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mercredi 30 septembre 2026

Des audit de l’UE évalent la sécurité des aliments de la viande bovine, du poulet et du miel du Brésil avec des résultats contrastés

Un audit de l’UE sur la viande bovine du Brésil destinée à l'exportation vers l'Union européenne a eu lieu du 27 avril au 20 mai 2026 et le rapport a été publié le 26 septembre 2026.

Résumé

L’audit visait à évaluer si les contrôles officiels relatifs aux aspects de santé publique et aux systèmes de certification pour la production de viande bovine destinée à l’exportation vers l’UE offrent des garanties suffisantes quant à la conformité de la production de cette denrée aux exigences de la législation de l’UE, et s’ils permettent d’étayer les attestations de santé publique figurant dans le certificat officiel de l’UE correspondant. L’audit conclut que le système de contrôle est conçu de manière adéquate, qu’il s’appuie sur des procédures documentées et des systèmes informatiques, et qu’il prévoit des dispositifs de supervision offrant des garanties satisfaisantes quant à la production de cette denrée dans le respect des exigences de l’UE. Les contrôles officiels sont réalisés de manière efficace dans les établissements de production de viande, ce qui renforce la fiabilité des attestations de santé publique figurant dans le certificat officiel de l’UE correspondant. Toutefois, l’audit a mis en évidence certaines lacunes dans les contrôles visant à vérifier que les exploitants du secteur alimentaire appliquant de l’acide lactique pour réduire la contamination microbiologique de surface des carcasses bovines respectent les exigences de l’UE régissant cette pratique. En réponse aux observations de l’équipe d’audit, l’autorité compétente centrale a engagé des mesures pour remédier à ces lacunes. Le rapport contient une recommandation invitant l’autorité compétente centrale à remédier aux lacunes constatées et à renforcer davantage le système de contrôle.

Selon certaines informations, « Les auditeurs de la Commission ont identifié des lots de viande provenant de vaches traitées à l'œstradiol qui avaient été certifiés à tort pour l'exportation vers l'Union européenne. Éric Thévenard, directeur des audits et analyses sanitaires et alimentaires à la DG SANTE, a indiqué que les produits concernés ont été retirés du marché et que Bruxelles procédera à un nouvel audit de suivi avant de pouvoir juger les garanties du Brésil suffisantes.

Les exportations de viande bovine devraient rester suspendues pendant environ deux ans en raison du délai entre la naissance d'une vache et son abattage, a déclaré lundi au Parlement européen Eric Thévenard.

Autre sujet avec le Brésil, et autre rapport d’audit de l’UE, cette fois-ci sur l’évaluation de la conformité à l'interdiction d'utilisation de certains antimicrobiens chez les animaux et les produits animaux destinés à l'exportation vers l'UE. Ici il est question de poulets et de miel. L’audit a eu lieu du 24 août au 4 septembre 2026. Le rapport a été publié le 28 septembre 2026.

Résumé

L’audit a révélé que le cadre juridique, les manuels de procédures et la formation dispensée aux inspecteurs nationaux, ainsi que les contrôles officiels mis en place au Brésil, sont à même d’offrir les garanties requises par l’article 118, paragraphe 1, du règlement (UE) 2019/6 pour les deux filières couvertes par l’audit. Cette capacité repose sur la séparation de la ligne de production destinée à l’Union dans la filière avicole, ainsi que sur l’absence de produits autorisés pour une utilisation sur les abeilles et sur les contrôles relatifs à l’approvisionnement des apiculteurs dans la filière du miel.
Au moment de l’audit, le système de contrôles officiels concernant la non-utilisation de certains antimicrobiens fonctionnait efficacement dans les deux secteurs, bien qu’il ait été mis en place récemment. La seule faiblesse relevée par les auditeurs concernant les contrôles officiels des établissements fabriquant des prémélanges pour aliments destinés à la volaille a été corrigée par les autorités compétentes alors même que l’audit était en cours.
Il est donc conclu que le système de contrôles officiels, tel qu’il a été mis en œuvre et renforcé par le Brésil au cours de l’audit, constitue une base solide permettant à l’autorité compétente brésilienne d’attester de manière fiable la conformité aux déclarations pertinentes concernant les restrictions d’utilisation de certains antimicrobiens, figurant dans les certificats sanitaires de l’UE pour l’exportation vers l’Union de viande de volaille et de miel, respectivement.

Les auditeurs ont constaté que le système offrait aux autorités brésiliennes une base solide pour certifier que la viande de volaille et le miel exportés vers l'UE respectaient les restrictions.

Les exportations de volaille devraient reprendre plus tôt que celles de viande bovine, car les poulets ont une durée de vie plus courte, ce qui facilite le respect des normes.

M. Thévenard a indiqué que l'audit de 2026 évaluant les garanties antimicrobiennes pour ces produits (volaille et miel. ) avait abouti à un résultat positif. La Commission avait précédemment expliqué qu'un audit positif pourrait lui permettre de proposer une modification de la liste des pays et produits autorisés, mais que toute modification devait suivre la procédure européenne et obtenir l'approbation des États membres.

Les États membres de l'UE doivent encore voter pour rétablir l'autorisation d'importation de volailles brésiliennes. Le comité compétent doit se réunir les 20 et 21 octobre, puis les 16 et 17 novembre.

samedi 5 septembre 2026

L’Union européenne suspend les importations de bœuf et de volaille brésiliens : antibiotiques inside ?

« L’Union européenne suspend les importations de bœuf et de volaille brésiliens à partir du 3 septembre », source toute l’europe.

À partir du jeudi 3 septembre, le Brésil ne pourra plus exporter vers l'Union européenne plusieurs catégories de produits d'origine animale, dont la viande bovine et la volaille. La mesure intervient alors que l'accord commercial entre l'UE et les pays du Mercosur est appliqué provisoirement depuis le 1er mai.

Le bœuf et la volaille brésiliens ne pourront plus être importés dans l'Union européenne, a confirmé la Commission européenne, lundi 31 aout, pour une application dès ce jeudi 3 septembre. Un règlement adopté le 4 juin retire en effet le Brésil de la liste des pays autorisés à exporter vers l'UE certaines catégories d'animaux et de produits d'origine animale destinés à la consommation humaine.

Outre les bovins et la volaille, la mesure concerne notamment les équidés, les produits de l'aquaculture, le miel et les boyaux. L'exécutif européen considère que les autorités brésiliennes n'ont pas fourni les garanties suffisantes pour démontrer que les filières concernées respectent les exigences européennes sur l'utilisation des antimicrobiens.

Des règles contre l'antibiorésistance

Les antimicrobiens, dont les antibiotiques, servent notamment à traiter les infections. Leur utilisation excessive peut toutefois favoriser l'apparition de bactéries résistantes. L'Union européenne interdit donc leur emploi pour accélérer la croissance des animaux ou augmenter les rendements, ainsi que l'usage de certains médicaments réservés à la médecine humaine. Des règles qui s'appliquent aussi aux produits importés.

