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vendredi 14 août 2026

Un rapport de l'EFSA évalue la sécurité des aliments des substituts végétaux ou des faux aliments d'origine végétale

Un rapport réalisé dans différents pays au sein de l’UE, dont la France, représentée par l’Anses, propose « Une étude de prévalence en magasin visant à examiner les niveaux de contamination microbiologique des substituts végétaux prêts à consommer (PAC) de produits laitiers, de viande et de poisson ». Source EFSA du 12 août 2026.

Avec d’autres mots, que valent les fakes aliments (ou les faux aliments : les fauxmages,la fausse viande,etc., en termes de sécurité des aliments. Il y a, selon moi, des gens qui ont vraiment de l’argent à perdre, surtout quand il s’agit d’aliments ultratransformés …

Résumé

Ce rapport exhaustif examine la contamination microbiologique des substituts végétaux prêts à consommer (PAC) de produits laitiers, de viande et de poisson, reflétant l'intérêt croissant du marché et des consommateurs pour les sources de protéines alternatives.

L'objectif principal était d'évaluer la prévalence et les niveaux des principaux indicateurs microbiens et pathogènes dans ces produits, afin d'évaluer leur innocuité et les risques potentiels pour la santé publique. Une stratégie d'échantillonnage systématique a été mise en œuvre, couvrant une gamme diversifiée de substituts végétaux PAC disponibles dans le commerce. Les échantillons ont fait l'objet d'analyses microbiologiques rigoureuses, incluant le dénombrement des germes viables totaux, des entérobactéries, de Listeria monocytogenes, de Salmonella spp. et d'autres micro-organismes pertinents, selon des protocoles de laboratoire standardisés. Les résultats ont révélé des niveaux de contamination microbienne variables selon les catégories de produits, certains échantillons dépassant les seuils de sécurité établis pour certains pathogènes ou indicateurs d'hygiène. Notamment, la présence de Listeria monocytogenes et de Salmonella spp. était rare, mais a souligné la nécessité d'une vigilance constante dans les chaînes de production et d'approvisionnement.

L'étude a identifié des facteurs influençant la contamination, tels que la formulation du produit, les conditions de transformation et les pratiques de stockage, soulignant l'importance de systèmes de gestion de la sécurité alimentaire robustes et adaptés aux produits végétaux prêts à consommer.

En conclusion, bien que la majorité des substituts végétaux prêts à consommer aient démontré une qualité microbiologique satisfaisante, des cas isolés de niveaux de contamination élevés justifient l'attention de l'industrie et des autorités réglementaires. Les résultats confirment la nécessité d'une surveillance continue, d'une évaluation ciblée des risques et de l'élaboration de lignes directrices spécifiques pour garantir la sécurité des aliments végétaux prêts à consommer.

Ce rapport fournit des données essentielles pour éclairer les politiques, orienter les meilleures pratiques de l'industrie et protéger la santé publique, alors que le secteur continue de se développer.

Conclusion

Bien que la qualité microbiologique des échantillons analysés dans le cadre de cette enquête ait été globalement satisfaisante, certains problèmes ont été relevés. L'enquête met en évidence la présence de pathogènes d'origine alimentaire dans des substituts végétaux (produits laitiers, viandes et poissons) prêts à consommer ; bien que rare, ce phénomène peut survenir de manière sporadique. La maîtrise adéquate des risques potentiels doit être prise en compte dans le cadre des bonnes pratiques d'hygiène (BPH) de l'exploitant du secteur alimentaire et des procédures fondées sur HACCP, au sein de son système de management de la sécurité des denrées alimentaires. Les exploitants doivent gérer ces dangers de manière appropriée grâce aux programmes préalables : contrôle rigoureux des matières premières auprès des fournisseurs, programmes d'hygiène adéquats, formation du personnel, ainsi qu'un entretien approprié et une maîtrise de la température de la chaîne du froid. À défaut, il existe un risque que toute contamination pathogène potentielle atteigne des niveaux susceptibles de provoquer de graves maladies d'origine alimentaire, de manière comparable à ce qui est observé pour les produits d'origine animale (produits laitiers, viandes et poissons) prêts à consommer.

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre la prévalence des pathogènes dans les matières premières utilisées pour les aliments végétaux prêts à consommer et pour valider les procédés de transformation. Comme le montre cette enquête, le marché de détail propose une gamme variée de substituts végétaux (produits laitiers, viandes et poissons) prêts à consommer. Des investigations complémentaires sont requises pour identifier les points nécessitant une attention particulière, notamment les points critiques pour leur maîtrise ou CCP dans les procédés de fabrication de ces substituts végétaux émergents.

