de temps à se rendre sur place et à identifier les facteurs potentiels ayant pu contribuer à cette épidémie. Elle aurait dû dépêcher des enquêteurs immédiatement après l'établissement du premier lien entre Taylor Farms et l’épidémie. Une présence sur le terrain permet aux enquêteurs d'observer de près les opérations, ce que les tests seuls ne peuvent reproduire, et d'identifier les conditions susceptibles d'avoir contribué à cette épidémie. Les enquêteurs peuvent également en tirer des enseignements importants qui pourraient contribuer à prévenir de futures épidémies. »

* Trump Super PAC désigne un comité d'action politique ndépendant autorisé à collecter et dépenser des sommes d'argent illimitées auprès de donateurs riches ou d'entreprises pour soutenir Donald Trump.

MàJ du 16 août 2026. La date limite de consommation des laitues iceberg rappelées suite à l'importante épidémie à Cyclospora est dépassée, selon une mise à jour publiée le 13 août 2026 par la FDA. Par conséquent, les laitues de Taylor Farms contaminées par Cyclospora ne devraient plus être disponibles dans les commerces et les restaurants. Source CIDRAP News.

samedi 8 août 2026

En cas de rappel, pourquoi il faut pouvoir disposer d'informations en temps réel sur l'ensemble de la chaîne alimentaire ?

L'article « The Missing Link in Outbreak Response: Why Distributors Need Real-Time Supplier Intelligence, Not Just Recall Notices » (Le chaînon manquant dans la réponse aux épidémies : pourquoi les distributeurs ont besoin d’informations en temps réel sur leurs fournisseurs, et pas seulement d’avis de rappel) souligne l'importance pour les distributeurs de disposer d'informations en temps réel sur leurs fournisseurs afin de réagir efficacement aux épidémies d’origine alimentaire. Il met en lumière le cas de l'épidémie de cyclosporose liée à la laitue iceberg, où la rapidité et la précision des informations ont été cruciales pour limiter la propagation de la maladie. Il plaide pour une collaboration renforcée entre les distributeurs, les fournisseurs et les services réglementaires, en mettant l'accent sur la nécessité d'une communication efficace et d'une transparence accrue pour améliorer la sécurité des aliments. 

Voici ci-dessous une traduction adaptée par mes soins de cet article. 

L'éclosion de cyclosporose de cet été est l'une des plus importantes jamais documentées aux États-Unis : au 5 août, le CDC avaient recensé plus de 10 400 cas confirmés en laboratoire dans 47 États, dont au moins 6 358 cas de maladie et 278 hospitalisations spécifiquement liés à de la laitue iceberg provenant de 15 États. À titre de comparaison, le CDC enregistre généralement entre 200 et 1 000 cas de cyclosporose à l'échelle nationale sur une année entière.

Le 17 juillet, l'entreprise Taylor Farms de Mexico a procédé au rappel de toutes les laitues iceberg provenant du centre du Mexique. Les données épidémiologiques et de traçabilité ont mis en cause de la laitue iceberg découpée produite par Taylor Farms de Mexico et servie dans des restaurants Taco Bell de l'Indiana, du Kentucky, du Michigan, de l'Ohio et de la Virginie-Occidentale.

Quelques jours plus tard, dans un rebondissement ayant davantage semé la confusion qu'apporté de la clarté, la FDA a annoncé que l'un des prélèvements de laitue initialement incriminés s'était révélé être un faux positif pour Cyclospora cayetanensis.

La FDA a toutefois pris soin de préciser que Taylor Farms restait impliquée sur le plan épidémiologique dans l'éclosion. Cette simple précision en dit long sur l'incertitude qui peut entourer la gestion d'une épidémie en cours, ainsi que sur la manière très différente dont cette incertitude est ressentie selon la position de l'entreprise dans la chaîne d'approvisionnement.