Dans le cas du Brésil, la Commission estime ne pas disposer de garanties suffisantes. Bruxelles émet ainsi des doutes sur la capacité du système brésilien à certifier le respect des règles européennes.

La suspension pourrait être temporaire. Un audit européen concernant notamment la volaille et le miel doit s'achever le 4 septembre. S'il est concluant, certaines exportations pourraient reprendre rapidement. Pour le bœuf, le processus pourrait être plus long, le Brésil devant garantir la conformité des animaux sur l'ensemble de leur cycle de production.

Un enjeu essentiel de l'accord avec le Mercosur

L'enjeu économique est important : en 2025, le Brésil était le deuxième fournisseur de viande bovine de l'Union européenne, avec plus de 92 000 tonnes exportées, pour une valeur supérieure à 713 millions d'euros.

Surtout, cette décision de la Commission s'applique quelques mois après l'entrée en application provisoire, le 1er mai 2026, de l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay). Un traité de libre-échange très contesté par une partie du monde agricole européen, notamment en France, qui redoute une concurrence accrue des productions sud-américaines.

Cette suspension est juridiquement indépendante de l'accord commercial. Pour reprendre ses exportations dans les secteurs concernés, le Brésil devra désormais convaincre Bruxelles de la fiabilité de ses contrôles sur l'utilisation des antimicrobiens.

MàJ du 10 septembre 2026. 

Mercosur-Brésil : quand Van der Leyen et la Commission retrouvent la mémoire
Depuis le 3 septembre, le bœuf et la volaille brésiliens ne peuvent plus entrer dans l’Union européenne. En effet, le Brésil n’a pas été en mesure d’apporter les garanties exigées sur l’utilisation des antibiotiques dans ses élevages. Le pays ne fournissant pas de preuves suffisantes sur la non utilisation de ces produits, Bruxelles a donc suspendu les importations brésiliennes de bœuf, de volaille, d’œufs et de miel. Quelle surprise : depuis octobre 2024 et un rapport de la Commission européenne, nous savons que les éleveurs brésiliens utilisent notamment de l’œstradiol, un antibiotique, cancérigène chronique interdit depuis 1998 en UE. Mais malgré cela, Ursula Van der Leyen avait décidé de signer en urgence l’accord commercial. Et pire, elle avait opté pour une application anticipée dès le 1er mai dernier, malgré un recours en cours de justice de l’UE (CJUE). Elle saura désormais qu’il est parfois urgent d’attendre. Source blog-notes d’Olivier Masbou.

mardi 11 août 2026

De la la présence de Enterococcus multirésistants et producteurs de biofilms dans la viande vendue au détail, chez les salariés et les consommateurs

Une étude révèle la présence de Enterococcus multirésistants et producteurs de biofilms dans la viande vendue au détail, chez les salariés et les consommateurs « Study Finds Multidrug-Resistant, Biofilm-Forming Enterococcus Across Retail Meat, Workers, Consumers », source Food Safety Magazine Editorial Team.

Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature a examiné les bactéries du genre Enterococcus à l'interface entre l'aliment et l'homme ; elle a mis en évidence une prévalence élevée de multirésistance aux antibiotiques (MRA), une résistance aux antimicrobiens (RAM) et dex gènes de virulence. Elle a également révélé une capacité importante à former des biofilms chez les isolats provenant de viandes vendues au détail, chez les salariés du secteur de la distribution et chez les consommateurs. Les similitudes génétiques entre les isolats issus de différentes sources suggèrent que la chaîne alimentaire constitue une interface potentielle pour la transmission d'espèces de Enterococcus résistantes aux antimicrobiens.

Plus précisément, l'étude s'est penchée sur Enterococcus faecalis et Enterococcus faecium, des bactéries largement répandues dans divers environnements : tractus gastro-intestinal de l'homme et des animaux d'élevage (volaille, bovins), sols, eaux et produits alimentaires. E. faecalis et E. faecium peuvent également servir de réservoirs pathogènes pour la RAM transmise par la chaîne alimentaire.

Des chercheurs de l'université de Zagazig et de l'Institut de recherche sur la santé animale (Animal Health Research Institute) en Égypte ont mené une analyse intégrée selon l'approche Une seule santé (One Health). Cette étude a établi un lien entre la contamination des aliments, l'exposition professionnelle et la colonisation humaine, en s'appuyant sur des isolats de Enterococcus prélevés sur la viande vendue au détail, chez des salariés des marchés et chez des consommateurs.

Les chercheurs ont recueilli 250 prélèvements entre avril et juin 2025, dont 150 échantillons de viande vendue au détail (répartis équitablement entre du poulet, du bœuf et de la viande de chameau) et 100 prélèvements de selles humaines provenant de 50 salariés du secteur de la distribution au détail et de 50 consommateurs.

Au total, 50 isolats de Enterococcus ont été obtenus, ce qui représente 20 % des échantillons. La viande bovine présentait la prévalence la plus élevée (30 %), suivie du poulet (26 %) et de la viande de chameau (14 %). Parmi les prélèvements humains, la présence de Enterococcus a été détectée chez 16 % des travailleurs du secteur de la distribution et chez 14 % des consommateurs. Seul E. faecalis a été isolée chez les salariés du secteur de la distribution (16 %), tandis que E. faecium était le plus fréquent chez les consommateurs (12 %).

Détection de taux élevés de multirésistance aux antibiotiques

Les chercheurs ont évalué 27 isolats de E. faecalis et 23 isolats de E. faecium face à 14 antibiotiques représentant neuf classes de médicaments différentes.

Une multirésistance a été observée chez 88 % des isolats. La résistance la plus élevée concernait la rifampicine (94 % des isolats), suivie de l'érythromycine et de la tétracycline (88 % pour chacune). Une résistance au triméthoprime/sulfaméthoxazole a été signalée chez 54 % des isolats. Une résistance modérée a été observée pour plusieurs fluoroquinolones, notamment la ciprofloxacine (34 %), la norfloxacine (32 %) et la lévofloxacine (24 %).

En revanche, une résistance à la vancomycine n'a été détectée que chez 8 % des isolats, tandis qu'une résistance à la pénicilline et à la gatifloxacine a été observée chez respectivement 16 % et 12 % d'entre eux. Au total, 44 des 50 isolats ont été classés comme multirésistants (MDR) et un isolat présentait une résistance étendue aux antibiotiques.

La majorité des isolats de Enterococcus formaient des biofilms

La formation de biofilms a été observée chez 68 % des isolats de E. faecalis et de E. faecium. Les isolats formant des biofilms de manière modérée représentaient 38 % du total, tandis que 22 % étaient de faibles producteurs et 8 % de forts producteurs. Les 32 % restants ne formaient pas de biofilms.

Les chercheurs ont noté que la formation de biofilms pouvait contribuer à la persistance de Enterococcus spp. dans les environnements de transformation alimentaire. Les biofilms peuvent favoriser la survie bactérienne dans des conditions défavorables et faciliter le transfert horizontal de gènes de résistance aux antimicrobiens (RAM) et de virulence.