Ces études devraient orienter l'élaboration de lignes directrices spécifiques concernant les BPH, les paramètres temps/température et les recommandations de formulation des produits, afin de garantir la sécurité microbiologique lors de la transformation et de la conservation. Par ailleurs, des modèles prédictifs adaptés et des challenge tests devraient étayer la détermination de la durée de conservation, en fournissant aux exploitants des orientations fondées sur des données scientifiques pour fixer cette durée.

Au cours de cette enquête collaborative menée dans 15 États membres, il a été observé que, si certains pays participants ont établi des lignes directrices nationales incluant des critères microbiologiques recommandés pour surveiller la contamination des produits végétaux PAC présents sur le marché, ce n'est pas le cas de manière uniforme dans tous les États membres. L'élaboration et la mise en œuvre de critères microbiologiques harmonisés pour évaluer la qualité microbiologique de ces substituts végétaux PAC seraient utiles pour favoriser la cohérence des évaluations officielles de la conformité microbiologique de ces types de produits. Enfin, les consommateurs perçoivent souvent les aliments d'origine végétale comme étant plus sûrs que leurs équivalents d'origine animale. Une vigilance continue de la part des autorités de réglementation et des exploitants du secteur alimentaire est nécessaire pour maintenir les normes de sécurité sanitaire des aliments et pour traiter les cas isolés susceptibles de poser un problème de santé publique s'ils ne sont pas gérés. Il est recommandé aux autorités chargées de la sécurité sanitaire des aliments, en collaboration avec les parties prenantes concernées, de revoir et de mettre à jour la communication sur les risques destinée aux consommateurs concernant le stockage et l'utilisation des produits végétaux PAC. 

Les produits végétaux réfrigérés PAC échantillonnés dans le cadre de cette enquête portaient souvent une date de durabilité minimale (« à consommer de préférence avant le... ») plutôt qu'une date limite de consommation (« à consommer jusqu'au... »). Ce constat a été fait pour 77 % (n = 334/436) des substituts de fromage et 63 % (n=323/509) des substituts de viande. La date de durabilité minimale concerne la qualité de l'aliment, tandis que la date limite de consommation a trait à la sécurité des aliments. Cela signifie que les consommateurs peuvent choisir de consommer un aliment portant une date de durabilité minimale après l'échéance de celle-ci, si son aspect, son odeur et son goût semblent normaux. 

En vertu de la législation sur la sécurité des aliments, les exploitants du secteur alimentaire doivent prendre en compte le comportement des consommateurs en évaluant les conditions raisonnablement prévisibles de distribution, de stockage et d'utilisation, ainsi que la consommation normale d'un produit alimentaire, lorsqu'ils déterminent si un aliment présente un risque pour la sécurité des aliments. Le non-respect des températures de conservation et les longues durées de conservation des produits portant une date de durabilité minimale, que certains consommateurs peuvent choisir de consommer bien après la date indiquée, sont susceptibles de favoriser la prolifération de micro-organismes nocifs jusqu'à des niveaux jugés dangereux pour la sécurité sanitaire. Il est important de fournir aux consommateurs des informations claires sur les risques, soulignant la nécessité de respecter les conditions de conservation indiquées sur l'étiquette et d'assurer une manipulation adéquate des produits végétaux prêts à consommer, en particulier après ouverture, lorsque la durée de conservation au réfrigérateur est limitée, afin de garantir la sécurité sanitaire des aliments jusqu'à l'assiette.

NB : On lira dans Food Safety Magazine un article qui traite du rapport de l’EFSA avec ce titre, « Une étude de l'UE sur les pathogènes dans les aliments d'origine végétale prêts à consommer suggère un potentiel de croissance microbienne et la nécessité d'une attention réglementaire » (EU Survey of Pathogens in RTE Plant-Based Foods Suggests Microbial Growth Potential, Need for Regulatory Attention).

Commentaire

Pour faire court, des gens du marketing se sont emparés de ce marché et ne connaissent, le plus souvent, peu ou pas grand-chose en matière de réglementation en hygiène et sécurité des aliments. J’espère qu'avec cette étude, l’EFSA ne fait pas la promotion de ces produits ...
Pour se rendre compte de ce que sont ces « produits », lire cet article du blog du 28 juin 2023, « Qui est l’un des plus grands experts de la listéria dans l’agroalimentaire ? » C’est édifiant !

dimanche 13 août 2023

États-Unis : Les consommateurs préfèrent largement le viande bovine aux produits alternatifs

Après la déconfiture de Beyond Meat, voici qu’on apprend aux États-Unis, «Les consommateurs préfèrent largement le viande bovine aux produits alternatifs», source Meatinplace du 11 août 2023.

