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mercredi 30 septembre 2026

Étude des produits de la réaction de Maillard dans les substituts du lait d'origine végétale

Une étude intitulée, « Investigation of Maillard reaction products in plant-based milk alternatives » (Étude des produits de la réaction de Maillard dans les substituts de lait d'origine végétale) a été publiée dans Food Research International.

Faits saillants

  • Les substituts de lait d'origine végétale subissent une transformation poussée pour imiter le lait.

  • La transformation des substituts de lait d'origine végétale entraîne la formation de produits de la réaction de Maillard.

  • Dans l'ensemble, les substituts de lait d'origine végétale contenaient plus de produits de la réaction de Maillard que le lait UHT, en particulier des composés α-dicarbonylés.

  • De l'acrylamide a été détecté dans les substituts de lait d'origine végétale à base d'amande et d'avoine.

Résumé

Au cours de la dernière décennie, les substituts de lait d'origine végétale ont gagné en popularité. Diverses technologies de transformation, notamment le traitement thermique, sont généralement utilisées lors de leur production afin de reproduire les propriétés du lait de vache. Ces procédés peuvent déclencher la réaction de Maillard, générant des produits de la réaction de Maillard et des liaisons croisées entre acides aminés, ce qui est susceptible d'altérer le profil nutritionnel et la digestibilité des substituts de lait d'origine végétale. Cette étude examine les substituts de lait d'origine végétale disponibles sur le marché scandinave afin d'évaluer leurs concentrations en produits de la réaction de Maillard et en liaisons croisées entre acides aminés, dans le but de comprendre la relation entre la formation de ces composés induits par la chaleur et la composition chimique spécifique de chaque type de substituts de lait d'origine végétale.

Deux types de lait de vache traité UHT et dix substituts de lait d'origine végétale traités UHT de différentes marques ont été analysés. Les analyses quantitatives ont porté sur les produits de la réaction de Maillard précoces (réarrangement d'Amadori détectés sous forme de furosine), les produits de la réaction de Maillard intermédiaires (composés α-dicarbonylés et furanes), les produits terminaux de glycation avancée ou AGEs pour advanced glycation end products, l'acrylamide et les liaisons croisées entre acides aminés (lanthionine et lysinoalanine). Les profils en protéines, glucides et acides aminés ont également été évalués par des méthodes LC-MS et HPLC. Il a été constaté que les substituts de lait d'origine végétale différaient considérablement en termes de teneur en glucides et en protéines : les boissons à base de soja présentaient une teneur en protéines plus élevée, tandis que celles à base de riz et d'avoine étaient plus riches en glucides. Les taux d'acides aminés essentiels se sont révélés plus faibles dans tous les substituts de lait d'origine végétale, ce qui affecte leur qualité nutritionnelle. Les niveaux de produits de la réaction de Maillard, tels que la furosine et les AGEs, variaient d'un substituts de lait d'origine végétale à l'autre, reflétant des intensités de traitement thermique différentes. Certains composés α-dicarbonylés, tels que la 3-désoxyglucosone, étaient plus concentrés dans les boissons végétales que dans le lait de vache traité UHT ; par ailleurs, des composés comme le HMF, le furfural et l'acrylamide ont également été détectés dans certaines de ces boissons. Enfin, des corrélations ont été observées entre la teneur en sucres, les composés α-dicarbonylés et les AGEs, apportant ainsi des éclairages sur les transformations chimiques susceptibles de se produire dans ces boissons au cours de leur transformation.