La parenté génétique suggère une interface potentielle entre les aliments et l'homme

À l'aide de la technique RAPD-PCR, les chercheurs ont évalué la parenté génétique entre les isolats provenant de la viande, des employés et des consommateurs. Cinq groupes principaux et cinq profils RAPD distincts ont été identifiés. Les isolats provenant de la viande, du personnel de vente et des consommateurs étaient répartis au sein des mêmes clusters et profils ; selon les chercheurs, cela indiquait une parenté génétique entre les isolats de différentes origines et suggérait une possible transmission croisée à l'interface entre l'aliment et l'humain.

Toutefois, les auteurs ont souligné que ces résultats ne permettaient pas d'établir une transmission directe. L'étude reposait sur un échantillonnage de convenance, portait sur un nombre relativement restreint d'isolats et suivait un plan d'étude transversal. Les chercheurs ont indiqué que des approches offrant une meilleure résolution, telles que le séquençage du génome entier (WGS), seraient nécessaires pour confirmer la dynamique de transmission dans de futures études.

Ils ont conclu que la coexistence de la multirésistance aux antibiotiques, de déterminants de virulence, de la formation de biofilms et d'une parenté génétique entre les isolats d'origine alimentaire et humaine justifie l'importance d'une surveillance de Enterococcus spp. dans une optique Une seule santé (One Health). Ils ont préconisé une amélioration de l'hygiène lors de la manipulation de la viande, en particulier l'hygiène des mains du personnel, ainsi qu'une surveillance systématique de l'antibiorésistance chez les animaux destinés à la production alimentaire et dans la viande vendue au détail.

vendredi 10 novembre 2023

Le CDC rapporte un pic des infections causées par Salmonella multirésistants

«Le CDC rapporte un pic des infections causées par Salmonella multirésistants», source article de Chris Dall paru le 9 novembre 2023 dans CIDRAP News.

Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) ont rapporté que les infections humaines causées par une souche multirésistante au antibiotiques (MDR) de Salmonella liée au Mexique ont augmenté de manière significative en 2021 et 2022.

Dans un article publié dans Morbidity and Mortality Weekly Report, des enquêteurs du CDC, du ministère américain de l'Agriculture et de plusieurs services de santé publique étatiques et locaux ont déclaré que le nombre d'isolats cliniques d'une souche MDR de Salmonella enterica Newport a doublé en 2021 par rapport à la référence 2018 à 2020 et est restée élevée en 2022. La souche, qui a été identifiée pour la première fois aux États-Unis en 2016, est liée aux voyages au Mexique, à la consommation de fromage obtenu au Mexique et de viande bovine du Mexique et des États-Unis.

La souche, nommée REPJJP01, a désormais été détectée dans les 50 États et dans le District de Columbia et a provoqué plusieurs épidémies dans plusieurs États.

Souche liée au Mexique

De juin 2018 à mars 2019, une épidémie dans plusieurs États causée par la souche REPJJP01 a entraîné 255 cas d’infection et 60 hospitalisations. L'enquête sur cette épidémie a révélé que les infections, dont 43% concernaient des personnes ayant voyagé au Mexique, étaient liées au fromage à pâte molle de style mexicain obtenu au Mexique.

Mais les enquêteurs ont également trouvé des liens avec des produits bovins du Mexique et des États-Unis, ce qui suggère que la souche était présente chez les bovins des deux pays.

Les auteurs de l’article ont dit qu'une augmentation des rapports de REPJJP01 dans la base de données PulseNet du CDC - le réseau national de sous-typage pour la surveillance des maladies bactériennes d'origine alimentaire - en 2021 a déclenché une autre enquête, qui impliquait le séquençage du génome entier d'isolats cliniques et des entretiens avec des patients pour obtenir des informations sur les voyages et l’exposition alimentaire.

Les 641 isolats humains obtenus en 2021 et 2022 représentaient plus du double du nombre annuel de référence de cas détectés de 2018 à 2020 (315). Mais les auteurs disent que le nombre de cas de maladie est probablement plus élevé, avec environ 29 cas à Salmonella pour chaque cas confirmé par culture.

Sur les 1 282 personnes présentant des infections confirmées par culture causées par REPJJP01 en 2021 et 2022, 56% étaient hispaniques ou latino-américaines. Sur les 721 patients qui avaient des antécédents de voyage connus, 48% ont déclaré avoir voyagé au Mexique au cours du mois précédant le début de la maladie. Onze patients qui n'ont déclaré aucun voyage ont dit avoir mangé des aliments, notamment du queso fresco et du bœuf séché, achetés au Mexique par leur famille ou leurs amis.

Sur les 721 patients disposant de données d'hospitalisation, 247 (33%) ont été hospitalisés et 2 sont décédés. La grande majorité des isolats de patients (1 141, 89%) étaient résistants ou avaient une sensibilité réduite à au moins un antibiotique recommandé pour le traitement, et 1 110 (87%) étaient MDR.

«Le taux d'hospitalisation élevé est cohérent avec les études indiquant que les patients atteints d'infections à Salmonella résistantes aux antimicrobiens sont plus susceptibles d'être hospitalisés», ont écrit les auteurs. «L'augmentation des infections par cette souche MDR est préoccupante car elle limite les options de traitement, a des conséquences plus graves et crée des opportunités de propagation des gènes de résistance.»

Plusieurs voies de transmission

Une enquête supplémentaire sur deux épidémies dans plusieurs Etats en 2021 a révélé que la viande bovine, y compris le viande bovine séchée, était un véhicule suspecté dans l'une des épidémies. Un échantillon de viande hachés bovine ayant une souche de Salmonella Newport qui était génétiquement impossible à distinguer des isolats cliniques était le véhicule confirmé dans l'autre foyer. La plupart des 25 isolats analysés provenant de bovins (produits bovins et échantillons de caecaux) étaient résistants et 65% étaient MDR.

Les résultats indiquent que la souche a plusieurs voies de transmission.

«Cette souche pourrait se propager aux États-Unis par le biais de voyageurs revenant du Mexique, de bovins nés ou élevés au Mexique et abattus aux États-Unis, ou de viande bovine ou de fromage importés du Mexique», ont écrit les auteurs. «La souche REPJJP01 pourrait également se propager aux États-Unis par l'intermédiaire d'animaux ou de produits bovins.»

Salmonella est à l'origine d'environ 1,35 million de maladies et de 26 500 hospitalisations aux États-Unis chaque année.

