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mercredi 3 mars 2021

Dans la série Carrefour se prend pour un évaluateur du risque, troisième rappel de riz basmati par Carrefour

Carrefour est-il capable de vendre du riz basmati sans mycotoxines ou sans ochratoxine A ?

Cette question sécuritaire peut légitimement se poser, car jamais deux rappels sans un troisième, avec à chaque fois la même cause de rappel, jugez plutôt …

  • 14 octobre 2020, le blog rapporte dans un article, Suite au rappel de riz basmati pour cause de présence d'aflatoxine B1, Carrefour se prend pour un évaluateur du risque.
  • 11 janvier 2021, le blog rapprote dans un second article, Suite au rappel de riz basmati pour cause de présence d'ochratoxine A, Carrefour se prend encore pour un évaluateur du risque.
  • 3 mars 2021, Carrefour rapporte «Suite à la présence d’Ochratoxine A, et par mesure de précaution, la société Soufflet procède au RAPPEL du produit suivant : RIZ BASMATI Carrefour, 1 kg».

Il est signalé, pour la troisième fois, dans l'affichette de rappel,

L’Ochratoxine A est une mycotoxine produite par plusieurs champignons microscopiques (genres Penicillium et Aspergillus) et est naturellement présente dans de nombreux produits végétaux du monde entier, tels que les céréales, les grains de café, le cacao et les fruits séchés.
Seule une consommation en grande quantité des produits contaminés peut conduire à des problèmes de santé.

Pour la troisième fois, Carrefour se prend un évaluateur des risques et indique ce que le consommateur doit faire. Dès lors une question vient à l’esprit, à partir de combien peut-on dire que l’on a consommé «une grande quantité des produits contaminés» … on ne le saura pas et pour cause, puisque rappel il y a et la suite du communiqué de rappel vient contredire la phrase sibylline que j’ai mise en avant ...

Il est recommandé aux personnes qui détiendraient les produits appartenant à ce lot décrit ci-dessus de ne pas les consommer et de les rapporter au point de vente où ils ont été achetés pour se faire rembourser.

Selon la fiche de description de danger biologique transmissible par les aliments, Aspergilli et Penicillia producteurs d’ochratoxine A (OTA) de l’Anses, il est rapporté sur la nature des effets toxiques :

L’OTA a principalement des effets néphrotoxiques. Chez l’Homme, l’OTA serait ainsi associée à une pathologie rénale appelée néphropathie endémique des Balkans (NEB). Elle aurait également des effets immunotoxiques et neurotoxiques. Par ailleurs, l’OTA est classée par le Centre international de recherche sur le cancer dans la catégorie 2B (l’agent est peut-être cancérogène pour l’Homme) sur la base d’effets cancérogènes indéniables chez les rongeurs et possibles chez l’Homme.

Y-a-t-il une quelconque autorité pour demander à Carrefour de cesser ce genre de communiqué fallacieux et de respecter enfin ces quelques recommandations :

  • Respect de la réglementation en vigueur, fixant les teneurs maximales en aflatoxines à ne pas dépasser dans les aliments destinés à l’alimentation humaine et animale.
  • Respect des bonnes pratiques de stockage.
  • Respect des bonnes pratiques d’hygiène lors de la conservation et la fabrication des aliments.
Mise à jour du 4 mars 2021. Rappel également en Belgique.

lundi 11 janvier 2021

Suite au rappel de riz basmati pour cause de présence d'ochratoxine A, Carrefour se prend encore pour un évaluateur du risque

Le 14 octobre 2020, Carrefour rappel du riz basmati en raison de la présence de mycotoxines, en l’occurrence de l’aflatoxine B1.

Après ce rappel, j’ai écrit cet article qui a connu un succès relatif, «Suite au rappel de riz basmati pour cause de présence d'aflatoxine B1, Carrefour se prend pour un évaluateur du risque»

Voici que Carrefour publie de nouveau un avis de rappel le 11 janvier 2021 (document daté du 8 janvier 2021) concernant du riz basmati, mais cette fois-ci en raison de la présence d’ochratoxine A. 