Un nouveau sondage de Purdue University College of Agriculture a clairement montré à quel point les consommateurs préfèrent le viande bovine aux protéines alternatives.

Selon l’étude, 71% des consommateurs pensent que le meilleur de la viande bovine est «beaucoup à un peu meilleur» que les alternatives à base de plantes, et 73% pensent qu'elle est meilleure que la viande cultivée à partir de cellules.

D'autres comparaisons notables incluent : l'apparence (66% par rapport aux produits base de végétaux, 70% par rapport aux produits issus de la culture cellulaire), la fraîcheur (57% et 68%), la naturalité (64% et 71%), le prix (61% et 63%) et le bien-être des agriculteurs (62% et 71%).

«De loin, les consommateurs pensent que la viande bovine issu de bovins est supérieure aux alternatives», a conclu l'enquête.

Les chercheurs ont également demandé aux consommateurs ce qu'ils pensaient de la «viande cultivée en laboratoire» - qui est la même chose que de la «viande cultivée à partir de cellules» afin d’évaluer les différences dans les réponses, et ils ont suivi de près le terme susmentionné.

La seule catégorie où les alternatives ont devancé la viande bovine était le bien-être animal, et uniquement par rapport aux alternatives à base de végétaux, dans cette comparaison, 42% pensaient que l'alternative était meilleure, contre 38% pour le viande bovine. De plus, bien que les consommateurs pensaient que l'impact environnemental du bœuf était meilleur que toutes les alternatives, l'écart entre le bœuf et le végétal était proche de 41%/34%.

samedi 22 juillet 2023

L’Organisation mondiale des agriculteurs rejette la viande cultivée

Ce n'est pas vraiment une surprise, «L’Organisation mondiale des agriculteurs rejette la viande cultivée», source Meatingplace du 21 juillet 2023.

L'Organisation mondiale des agriculteurs (World Farmers’ Organization ou WFO), dans une récente prise de position approuvée par son Assemblée générale, a pris une «position résolue» contre l'adoption de la viande cultivée comme alternative aux produits carnés conventionnels.

«Les aliments cultivés en laboratoire, des substances produites en laboratoire pour la consommation humaine, sont créés à l'aide de tissus ou de cellules et ne se produisent pas naturellement à grande échelle. Ils sont soutenus par des campagnes de marketing qui renforcent le mythe d'une plus grande durabilité par rapport à l'agriculture», a écrit l'organisation basée à Rome, Italie. «Les agriculteurs rejettent fermement ce récit.»

Citant des inquiétudes quant au fait que la viande cultivée pourrait affecter la santé humaine et propager des maladies zoonotiques ainsi que des préoccupations concernant la durabilité environnementale des processus, la WFO a appelé à se concentrer sur les améliorations de l'agriculture animale conventionnelle pour «fournir des solutions durables pour produire, transformer, distribuer et consommer des aliments de manière durable.»

«La WFO s'oppose fermement au remplacement des aliments cultivés par les agriculteurs par des aliments fabriqués en laboratoire», a déclaré l'organisation. «Ces substituts rejettent le travail et la contribution des agriculteurs à la durabilité et poussent les consommateurs vers un modèle alimentaire homogène qui sape la tradition, la diversité, la richesse, la qualité et l'unicité des systèmes alimentaires régionaux à travers la planète.»

Dans ce contexte, on lira sur le blog d’André Heitz, «Étude : Le bœuf conventionnel est plus écologique que la viande cultivée en laboratoire actuelle, dans AGDAILY Reporters.

jeudi 18 mai 2023

Quand le ministre de l'économie fait de la pub pour la fausse viande ! Qu'en pense le ministre de l'agriculture ?

Mise à jour du 20 mai 2023
«Elevage : Bruno Le Maire déclare la guerre à la viande», source La France Agricole du 19 mai 2023. La visite du ministre de l’Économie sur le nouveau site de la société HappyVore ainsi que ses déclarations sur le réseau social Twitter ont entraîné une vague de mécontentement.
Et voici la réaction de la Confédération Française de la Boucherie, Boucherie-Charcuterie, Traiteurs.
Mise à jour du 21 mai 2023
Triste nouvelle, le numéro un français du porc , Cooperl s’attaque au marché des protéines végétales
Il se lance dans les protéines végétales. Sa gamme baptisée la Tablée Végétale a été présentée au Salon International de la Restauration et de l’Hôtellerie et s’adresse dans un premier temps au circuit de la restauration hors domicile.

