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lundi 26 octobre 2026

La petite tomate cerise de Sicile et Salmonella en europe, ça dure depuis trois ans !

L’alerte des tomates cerises continue de se propager au-delà des frontières siciliennes, tandis qu’à Piana di Gela (plaine de Gela en Sicile), les contrôles s’intensifient pour identifier la source possible de la contamination à la salmonelle d’un lot de tomates cerises produites par une entreprise locale et retirées du marché à la demande du ministère de la Santé. Source.

Depuis le début de l'affaire il y a un mois, elle a pris une dimension nationale. En Émilie-Romagne , le président de la région a signé un arrêté interdisant la consommation de tomates datterini et de tomates cerises crues dans les cantines scolaires et les hôpitaux . Cette précaution est également motivée par des cas de salmonellose liés à la consommation de tomates recensés dans cette région ces deux dernières années. Parallèlement, dans la région de Gela, les investigations se poursuivent sur plusieurs fronts afin de reconstituer la chaîne de contamination et de vérifier l'état de l'environnement des zones touchées.

Une épidémie récurrente à Salmonella Strathcona, liée à des tomates, se poursuit en Europe avec plus de 160 cas signalés en 2026. Source.

Au 9 octobre 2026, dix pays de l'UE/EEE avaient rapporté plus de 160 nouveaux cas liés à cette épidémie à Salmonella Strathcona ST2559 en 2026. Les pays concernés sont l'Autriche, le Danemark, la France, l'Allemagne, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède. Pour la plupart des cas, l'apparition des symptômes ou le prélèvement des échantillons ont eu lieu entre juillet et septembre 2026. Environ 100 cas supplémentaires étaient en attente de séquençage afin de déterminer s'ils appartenaient bien à ce foyer épidémique.

L'ampleur du phénomène dépasse le cadre d'une seule saison : l'épidémie de Salmonella Strathcona s'étend désormais sur trois ans. Environ 670 cas confirmés ayant été recensés entre 2023 et 2025, il s'agit d'une épidémie prolongée touchant plusieurs pays. Les enquêteurs ont identifié des petites tomates siciliennes comme source probable. L'Allemagne a signalé huit cas et le Luxembourg trois ; dans ces deux pays, toutes les personnes interrogées ayant contracté l'infection avaient consommé des tomates cerises.

Ce problème n'est pas nouveau. La souche a été associée pour la première fois à une importante épidémie au Danemark en 2011, impliquant des tomates de type datterino originaires de Sicile ; elle a resurgi à maintes reprises depuis. Une évaluation conjointe, menée en 2025 par l‘ECDC et l'EFSA, avait recensé des cas dans plus d'une douzaine de pays, l'Italie, l'Allemagne, l'Autriche, le Royaume-Uni et la France figurant parmi les plus touchés. Ce rapport préconisait également des investigations pour déterminer comment la bactérie pénètre dans la chaîne d'approvisionnement, notamment par des contrôles de l'eau d'irrigation et de l'environnement de culture.

Cette question relève autant de l'agriculture que de la santé publique. Les produits frais transitent rapidement des producteurs siciliens vers les grossistes, puis vers les supermarchés et les cuisines professionnelles à travers tout le continent. Un lot contaminé peut atteindre plusieurs pays en quelques jours ; au moment où les premiers cas sont identifiés, le produit a souvent déjà été consommé. L'épidémie à Salmonella Strathcona met donc à l'épreuve les systèmes de traçabilité qui relient les exploitations agricoles aux assiettes des consommateurs.

Pour les producteurs, les enjeux sont à la fois sanitaires et liés à leur réputation. Des producteurs respectant les bonnes pratiques peuvent se retrouver impliqués dans une alerte liée à une épidémie à Salmonella Strathcona ; par le passé, le secteur de la tomate a d’ailleurs remis en question ce lien. Disposer de preuves claires quant au point d’entrée de la contamination permettrait de protéger les producteurs consciencieux et de cibler les contrôles réglementaires là où ils sont réellement nécessaires.