Que dit ce communiqué de rappel ?

L’ochratoxine A est une mycotoxine produite par plusieurs champignons microscopiques (genres Penicillium et Aspergillus) et est naturellement présente dans de nombreux produits végétaux du monde entier, tels que les céréales, les grains de café, le cacao et les fruits séchés.

Cette partie du texte est là pour expliquer que cela arrive à plein de produits et pas de chance, c’est tombé sur du riz basmati vendu par Carrefour, comme c’est ballot !

Seule une consommation en grande quantité des produits contaminés peut conduire à des problèmes de santé.

De nouveau Carrefour se prend un évaluateur des risques et indique ce que le consommateur doit faire. Dès lors une question vient à l’esprit, à partir de combien peut-on dire que l’on a consommé «une grande quantité des produits contaminés» … on ne le saura pas et pour cause, puisque rappel il y a et la suite du communiqué de rappel vient contredire la phrase sibylline que j’ai mise en avant ...

Il est recommandé aux personnes qui détiendraient les produits appartenant à ce lot décrit ci-dessus de ne pas les consommer et de les rapporter au point de vente où ils ont été achetés pour se faire rembourser.

D’où le rappel ! On peut donc à nouveau s’interroger sur l’intérêt de mettre ce genre de phrase dans un communiqué de rappel, s’agit-il de semer la confusion ou de minimiser les effets du rappel ?

Notons enfin qu'il y a eu deux notifications au RASFF de l’UE en 2020 pour la présence d’ochratoxine A dans du riz basmati, 2020.4317 et 2020.3373Pour l'instant, pas de notification au RASFF de l'UE en 2021, à suivre ...

Selon la fiche de description de danger biologique transmissible par les aliments, Aspergilli et Penicillia producteurs d’ochratoxine A (OTA), de l’Anses, il est rapporté sur la nature des effets toxiques :

L’OTA a principalement des effets néphrotoxiques. Chez l’Homme, l’OTA serait ainsi associée à une pathologie rénale appelée néphropathie endémique des Balkans (NEB). Elle aurait également des effets immunotoxiques et neurotoxiques. Par ailleurs, l’OTA est classée par le Centre international de recherche sur le cancer dans la catégorie 2B (l’agent est peut-être cancérogène pour l’Homme) sur la base d’effets cancérogènes indéniables chez les rongeurs et possibles chez l’Homme.

Mise à jour du 12 janvier 2021. La DGCCRF publie l'avis de rappel de riz basmati chez Carrefour mais la DGCCRF ne nous dit pas la cause du rappel. Il est simplement rappelé, 

Il est recommandé aux personnes qui détiendraient les produits appartenant à ce lot décrit ci-dessus de ne pas les consommer et de les rapporter au point de vente où ils ont été achetés pour se faire rembourser.

mercredi 20 mai 2020

Allemagne: Le BVL appelle l'industrie à intensifier les contrôles sur les épices


« Le BVL appelle l'industrie à intensifier les contrôles sur les épices », source communiqué du BVL du 5 mai 2020.

En raison de leur méthode de fabrication, de transformation et de stockage, les épices telles que la poudre de chili, le poivre ou le paprika contiennent relativement souvent des toxines de moisissures, des résidus de pesticides ou des métaux lourds. Comme l'Office fédéral de la protection des consommateurs et de la sécurité alimentaire (BVL) à Berlin, les bureaux d'enquête des États fédéraux ont analysé à plusieurs reprises des échantillons au cours des dernières années lorsque les niveaux maximaux légaux ont été dépassés. Le BVLinvite donc les importateurs et les fabricants à renforcer leurs propres contrôles. Étant donné que les épices ne sont utilisées qu'en petites quantités, il n'y a généralement pas de risque immédiat pour la santé des consommateurs.