En conclusion, cette étude met en lumière la composition complexe et la dynamique de transformation des substituts de viande d’origine végétale, soulignant la nécessité de recherches approfondies pour mieux comprendre ces produits et aborder les questions liées à la nutrition et à la qualité au sein d'un secteur en pleine expansion. L'EFSA joue un rôle crucial dans l'évaluation des contaminants alimentaires, en étudiant attentivement leur impact et en établissant des valeurs de référence grâce à diverses méthodes de recherche. La réglementation actuelle de l'EFSA cible des produits de réaction de Maillard spécifiques et ne couvre que certaines catégories d'aliments. Si des agences chargées de réglementation tels que l'EFSA ont établi des lignes directrices, principalement pour des composés spécifiques présentant un risque sanitaire avéré lié au contact alimentaire, des lacunes subsistent quant à l'application de ces règles aux technologies alimentaires émergentes et aux nouveaux ingrédients. Toutefois, la complexité des procédés de transformation alimentaire justifie la réalisation d'études plus approfondies dans ce domaine. Pour appréhender pleinement les risques potentiels et définir des directives plus claires, il est primordial de mener des études exploratoires comme la nôtre, ainsi que des travaux pluridisciplinaires combinant approches pharmacologiques et analyses chimiques. Par ailleurs, compte tenu du caractère exploratoire de cette étude, nous nous sommes concentrés sur un échantillon spécifique et bien défini de substituts du lait d'origine végétale disponibles dans le commerce afin d'évaluer la variabilité des produits courants ; néanmoins, de futures études portant sur des échantillons plus vastes seront indispensables pour permettre une généralisation plus large de ces résultats.

vendredi 25 septembre 2026

L'illusion du bio

L'illusion du bio est un article de Mauro Proença. Il étudiant en master de nutrition à l'Université São Camilo de São Paulo, au Brésil. Il écrit également pour « Questão de Ciência » (RQC), un magazine numérique « dédié à la promotion de l'utilisation des données scientifiques dans les politiques publiques ». Source The Organic Illusion | ACSH.

Merci à André Heitz du blog agriculture, alimentation,santé publique … soyons rationnels d’avoir diffus écet article en français que je relaie bien volontiers

Peu de symboles figurant sur les étiquettes alimentaires évoquent aussi immédiatement la santé que le « label bio ». Sa promesse d’une production « naturelle » conduit de nombreux consommateurs à penser que les aliments bio sont plus nutritifs et plus sûrs.

Les racines philosophiques de ce mouvement remontent à Rudolf Steiner, fondateur de l’agriculture biodynamique, qui rejetait l’agriculture industrielle basée sur les produits chimiques au profit d’une approche holistique et écologique. Cependant, certaines de ses méthodes, telles que l’enfouissement de cornes de vache remplies de bouse ou les semis en fonction des cycles lunaires, n’ont aucun fondement scientifique. Ces idées ont contribué à l’essor de l’agriculture biologique tout au long du XXe siècle, officialisé au niveau international par les Normes de Base de 1980 de la Fédération Internationale des Mouvements d’Agriculture Biologique (IFOAM), puis par des législations nationales. Aux États-Unis, un produit ne peut être étiqueté « organic » (« bio ») que si au moins 95 % de ses ingrédients respectent les normes en matière de conservation des sols et de l’eau, de biodiversité et de réduction des intrants de synthèse.

Les préoccupations croissantes du public concernant les pesticides et les engrais de synthèse ont accéléré l’essor de ce mouvement tout au long du siècle, ce qui explique pourquoi le terme « bio » reste aujourd’hui associé à une dimension écologique et éthique. Mais ce cadre écologique légitime a, au fil du temps, été étendu à une allégation sanitaire beaucoup plus large et largement non fondée : celle selon laquelle les aliments bio seraient plus nutritifs, plus sûrs, voire exempts de pesticides.

Ils ne sont pas exempts de pesticides. L’agriculture biologique autorise les produits phytosanitaires d’origine naturelle ou minérale, notamment les huiles végétales, les extraits de plantes et les composés à base de cuivre. Le sulfate de cuivre, largement utilisé contre les maladies fongiques, peut nuire à l’environnement et, lorsqu’il est appliqué de manière intensive, provoquer des intoxications professionnelles.