Le CDC dit qu'il continue de travailler avec les services de santé locaux et étatiques afin d’identifier les sources d'infection. En attendant, il exhorte les cliniciens à être conscients du potentiel de multirésistance aux médicaments chez les voyageurs vers le Mexique atteints de salmonellose, et avertit les consommateurs de suivre les pratiques de sécurité des aliments à l'étranger, comme éviter la viande bovine ou d'autres aliments vendus par des vendeurs ambulants.

mardi 7 novembre 2023

Le Danemark décourvre la source de l’épidémie à E. coli. Plus de cas de maladie dans l'épidémie à E. coli en Norvège

«Le Danemark décourvre la source de l’épidémie à E. coli. Plus de cas de maladie dans l'épidémie en Norvège», source article de Food safety News paru le 7 novembre 2023.

Les autorités danoises ont résolu une épidémie à E. coli liée à de la viande qui a rendu six personnes malades. Le précédent article du blog sur ce sujet est ici.

Depuis fin mars, une demi-douzaine de personnes atteints par E. coli O157:H7 sont tombés malades et une a développé un syndrome hémolytique et urémique (SHU). Le SHU est une complication grave associée aux infections à E. coli qui provoque une insuffisance rénale. Le premier patient a été identifié en mars, mais les cinq autres infections sont survenues vers septembre.

Cinq personnes ont été hospitalisées, mais aucun décès n'a été enregistré, a indiqué le Statens Serum Institut (SSI). Les patients étaient cinq hommes et une femme âgés de 2 à 35 ans.

Le SSI, l'Administration vétérinaire et alimentaire danoise (Fødevarestyrelsen) et le DTU Food Institute ont enquêté sur l'épidémie liée à un type de steak de bœuf, grâce à des entretiens avec des patients.

Des entretiens avec des personnes malades ou leurs proches, l'analyse des données d'achat, la traçabilité du produit et des visites d'inspection dans une entreprise de production anonyme ont montré que la source de l'infection était probablement un lot de steak haché.

Le lot concerné n'est plus sur le marché et l'Administration vétérinaire et alimentaire danoise aide l'entreprise à prendre des mesures pour éviter qu'un tel incident ne se reproduise.

La souche épidémique était E. coli O157:H7 de séquence type 11 de séquence et était positive pour le sous-type de shigatoxine (Stx) 2a, connu pour être associé à une maladie grave et au SHU.

En 2022, le Danemark a enregistré 1 330 cas à E. coli, contre 927 en 2021. Cette augmentation est en partie due à un changement dans les méthodes de diagnostic et à davantage de tests.

Épidémie en Norvège

Le précédent article du blog sur ce sujet est ici.
Pendant ce temps, en Norvège, quatre autres cas ont été ajoutés à une autre épidémie à E. coli.

L'Institut norvégien de santé publique (FHI) a signalé que E. coli O26:H11 avait été détecté chez 24 personnes. Il s’agit de l’une des épidémies à E. coli les plus graves du pays.

Quinze des personnes infectées ont moins de 13 ans et neuf enfants ont développé le syndrome hémolytique et urémique (SHU).

Les patients vivent dans tout le pays et sont tombés malades de juillet à octobre. Ils sont âgés de 1 à 55 ans. Quinze patients vivent à Trøndelag et quatre à Viken.

L'épidémie fait l'objet d'une enquête de la part du FHI, des médecins-chefs municipaux, de l'Autorité norvégienne de sécurité des aliments (Mattilsynet) et de l'Institut vétérinaire.

La souche épidémique a été trouvée dans un hamburger, mais d'autres produits à base de viande hachée dans lesquels les mêmes matières premières ont été utilisées ont également été retirés.

Nordfjord Kjøtt a émis plusieurs rappels de produits carnés vendus dans les magasins Rema 1000 à travers le pays. Certains produits ont une durée de conservation allant jusqu'en juin 2024. D'autres ont expiré, mais les autorités craignent que les personnes aient encore des articles chez eux dans leur congélateur.

dimanche 13 août 2023

États-Unis : Les consommateurs préfèrent largement le viande bovine aux produits alternatifs

Après la déconfiture de Beyond Meat, voici qu’on apprend aux États-Unis, «Les consommateurs préfèrent largement le viande bovine aux produits alternatifs», source Meatinplace du 11 août 2023.

Un nouveau sondage de Purdue University College of Agriculture a clairement montré à quel point les consommateurs préfèrent le viande bovine aux protéines alternatives.

Selon l’étude, 71% des consommateurs pensent que le meilleur de la viande bovine est «beaucoup à un peu meilleur» que les alternatives à base de plantes, et 73% pensent qu'elle est meilleure que la viande cultivée à partir de cellules.

D'autres comparaisons notables incluent : l'apparence (66% par rapport aux produits base de végétaux, 70% par rapport aux produits issus de la culture cellulaire), la fraîcheur (57% et 68%), la naturalité (64% et 71%), le prix (61% et 63%) et le bien-être des agriculteurs (62% et 71%).

«De loin, les consommateurs pensent que la viande bovine issu de bovins est supérieure aux alternatives», a conclu l'enquête.

Les chercheurs ont également demandé aux consommateurs ce qu'ils pensaient de la «viande cultivée en laboratoire» - qui est la même chose que de la «viande cultivée à partir de cellules» afin d’évaluer les différences dans les réponses, et ils ont suivi de près le terme susmentionné.

La seule catégorie où les alternatives ont devancé la viande bovine était le bien-être animal, et uniquement par rapport aux alternatives à base de végétaux, dans cette comparaison, 42% pensaient que l'alternative était meilleure, contre 38% pour le viande bovine. De plus, bien que les consommateurs pensaient que l'impact environnemental du bœuf était meilleur que toutes les alternatives, l'écart entre le bœuf et le végétal était proche de 41%/34%.

mercredi 9 août 2023

Une enquête britannique montre de faibles taux de résistance aux antimicrobiens chez E. coli dans la viande bovine et porcine

«Une enquête britannique montre de faibles taux de résistance aux antimicrobiens chez E. coli dans la viande bovine et porcine», source article paru le 9 août 2023 dans Food Safety News.

Le rapport a été réalisé par l'Animal and Plant Health Agency (APHA) sous contrat avec la Food Standards Agency (FSA).

Selon une enquête, il existe de faibles niveaux de résistance aux antimicrobiens (RAM) chez E. coli sur la viande bovine et porcine en vente au Royaume-Uni.

En 2021, 105 prélèvements de bœuf et de porc frais en vente au détail au Royaume-Uni ont été réalisés entre octobre et décembre et une recherche de E. coli a été réalisée. Lors des enquêtes précédentes, 300 prélèvements ont été analysés pendant une année. Les nombres réduits étaient dus au démarrage retardé après la sortie de l'UE et à la capacité des laboratoires.

Les isolats de E. coli sont des indicateurs utiles de la RAM. Ils sont omniprésents chez les animaux et permettent aux scientifiques de surveiller la présence de la RAM circulant généralement chez les animaux producteurs de denrées alimentaires.