Dans le cas des épices, l'intoxication par des moisissures (mycotoxines) comme les aflatoxines ou l'ochratoxine A (OTA). Par exemple, en 2018 et 2019, le système européen d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) il y a eu respectivement 16 et 13 notifications pour la présence de mycotoxines dans du paprika et de la poudre de chili. Cela correspond à 41% de toutes les notifications sur les mycotoxines dans les herbes et épices de l’UE en 2019.

La Commission surveille régulièrement les alertes rapides avec les États membres, par exemple sur l'augmentation des niveaux de mycotoxines dans les piments de pays tiers. En cas d'anomalies persistantes, des contrôles renforcés de marchandises concernées en provenance de certains pays tiers sont imposés vers l’UE. Si les limites maximales légales ne sont pas respectées, la marchandise peut ne pas être importée dans l’UE et est généralement détruite aux frais de l'importateur.

En 2018, 144 échantillons de paprika en poudre ont été analysés pour les aflatoxines et l’OTA dans le cadre de la surveillance nationae. Par rapport à une étude comparable en 2012, les niveaux d'aflatoxine étaient légèrement inférieurs. L'ochratoxine A dans la poudre de paprika était significativement plus élevée en 2018 que pour les autres produits examinés.

En 2017, des études ciblées ont également porté sur les mycotoxines dans les épices. Dans l'enquête sur le poivre noir (représentatif dans la surveillance des aflatoxines et de l'ochratoxine A) ainsi que sur le piment et le paprika (axés sur les risques dans le cadre du plan national de surveillance pour l'ochratoxine A), les niveaux mesurés étaient globalement à un niveau faible. Cela montre que l'exposition des aliments aux mycotoxines peut varier d'une année à l'autre en raison des conditions météorologiques. Les épices peuvent également devenir moisies à la maison si elles ne sont pas stockées correctement. Elles doivent donc être conservés au sec et au frais.

Métaux lourds et aluminium
La présence d'éléments indésirables tels que les métaux lourds est également régulièrement vérifiée par les laboratoires de recherche officiels des États fédéraux. Par exemple, la poudre de paprika a été examinée lors du suivi de 2018. Par rapport aux autres denrées alimentaires examinées, l'exposition au plomb, au cuivre, au chrome et à l'aluminium était plus élevée. Le niveau de cuivre maximum légal de 40 mg/kg n'a été dépassé dans aucun des échantillons examinés. Des niveaux relativement élevés de plomb, d'aluminium, de nickel, de chrome et de thallium ont également été retrouvés pour le poivre noir lors de la surveillance de 2017.

Les éléments chimiques tels que les métaux lourds peuvent pénétrer dans les aliments par l'air, l'eau et le sol, par exemple. Ce qui suit s'applique également aux métaux lourds: l'absorption par les épices est relativement faible, car ils ne sont consommés qu'en petites quantités. Cependant, les niveaux maximaux de résidus ne doivent pas être dépassés. Par conséquent, les fabricants devraient vérifier si la teneur en métal des épices peut être réduite en utilisant des techniques de transformation améliorées.

Résidus de pesticides
Dans le passé, les bureaux d'enquête des États fédéraux ont souvent retrouvé des résidus excessifs de pesticides dans les épices. Alors que le poivre noir est régulièrement surveillé depuis des années, en 2017, 54 échantillons de paprika (poudre) et 23 échantillons de piment (poudre) ont été examinés pour les résidus dans un projet de surveillance.

Des résidus de plusieurs substances actives ont été retrouvés dans de nombreux échantillons, par exemple dans 70% des échantillons de poudre de chili. Près d'un quart dépassait les limites maximales de résidus.

Au total, 13% des 54 échantillons de poudre de paprika avaient également des résidus au-dessus de la limite. En comparaison, en 2018, seulement 2,9% des 137 échantillons de poudre de paprika ont dépassé les limites maximales de résidus.

Selon le BVL, une raison possible du dépassement des niveaux maximaux de résidus pour le piment séché et la poudre de paprika est une concentration de résidus pendant la phase de séchage des produits frais traités avec des pesticides.

mercredi 13 mai 2020

L'ochratoxine A dans les aliments: une nouvelle évaluation des risques pour la santé publique par l'EFSA


« L'ochratoxine A dans les aliments: évaluation des risques pour la santé publique », source EFSA du 13 mai 2019.