Autre réaction aux propos de M. Le Maire, 
Mise à jour du 7 novembre 2023
On lira l'article publié sur le blog d'André HeitzBeyond Meat s'effondre sans répit – la vérité sur le veggie boom. 

vendredi 24 mars 2023

Des données sont manquantes dans l'évaluation des dangers liés à la viande cellulaire, selon la Food Standards Agency

«Des données sont manquantes dans l'évaluation des dangers liés à la viande cellulaire, selon la 
Food Standards Agency», source article de Joe Whitworth paru le 24 mars 2023dans Food Safety News.

Une évaluation des dangers des produits carnés fabriqué à partir de viande cellulaire a révélé des lacunes considérables dans les connaissances.

Il existe plusieurs domaines où les données font défaut ou où des informations sont nécessaires pour gérer le risque ou le danger que les produits peuvent présenter. Davantage de travail est nécessaire de la part de l'industrie de la viande en culture et par les services réglementaires pour aider à comprendre les dangers de chaque produit, a révélé l'évaluation publiée par la Food Standards Agency (FSA) le 15 mars 2023.

Le but du rapport était d'identifier les dangers dans le processus de production de viande cultivée pour aider à éclairer le processus d'évaluation des risques de la FSA pour l'autorisation. Il était également important que les produits ne posent aucun problème microbiologique ou chimique. L’étude était basée sur une revue de la littérature scientifique en 2020.

Il y avait peu ou pas de données sur la composition analytique finale des produits, les données toxicologiques clés, les profils nutritionnels, la stabilité du produit, le risque d'allergie et tout effet indésirable enregistré lorsqu'il est consommé par des animaux ou des humains.

Situation plus large
En mars 2023, aucun produit issu de la viande cellulaire n'était autorisé à la vente sur le marché britannique, mais l'approbation du poulet issu de culture cellulaire a été accordée à Singapour fin 2020 et il est à l'étude aux États-Unis. On s'attend à ce que ces produits soient soumis à la réglementation sur les nouveaux aliments au Royaume-Uni. Cela signifie que chacun devra être approuvé avant la mise sur le marché et évalué par un panel d'experts pour les risques potentiels.

La viande cellulaires est également appelée aussi cultivée. D'autres termes incluent in vitro, artificiel, cultivé en laboratoire et fake. La production alimentaire de cellules implique la culture de cellules isolées d'animaux sans abattage.

L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) organisent un webinaire sur la sécurité des aliments et les aliments cellulaires le 5 avril. Les agences ont déjà publié plusieurs documents mais un rapport final sera publié pendant le webinaire.

Le rapport de la FSA a révélé qu'il existe plusieurs étapes de développement pour la production de viande cellulaire et à chacune, différents produits chimiques, produits biologiques, formulations de milieux, additifs et suppléments sont utilisés. Le risque de contamination de chaque intrant doit être évalué, car tous les composants indésirables qui restent dans le produit final doivent être à un niveau d'exposition acceptable ou être de qualité alimentaire et sans danger.

Exemples de problèmes possibles
Des problèmes peuvent survenir à cause de réactifs ou de l'air contaminés, d'équipements mal nettoyés ou mal entretenus et du fait que le cultivateur de cellules ne respecte pas les protocoles de nettoyage, les bonnes pratiques de laboratoire (BPL) ou les bonnes pratiques de fabrication (BPF).

Les antibiotiques et les fongicides, tels que la pénicilline, la streptomycine et la gentamicine, sont utilisés dans les cultures cellulaires pour prévenir l'infection. Certains protocoles d'isolement, de prolifération et de différenciation cellulaire utilisent également des produits chimiques toxiques pour l'homme.

Il n'est pas clair si les virus présenteront un risque important pour la santé lors de la consommation de produits carnés issus de cultures cellulaires, mais des sources de la littérature suggèrent que le risque sera inférieur ou égal à celui posé par la consommation de viande.

Il peut y avoir un risque de contamination croisée d'une lignée cellulaire dans une autre cellule en raison de l'utilisation de plusieurs lignées. La contamination croisée peut provenir de nombreuses sources, notamment un mauvais entretien de l'équipement, de mauvais régimes de nettoyage, un stockage incorrect des cellules, le travail avec plusieurs lignées cellulaires dans une zone, l'utilisation des mauvaises cellules et un étiquetage incorrect.

Un domaine est la possibilité d'utiliser des lignées cellulaires d'animaux qui ne sont pas courantes dans les régimes alimentaires locaux. La possibilité de manger des animaux exotiques pourrait attirer le consommateur, mais il peut y avoir des risques tels que le transfert de nouvelles maladies et virus et des réactions allergiques à de nouvelles protéines.