Les consommateurs ignorent pour la plupart que la véritable distinction entre les systèmes biologiques et conventionnels ne réside pas dans la présence ou l’absence de pesticides, mais dans les substances autorisées et la manière dont elles sont réglementées. Une enquête menée auprès de consommateurs nord-américains a révélé que :

- 48 % ont cité la santé comme principale raison d’acheter des produits biologiques ;
- 19 % pensaient que les produits biologiques étaient exempts de pesticides ;
- 15 % ont cité la durabilité ;
- 9 % ont cité la fraîcheur.

La couverture médiatique a souvent renforcé cette méconnaissance au lieu de la corriger. Une interview réalisée en 2018 avec un nutritionniste du Conseil Fédéral Brésilien de la Nutrition

affirmait qu’une utilisation réduite de pesticides stimulait la production d’antioxydants par les plantes, une affirmation que les données nutritionnelles générales ne corroborent pas de manière cohérente.

Un article d’Everyday Health affirmait, sans preuve à l’appui, que l’agriculture biologique réduisait le risque d’allergies, de maladies pulmonaires, de malformations congénitales et de cancer. S’il est vrai que les producteurs certifiés bio utilisent moins d’antibiotiques et que les aliments bio ne peuvent pas être génétiquement modifiés, aucun de ces faits ne démontre pour autant un risque moindre de maladies chroniques.

La plus importante de ces affirmations provient de la cohorte NutriNet-Santé, une vaste étude prospective française qui suit l’alimentation, les antécédents médicaux et les modes de vie des participants depuis plus d’une décennie. L’une de ses analyses a mis en évidence un lien entre la consommation de fruits et légumes bio et un risque moindre de cancer du sein. Comme pour tout résultat d’étude observationnelle, cette conclusion mérite d’être examinée de près avant d’être considérée comme causale – et c’est précisément cet examen qui rend le sujet intéressant.

Sont-ils plus nutritifs ?

Une revue systématique de 2021 publiée dans Helyon a regroupé les données de 147 études, comprenant 1.779 échantillons et 656 comparaisons, couvrant la période de 1990 à 2020 et portant sur les macronutriments, les micronutriments, les résidus de pesticides et les composés bioactifs tels que les polyphénols.

Le résultat s’est avéré mitigé. Environ la moitié des comparaisons portant sur les fruits n’ont révélé aucune différence significative ; les légumes se sont révélés encore plus hétérogènes, les résultats penchant à parts à peu près égales en faveur des produits bio, des produits conventionnels ou d’une absence d’effet. Les aliments bio présentaient généralement des teneurs plus élevées en vitamine C, mais les aliments conventionnels affichaient souvent des teneurs plus élevées en lycopène et en β-carotène. Même les résidus de pesticides ne favorisaient pas systématiquement les aliments bio, certaines comparaisons ayant révélé des concentrations plus élevées en métaux lourds dans les échantillons bio.

La conclusion à retenir n’est pas qu’un système soit meilleur que l’autre, mais que la composition nutritionnelle dépend de l’aliment et du nutriment spécifiques, et non de la catégorie agricole. Le sol, le climat, le degré de maturité à la récolte et la variété cultivée ont plus d’importance que la certification. Le fait qu’un aliment soit étiqueté « bio » ne vous apporte aucune information fiable sur sa teneur en nutriments par rapport à son équivalent conventionnel. Une mise en garde vient toutefois tempérer cette conclusion déjà modeste : les études regroupées étaient trop hétérogènes pour permettre une analyse statistique plus détaillée.

Les études NutriNet-Santé sur le cancer

La composition nutritionnelle étant similaire, on peut se demander si la consommation de « produits bio » modifie le risque de maladie. Cette question exige une norme plus stricte qu’une simple liste de restrictions ; elle nécessite une relation dose-réponse : le risque de cancer devrait diminuer progressivement à mesure que la consommation de produits bio augmente.