L'EFSA a publié un avis scientifique sur les risques sanitaires liés à la présence d'ochratoxine A (OTA) dans les aliments – une mycotoxine naturellement produite par certaines moisissures et qui peut être présente dans des denrées alimentaires variées, notamment des céréales, des viandes en conserve, des fruits frais et secs ou des fromages.

De nouvelles données rendues disponibles depuis la dernière évaluation de 2006 suggèrent que l'OTA peut être génotoxique en endommageant directement l'ADN. Les experts ont confirmé qu'elle pouvait également être cancérigène pour le rein. Par conséquent, les experts ont calculé une marge d'exposition (ME). La marge d’exposition est un outil utilisé par les évaluateurs du risque pour analyser les problèmes potentiels de sécurité liés à la présence dans l’alimentation humaine et animale de substances qui sont à la fois génotoxiques et cancérigènes.

Dans son avis précédent, l'EFSA avait établi une dose hebdomadaire tolérable (DHT) sur la base de la toxicité et de la cancérogénicité pour le rein.

Les experts ont cette fois utilisé une approche plus prudente grâce au calcul de la ME et ils ont conclu qu'il pouvait exister un problème de santé pour la majorité des groupes de consommateurs. L’avis scientifique de l'EFSA contribuera à informer la Commission européenne dans les discussions en cours sur les niveaux maximaux d'OTA autorisés dans les denrées alimentaires.

L'EFSA a consulté les parties prenantes ainsi que d'autres intervenants lors de la préparation de son projet d'avis et les commentaires reçus ont été pris en compte lors de la finalisation du document.

Voir le rapport complet: Risk assessment of ochratoxin A in food

Dans le résumé de l’évaluation des risques, il est indiqué :

La Commission européenne a demandé à l'EFSA de mettre à jour son avis de 2006 sur l'ochratoxine A (OTA) dans les aliments.

L'OTA est produit par des champignons du genre Aspergillus et Penicillium et se trouve comme contaminant dans divers aliments.

L'OTA provoque une toxicité rénale chez différentes espèces animales et des tumeurs rénales chez les rongeurs. L'OTA est génotoxique in vitro et in vivo; cependant, les mécanismes de génotoxicité ne sont pas clairs.

Les modes d'action génotoxiques et non génotoxiques directs et indirects pourraient chacun contribuer à la formation de tumeurs. Étant donné que des études récentes ont soulevé une incertitude concernant le mode d'action pour la cancérogénicité rénale, il n'est pas approprié d'établir une valeur guide basée sur la santé (HBGV pour health-based guidance value) et une approche de la marge d'exposition (ME) a été appliquée.

Pour la caractérisation des effets non néoplasiques, une BMDL10 de 4,73 μg/k de poids corporel (pc) par jour a été calculée à partir des lésions rénales observées chez le porc. Pour caractériser les effets néoplasiques, une BMDL10 de 14,5 μg/kg pc par jour a été calculée à partir des tumeurs rénales observées chez le rat. (Voir les définitions en fin d'article -aa).

L'estimation de l'exposition alimentaire chronique a abouti à des niveaux moyens et au 95e centile variant de 0,6 à 17,8 et de 2,4 à 51,7 ng/kg pc par jour, respectivement. Les expositions médianes à l'OTA chez les nourrissons allaités allaient de 1,7 à 2,6 ng/kg pc par jour, les expositions au 95e percentile de 5,6 à 8,5 ng/kg pc par jour chez les nourrissons à consommation moyenne/élevée de lait maternel, respectivement. La comparaison des expositions avec le BMDL10 sur la base du critère d'effet non néoplasique a abouti à des ME de plus de 200 dans la plupart des groupes de consommateurs, indiquant un faible problème de santé à l'exception des ME pour les gros consommateurs dans les groupes d'âge plus jeunes, indiquant un possible problème de santé.