Un autre point important est que Cyclospora est un parasite, et non une bactérie. Il n'est pas détecté lors des analyses de selles courantes à moins qu'un médecin ne prescrive spécifiquement un test de dépistage ; c'est l'une des principales raisons pour lesquelles le décompte officiel des cas lors d'une épidémie à Cyclospora a tendance à sous-estimer le nombre réel de personnes touchées. De plus, le parasite ne peut être éliminé par un lavage standard des produits agricoles, ni par les désinfectants habituels ; seule une cuisson à 70°C permet de l'éliminer de manière fiable.

Ces infections peuvent provoquer une diarrhée aqueuse et une fatigue persistant plusieurs semaines, avec un risque élevé de rechute ; le coût humain et économique d'un seul cas dépasse donc largement la durée de la maladie initiale. Pour un produit comme les légumes à feuilles, vendus réfrigérés et rarement cuits, cette combinaison de résilience du pathogène et de difficulté de diagnostic est précisément ce qui rend une épidémie de ce type si difficile à contenir rapidement.

L'échelon souvent ignoré dans la couverture médiatique des épidémies

Lorsqu'une épidémie de ce genre éclate, on entend généralement parler de deux choses : le producteur ou le fournisseur à l'origine présumée de la contamination, et l'enquête gouvernementale visant à le confirmer. On prête beaucoup moins d'attention à l'étape intermédiaire. C'est là qu'intervient le grossiste distributeur, qui gère simultanément des centaines de relations avec des fournisseurs de produits réfrigérés et tente de déterminer en temps réel lesquels pourraient être concernés. Pendant ce temps, les commerçants se posent la même question et attendent de leur distributeur une réponse rapide et fiable.

Lorsqu'une épidémie survient, la question n'est pas de savoir si nous sommes touchés, mais plutôt : « Quels fournisseurs traitent ce produit et cette zone de culture, et quelle réponse étayée pouvons-nous fournir à nos distributeurs ? »

Pourquoi la documentation statique de conformité ne suffit pas

L'arsenal standard du secteur pour évaluer et gérer les risques liés aux fournisseurs a longtemps reposé essentiellement sur des documents papier : certifications GFSI, lettres de garantie, attestations d'assurance et avis de rappel émis une fois les problèmes survenus. Ces documents sont importants et restent fondamentaux pour tout programme crédible de sécurité des aliments. Toutefois, au mieux, ils ne reflètent la situation d'un fournisseur qu'à un instant T. Ils ne permettent pas au distributeur d'identifier un risque accru dès l'apparition d'une nouvelle épidémie.

L'exemple de Taylor Farms illustre bien cette limite. L'entreprise a dû procéder à plusieurs rappels ces dernières années, notamment en mars 2024 pour des salades au poulet prêtes à consommer contenant un allergène (blé) non déclaré, et en octobre 2024 pour des oignons jaunes liés à une épidémie à E. coli associée à des hamburgers servis dans une chaîne de restauration rapide. Chacun de ces événements a fini par générer un document dans le dossier du fournisseur. Aucun de ces éléments n'aurait permis de signaler l'entreprise comme présentant un risque élevé en amont, car la documentation de conformité statique n'a pas de valeur prédictive ; elle se contente de confirmer ce qui s'est déjà produit.

Les légumes à feuilles figurent sur la liste de la FDA relative à la traçabilité des aliments ; la réglementation imposera à terme un suivi normalisé au niveau du lot, avec des registres devant être transmis à la FDA dans les 24 heures suivant une demande. L'entrée en vigueur de cette règle, initialement prévue pour janvier 2026, a été repoussée de 30 mois, au 20 juillet 2028. Cela signifie que, pour les deux prochaines années au moins, les distributeurs ne pourront pas compter sur une infrastructure de traçabilité imposée par le gouvernement fédéral pour combler cette lacune. En attendant, des outils permettant d'identifier et de gérer les risques avant qu'ils ne débouchent sur un rappel de produits doivent être mis en place volontairement, au niveau de chaque entreprise.