Prenons l’exemple d’une étude publiée en 2018 dans JAMA Internal Medicine, dans laquelle les participants se situant dans le quartile supérieur de consommation d’aliments bio présentaient un risque relatif de cancer inférieur d’environ 25 % à celui des participants du quartile inférieur (soit une réduction absolue d’environ 0,6 point de pourcentage), tandis que chaque augmentation de cinq points du score de consommation de produits bio était associée à une baisse du risque de 8 %. Mais les grands consommateurs de produits bio avaient également tendance à être plus aisés, plus diplômés, plus actifs physiquement et à avoir une alimentation plus saine, des différences que l’ajustement statistique ne peut pas entièrement éliminer.

Cela a soulevé une question plus précise : cette association était-elle due à la consommation de produits bio en général, ou spécifiquement au fait de remplacer les produits conventionnels par des produits bio ? Une étude de suivi portant sur la même cohorte a été conçue pour tester cette substitution.

La plausibilité biologique est ici importante. Certains pesticides peuvent endommager l’ADN ; plusieurs sont reconnus comme des perturbateurs endocriniens, même à de faibles doses alimentaires ; et d’autres peuvent altérer le microbiote intestinal et l’inflammation. Les insecticides organophosphorés présentent une activité œstrogénique, tandis que certains herbicides interfèrent avec la signalisation androgénique, mécanismes proposés pour expliquer les cancers hormono-dépendants tels que le cancer du sein. Si ces mécanismes sont en cause, cependant, on devrait s’attendre à une diminution progressive du risque à mesure que la consommation de fruits et légumes bio augmente. La relation dose-réponse est l’un des indicateurs de causalité les plus solides en épidémiologie.

À première vue, l’étude de substitution – 31.179 participants, dont 75 % de femmes, suivis pendant 7,3 ans avec 1.718 cas de cancer – semblait montrer exactement cela. Chaque tranche supplémentaire de 100 g/jour de fruits et légumes bio remplaçant les produits conventionnels était associée à une réduction de 3 % du risque global de cancer et à une réduction de 10 % du risque de cancer du sein postménopausique.

Cependant, cette tendance disparaît lorsqu’on y regarde de plus près. Lorsque les participants ont été répartis en quintiles, aucune relation dose-réponse n’a été observée pour le cancer en général. Même pour le cancer du sein postménopausique, les quatre premiers quintiles présentaient des risques quasi identiques ; seul le quintile le plus élevé affichait une réduction. En d’autres termes, l’estimation largement citée de 10 % par 100 g était presque entièrement due à un petit groupe de grands consommateurs de produits bio, plutôt qu’à une tendance progressive observée dans l’ensemble de la population.

Cela affaiblit l’hypothèse d’un effet lié aux pesticides. Un effet de seuil est possible, mais l’étude ne parvient pas à le démontrer. Au contraire, le quintile de consommation le plus élevé pourrait regrouper des personnes qui diffèrent des autres d’une manière que les modèles n’ont pas pu saisir complètement.

Une consommation plus élevée de fruits et légumes conventionnels était associée à un risque plus faible de tous les cancers dans les trois quintiles les plus élevés. Compte tenu de la composition nutritionnelle globalement similaire des produits biologiques et conventionnels rapportée dans la revue de 2021, ce résultat plaide en faveur d’une explication simple : « plus de fruits et légumes, quelle que soit leur origine ».

Ces résultats sont moins compatibles avec l’hypothèse liée aux pesticides. Consommer davantage de produits conventionnels ne réduit pas l’exposition aux pesticides ; au contraire, cela l’augmente légèrement. Si une exposition moindre aux pesticides était le principal facteur à l’origine de l’association observée avec les aliments biologiques, on ne s’attendrait pas à une association protectrice similaire avec les produits conventionnels. Ce qui semblait au départ être une explication unique s’avère en réalité être deux explications distinctes. Les données viennent étayer l’explication nutritionnelle tout en affaiblissant l’argument selon lequel les pesticides seraient le mécanisme principal. Toute différence restante pourrait plutôt refléter des choix alimentaires spécifiques ou d’autres caractéristiques des consommateurs très soucieux de leur santé que l’étude n’a pas pleinement mesurées.