Des taux de résistance trouvés

Moins de 1% des prélèvements de bœuf et 4% des prélèvements de porc possédaient des E. coli producteurs de bêta-lactamase à spectre étendu (BLSE) ou E. coli exprimant AmpC. Aucun prélèvement de viande, avant enrichissement, ne présentait de dénombrement de E. coli AmpC/BLSE supérieur aux niveaux de détection dans l'UE, ce qui indique un faible nombre de ces bactéries. Cependant, après enrichissement, un prélèvement de bœuf et quatre prélèvements de porc ont révélé E. coli résistant aux antimicrobiens. Les résultats étaient similaires à ceux des enquêtes de 2015, 2017 et 2019.

Les enzymes BLSE et AmpC confèrent une résistance aux céphalosporines. Aucun prélèvement de bœuf et de porc n'était positif pour E. coli résistant aux antimicrobiens de dernier recours, carbapénèmes ou colistine.

La plupart des prélèvements de bœuf provenaient du Royaume-Uni, mais certains provenaient d'Irlande, du Brésil, de Pologne, d'Écosse et d'Espagne. La plupart des prélèvements de porc étaient nationaux, mais d'autres provenaient d'Allemagne, du Danemark, de Belgique, d'Irlande et des Pays-Bas. Des prélèvements ont été réalisés auprès de distributeurs en Angleterre, en Écosse, au Pays de Galles et en Irlande du Nord.

Deux prélèvements de porc étaient positifs pour E. coli producteur d'AmpC et deux étaient positifs pour E. coli producteur de BLSE. L'isolat de boeuf avait un E. coli avec un phénotype exprimant AmpC + BLSE.

Étude sur la résistance aux antimicrobiens dans les aliments pour animaux de compagnie

Une autre enquête recueille des données sur la résistance aux antimicrobiens des bactéries retrouvées dans des aliments crus pour chiens et chats en vente au Royaume-Uni.

Dans les cinq isolats de E. coli, une résistance a été observée à certains antibiotiques. L'isolat de bœuf était résistant à quatre antibiotiques de la famille des céphalosporines contre lesquels il a été testé (céfépime, céfotaxime, céfoxitine et ceftazidime), tandis que les isolats de porc étaient résistants à au moins deux de ces antibiotiques. Les cinq isolats de E. coli présentaient une résistance à l'ampicilline, mais pas à l'amikacine, à la témocilline ou à la tigécycline.

Les aliments crus pour animaux de compagnie ne subissent pas de traitement thermique, ce qui signifie que le produit de vente au détail final peut être contaminé par des micro-organismes, notamment des agents pathogènes et des bactéries résistantes aux antimicrobiens.

Les résultats permettront à la FSA d'identifier tout risque pour le public par contamination croisée lors du stockage et de la manipulation de ces produits.

L'enquête va consister à collecter 280 aliments pour chiens et 100 aliments pour chats en vente au Royaume-Uni de mars 2023 à février 2024. Avant d’analyser la résistance aux antimicrobiens, des prélèvements seront analysés pour la détection et le dénombrement de E. coli, Salmonella, Campylobacter, E. coli producteurs de shigatoxines et Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline associé au bétail. Le dépistage de la RAM comprendra la recherche de bêta-lactamases à spectre étendu (BLSE), l'AmpC, les carbapénèmes et les fluoroquinolones, ainsi que l'analyse de la résistance à la colistine et du gène MCR de résistance à la colistine.

140 autres aliments pour chiens et 50 aliments pour chats auront l'emballage écouvillonné avant de l'ouvrir et analyser les contaminants dessus. Ces données indiqueront si l'emballage des aliments crus pour chiens et chats est approprié pour empêcher l'infiltration de liquide de viande microbiologiquement contaminée pendant la décongélation et le potentiel de contamination croisée d'autres aliments et surfaces à l'intérieur de la maison.

mardi 1 août 2023

Le Royaume-Uni met fin aux contrôles stricts sur la viande bovine et de volaille du Brésil

«Le Royaume-Uni met fin aux contrôles stricts sur la viande bovine et de volaille du Brésil», source article de Joe Whitworth paru le 1er août 2023 dans Food Safety News.

Le Royaume-Uni a levé les inspections renforcées sur les produits carnés en provenance du Brésil après avoir analysé le système de contrôle du pays.

La décision couvre les envois de viande bovine, de viande de volaille et des produits et préparations de viande exportés du Brésil vers l'Angleterre, l'Écosse et le Pays de Galles. Cela fait suite à un audit des contrôles sanitaires et phytosanitaires du Brésil.

Suite à des allégations de fraude au Brésil en 2017 lors de l'opération Carne Fraca, des mesures ont été mises en place pour renforcer les contrôles de certains produits animaux importés.

Pour les produits de viande bovine et de volaille en provenance du Brésil, les exportations vers la Grande-Bretagne n'ont plus besoin de tests renforcés avant et après l'importation pour Salmonella ou de l'attestation supplémentaire jointe aux certificats sanitaires confirmant l'échantillonnage pour Salmonella, les méthodes d'analyse utilisées et les résultats.

Le nombre de non-conformités microbiologiques dans les produits de volaille brésiliens était de trois en 2020, de cinq en 2021 et de quatre entre janvier et octobre 2022. En 2022, le Brésil a exporté pour 282,2 millions de dollars de viande de volaille et environ 134,5 millions de dollars de viande bovine vers le Royaume-Uni. Depuis le Brexit, les exportations agricoles brésiliennes vers le Royaume-Uni ont augmenté de 67%, atteignant 1,8 milliard de dollars en 2022.

Un rapport présente les conclusions et les recommandations de l'audit mené par le Department for Environment, Food and Rural Affairs (Defra) en octobre 2022. La visite a examiné les contrôles renforcés pour Salmonella en place pour les exportations de viande de volaille et de produits et préparations de viande de volaille et de viande bovine.

Les contrôles physiques après importation pour les produits de viande de volaille et de viande bovine seront réduits de 100% d'échantillonnage physique et de 20% d'échantillonnage microbiologique. Le Brésil peut désormais réinscrire certains sites de viande de volaille et de viande bovine à l'exportation vers la Grande-Bretagne.

Les auditeurs ont visité les autorités centrales et régionales, deux centres de certification, huit abattoirs, quatre autres entreprises, deux élevages et quatre laboratoires. Le Ministry of Agriculture, Livestock, and Supply (MAPA) dirige les contrôles officiels et la certification des exportations d'animaux et de produits d'origine animale. Le Department of Inspection of Animal Products (DIPOA) est responsable de la gestion du Brazilian Federal Inspection Service (SIF).

Principales conclusions de l'audit

Les autorités brésiliennes ont fait des progrès «significatifs» pour corriger les défaillances systémiques dans le cadre des contrôles et leur application qui ont conduit à des contrôles renforcés pour Salmonella. Selon le Defra, des modifications de la législation et une restructuration des autorités ont renforcé la surveillance réglementaire des exportations et clarifié les responsabilités.

Cependant, il n'y avait pas de processus cohérent pour la radiation des établissements. Un site a informé les autorités qu'il avait arrêté la production en 2020 et a demandé sa radiation. Au moment de l'audit, la liste des sites agréés pour l'exportation vers la Grande-Bretagne, publiée par le MAPA, comportait toujours cette entreprise comme agréée, et les autorités britanniques n'en avaient pas été informées.