Un autre danger potentiel était l'impact nutritionnel des produits, car le profil nutritionnel pouvait être différent de ce qu'il remplace. La viande cultivée actuelle n'a pas les propriétés sensorielles et nutritionnelles de la viande traditionnelle. Ainsi, des additifs, tels que des arômes, des colorants, des vitamines et des minéraux peuvent être ajoutés à la culture, ce qui a un impact sur la nutrition finale du produit.

NB : La viande cellulaire est une viande produite en cultivant directement des cellules animales.

mercredi 1 février 2023

Pour une bonne nouvelle, c’est une bonne nouvelle, «Impossible Foods réduit ses effectifs de 20%

Pour une bonne nouvelle, c’est une bonne nouvelle, «Impossible Foods réduit ses effectifs de 20%», source article de Jim Romahan du 1er février 2023 sur son blog Agri 007.

Impossible Foods, l'une des principales entreprises commercialisant des produits à base de protéines végétales tels que les substituts de hamburgers, réduit ses effectifs jusqu'à 20 %, rapporte Bloomberg News.

L'entreprise de Redwood ity, en Californie, emploie environ 700 personnes.

L'entreprise a supprimé 6% de ses effectifs en octobre, car les consommateurs qui ont essayé les protéines végétales n'ont pas été des acheteurs réguliers.

C'est une histoire similaire pour d'autres producteurs de protéines végétales tels que Beyond Meat et l'entreprise Greenleaf de Maple Leaf Foods, qui a commencé à réduire ses investissements dans les protéines végétales en août.

La réaction initiale des consommateurs – essayer les produits – a fait grimper les ventes et incité les entreprises à augmenter leurs investissements et leur production.

Mise à jour du 5 février 2023
«Les tribunaux consolident 5 poursuites judiciaires contre la fausse publicité de Beyond Meat», source Meatingplace du 3 février 2023.
L'affaire consolidée, intitulée «Beyond Meat, Inc., Contentieux des pratiques de commercialisation et de vente d’un contenu protéique», affirme que Beyond Meat «calcule mal et surestime la teneur en protéines de ses produits, calcule mal et surestime la qualité des protéines des produits, qui est présentée en pourcentage de la valeur quotidienne et induit les consommateurs en erreur en leur faisant croire que les produits offrent les mêmes avantages nutritionnels que les produits de viande traditionnels», selon les documents judiciaires.

jeudi 21 juillet 2022

Le lobbying de la viande in vitro démasqué

Rien ne vaut une bonne viande ...
Le titre ci-dessus est emprunté à un article de La France Agricole. Voici «Viande in-vitro, encerclement cognitif du marché agroalimentaire», source Ecole de guerre economique (EGE). Extraits.

Cela fait près de deux décennies que le terme «disruption» ou déstabilisation d’un marché est régulièrement employé, avec comme exemples les plus connus Uber pour les taxis ou AirBnB dans le marché de l’hôtellerie. Il semblerait aujourd’hui qu’un autre marché, stable et peu élastique (inférieur à 1), serait en passe de se faire «uberiser», l’industrie de la viande. En 2013, le premier steak fabriqué in vitro a pu être dégusté à Londres. Une «viande» fabriquée à partir de cellules souches élevées dans des boîtes de Petri et arrosée de divers additifs pour améliorer sa texture. Aujourd’hui de nombreuses entreprises de la Silicon Valley comme Beyond Meat, Just Food, Memphis Meats, Mosa Meat ou Impossible Foods travaillent à fabriquer la «viande propre» ou «viande éthique» ; faisant référence à la pollution induite par la surindustrialisation de la filière. De même qu’en France avec Gourmey qui travaille sur du foie gras de synthèse. La filière attire aussi de grands investisseurs comme Bill Gates, Richard Branson (patron de Virgin), Jack Welch (ancien PDG de General Electric) ou Tyson Foods, la plus grande entreprise alimentaire américaine dont la réputation ne connote pas toujours avec l’écologie ou l’éthique. Malgré les difficultés techniques, le prix de la viande de synthèse restant très élevé, l’enjeu est énorme. La maitrise des brevets de fabrication et de production leurs ouvriraient un marché gigantesque, on estime que la consommation de viande mondiale devrait augmenter de 70% d’ici 2050. Néanmoins, avec une tendance de plus en plus prononcée à l’alimentation biologique, le véritable défi sera de convaincre les populations de consommer une viande provenant d’un laboratoire. C’est pourquoi de nombreux investissements sont dirigés vers des sociétés de lobbying et des associations de défense des animaux. Les uns pour «préparer» l’opinion public à cette technologie tandis que les autres influences les différentes instances publiques pour la mise en place de normes et l’autorisation de sa commercialisation. 