Rien de tout cela ne prouve que l’association soit fallacieuse. Les auteurs reconnaissent que les estimations pour les cancers individuels sont imprécises en raison du faible nombre de cas et des intervalles de confiance larges ; certaines analyses ont même suggéré un risque plus élevé, mais non statistiquement significatif, de cancer colorectal chez les grands consommateurs de produits bio. Néanmoins, le mécanisme biologique proposé ne cadre pas tout à fait avec les données. On ne s’attend pas à ce qu’un processus fonctionnant en continu dans l’organisme produise une fonction en escalier d’un point de vue statistique.

Les limites habituelles s’appliquent :

La cohorte est composée de manière disproportionnée de femmes et provient de volontaires soucieux de leur santé, ce qui limite la généralisation des résultats à l’ensemble de la population.
  • Le régime alimentaire a été autodéclaré, ce qui peut entraîner des erreurs de mesure, un biais de mémoire et une tendance à surévaluer les comportements vertueux.
  • La consommation n’a été mesurée qu’une seule fois, au début de l’étude, sans garantie que les habitudes soient restées stables tout au long d’un suivi moyen de 7,3 ans.
  • La présence de facteurs de confusion résiduels reste plausible tout au long de l’étude.
  • Même si cette association était véritablement causale, elle devrait encore être reproduite dans d’autres populations et contextes avant de pouvoir étayer une quelconque recommandation générale.

Faut-il acheter des produits bio ?

Le pharmacologue Qin M. Chen et le médecin Joseph S. Alpert, tous deux de l’Université d’Arizona, ont cherché une réponse à cette question dans une étude publiée en 2025 portant sur la composition nutritionnelle, l’exposition aux pesticides et l’utilisation d’antibiotiques et d’hormones dans l’agriculture. Ils ont reconnu les avantages environnementaux plausibles de l’agriculture biologique, notamment la réduction du ruissellement de nitrates et de phosphates et une meilleure préservation de la biodiversité des insectes et des micro-organismes.

Cependant, après avoir passé en revue quatre études majeures, ils n’ont trouvé aucune preuve cohérente indiquant que les aliments bio apportent des bienfaits pour la santé cliniquement significatifs par rapport aux aliments conventionnels. Ils ont noté que les rapports faisant état d’une réduction de 25 % du risque de cancer s’expliquent tout aussi bien par le mode de vie généralement plus sain des consommateurs de produits bio que par les aliments eux-mêmes. Leur conclusion était sans appel : la consommation de produits bio semble sans danger. Elle peut réduire modestement l’exposition aux résidus de pesticides et aux bactéries résistantes aux antibiotiques, mais il n’existe aucune preuve définitive qu’elle améliore les résultats en matière de santé ou prolonge l’espérance de vie.

Une autre revue systématique portant sur 35 études, dont 15 essais cliniques et 20 études observationnelles, est parvenue à la même conclusion. Les essais, pour la plupart de courte durée (de quelques jours à quatre semaines) et présentant un risque élevé de biais, n’ont mis en évidence que peu de différences au niveau des biomarqueurs, tels que la capacité antioxydante, entre les régimes alimentaires biologiques et conventionnels, et aucun n’a mis le doigt sur un résultat à long terme cliniquement significatif. Les études observationnelles ont fait état d’associations avec la fertilité, la sensibilisation allergique et le syndrome métabolique. Cependant, le même problème de facteurs de confusion se pose : les consommateurs de produits bio sont systématiquement en meilleure santé, plus actifs et plus minces que la moyenne, ce qui rend très difficile l’isolation de l’alimentation par rapport au mode de vie qui l’entoure. Ce qui est bien établi, c’est que les régimes alimentaires bio réduisent les concentrations urinaires de métabolites de pesticides ; ce qui reste à établir, c’est de savoir si cette réduction se traduit par un résultat mesurable en matière de santé.