Mise en place du maillon manquant

Lorsqu'une épidémie survient, nous savons déjà quels fournisseurs appartiennent à la catégorie de risque la plus élevée pour le produit concerné, et nous disposons déjà de documents à jour, sans avoir à les réclamer dans l'urgence. C'est ce changement d'approche que les distributeurs du secteur doivent opérer.

La question pertinente à se poser

La réponse à une épidémie au sein d'une entreprise de distribution ne doit pas commencer au moment où l'avis de rappel est reçu. Elle doit s'appuyer sur un système capable d'identifier en amont où se concentrent les risques parmi les fournisseurs ; ainsi, lorsqu'un incident survient, la question n'est pas « Qui devons-nous appeler en premier ? », mais plutôt « Quels fournisseurs, parmi ceux que nous surveillions déjà, sont concernés ? ».

La surveillance automatisée des fournisseurs selon une classification des risques ne permet ni d'empêcher une épidémie, ni de se substituer au travail de traçabilité effectué par la FDA et le CDC ; en revanche, elle modifie la rapidité et la précision avec lesquelles un distributeur peut agir pendant le déroulement de l'enquête. C'est précisément à ce stade que les distributeurs, et, in fine, les consommateurs, comptent sur un acteur de la chaîne d'approvisionnement pour agir vite et avec justesse.

Alors que l'épidémie à Cyclospora continue d'évoluer, les distributeurs ont l'occasion de se poser une question plus complexe que « Avons-nous été touchés ? ». La question pertinente est plutôt : « Aurions-nous déjà la réponse avant même la réception de l'avis de rappel ? »

Un autre article va, me semble-t-il, dans le même sens. Publié par Bill Marler dans Food Safety News, « Publisher’s Platform: Recall readiness is assumed, never measured. The people who price the risk can change that » (La disponibilité pour le rappel est présumée, jamais mesurée. Les personnes qui évaluent le risque peuvent changer cela), il discute aussi de la rapidité ou non de la réponse en cas de rappel lié à une épidémie d’origine alimentaire.

Le concept de disponibilité en cas de rappel est donc inscrit au dossier comme une hypothèse. Cette hypothèse est formulée lors de la souscription, lors du renouvellement, et on découvre qu'elle était erronée le troisième jour d'un événement réel, soit le moment le plus coûteux pour s'en apercevoir.

On pourrait plutôt mesurer ces données, et les mesures ne sont pas complexes. Combien de temps faut-il, à partir d'un seul résultat positif, pour obtenir la liste complète des codes de lot concernés ? Quel pourcentage de destinataires directs peut être contacté et confirmé sous 24 heures (pas par e-mail, mais par téléphone) ? Les codes de lot sont-ils conservés après le reconditionnement, ou l'identité est-elle compromise lors du premier reconditionnement ? Existe-t-il un moyen de contacter le transporteur, ou la chaîne de traçabilité s'arrête-t-elle au quai de chargement ? Quand a eu lieu le dernier exercice de simulation de rappel ? A-t-il été observé ? Des partenaires commerciaux externes étaient-ils impliqués ? Quel a été le résultat ? Il faut tenir compte de ces éléments pour fixer le prix de la police d'assurance. Il faut accorder un véritable crédit à l'entreprise qui peut le prouver et exiger de celles qui ne le peuvent pas qu'elles en comprennent les raisons.

Et il faut le faire pour l'ensemble de la chaîne, et non pas assurer un assuré à la fois, car la préparation n'est pas l'apanage d'une seule entreprise, mais celui d'un réseau. Un producteur aux registres impeccables reste tributaire d'un distributeur qui fonctionne uniquement sur documents papier. C'est ce qui donne tout son sens à l'expression « Communautés prêtes à faire face aux rappels de produits ».

Aucune entreprise agroalimentaire ne peut avoir une vision globale de sa chaîne d'approvisionnement. Un assureur qui couvre l'ensemble de cette chaîne peut en avoir une quasi-certitude.