Plusieurs outils sont disponibles. Les États membres peuvent intensifier l’échantillonnage des tomates et de l’eau d’irrigation, partager les données de séquençage du génome entier via le système européen, et exiger des contrôles d’hygiène plus rigoureux sur les sites de conditionnement. La Commission peut, quant à elle, coordonner les alertes rapides afin que les distributeurs retirent promptement les lots concernés.

Rien de tout cela n’est nouveau, mais les chiffres montrent que la réponse actuelle n’a pas permis de mettre fin à l’épidémie à Salmonella Strathcona. Tant que les enquêteurs n’auront pas identifié l’origine de la contamination, cette épidémie restera un test grandeur nature de l’efficacité des contrôles tout au long de la chaîne alimentaire européenne.

L'ECDC a fait état de plus de 800 cas confirmés associés à cette épidémie récurrente entre janvier 2023 et septembre 2026. Des isolats génétiquement très proches ont été identifiés dans le cadre d’épidémies européennes depuis 2011. Des enquêtes antérieures ont, à plusieurs reprises, mis en cause des tomates de petit calibre en provenance de Sicile (Italie).

Les preuves microbiologiques incluent la détection de la souche épidémique dans l’eau d’irrigation sur un site de production de tomates en Sicile, confirmée par la suite par séquençage sur des tomates cerises expédiées d’Italie vers l’Autriche. Les investigations concernant les cas survenus en 2026 sont toujours en cours. Tous les patients interrogés en Allemagne et au Luxembourg, respectivement huit et trois personnes, ont déclaré avoir consommé des tomates cerises ; une consommation de tomates a également été rapportée parmi les cas identifiés en Italie.

L’enquête menée en Allemagne pour la période 2025-2026 a recensé 116 cas, dont 100 confirmés et 16 probables, avec une apparition des symptômes entre juin 2025 et mars 2026. Ces cas ont été signalés dans 13 Länder, principalement entre août et décembre 2025, avec un pic observé entre le 20 et le 26 octobre 2025. L’âge médian des personnes touchées était de 39 ans, avec une fourchette allant de moins d’un an à 87 ans. Sur les 91 patients pour lesquels des informations sur une éventuelle hospitalisation étaient disponibles, 24 (soit 26 %) ont été hospitalisés en raison de salmonellose. Parmi les cas recensés en Allemagne au cours de cette saison, des informations sur le pays d’exposition étaient disponibles pour 80 patients. Sur ce nombre, 48 ont été exposés en Allemagne et 32 à l’étranger, dont 27 en Italie. Par ailleurs, l’Institut Robert Koch (RKI) a fait état de 39 cas associés à la résurgence de l’épidémie depuis juin 2026, au 16 septembre 2026.

Analyse épidémiologique et impact sur la santé publique

La grande proximité génétique des isolats observés au fil des saisons, associée à la détection de la souche épidémique dans des tomates et dans l’eau d’irrigation, suggère l’existence d’une source de contamination persistante ou récurrente liée à l’environnement de production. Ces résultats désignent l’eau d’irrigation comme une voie de contamination possible, bien que la source initiale et les mécanismes à l’origine de cette récurrence ne soient pas encore totalement élucidés.

La survenue de cas liés à des voyages, ainsi que de cas sans antécédent de voyage, concorde avec une exposition tant en Italie que par le biais de produits contaminés distribués dans d'autres pays. Des investigations épidémiologiques et des travaux de traçabilité supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si les petites tomates sont à l'origine des nouvelles infections signalées dans tous les pays touchés et si d'autres denrées alimentaires sont impliquées.

Les résultats concernant la consommation alimentaire étayent l'enquête, mais doivent être interprétés à la lumière des preuves microbiologiques et des données de traçabilité. Dans le cadre de l'investigation menée en Allemagne pour la période 2025-2026, seuls 30 des 116 patients ont été interrogés sur leur consommation alimentaire. Le taux de participation limité, le risque de biais de mémorisation et la fréquence élevée de la consommation de tomates au sein de la population générale restreignent la portée des conclusions fondées uniquement sur ces entretiens.