Dans les abattoirs de bovins, l'habillage hygiénique des carcasses n'était pas effectué efficacement pour minimiser le risque de contamination, y compris le risque de contamination croisée par Salmonella. Les lignes d'abattage étaient surpeuplées et nécessitaient une surveillance constante et des mesures correctives, telles que le ralentissement de la ligne.

L'équipe d'audit a été informée qu'il était obligatoire que les échantillons pour Salmonella dans les volailles prélevées pour l'exportation vers la Grande-Bretagne soient envoyés aux laboratoires officiels du MAPA. Cependant, certains résultats examinés par les auditeurs suggèrent que cela n'a pas toujours été le cas. Il y avait également une compréhension et une application «incohérente» des exigences en matière d'analyse de Salmonella, selon la fréquence des exportations et le type de produit.

Plusieurs pièces de machinerie dans les usines de volaille n'ont pas été nettoyées de manière adéquate avant le début de la production, et des plumes et des résidus de sang provenant de l'équipe de transformation précédente ont été retrouvés.

Plusieurs recommandations ont été faites concernant la planification d'urgence et les procédures écrites, le délistage des d'établissements, les contrôles officiels sur les sites agréés, les contrôles de Salmonella, et la capacité des laboratoires et les essais microbiologiques.

Une recommandation portait sur la nécessité d'établir des plans pour s'assurer que des ressources suffisantes soient disponibles pour entreprendre des inspections à la fréquence requise, même si des changements dans les niveaux de risque entraînent une demande accrue. Une autre a mentionné que le marquage sanitaire des carcasses de bovins était appliqué de manière incohérente. Dans certains cas, il n'était apposé que sur l'emballage, pas sur la carcasse.

Pendant ce temps, la Food Standards Agency (FSA) et Food Standards Scotland (FSS) ont demandé des preuves de l'adhésion du Royaume-Uni au Comprehensive and Progressive Trans-Pacific Partnership (CPTPP).

Les réponses informeront la FSS et la FSA des conseils au Department for Business and Trade, contribuant à un rapport dans le cadre du processus d'examen parlementaire de l'accord de libre-échange. La date limite de soumission est le 10 septembre.

Des avis sont demandés sur la question de savoir si et dans quelle mesure la santé humaine peut être affectée en ce qui concerne la sécurité des aliments et la nutrition en raison des dispositions du CPTPP relatives au commerce des produits agricoles.

vendredi 30 juin 2023

Épidémie dans plusieurs États d'infections à Escherichia coli O157:H7 liées à une chaîne nationale de restauration rapide au États-Unis en 2022

Le paradoxe de l'œuf et de la poule est un très ancien paradoxe : «Qu'est-ce qui est apparu en premier : l'œuf ou la poule ?»
De façon similaire, Joe Whitworth se demande ci-dessous, qui a contaminé les consommateurs, la viande hachée bovine ou les légumes verts à feuilles ?
Le résultat se trouve dans l’article très intéressant ci-dessous ...

«Notes du terrain : Épidémie dans plusieurs États d'infections à Escherichia coli O157:H7 liées à une chaîne nationale de restauration rapide au États-Unis en 2022», source MMWR du 30 juin 2023.

En août 2022, le Michigan Department of Health and Human Services a alerté le CDC d'une multiplication par cinq environ des cas régionaux d'infection à Escherichia coli O157:H7. Le séquençage du génome entier a été utilisé pour caractériser les isolats de cas d’infection confirmés en laboratoire chez des personnes malades.

Les premiers entretiens avec les patients ont indiqué que beaucoup avaient consommé des repas à la même chaîne nationale de restauration rapide. Les autorités fédérales, étatiques et locales ont lancé une investigation pour identifier la source de l'épidémie et prévenir d'autres cas. Cette activité a été examinée par le CDC et a été menée conformément à la loi fédérale applicable et à la politique du CDC.

Le CDC a défini un cas comme une infection à E. coli O157:H7 avec un isolat fortement lié à la souche épidémique (entre 0 et 2 allèles) par typage multilocus du génome central, avec apparition de la maladie du 26 juillet au 24 août 2022. PulseNet, le réseau national de typage moléculaire du CDC pour la surveillance des maladies entériques a détecté 109 cas dans six États, dont le Michigan (67 ; 61%), l'Ohio (24 ; 22%), l'Indiana (11 ; 10%), la Pennsylvanie (quatre ; 4%), le Kentucky (deux ; 2%) et New York (un ; 1%). L'âge médian des patients était de 22 ans (intervalle = 1 à 94 ans) et 49 (45 %) étaient des femmes. Cinquante-deux (48%) patients ont été hospitalisés et 13 (12%) ont développé un syndrome hémolytique et urémique, une complication reconnue de l'infection à E. coli O157:H7 ; aucun décès n'est survenu.

Des entretiens générateurs d'hypothèses ont été menés auprès de 84 (77%) patients ; parmi ceux-ci, 70 (83%) ont déclaré avoir mangé dans la même chaîne de restauration rapide au cours de la semaine précédant le début de la maladie. L'investigation a identifié 11 groupes de restaurants (groupes de personnes malades non apparentées qui ont mangé dans le même restaurant). Les personnes malades ont déclaré avoir mangé des ingrédients alimentaires couramment servis ensemble sur plusieurs plats du menu. Parmi les 68 patients qui ont fourni des informations détaillées, les expositions les plus fréquemment signalées étaient les galettes de bœuf (53 ; 78%) et la laitue romaine sur les sandwichs (46 ; 68%). Au début de l'investigation, l'exposition à la laitue romaine a dépassé 90%, ce qui a incité la chaîne de restauration rapide à retirer la laitue dans les États où des cas associés à une éclosion se sont produits.

Des manipulateurs d'aliments infectés par la souche de l'éclosion ont été identifiés, mais il est peu probable qu'ils en soient la source ultime. Bien que les manipulateurs d'aliments malades aient pu amplifier l'épidémie dans certains endroits, de nombreux cas groupés dans des restaurants n'avaient aucun manipulateur d'aliments affecté.

Compte tenu des éléments du menu signalés par des personnes malades et du fait que les éclosions d'origine alimentaire à E. coli O157:H7 sont souvent liées aux légumes verts à feuilles et à la viande bovine, la Food and Drug Administration (FDA) a tracé la laitue romaine et l’U.S. Department of Agriculture’s Food Safety and Inspection Service (USDA-FSIS) a tracé les galettes de viande bovine pour déterminer leur source. Aucun des deux traçabilités n'a identifié un seul lot de production qui pourrait expliquer toutes les maladies associées aux épidémies. En l'absence d'un autre cas groupé de restaurants en dehors de la chaîne nationale de restauration rapide, la FDA et l'USDA n'ont pas été en mesure d'utiliser la triangulation pour identifier la convergence d'un aliment spécifique vers une source commune. Les États ont testé les aliments des restaurants et la FDA a testé les aliments et les prélèvements environnementaux de la chaîne d'approvisionnement ; cependant, la souche épidémique n'a pas été identifiée dans les prélèvements analysés.