Réalité physique et enjeux commerciaux
Les avantages écologiques de ce nouveau mode de production ne sont, en réalité, pas assurés. Par tonne, le méthane est effectivement un gaz à effet de serre plus puissant que le CO2, note ainsi le professeur de physique Raymond Pierre Humbert. Mais il ne reste dans l'atmosphère que 12 ans, alors que le CO2 s'y accumule pendant des milliers d'années. Ainsi même si au départ cette production est plus écologique, en analysant sur le temps long et partant de l’hypothèse que la viande artificielle remplace la «production classique», la pollution de la viande in-vitro devient équivalente voir plus élevée.

En outre, les cellules nécessaires à la fabrication du sérum permettant la création de la viande in-vitro proviennent de fœtus d’animaux. Ce qui nécessite l’abattage de vaches gestantes pour y extraire leur fœtus et les précieuses cellules souches. Un procédé qui ne correspond pas vraiment à la production de «viandes éthiques» qui est censée respecter l’animal et son bien-être.

En réalité les enjeux sont plus commerciaux qu’éthiques, le marché de la viande est très important et peu élastique. C’est-à-dire que les produits sont considérés comme relevant d’une nécessité et qu’il y aura toujours des acheteurs malgré la fluctuation de prix. Même avec les divers associations et mouvements, il est peu probable qu’une forte chute de la consommation de viande survienne à moyen terme. En 2019, la production mondiale de viande était de 338,8 millions de tonnes (en équivalent poids carcasse). Rien qu’en Europe, les pays exportaient pour 2,5 milliards d’euros de viande et en importaient pour 1,5 milliards.

Outre les avantages commerciaux, c’est aussi un puissant levier de contrôle. Dans l’hypothèse d’un monde où la population consommerait seulement de la viande artificielle, le détenteur des brevets de fabrication contrôlerait le marché et la production mondial de l’alimentation non agricole.

Aujourd’hui la production de la viande in-vitro reste difficile, engendrant un prix élevé du produit. Cependant, les investissements importants de Bill Gates, de Kimbal Musk (frère du PDG de Tesla) ou de Google pourraient accélérer son développement. De surcroit, les stratégies d’influences semblent fonctionner, Singapour a autorisé sa vente et les États-Unis réfléchissent déjà à la structure qui s’occupera de la réglementation. Pour le moment, l’Europe semble avoir des réticences à la commercialisation de la viande artificielle sur son sol.

Complément.

Aux lecteurs du blog
La revue PROCESS Alimentaire censure pour une triste question d’argent les 10 052 articles initialement publiés gracieusement par mes soins de 2009 à 2017 sur le blog de la revue, alors que la revue a bénéficié de la manne de la publicité faite lors de la diffusion de ces articles. La revue PROCESS Alimentaire a fermé le blog et refuse tout assouplissement. Derrière cette revue, il faut que vous le sachiez, il y a une direction aux éditions du Boisbaudry, pleine de mépris, et un rédacteur en chef complice !

jeudi 30 décembre 2021

Pourquoi la viande fabriquée in vitro est une fausse viande ?

Meilleurs voeux à tous les lecteurs et merci à vous d’agir pour le rétablissement de l'accès aux anciens articles du blog ...

En janvier 2020, le blog vous avait proposé, Le marché de la fausse viande (faux meat) en ordre de marche aux Etats-Unis ou le retour de soleil vert ?, puis en mai 2020, Substituts de viande à base de plantes de Beyond Meat, derrière la morale, le pognon !

Voici donc un autre article ce sujet ...
Chroniqueur patenté du Figaro, accessoirement ancien ministre de l’éducation nationale, voire peut-être philosophe, M. Ferry nous ressort en cette fin d’année, des BS (foutaises), qui réssussietnt une fois de plus, la célèbre maxime, Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît !, en assénant, «Pourquoi la viande cellulaire va s’imposer»

 Que ce soit autour du foie gras, de la chasse, des conditions de l’élevage et de l’abattage des animaux, la question de leur souffrance et de leur protection monte en puissance chaque année. Dans ce contexte, il est inévitable à terme que la viande cellulaire s’invite à nos tables. Si l’on veut en parler sérieusement, il est bon de savoir de quoi l’on parle. Il ne s’agit nullement de «fausse viande», de ces steaks de légumes auxquels on donne l’apparence de vrais steaks, mais d’une viande fabriquée in vitro à partir de cellules souches animales mises en culture. Dire qu’il s’agit de «fausse viande» est donc une absurdité, le vivant étant toujours à l’origine de la viande cellulaire.  