Les hospitalisations signalées en lien avec la salmonellose témoignent de la sévérité clinique de la maladie chez les patients touchés. Le taux d'hospitalisation concerne les cas allemands pour lesquels des informations étaient disponibles durant la saison 2025-2026 ; il ne saurait être généralisé à l'ensemble de l’épidémie dans plusieurs pays, ni aux cas survenus en 2026.

Analyse comparative et perspectives

Le précédent rapport BEACON, daté du 7 septembre 2026, décrivait l’épidémie dans plusieurs pays en cours et son lien avec des petites tomates provenant de Sicile (Italie). Des investigations ultérieures ont renforcé ce lien grâce à la détection de la souche responsable de l’épidémie dans des tomates cerises expédiées d'Italie vers l'Autriche. Les cas signalés en 2026 confirment la persistance de cette maladie liée à la flambée sur une nouvelle saison.

Le caractère saisonnier récurrent suggère une exposition qui varie au fil de l'année, bien que les données disponibles ne permettent pas de préciser la part respective de la récolte, des volumes d'exportation, de la consommation ou des températures. Le pic observé plus tardivement en Allemagne, en octobre 2025, ainsi que les cas sporadiques survenus début 2026, indiquent par ailleurs que la transmission ne se limite pas à la période estivale.

L'ECDC estime que de nouvelles infections restent possibles tant que des produits contaminés continuent d'être distribués, et que de futures éclosions saisonnières sont probables tant que la source de contamination n'aura pas été identifiée et que des mesures de maîtrise n'auront pas été mises en œuvre. Le partage coordonné d'informations épidémiologiques et de données de séquençage du génome entier via la plateforme EpiPulse, complété par des enquêtes sur les denrées alimentaires et l'environnement, ainsi que par des notifications transmises par le biais du RASFF, demeure essentiel pour identifier les cas liés entre eux et orienter les mesures de maîtrise.

mardi 6 octobre 2026

Salmonella dans des tomates cerises siciliennes : interdiction dans les cantines scolaires des Pouilles. Foyers de cas en Lombardie, Latium et Frioul

« Salmonella dans des tomates cerises siciliennes : interdiction dans les cantines scolaires des Pouilles. Foyers en Lombardie, Latium et Frioul », source article de Roberto La Pira du 3 octobre 2026 paru sur le site il fatto alimentare.

Il s'agit de la même souche qui circule en Europe depuis 2023 et qui a touché 437 personnes. Des foyers ont également été signalés en Lombardie, dans le Latium et au Frioul. Et sans doute dans le Val Trompia ?

Interdiction des tomates crues dans les cantines des crèches, écoles, hôpitaux et maisons de retraite. Place aux légumes cuits ! Telle est la mesure demandée par la région des Pouilles aux municipalités et aux restaurateurs dans une déclaration urgente du ministère de la Santé. Selon la directive, citée par l’ANSA, cette décision fait suite à la réunion du Groupe de travail national du 30 septembre concernant les nombreux cas de salmonellose recensés dans les Pouilles, Lombardie, Latium et Frioul-Vénétie Julienne, attribués à la consommation de tomates fraîches, notamment de tomates cerises crues.

Pour les lecteurs d' Il Fatto Alimentare, ce n'est pas une surprise. Il y a un an, nous avions déjà signalé qu'une même souche de salmonelle, liée aux tomates cerises siciliennes, rendait malades des centaines de personnes en Europe. Et il y a deux semaines, alors que nous enquêtions sur l'épidémie dans les écoles de Val Trompia, un lecteur nous a suggéré de nous concentrer sur les tomates cerises. Aujourd'hui, cette hypothèse se confirme. Quatre régions, une seule souche.

La région des Pouilles interdit la consommation de tomates cerises crues dans les cantines scolaires.

La directive des Pouilles fait suite à une augmentation des cas de salmonellose à Salmonella Strathcona ST2559 et aux foyers de salmonellose recensés en septembre. Les enquêtes épidémiologiques menées par les services de prévention établissent un lien entre ces cas et la consommation de tomates fraîches, notamment de tomates cerises crues. Des analyses ont révélé la présence de Salmonella dans un lot de tomates provenant de la province de Caltanissetta. Les autorités sanitaires locales ont décrété une interdiction, applicable immédiatement, concernant les crèches, les écoles maternelles et primaires, les cantines d'hôpitaux, les EHPAD et les maisons de retraite.