Les investigateurs ont établi un lien entre cette large éclosion d'infections à E. coli O157:H7 dans plusieurs États et le fait de manger dans une chaîne nationale de restauration rapide. Malgré les enquêtes épidémiologiques, de traçabilité et microbiologiques, l'ingrédient contaminé n'a pas été confirmé. Cette épidémie met en évidence les défis récurrents associés aux investigations sur les éclosions liées à des chaînes uniques de restaurants. La colinéarité des ingrédients (c'est-à-dire le partage de nombreux ingrédients entre plusieurs éléments de menu) a empêché l'identification d'un seul élément associé à des maladies. La contamination croisée entre les ingrédients ou par des manipulateurs d'aliments malades a également compliqué l'identification de la source. L'absence de cas groupés de restaurants avec un système d'approvisionnement indépendant en dehors de la chaîne de restauration rapide a empêché l'utilisation de la triangulation pour identifier la source. Malgré ces défis, une communication claire avec les partenaires de l'État, la FDA, l'USDA-FSIS et la chaîne de restaurants a conduit à une action de santé publique rapide pour retirer la laitue romaine suspectée des restaurants identifiés. Aucun cas de maladie associée à l'éclosion n'a été signalée après le retrait de la laitue romaine présumée.

Commentaire

Une confirmation de ce qui a été dit plus haut dans le récent avis de l’Anses sur les STEC, il était rapporté,

L’Agence constate que les sources de contamination ne sont que rarement identifiées lors d’investigations épidémiologiques des cas d’infection. Or, les épidémies récentes en France et à l’étranger pointent vers de nouvelles sources (p.ex. farines). Aussi, dans une approche «Une seule Santé», l’Anses recommande de conduire des études d’attribution des sources afin d’identifier et de quantifier la contribution relative des réservoirs animaux, de l’environnement et des aliments au fardeau sanitaire. En complément de la filière bovine (viande hachée et fromages au lait cru), d’autres filières alimentaires devraient faire l’objet d’une surveillance microbiologique (contrôles officiels et autocontrôles) incluant le séquençage des souches isolées. L’Agence souligne enfin l’importance d’une collaboration des différents acteurs impliqués dans la surveillance des maladies et des dangers, notamment dans le cadre de la plateforme de surveillance sanitaire de la chaîne alimentaire.

Vu le temps qui a été mis identifier la farine comme nouvelle source, on peut sans doute espérer une meilleure prise en compte de la bibliographie internationale qui avait identifiée le sujet depuis 2009, c'est-à-dire il y a 14 ans ...

L’étude américaine du CDC montre que la ou les sources de contamination n’ont pas été identifiées. Néanmoins, la laitue romaine suspectée, mais non prouvée sur le plan microbiologique, une fois retirée du marché, a permis la fin de cette importante épidémie.  

vendredi 23 juin 2023

Epidémie à Salmonella Bali dans plusieurs pays liée semble-t-il à de la viande. La France est le pays le plus touché. Transparence, information et communication, où êtes-vous ?

Dans un article récent de Food Safety News sur comment améliorer la sécurité des aliments dans le futur, un des intervenant à un colloque, Bill Marler, l’avocat bien connu en sécurité des aliments aux Etats-Unis, a appelé à une transparence et une collaboration accrues entre les organismes de réglementation et les parties prenantes de l'industrie, soulignant l'importance du partage des informations pour prévenir de futures épidémies.

Il va donc être question ci-après de transparence, d’informations et de communication sur des cas groupés de maladies d’origine alimentaire ici et là, mais surtout en France, jugez plutôt …

«Un type rare de Salmonella à l'origine d'une épidémie dans plusieurs pays », source article de Joe Whitworth paru le 23 juin 2023 dans Food Safety News.

Près de 70 personnes sont tombées malades l'année dernière dans le cadre d'une épidémie de Salmonella impliquant 11 pays, dont les États-Unis.

La France compte le plus de patients dans une épidémie à Salmonella Ball, mais deux personnes américaines, âgées de 44 et 62 ans, ont été malades en août 2022. Elles ont toutes deux déclaré avoir voyagé en France.

Salmonella Ball est très rare en Europe. Entre 2007 et 2021, seuls 52 cas ont été signalés dans 14 pays, avec une moyenne de trois par an.

Les informations ont été partagées dans un résumé de notification conjointe (JNS pour Joint Notification Summary). Celles-ci ne sont pas rendues publiques mais Food Safety News en a vu une copie. Il est préparé par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et les pays concernés.

Un porte-parole de l'ECDC a déclaré cette semaine que l'agence n'avait reçu aucune mise à jour sur le nombre de personnes ou de pays touchés depuis la production du JNS.

La France est la plus durement touchée en lien avec de la viande

En septembre 2022, la France a signalé des cas groupés à Salmonella Ball. En novembre, 38 cas d’infection confirmés dont 24 femmes et 14 hommes avaient été enregistrées entre juillet et octobre 2022. L'âge médian des patients était de 26 ans.

Les malades venaient de 10 régions de France. Trois ont été hospitalisés mais aucun décès n'a été signalé. Sur les 20 patients interrogés, 13 ont déclaré avoir voyagé en France avant l'apparition des symptômes, mais aucune destination commune n'a été identifiée. La viande hachée bovine, les hamburgers et la consommation au restaurant ou dans les établissements de restauration rapide pendant l'été ont été fréquemment mentionnés.

En novembre 2022, 69 patients, dont 54 confirmés et 15 possibles, avaient été signalés dans neuf pays de l'UE, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Le premier patient a été en France avec une date d'isolement mi-juillet 2022 et le dernier patient en Finlande, mi-octobre 2022. Les personnes malades sont âgées de 1 à 87 ans et 43 hommes et 26 femmes sont tombés malades.

Certains patients ont dit avoir voyagé une semaine avant l'apparition des symptômes, avec des destinations comprenant principalement Ibiza en Espagne et en France.

Cas confirmés et probables

Le Danemark a trois cas confirmés, la Norvège en a deux tandis que les Pays-Bas et la République tchèque en ont chacun un. L'Allemagne compte un patient confirmé et deux probables.

Les pays signalant des cas probables sont la Grèce avec huit, la Belgique avec quatre et la Finlande avec un. L'épidémie en Grèce, mi-octobre 2022, concernait un jardin d'enfants. Au total, 22 enfants de moins de 3 ans et le personnel sont tombés malades.

Quatre cas en Angleterre, un en Ecosse et un au Pays de Galles sont tombés malades entre août et octobre 2022. Ils sont âgés de 1 à 44 ans. Un cas a été découvert au Royaume-Uni en 2021.

