« Belgique, Suède... Trois
semaines après la France, une nouvelle vague de cyberattaques
suspectée contre des frigos de supermarchés européens ».
Source RTL.
Des
dizaines de supermarchés en Belgique et en Suède ont constaté une
hausse des températures dans leurs installations frigorifiques,
trois semaines après des incidents similaires en France.
Les
réfrigérateurs de dizaines de magasins en Belgique ont été ciblés
par une cyberattaque, a appris l'AFP. Quelque 15 enseignes, sur les
700 détenues par le groupe Carrefour en Belgique ont été touchées
par cette attaque, similaire à celle intervenue récemment en
France, qui a provoqué une remontée des températures dans les
installations frigorifiques, a affirmé Mich Vergauwen, porte-parole
du groupe Carrefour.
Quelques
dizaines de magasins Delhaize, une quinzaine d'Intermarché et cinq
magasins du groupe belge de distribution Colruyt ont également
indiqué à l'AFP avoir été concernés par des incidents
similaires, dans la nuit de dimanche à lundi, sans toutefois
confirmer qu'il s'agissait d'une cyberattaque. « En raison
de cyberattaques, il n'y aura aucun produit dans les rayons
réfrigérés et congélateurs », pouvait-on toutefois lire
lundi matin sur une affichette apposée sur la vitrine d'un
réfrigérateur d'un magasin Delhaize situé à Boortmeerbeek, à
quelque 30 km dans le nord-est de Bruxelles.
Le
groupe Ikea a précisé de son côté que les installations de son
magasin à Mons (sud de la Belgique) avaient été la cible d'une
cyberattaque, mais qu'aucune autre enseigne de l'enseigne suédoise
n'avait été affectée. « Vers 3h du matin, la température
des congélateurs a augmenté soudainement », a précisé à
l'AFP Colombine Nicolay, porte-parole du groupe Ikea. L'impact en
Belgique est toutefois resté limité, tant dans les enseignes
Carrefour que celles d'Intermarché, ont assuré à l'AFP leurs
porte-paroles. L'ouverture des magasins concernés n'a ainsi pas été
affectée par cet incident.
Peu
de marchandises ont été jetées, a également assuré le
porte-parole d'Intermarché en Belgique, soulignant que dans certains
magasins le réapprovisionnement avait pu parfois se faire avant même
l'ouverture.
Au
fil de la matinée, des problèmes similaires ont été signalés au
Luxembourg, aux Pays-Bas, en Irlande, en Estonie et en Finlande,
rapporte le quotidien espagnol El
Pais. « Nous
sommes au courant d'un incident informatique affectant les systèmes
de réfrigération de plusieurs magasins Delhaize. Nos équipes
travaillent activement à évaluer la situation. Nous communiquerons
davantage d'informations dès que possible »,
a par exemple indiqué un porte-parole de Delhaize Luxembourg au
média ibère.
Selon
Food
Safety Magazine, Comme on a pu
le constater en France, des systèmes de réfrigération connectés à
Internet, installés dans des supermarchés, ont été infiltrés par
des pirates informatiques ; les températures y ont été augmentées,
atteignant jusqu'à 50°C au cours de la nuit. Cette récente vague
d'attaques a été découverte dans la matinée du lundi 2 novembre.
Selon
Reuters
et NBC
News, les enseignes touchées
comprennent notamment Ahold Delhaize, SPAR, Colruyt, Carrefour,
Shop&Go, ICA, Coop, De Laet & Van Haver, SuperValu et Selver,
réparties entre la Belgique, le Luxembourg, la Suède, l'Irlande et
l'Estonie. Même une cafétéria IKEA a été affectée.
Le
nombre exact de magasins visés par cette attaque n'a pas encore été
communiqué par l'ensemble des enseignes ; toutefois, certaines
entreprises, dont Ahold Delhaize, Carrefour et SuperValu, ont indiqué
que plus d'une douzaine de leurs établissements avaient été
touchés.
Le
blog vous avait aussi relaté que des
dysfonctionnements de réfrigérateurs sur des bases militaires
américaines pourraient résulter de cyberattaques ciblées,
semblables aux incidents survenus en France.
Certains
des réfrigérateurs visés lors de la récente vague d’attaques
utilisaient le même logiciel obsolète de Danfoss que celui qui a
été exploité lors des cyberattaques survenues en France. Par
ailleurs, selon le média estonien ERR,
le fournisseur d’équipements de réfrigération Kitman Coldtech a
signalé que l’un de ses magasins clients avait été attaqué,
mais que d’autres clients, dotés de systèmes de réfrigération
différents, avaient également été touchés.
Comment
les distributeurs peuvent-ils se protéger contre les
cyberattaques visant les systèmes de réfrigération ?
Patrick
Lamplmair, expert en cybersécurité, directeur technique et
cofondateur de Tributech, a expliqué à Food Safety Magazine les
mesures que les distributeurs devraient adopter pour protéger leurs
activités, compte tenu de la récente vague de cyberattaques ciblant
les systèmes de réfrigération.
« Les
premières étapes sont élémentaires », explique M.
Lamplmair. « Il s’agit d’identifier les actifs
connectés, de supprimer toute exposition directe à Internet et
d’appliquer des correctifs. Toutefois, le déploiement de
correctifs aura toujours un temps de retard sur les attaquants. La
solution durable consiste à ne plus faire confiance au réseau et à
effectuer des vérifications au niveau même de l’actif. Chaque
commande doit permettre d’attester son origine et son intégrité,
et chaque consigne doit être confrontée aux limites physiques avant
d’être exécutée. Un congélateur ne devrait jamais accepter une
instruction de chauffer à 50°C, quelle que soit la source de cette
instruction. »
Il
a ajouté, « Cela doit être intégré dès la conception,
et non ajouté ultérieurement. En vertu de la loi européenne sur la
cyberrésilience (EU Cyber Resilience Act), les fabricants de
produits connectés deviennent légalement responsables de cet aspect
précis. Les exploitants devraient, dès maintenant, demander à
leurs fournisseurs comment les commandes envoyées à leurs
équipements sont vérifiées. »
Un
incident qui révèle la cybersécurité comme un enjeu de sécurité
des aliments
Ces
cyberattaques mettent en évidence la cybersécurité en tant
qu’enjeu émergent et majeur pour la sécurité des aliments.
Dans
un
article publié en juin 2022, les auteurs Robert Norton,
professeur à l’université d’Auburn et agent de liaison pour la
sécurité nationale et N.C. Simmons, spécialiste de la sécurité
nationale, écrivaient :
«
Le cyberespace constitue l’épine dorsale de la défense du
secteur agroalimentaire. Des adversaires disposent des moyens, de
l’opportunité et de la motivation nécessaires pour briser cette
infrastructure numérique à leur guise. Le fait qu’ils ne l’aient
pas encore fait ne signifie pas qu’ils ne le feront pas à
l’avenir. Si, ou quand, des adversaires mènent une attaque de
grande ampleur, les conséquences pourraient se traduire par une
compromission massive de la sécurité des aliments, de la défense
du secteur agroalimentaire et de la sécurité des aliments.
Pour éviter ce sombre scénario, les entreprises du secteur agricole
et alimentaire doivent se préparer adéquatement à un type
d’agression inédit. La première étape consiste à renforcer
leurs propres systèmes de cyberdéfense. »