Parallèlement, le ministère de la Santé a émis un avis de rappel concernant un lot de tomates cerises G&V Ortaggi, produites à Gela (Caltanissetta), en raison de la présence de Salmonella spp. Il s'agit du lot n°210, conditionné en emballages d'environ 6,5 kg (nous avons publié l'alerte il y a quelques jours). L'avis de rappel ne précise pas si le produit était destiné à la restauration ou à la vente au détail et ne contient aucune image. On ignore s'il s'agit du même lot que celui mentionné par la région des Pouilles.

De forts soupçons planent sur un lot de tomates cerises siciliennes.

Un problème connu depuis 2011

La souche Strathcona de séquence type ST2559 n'est pas nouvelle. La première épidémie européenne remonte à 2011 au Danemark, déjà liée à des tomates cerises siciliennes. Dans sa mise à jour d'octobre 2025, l'ECDC et l'EFSA ont recensé 437 cas confirmés dans 17 pays entre janvier 2023 et septembre 2025. L'Italie était en tête avec 123 cas, devant l'Allemagne (113) et l'Autriche (76).

Des enquêtes menées en Autriche (2023 et 2025) et en Italie (2024) ont identifié les tomates cerises siciliennes comme source de la contamination. Une étude européenne collaborative a reconstitué 662 cas sur 14 ans, liés à une source commune, et estime que le nombre réel de cas est bien plus élevé. La découverte la plus significative concerne l'origine : en janvier 2025, la souche a été détectée dans l'eau d'irrigation d'un puits appartenant à un producteur sicilien.

L’ECDC a exigé des vérifications et des contrôles avant récolte, en commençant par l'eau d'irrigation. Les producteurs siciliens ont rejeté ce lien, affirmant qu'aucune contamination n'avait jamais été constatée dans les tomates analysées. Par ailleurs, en septembre 2026, une enquête allemande sur une épidémie ayant touché plus d'une centaine de personnes a de nouveau mis en cause les tomates italiennes.

Et qu'en est-il de Salmonella dans la vallée de Val Trompia ?

À la mi-septembre, une épidémie de salmonellose a touché des crèches, des écoles maternelles et des écoles primaires à Gardone Val Trompia, Concesio et Marcheno, dans la province de Brescia. L'ATS de Brescia (ATS pour Agenzia di Tutela della Salute) a recensé 117 cas, dont plusieurs adultes et jusqu'à 14 enfants hospitalisés. L'origine de l'épidémie a été attribuée à des repas préparés les 10 et 11 septembre par le centre de restauration Inzino, fermé depuis le 14 septembre.

Selon la presse locale, les inspections des centres de restauration et des cafétérias n'ont révélé aucune anomalie. L'ATS a annoncé des tests sur des « repas tests » stockés, mais n'a pour l'instant divulgué ni le sérotype isolé chez les enfants, ni les résultats des analyses alimentaires. Cependant, un lecteur nous a écrit pour nous inciter à concentrer nos efforts sur les tomates cerises.

Aujourd'hui, la directive des Pouilles inclut la Lombardie parmi les quatre régions concernées, et nous savons que des foyers épidémiques liés aux tomates cerises dans les Pouilles ont été recensés en septembre. Les dates concordent. Cependant, le lien reste hypothétique : aucune autorité ne l'a confirmé. Il y a une semaine, nous avons écrit à l'ATS de Brescia pour obtenir des nouvelles de l'enquête, mais nous n'avons reçu aucune réponse.

Les laver suffit-il ?

Il y a un an, suite à notre article sur l'épidémie européenne, de nombreux lecteurs nous ont demandé si laver les tomates cerises suffisait. Nous avons interrogé Antonello Paparella, professeur de microbiologie alimentaire à l'université de Teramo, qui a déclaré : « La contamination par Salmonella des fruits et légumes frais comme les tomates cerises peut se produire de diverses manières et ne se limite pas toujours à la surface extérieure . »

Les bactéries proviennent généralement de l'eau d'irrigation, du sol, des engrais organiques ou des animaux sauvages et restent en surface. Dans de rares cas, cependant, Salmonella peut pénétrer dans la plante par des micro-lésions ou les stomates, notamment en cas de différence de température entre l'eau d'irrigation et l'eau de lavage.

Point crucial : la souche Strathcona a été détectée dans de l’eau d’irrigation d’une entreprise sicilienne. C’est l’une des raisons pour lesquelles, dans les cafétérias accueillant enfants, personnes âgées et malades, il est préférable de privilégier les légumes cuits.

Les questions qui demeurent

La souche est connue depuis 15 ans, le vecteur reste le même et l'eau contaminée a été détectée en 2025. Pourtant, en 2026, des interdictions d'urgence sont toujours en vigueur dans les cantines. Plusieurs questions demeurent. Pourquoi les contrôles de l'eau d'irrigation des entreprises concernées ne sont-ils pas obligatoires, comme le demande l’ECDC ? Pourquoi seule la région des Pouilles a-t-elle suspendu la vente de tomates crues, alors que quatre régions sont touchées par l'épidémie ? Qui a constitué le groupe de travail, comme l'indique l'ANSA, et pourquoi ses conclusions n'ont-elles pas été rendues publiques ? Quels foyers en Lombardie ont-ils été examinés ? Le Val Trompia en fait-il partie ? Enfin, pourquoi l'avis de rappel des tomates G&V Ortaggi n'indique-t-il pas la destination finale du produit ?

Pour les consommateurs, le risque en magasin demeure faible, mais les conseils de Paparella restent valables : bien laver les tomates à l’eau courante, nettoyer les plans de travail, les couteaux et les assiettes, choisir des fruits entiers et les conserver au réfrigérateur. Les jeunes enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes vulnérables peuvent privilégier les tomates cuites pour le moment.

jeudi 27 juillet 2023

Eclosion dans plusieurs pays d'infections à Salmonella Senftenberg ST14 possiblement liée à des tomates cerises

«Eclosion dans plusieurs pays d'infections à Salmonella Senftenberg ST14 possiblement liée à des tomates cerises», source EFSA du 27 juillet 2023.

Résumé

Depuis août 2022 et au 12 juillet 2023, 92 cas à Salmonella Senftenberg ont été signalés en Autriche (5), Belgique (4), Tchéquie (4), Estonie (1), Finlande (12), France (16), Allemagne (26), l'Irlande (1), Pays-Bas (5), Norvège (1), Suède (11), Royaume-Uni (4) et États-Unis (2). Au total, 69,6% des cas signalés étaient des femmes. Un patient est décédé de l'infection. Le premier cas a été signalé en France avec une date d'isolement au 22 août 2022 et le cas le plus récent a été signalé le 24 juin 2023 en Suède. La plupart des cas ont été signalés entre octobre 2022 et mars 2023, avec une baisse du nombre de pays exposés après décembre. En Autriche, Allemagne et France, les tomates cerises ont été identifiées comme l'exposition alimentaire la plus signalée par les cas interrogés. La souche du foyer a été détectée en France à partir d'un plat de salade composée, contenant des tomates cerises et des légumes vertes à feuilles, préparé le 17 août 2022 mais non servi. Les tomates de la salade en France et les tomates en Autriche ont été suspectées d'être le vecteur d'infections par les autorités nationales et ont été tracées jusqu'à des grossistes en Allemagne, Pays-Bas et Espagne, ainsi qu'à des producteurs Pays-Bas, Espagne et Maroc. En l'absence de preuves microbiologiques provenant des tomates, la source des infections n'a pas pu être établie. La similitude génétique des souches épidémiques humaines suggère une ou plusieurs sources communes probables provoquant une épidémie d'origine alimentaire prolongée et transfrontalière avec des cas signalés par intermittence dans 11 pays de l'UE et de l’EEE, au Royaume-Uni et aux États-Unis pendant environ 10 mois. La contamination pourrait provenir de fermes cultivant des tomates. Depuis décembre 2022, alors que le nombre de cas a diminué, le risque de nouvelles infections est tombé à un niveau faible.

samedi 1 avril 2023

A propos des tomates cerises

L'hiver plus froid a produit des tomates cerises qui retournent l'estomac, source The Korean Herald.

