Une nouvelle méthode d’essai à l’aide d’un biocapteur de bactériophages prometteuse pour la détection rapide des pathogènes alimentaires viablesCe n’est pas nouveau (1, 2 et 3), mais cela semble intéressant …
« Une nouvelle méthode d’essai à l’aide d’un biocapteur de bactériophages prometteuse pour la détection rapide des pathogènes alimentaires viables », source Food Safety Magazine.
Des chercheurs ont mis au point un biocapteur à flux latéral à base de bactériophages capable de détecter Salmonella viable dans la viande de poulet en sept heures environ. Après optimisation, ce biocapteur pourrait constituer une alternative aux méthodes de dépistage classiques par culture, qui nécessitent généralement de trois à cinq jours.
De plus, le principe d'amplification par bactériophages pourrait être adapté à la détection d'autres pathogènes bactériens viables d'origine alimentaire, grâce à la sélection de bactériophages appropriés.
Cette nouvelle plateforme d’essais, qui combine l'amplification par bactériophages à un lateral flow immunoassay ou PA-LFI (test immunochromatographique à flux latéral, en français), a atteint une limite de détection d'environ 100 unités formant colonies (UFC) pour 25 grammes de viande de poulet. Lors d'une évaluation sur le terrain portant sur 30 prélèvements de poulet vendus au détail, la méthode a démontré une sensibilité de 72,7 %, une spécificité de 89,5 % et une concordance globale de 83,3 % avec la méthode de culture de référence ISO 6579-1:2017.
Ces résultats ont été publiés dans la revue Biosensors and Bioelectronics. Le projet a été mené par une équipe de recherche internationale, avec le soutien de l'Agence thaïlandaise de recherche et de développement agricole et du Fonds de recherche stratégique de l'Université Mahidol.
La méthode développée utilise, quant à elle, des bactériophages, des virus qui infectent les cellules bactériennes viables et s'y répliquent, pour générer un signal détectable indiquant la présence de Salmonella vivants. La procédure de test comprend trois étapes principales :
La procédure complète a duré environ sept heures et a permis une lecture visuelle sans nécessiter d’instruments spécialisés.
Les essais démontrent une large détection de Salmonella, malgré certaines limites
Aucune réaction croisée n'a été observée parmi les 30 souches bactériennes non-Salmonella testées, notamment Escherichia coli, Listeria monocytogenes, Staphylococcus aureus, Shigella spp. et Vibrio parahaemolyticus.
Dans des échantillons de poulet contaminés artificiellement, le test a détecté Salmonella à des concentrations aussi faibles que 100 UFC/25 g. Cependant, cette limite de détection restait supérieure à celle de 1 UFC/25 g rapportée pour la méthode de référence ISO.
Des analyses complémentaires par séquençage métagénomique ont détecté des séquences associées à Salmonella dans les cinq échantillons discordants. Des tests de plages de lyse bactérienne supplémentaires ont confirmé la présence de Salmonella viable dans les deux échantillons positifs au test PA-LFI mais négatifs en culture conventionnelle.
Les chercheurs ont noté qu'une amplification insuffisante des bactériophages, une faible récupération bactérienne, la formation de biofilm et des différences dans l'état physiologique des bactéries pouvaient contribuer aux faux négatifs.
Les chercheurs ont estimé le coût du test à environ 12 $. Bien que la méthode ait offert des résultats nettement plus rapides, Par rapport aux méthodes de culture classiques, sa sensibilité modérée et son évaluation limitée sur le terrain ont mis en évidence la nécessité d’une optimisation et d’une validation plus poussées. Les chercheurs ont suggéré que l’intégration de cocktails de bactériophages, l’amélioration des conditions d’enrichissement et d’amplification, ainsi que l’élargissement des tests à d’autres matrices alimentaires pourraient en améliorer les performances.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire