« Une étude trouve des différences de contamination microbienne entre le bœuf et le porc lors de la transformation », source Food Safety Magazine.
Une nouvelle étude a révélé que la contamination microbienne du bœuf et du porc produits dans un même abattoir différait significativement, malgré des charges bactériennes similaires sur les carcasses réfrigérées à leur arrivée et l'utilisation des mêmes équipements de transformation et procédures de nettoyage-désinfection. Ces résultats suggèrent que les surfaces des équipements contribuent fortement à la contamination microbienne lors de la transformation de la viande, soulignant ainsi la nécessité potentielle de stratégies de nettoyage et de désinfection adaptées à chaque espèce.
L’étude, publiée dans Food Research International, a été conduite par des chercheurs de l’Agriculture et Agroalimentaire Canada, l’Agriculture et Irrigation de l’Alberta et de l’Université de Lethbridge.
Pour identifier les sources de contamination bactérienne lors de la transformation du bœuf et du porc, les chercheurs ont examiné les populations microbiennes présentes sur les carcasses réfrigérées, les morceaux de choix, les parures et les surfaces en contact avec les aliments dans une usine de transformation de viande inspectée par le gouvernement fédéral en Alberta, Canada.
Pendant dix semaines, les chercheurs ont prélevé 395 échantillons sur huit sites de prélèvement lors de la production courante de bœuf et de porc. Le matériel échantillonné comprenait des convoyeurs, des étagères en acier inoxydable, des tables de découpe, des couteaux et des gants de protection en maille. Le bœuf et le porc ont été transformés à des jours différents avec le même matériel, qui a été nettoyé et désinfecté conformément aux procédures de l'établissement.
La transformation du porc associée à des charges bactériennes plus élevées
Plus précisément, la BAT des morceaux de porc et des parures était supérieure d'environ 1 log à celle des carcasses de porc réfrigérées. De plus, la charge bactérienne sur toutes les surfaces des équipements, à l'exception des couteaux, était supérieure de 0,5 à 0,7 log lors de la transformation du porc par rapport à celle du bœuf.
Les chercheurs ont également observé une présence plus fréquente de Enterobacteriaceae et de coliformes lors de la transformation du porc. Les Enterobacteriaceae ont été retrouvés dans 39 % des échantillons de porc, contre 23,5 % pour le bœuf. De même, des coliformes ont été détectés respectivement dans 28,7 % des échantillons de porc et 18,5 % de ceux de bœuf.
Sur les 395 échantillons analysés, seuls 11 ont révélé la présence de Escherichia coli en quantité quantifiable, dont huit provenant de la transformation du porc et trois de celle du bœuf. Lors de la production porcine, les gants en maille et les couteaux ont été identifiés comme des sources importantes de contamination par E. coli.
Les surfaces des équipements ont influencé les communautés microbiennes
L'analyse a révélé des différences significatives dans la composition des communautés microbiennes entre les carcasses de bœuf et de porc, les produits carnés et les équipements fixes, mais pas au niveau des équipements personnels, tels que les couteaux et les gants.
Les communautés microbiennes présentes sur les produits carnés et les équipements fixes ont varié considérablement selon les périodes d'échantillonnage, tandis que celles présentes sur les carcasses réfrigérées et les équipements personnels sont restées relativement stables. D'après les chercheurs, ces résultats suggèrent que les surfaces des équipements fixes contribuent fortement aux différences observées dans les communautés microbiennes du bœuf et du porc.
Globalement, les genres bactériens les plus abondants identifiés étaient Pseudomonas et Acinetobacter. Lors de la transformation du bœuf, les surfaces des équipements ont été identifiées comme sources de Brevundimonas, Clostridium, Macrococcus, Pseudomonas et Stenotrophomonas . Lors de la transformation du porc, la contamination liée aux équipements impliquait Acinetobacter, Peptostreptococcus, Pseudomonas, Stenotrophomonas et Trueperella.
Notamment, Acinetobacter représentait respectivement 44,4 % et 34,1 % des communautés microbiennes présentes sur les convoyeurs et les étagères en acier inoxydable lors de la transformation du porc. Pseudomonas représentait quant à lui 66,8 % de la communauté microbienne présente sur les gants en maille utilisés lors de la fabrication du porc.
Les résultats suggèrent la nécessité de stratégies de nettoyage-désinfection spécifiques à chaque espèce
Les résultats ont mis en évidence l'importance de prendre en compte l'espèce de viande, le type d'équipement et les variations temporelles des communautés microbiennes lors de l'élaboration de stratégies de nettoyage et de désinfection dans les installations de transformation de la viande.