Selon des experts, une forte concentration de «tomatine» qui se développe à basse température dans certains produits

Suite à un nombre croissant de signalements de vomissements et de douleurs à l'estomac après avoir consommé des tomates cerises, les autorités locales de la santé et de l'agriculture ont désigné jeudi une substance contenue dans les tomates appelée «tomatine» comme principale cause de la détresse gastrique.

Produite naturellement au fur et à mesure de la croissance des plants de tomates, la tomatine se décompose normalement lorsque les tomates commencent à mûrir. La substance est un produit chimique qui permet aux plantes de résister aux changements négatifs de l'environnement, tels que les attaques d'insectes ou les variations de température.

Les services de recherche et de vulgarisation agricoles de la province du Chungcheong du Sud ont annoncé qu'une certaine variété de tomates cerises - HS2106 - est susceptible de contenir un niveau inhabituellement élevé de tomatine comme la température moyenne de fin janvier, qui a atteint -7,2°C le 25 janvier, était de trois degrés inférieur à l'année moyenne.

L'exposition à des conditions météorologiques plus froides a entraîné une surproduction de tomatine dans les tomates cerises HS2106, et les enfants et les familles qui ont consommé des produits à base de tomate avec les restes de tomatine ont fini par développer des symptômes gastro-intestinaux, a expliqué l'agence.

mardi 26 novembre 2019

Éclosion en Suède d'une souche inhabituelle de Salmonella Typhimurium probablement associée à de petites tomates bio en 2019


Annonce : S’agissant de l’information à propos des rappels de produits alimentaires, pour le moment, il ne faut pas faire confiance à nos autorités sanitaires (Ministère de l’agriculture et DGCCRF). Ces deux entités ont fait et font toujours preuve d’une incroyable légèreté et d’un manque d’informations fiables vis-à-vis des consommateurs avec comme corollaire une absence de transparence en matière de sécurité des aliments.

Voici un article paru dans Eurosurveillance qui traite d’une éclosion liée à une souche inhabituelle de Salmonella Typhimurium monophasique, H2S négative, probablement associée à de petites tomates, Suède, août à octobre 2019.

Le blog vous avait narré cette éclosion en Suède ici et ici en septembre et octobre 2019.

Contexte
La salmonellose est l'un des agents pathogènes d'origine alimentaire les plus répandus dans l'Union européenne (UE), avec 90 000 cas déclarés chaque année.

En Suède, les diagnostics cliniques et de laboratoire d'infection à Salmonella doivent être déclarés légalement. Environ 2 000 cas sont signalés chaque année, la majorité étant infectée à l'étranger. La Suède a mis en place des programmes de contrôle de Salmonella pour les aliments pour animaux, les animaux et les produits alimentaires d'origine animale, la viande et les œufs suédois sont généralement exempts de Salmonella.

Salmonella Typhimurium monophasique figure parmi les sérotypes les plus courants en Europe, y compris en Suède, et la séquence type (ST) 34 étant le type de séquence le plus courant. Il est connu depuis toujours d'être communément transmis par les produits à base de viande de porc. Bien que la durée d'incubation puisse être de 6 à 72 heures pour Salmonella, il a été démontré que l'intervalle médian d'incubation pour 95% des épidémies à Salmonella Typhimurium est compris entre 12 et 192 heures.

Discussion
Il s'agit du premier foyer d'infection à Salmonella signalé en Suède, avec de petites tomates comme source probable de l'infection, et seulement du deuxième en Europe, alors que les tomates sont une source bien connue d'épidémies à Salmonella aux États-Unis.

Les résultats de cette investigation mettent en évidence l'importance de considérer les légumes comme un vecteur possible d'agents pathogènes que l'on croyait traditionnellement associés à des produits d'origine animale. Bien qu’il n’ait pas été possible d’échantillonner les lots de tomates impliqués pour l’analyse de Salmonella, le lien épidémiologique avec les petites tomates était fort.