Par rapport à la BMDL10 basée sur le critère d'effet néoplasique, les ME étaient inférieures à 10 000 pour presque tous les scénarios d'exposition, y compris les nourrissons allaités. Cela indiquerait un problème de santé possible si la génotoxicité est directe. L'incertitude dans cette évaluation est élevée et le risque peut être surestimé.

* La benchmark dose (BMD) se définit comme une dose (ou la limite inférieure de son intervalle de confiance à 95 %: BMDL correspondant à un niveau de réponse en excès par rapport à un groupe témoin. Source Utilisation de la benchmark dose pour l’évaluation des risques sanitaires de Nathalie BONVALLOT, Anses, 2010.

dimanche 8 décembre 2019

L’EFSA ouvre une consultation publique sur l’ochratoxine A


Annonce : S’agissant de l’information à propos des rappels de produits alimentaires, pour le moment, il ne faut pas faire confiance à nos autorités sanitaires (Ministère de l’agriculture et DGCCRF). Ces deux entités ont fait et font toujours preuve d’une incroyable légèreté et d’un manque d’informations fiables vis-à-vis des consommateurs avec comme corollaire une absence de transparence en matière de sécurité des aliments.

L’EFSA ouvre une « Consultation publique sur l’ochratoxine A ».
L'EFSA sollicite l'avis des parties intéressées sur son avis scientifique concernant les risques pour la santé publique liés à la présence d'ochratoxine A (OTA) dans les aliments – une mycotoxine naturellement produite par des champignons tels que les espèces Penicillium et Aspergillus.
Consultation publique: avis scientifique sur les risques pour la santé publique liés à la présence d'ochratoxine A dans les aliments
La date limite pour la soumission des commentaires est le 24 janvier 2020.
L'OTA est présente dans divers aliments, notamment dans certaines céréales et produits céréaliers, viandes en conserve et fruits frais ou secs. Elle peut également être présente dans le lait maternel.
L'EFSA avait déjà évalué les risques pour la santé publique liés à l'OTA en 2006. Les experts avaient conclu que l'OTA pouvait s’accumuler dans les reins et qu’elle était particulièrement toxique pour cet organe. À hautes doses, l'OTA provoque également des tumeurs du rein chez le rat. L’EFSA avait établi une dose hebdomadaire tolérable (DHT) de 120 nanogrammes par kilogramme de poids corporel.
Depuis, davantage d'informations ont été rendues disponibles et elles suggèrent que l'OTA pourrait être génotoxique et carcinogène. Dans un cas comme celui-ci, les experts calculent une marge d'exposition (ME) pour les consommateurs.
D’une façon générale, plus la ME est élevée, plus faible est le niveau de préoccupation pour les consommateurs. La ME estimée pour l'OTA est inférieure à 10.000 dans la plupart des groupes de consommateurs, ce qui suggère un risque sanitaire possible.
Qu’est-ce que la marge d’exposition (ME) ?

La ME est un outil utilisé par les évaluateurs du risque pour caractériser les risques associés à l’exposition à des substances génotoxiques et cancérogènes susceptibles d’être présentes dans l’alimentation humaine et animale. La ME fournit une indication sur le degré de préoccupation sanitaire associé à la présence d’une substance dans les aliments mais elle ne quantifie pas le risque en soi.
La ME est un rapport entre deux facteurs : la dose à laquelle on observe un effet indésirable faible mais mesurable et le niveau d’exposition effectif à une substance donnée.


Des teneurs maximales pour l'ochratoxine A sont établies au niveau de l'UE pour les céréales non transformées, les fruits secs de la vigne, une variété de café et des grains de café, le vin et le jus de raisin allant de 0,5 à 10 µg / kg, mais il a récemment été trouvé à des niveaux élevés dans les aliments pour aucun niveau maximum n'est établi.

L'OTA est rapidement absorbé et distribué mais lentement éliminé et excrété conduisant à une accumulation potentielle dans le corps.