Il y aurait donc de vraies viandes dans les fausses viandes ?
Je suis donc absurde, selon M. Ferry, et c’est tant mieux de préférer l’original à la copie. Mais peut-être, histoire de se recycler, M. Ferry va-t-il créer un label ‘viande cellulaire’ ? L’imagination du marketing de la fausse viande est sans limite …

Pour tenter d’éclairer M. Ferry, je lui indique quelques publications, Quand des lobbies de la viande in vitro utilisent les associations de défense des animaux, Les faux-semblants de la viande in vitro, La viande «cultivée» en laboratoire pose finalement plus de problèmes qu’elle n’en résout, La viande in vitro, une voie exploratoire controversée, Viande in vitro : encore pire pour la planète que la vraie ?

Mais il n’y a pas que la fause viande in vitro, il y a aussi la fausse viande à base de protéines végétales, le nouvel eldorado des start-up !

Dans l’imaginaire de la fausse viande, voici la dernière information à la mode, Lancement de hamburgers à base de protéines végétales fraîchement préparés, source article de Jim Romahn dans son blog  Agri 007.

SavorEat of Israel a développé une technologie pour fournir des hamburgers à base de protéines végétales fraîchement préparés et est sur le point de les commercialiser aux États-Unis via la société de restauration Sodexo.

Sa technologie utilise une imprimante 3D autonome avec trois cartouches contenant des huiles et d'autres ingrédients. Les clients peuvent choisir la quantité de matières grasses et de protéines qu'ils souhaitent dans chaque hamburger, ce qui prend environ six minutes à cuire.

«C'est un mélange d'innovation d'alternative à la viande et de fabrication numérique où nous pouvons également cuisiner le produit», a déclaré Racheli Vizman, directrice générale de SavorEat, à l'agence de presse Reuters.

Tous les concurrents, tels que les Impossible Foods de Maple Leaf et les produits Beyond Meat sont surgelés.

Vizman a déclaré que les hamburgers de SavorEat sont fabriqués avec une combinaison de protéines de pomme de terre et de pois chiches et de pois.

«Il existe un segment croissant de personnes appelées’flexitériennes’, des personnes qui essaient activement de rechercher des alternatives à la viande pour réduire leur consommation de viande», a déclaré Vizman, citant environ un tiers de la population américaine.

Oded Shoseyov, président et scientifique en chef de SavorEat, a déclaré que la société travaillait également sur une version à base de plantes d'une saucisse de porc pour le petit-déjeuner pour le marché américain.

Mise à jour du 5 janvier 2022. On lira dans La France Agricole du 4 janvier 2022, Les substituts de viande à la conquête des Français.

Mise à jour du 30 janvier 2022On peut lire sur le site de Futura, Viande in vitro : «Une bulle médiatique qui repose sur un support scientifique très faible».
La viande in vitro peut-elle être considérée comme de la viande ou comme un «nouvel aliment» ? Les données scientifiques sont encore trop parcellaires sur cette nouvelle technologie et les entreprises qui se lancent sur ce marché prometteur se gardent bien de révéler leurs techniques de fabrication. Mais la qualité sanitaire et nutritionnelle de ce produit, finalement ultra-transformé à coup d'antibiotiques et de fongicidesentre autres, n'est nullement garantie.

Aux lecteurs du blog
Grâce à la revue PROCESS Alimentaire, vous n'avez plus accès aux 10 052 articles initialement publiés par mes soins de 2009 à 2017 sur le lien suivant, http://amgar.blog.processalimentaire.com/. Triste histoire de sous ... merci de leur faire part de cette anomalie ! 

samedi 3 juillet 2021

Les patrons des Gafa veulent investir dans la fausse viande, ne les suivons surtout pas !

Il paraît que des patrons des gafas investissent dans la fausse viande ete les faux produits laitiers à partir de champignons comme prochaine grande alternative des protéines, ne les suivons surtout pas !

lundi 29 mars 2021

Les substituts de viande ne remplacent pas la vraie viande

C'est l'information principale que j'ai retenu dans un article du 25 mars 2021 , la revue belge de consommateurs, Test-Achats, traite de «L'alimentation végétale a un bel avenir devant elle».

Une alimentation végétale est non seulement bonne pour la planète mais aussi pour votre santé. Du moins si vous optez pour les produits de base adéquats. Bonne nouvelle : à l'avenir, l'offre de protéines alternatives – des algues marines à la viande in vitro – ne fera qu'augmenter.

Plaidoyer classique me direz-vous pour l'alimentation végétale … mais attention pas n'importe quelle alimentation végétale, et c'est là que cela devient intéressant ...

Nous estimons qu'il est de notre devoir d'aider le consommateur à faire un choix sain et durable pour son alimentation. Les substituts de viande prêts à l'emploi ne sont pas toujours des plus sains car ils sont censés n'être consommés qu'occasionnellement.