Les échantillons des cas potentiels sont toujours en cours d'analyse par le séquençage du génome complet (WGS). Deux autres cas ont été confirmés le 13 novembre 2019 et une investigation concernant leurs expositions est en cours.

La principale analyse a montré que les petites tomates étaient la source probable. Notre analyse de sous-ensembles a suggéré que les petites tomates bio pourraient être la principale source, mais que les tomates bio n’expliquaient que 60% des cas. Cet écart pourrait s'expliquer par un biais dans le rappel ou par la contamination de petites tomates non bio chez le producteur. La couverture médiatique locale après le début de l’étude cas-témoins aurait également pu biaiser les réponses tardives des témoins, réduisant ainsi l’estimation de l’odds Ratio.

Le poulet grillé n'était pas considéré comme un véritable facteur de risque d'apparition dans notre éclosion, car l'exposition parmi les cas était faible. De plus, le poulet est grillé directement au supermarché et il est peu probable que les supermarchés du pays cuisent mal et entreposent mal leur poulet grillé au cours de la même période.

Jusqu'à présent, ST3478 a rarement été observé en Europe, mais nous avons observé une épidémie comptant plus de 80 cas. Nous ne pouvons que spéculer sur les raisons pour lesquelles la Suède était le seul pays touché par cette épidémie. Une possibilité pourrait être que seulement quelques lots aient été contaminés et que tous aient été envoyés en Suède. Une autre possibilité est que, parce que la souche n'avait pas la pigmentation noire sur un milieu en gélose de croissance traditionnel, elle aurait pu ne pas être vue dans d'autres pays. Les pays doivent être conscients que cette ST, associée à sa caractéristique phénotypique inhabituelle (négatif pour H2S), peut passer inaperçue sur un milieu en gélose de croissance classique en raison de l'absence de pigmentation noire. Cela souligne l'importance d'une collaboration étroite entre les laboratoires cliniques, les laboratoires de microbiologie alimentaire et les bureaux de lutte contre les maladies transmissibles pour identifier et investiguer sur les épidémies.

Référence
Colombe Soledad, Jernberg Cecilia, Löf Emma, Angervall Anna Lindqvist, Mellström-Dahlgren Henrik, Dotevall Leif, Bengnér Malin, Hall Ingela, Sundqvist Lena, Kühlmann-Berenzon Sharon, Galanis Ilias, Lindblad Mats, Hansen Anette, Rehn Moa. Outbreak of unusual H2S-negative monophasic Salmonella Typhimurium strain likely associated with small tomatoes, Sweden, August to October 2019. Euro Surveill. 2019;24(47):pii=1900643. 

samedi 28 septembre 2019

Des tomates cerises seraient peut-être associées à une épidémie à Salmonella en Suède


« Des tomates cerises seraient peut-être associées à une épidémie à Salmonella en Suède », source Doug Powell du barfblog.

La Public Health Authority étudie actuellement les causes de l'augmentation des salmonelles dans l'ensemble du pays. En deux semaines, 48 cas ont été signalés dans le pays, dont une dizaine à Halland (Suède).

SVT rapporte que des cas de diarrhée causée par Salmonella Typhimurium ont été signalés entre le 29 août et le 14 septembre, selon Anders Enocksson, consultant en prévention des infections du comté de Halland.

Au total, 11 comtés sont touchés. La plupart des cas ont été enregistrés à Halland avec Dalarna, Jönköping et Västra Götaland, ce que P4 Halland a été le premier à rapporter le 27 septembre. Les personnes infectées appartiennent à tous les groupes d'âge, mais un peu plus de la moitié ont 60 ans ou plus. Il y a un peu plus de femmes que d'hommes.

La source de l'infection n'est pas encore connue, mais on soupçonne des tomates et des tomates cerises. On ne sait pas d'où elles viennent.

Les gens devraient-ils éviter d'acheter et de manger des tomates cerises?

« Il n'y a pas une telle recommandation. Beaucoup de gens mangent des tomates cerises et cela ne doit pas nécessairement être la cause de Salmonella », explique Anders Enocksson.