Au total, 72 350 mesures des concentrations d'OTA dans les aliments, soumises au cours des 10 dernières années par 29 pays européens et une association industrielle, ont été utilisées pour évaluer les expositions alimentaires. Près de la moitié des données provenaient d'Allemagne et des Pays-Bas.

Problèmes possibles de santé
Les concentrations moyennes les plus élevées d'OTA se trouvaient dans les catégories formule d'extrait végétal, arômes ou essences contenant des extraits de réglisse et de piment. Les principaux contributeurs à l'exposition alimentaire chronique étaient la viande, le fromage et les céréales en conserve ainsi que les produits à base de céréales. Les fruits secs et frais tels que les raisins, les figues et les dattes étaient importants pour certains des tout-petits et d’autres groupes d’enfants. La confiserie non chocolatée était une source importante d'exposition dans les pays où les bonbons à base de réglisse sont couramment consommés.

Les marges d'exposition (ME) calculées pour les effets non néoplasiques étaient supérieures à 200 dans la plupart des enquêtes alimentaires pour les consommateurs moyens et élevés, donc peu préoccupantes pour la santé. Cependant, ils étaient inférieurs à 200 dans les groupes d'âge des nourrissons, des tout-petits et des autres enfants, ce qui indique un éventuel problème de santé pour ces groupes.

Les ME calculées pour les effets néoplasiques dans la plupart des enquêtes étaient inférieures à 10 000 et indiquent un problème de santé possible pour certains groupes de consommateurs.

Le groupe scientifique CONTAM a formulé six recommandations, y compris la nécessité de disposer de plus de données sur l'OTA dans la pâte de fromage par rapport à la croûte de fromage, de même que d'autres études sur la séquence des événements au niveau de la cible cancérigène dans le rein et des enquêtes fiables et représentatives des niveaux dans le lait maternel humain.

jeudi 11 juillet 2019

A propos d'un banal rappel par E.Leclerc de raisins moelleux bio pour cause de présence d’ochratoxine A en teneur trop élevée


Un banal rappel de produit alimentaire a eu lieu le 11 juillet 2019 et pourtant cela mérite notre attention …

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit du rappel de raisins moelleux bio 250g de marque Bio Village (E.Leclerc),

Causes du rappel :
  • Pour E. Leclerc, « En raison d’un risque de présence de mycotoxine (Ochratoxine A) dans le produit»
  • Pour la DGCCRF, il y a « Présence d’ochratoxine A en teneur trop élevée. » 
Comment se fait-il qu’on ait laissé E. Leclerc publié un tel communiqué ?

Le texte du communiqué par E.Leclerc se poursuit ainsi :

Rappelons comme le rapporte l’Anses que « l’ochratoxine A est considérée comme une « mycotoxine des champs » pour la vigne » et non pas une « mycotoxine de stockage » comme pour les céréales.
Mais ce qui est encore plus étrange, c’est que le produit est commercialisé depuis le 21 janvier 2019 … après de six mois de commercialisation, le rappel est 'enfin' effectué, convenez que cela pose question ...

Ces questions demeurent en suspend car hélas nous n'aurons certainement pas les réponses ...
  • Où sont les autocontrôles de mise sur le marché de ces 10 lots de produits par le fournisseur Scamark ?
  • Y aura-t-il enquête de la DGCCRF à ce sujet ? Si, oui, peut-on connaître les résultats ?
  • Peut-on connaître la démarche sécurité des aliments de Scamark et de E. Leclerc vis-à-vis des mycotoxines?
  • ...
Complément du 13 juillet 2019. On lira d'Alban Gauthier. Les mycotoxines dans l’alimentation et leur incidence sur la santé. Sciences pharmaceutiques, 2016.

Un tweet rapporte, Le bio importé est dangereux! Le plus scandaleux est de galvauder l'origine France avec la mention « transformé en France » : quand interdira t on cette tromperie du consommateur ? Elus prenez vos responsabilités : protégez l'origine France!