Mais il est fréquent que des gens en mangent trois fois par semaine, avec les meilleures intentions du monde pour la planète. Et dans ce cas, il nous incombe de signaler que ces substituts de viande prêts à l'emploi ne sont pas prévus pour une consommation quotidienne, et que vous pouvez faire une cuisine végétale plus saine avec des produits de base moins transformés. Car nous aussi, nous sommes en faveur d'un monde végétal et nous encourageons l'augmentation du nombre de flexitariens.

L'avancée des «nouvelles» protéines
S'il vous arrive malgré tout de faire votre choix parmi ces produits végétaux prêts à consommer, il est important de savoir qu'il y a d'importantes différences en termes de santé, d'enrichissement en fer et en vitamine B12, et de teneur en protéines. 
Aujourd'hui, le choix peut sembler encore relativement limité mais d'ici 5 ans, l'éventail d'alternatives ne fera qu'augmenter. Une évolution dont le Conseil supérieur de la Santé – qui recommande d'opter davantage pour des aliments végétaux – et nous-mêmes ne pouvons que nous réjouir. Outre ses avantages pour la santé, cette transition à grande échelle des protéines animales vers les «nouvelles» protéines devrait considérablement atténuer l'impact environnemental.
La notion de protéines alternatives (ou «nouvelles») désigne notamment des protéines issues de légumineuses, d'insectes ou de micro-organismes (algues, par exemple). Ces protéines offrent une alternative adéquate aux protéines animales que nous connaissons mieux, telles que la viande, le lait et les œufs.

Si j'ai encore le choix, je ne suis pas très d'accord avec la fin de cet article de Test-Achat et son crédo en faveur des produits végétaux … car je ne pense pas que «cette transition à grande échelle des protéines animales devrait considérablement atténuer l'impact environnemental.» C'est même loin d'être prouvé !

vendredi 6 novembre 2020

Les similis produits de viande et de volaille: Le Canada lance une consultation

Alors que selon Le Figaro.fr, « Les eurodéputés valident les «burgers» végétariens mais pas les yaourts végétaux ». Les États pourront choisir eux-mêmes la dénomination des produits imitant la texture de la viande.

C'est vraiment consternant ce que fait cette Europe-là, ont-ils les yeux en face des trous ?

Par ailleurs, « Le gouvernement du Canada lance une consultation sur les lignes directrices pour les similis produits de viande et de volaille », source communiqué de presse de ll'Agence canadienne d’inspection des aliments du 3 novembre 2020.

À mesure que croît l'industrie canadienne des aliments à base de plantes, le gouvernement du Canada s'efforce d'apporter plus de clarté à l'industrie et aux consommateurs sur les règlements qui s'appliquent à ces produits.

L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) entreprend aujourd'hui une consultation sur les mises à jour proposées aux lignes directrices à l'intention de l'industrie sur les similis produits de viande et de volaille et certains aliments protéinés d'origine végétale, et encourage l'industrie et les consommateurs à faire connaître leur point de vue d'ici le 3 décembre 2020.

Les lignes directrices actuelles de l'ACIA sur les similis produits de viande et de volaille s'appliquent aux produits qui sont fabriqués pour ressembler à des produits de viande ou de volaille. Les hambourgeois à base de plantes qui ressemblent à un hambourgeois de bœuf en utilisant des ingrédients qui simulent la couleur rouge ou l'effet de marbrure de la graisse de la viande d'origine animale en sont un exemple. L'Agence reconnaît également qu'il est nécessaire d'actualiser les lignes directrices pour inclure les produits alimentaires qui sont des protéines végétales qui ne sont pas destinées à ressembler ou à remplacer un produit à base de viande ou de volaille. Il s'agit par exemple de hambourgeois au tofu, de pains de lentilles ou de galettes de soja correctement identifiés.

Les mises à jour proposées des lignes directrices visent à clarifier ce qui constitue des similis produits de viande ou de volaille conformément au Règlement sur les aliments et drogues et au Règlement sur la salubrité des aliments au Canada. Les lignes directrices énoncent les règles relatives à l'étiquetage, à la publicité, à la composition et à l'enrichissement de ces produits. Des lignes directrices plus claires aideront l'industrie à mieux comprendre et à appliquer les exigences réglementaires.

En complétant le sondage en ligne, les consommateurs peuvent communiquer à l'ACIA leur connaissance de ces produits et indiquer quels renseignements sur l'étiquette sont importants pour eux. La perception qu'ont les consommateurs de ces aliments permettra de conseiller l'industrie sur la manière de mieux positionner ses produits de manière véridique et non trompeuse, comme l'exige la réglementation, et de fournir des informations qui aideront les consommateurs à prendre des décisions d'achat éclairées.