L'analyse de l'épidémie et des cas signalés indique une consommation fréquente de produits de viande bovine ou de porc, ainsi que des hamburgers, ce qui suggère que la viande est la principale source d'infection. La détection de Salmonella Ball dans des volailles en 2019 indique une possible propagation dans la chaîne de production.

L'EFSA et l'ECDC ont déclaré que de nouveaux cas et épidémies sont susceptibles de se produire dans plusieurs pays jusqu'à ce que les sources d'infection soient identifiées et que des mesures de contrôle soient mises en œuvre. Les agences ont ajouté que des efforts supplémentaires sont nécessaires de la part des autorités de santé publique et de sécurité des aliments pour enquêter sur les épidémies à Salmonella Ball et pour identifier les sources spécifiques de l'infection.

mardi 11 avril 2023

Viandes bovine et porcine du Canada destinées à l’exportation vers l’Union européenne. Les actions canadiennes sont encore largement infructueuses, selon un rapport d'audit

Voici un extrait du rapport d’un audit effectué par la DG Santé et sécurité alimentaire au Canada du 7 au 27 septembre 2022 afin d’assurer le suivi de la mise en œuvre des mesures prises par les autorités canadiennes en réponse aux recommandations formulées dans le rapport d’audit DG(Santé)/2019-6681 portant sur les viandes bovine et porcine destinées à l’exportation vers l’Union européenne.

NB : Le texte qui suit est la traduction de parties du rapport d’audit original [nº de réf. DG(Santé)/2022-7444]. destiné à être consulté par les visiteurs de ce site, il n’a cependant aucune valeur officielle. en tout état de cause, il convient de se reporter au texte intégral du rapport original.

Le rapport décrit les résultats d’un audit effectué au Canada, du 7 au 27 septembre 2022, par la direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire. L’objectif de cet audit était de suivre la mise en œuvre des mesures prises en réponse à un précédent audit réalisé en 2019 [réf. DG (SANTE) 2019-6681] concernant les viandes bovine et porcine destinées à l’exportation vers l’Union européenne.

En particulier, l’audit a évalué la mise en œuvre et l’efficacité des mesures annoncées et/ou prises par l’autorité compétente canadienne pour donner suite aux recommandations du rapport d’audit de 2019. L’autorité compétente a mis en œuvre une grande partie des mesures contenues dans le plan d’action fourni à la Commission.

Cependant, seules les mesures visant à remédier aux problèmes détectés en 2019 dans les entrepôts frigorifiques peuvent être considérées comme pleinement efficaces. Sinon, globalement, les mesures correctives prises pour répondre aux recommandations relatives à la conformité des établissements figurant sur la liste de l’UE n’ont pas permis de garantir que seuls les établissements du secteur alimentaire pleinement conformes soient inscrits ou maintenus sur la liste aux fins des exportations vers l’UE, malgré la vérification et la confirmation de leur conformité par l’autorité compétente.

En témoignent les lacunes constatées par l’équipe d’audit dans certains établissements figurant sur la liste de l’UE, mais non détectées et/ou enregistrées par les contrôles de l’autorité compétente, et auxquelles les exploitants du secteur alimentaire n’ont donc pas remédié. Bien que le programme canadien de certification de l’absence de produits stimulant la croissance puisse fournir des garanties que seule la viande obtenue à partir d’animaux non traités avec des produits stimulant la croissance entrerait dans la chaîne d’exportation de l’UE, dans la pratique, les lacunes constatées par l’équipe d’audit dans la mise en œuvre de ce programme ainsi que dans les contrôles officiels auxquels il est soumis et dans la supervision officielle de ces contrôles fragilisent ces garanties.

Par conséquent, les mesures prises par l’autorité compétente en réponse aux recommandations pertinentes (c’est-à-dire en ce qui concerne la traçabilité des bovins admissibles dans l’UE, les faibles performances des vétérinaires agréés chargés des contrôles officiels de la production primaire et la supervision de ces vétérinaires agréés) ne peuvent être considérées comme efficaces pour remédier de manière satisfaisante aux lacunes constatées au niveau des exploitations lors de l’audit de 2019. Néanmoins, il convient de noter que l’équipe d’audit n’a trouvé aucune preuve ou aucun élément indiquant que des animaux susceptibles d’avoir été traités avec des produits stimulant la croissance avaient été abattus ou envoyés à l’abattage pour la production destinée à l’exportation vers l’UE.

jeudi 26 janvier 2023

France: Les éleveurs alertent sur une «pénurie» de bœuf français

La baisse du nombre de vaches élevées en France se traduit par une "pénurie" de viande de bœuf française, et une hausse des importations, a alerté mercredi la fédération des éleveurs bovins (FNB).

«On a le sentiment que la situation est en train de nous échapper», a déclaré lors d'une conférence de presse Bruno Dufayet, le président de la FNB. Cette fédération spécialisée du syndicat majoritaire FNSEA rassemble les producteurs de vaches allaitantes, c'est-à-dire élevées pour la viande.

Sur fond de départs à la retraite non remplacés, d'arrêts d'activité et d'aléas climatiques, le cheptel en France, premier producteur européen de viande bovine, se contracte: -11% en six ans.

La France a perdu 837 000 vaches (laitières et allaitantes) depuis 2016, dont 494 000 vaches allaitantes, a détaillé la FNB, citant des chiffres de l'Institut français de l'élevage (Idele).

Cette «décapitalisation», selon le terme utilisé dans la profession, aboutit à une «pénurie de viande bovine française» alors même que la consommation est stable, a souligné Bruno Dufayet.

Bœuf polonais
Résultat: les industriels, qui abattent moins de vaches françaises, importent de la viande, notamment depuis la Pologne, pour faire tourner leurs usines de transformation et alimenter le marché national.

Selon une note de conjoncture de l'établissement FranceAgriMer, les importations de viande bovine ont augmenté, en septembre 2022, de 15,3% sur un an. Un quart du bœuf consommé en France est importé, contre moins de 20% quelques années plus tôt.

«Les ovins ont connu ça dans les années 1980», a relevé M. Dufayet, rappelant que plus de la moitié de la viande d'agneau consommée en France est aujourd'hui importée.

Selon l'éleveur du Cantal, les industriels commencent seulement à se soucier du manque de matière première, dans la mesure où les abattoirs étaient jusqu'ici largement alimentés par les éleveurs souhaitant se séparer de leurs bêtes.

«Désormais la sécurité d'approvisionnement de chaque entreprise est en jeu», a affirmé Emmanuel Bernard, vice-président de la FNB et président de la section bovine de l'interprofession de la viande Interbev.

Le président de la FNB a rappelé que les abatteurs étaient tenus depuis un an de leur proposer des contrats. Ceux-ci auraient le mérite "de sécuriser le revenu des producteurs et l'approvisionnement" des abattoirs.

«On n'inversera pas la tendance, mais on doit essayer d'enrayer» la baisse du cheptel, a plaidé l'éleveur.

Source : Agence Télégraphique Suisse (ATS)