Le message central est simple. Si vous en avez les moyens et que vous préférez les aliments bio, il n’y a aucun mal à les acheter, que ce soit pour soutenir un système agricole auquel vous adhérez, en raison de ses avantages environnementaux plausibles, ou simplement parce que vous les préférez. Mais ne les achetez pas en croyant qu’ils sont nutritionnellement supérieurs ou qu’ils protègent contre les maladies ; les données ne corroborent pas cette hypothèse, et même le signal le plus constant de la cohorte – ce résultat concernant le cancer du sein dans le quintile 5 – attend toujours une explication qui survive à ses propres données, plutôt qu’une explication construite autour de celles-ci.

Si vous n’achetez pas de produits bio, ou si vous n’en avez pas les moyens, continuez à consommer des fruits, des légumes et des légumineuses en toute confiance. Bien plus que le label figurant sur l’emballage, c’est la consommation régulière qui est systématiquement étayée par les données scientifiques.

mardi 1 septembre 2026

Brève de vacances : Que Choisir et les pesticides : la désinformation augmente !

« Que Choisir et les pesticides : la désinformation augmente ! », source article documenté à lire d’André Heitz paru le 31 août sur son blog Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels.

Marronnier ? Contribution subreptice à de prochaines campagnes antipesticides d'envergure et coordonnées ? Besoin de remplir les 66 pages d'un numéro de la revue ? Quatre pages du numéro de septembre 2026 ne font pas honneur au mouvement consumériste, et encore moins à Que Choisir.

Actualité oblige, la couverture du numéro de septembre 2026 de la revue Que Choisir se devait de titrer en très grand : « Hold-up sur vos données ». En plus petit et en bas de page : « Pesticides : la contamination augmente ! ».

En page intérieure, c'est : « Pesticides – La contamination en hausse », mais en chapô, cela devient : « […] la contamination perdure... voire s'aggrave ».

Que faut-il penser du procédé mis en œuvre ici – exagération dans les titres, relative modération dans le texte ?

L’article se décline sous plusieurs paragraphes ...

- Une sémantique anxiogène
- Des choix « stratégiques » pour un effet d'aubaine
- Achetez français ?…
- ...mais non ! Il faut acheter « bio » !

L’article conseille de lire ou de relire avec intérêt « Les dérives de l’UFC-Que Choisir » de Gil Rivière-Wekstein. C'était déjà sur la base d'un article de Que Choisir sur les résidus de pesticides dans les aliments.

Commentaire

Ce mouvement consumériste semble être devenu une ONG à part entière !

Voir les précédentes brèves de vacances :

dimanche 30 août 2026

Brève de vacances : Les personnes en meilleure santé mangent plus de viande !

« Les personnes en meilleure santé mangent plus de viande », source Agri, hebdomadaire professionnel agricole de la Suisse romande.

Frédéric Leroy, professeur à la Vrije Universiteit à Bruxelles, est un spécialiste de la recherche agroalimentaire. Il s’engage pour corriger les idées fausses, les exagérations et les inexactitudes dans le débat sur la viande.

Qu’est-ce qui vous a motivé à défendre la viande?

Mes recherches ont porté sur toute une gamme d’aliments, mais j’ai commencé à m’intéresser à la viande au cours d’un projet de recherche européen, au début des années 2000, en mettant particulièrement l’accent sur la sécurité et la qualité. J’ai toujours trouvé la viande fascinante, en raison de sa valeur nutritionnelle particulière et de ses multiples connotations symboliques, et j’ai continué à l’étudier au fil des ans. Avant cela, j’avais rédigé une thèse sur la sécurité alimentaire au Burundi, à la fin des années 1990, ce qui m’avait déjà permis d’apprécier la valeur du bétail pour les communautés humaines. Vers 2010 et dans les années qui ont suivi, la viande est devenue un sujet de plus en plus controversé dans le discours public et scientifique. Ce changement m’a intrigué, non seulement parce qu’il s’agissait d’un domaine riche pour l’analyse sociologique et culturelle, mais aussi parce que je sentais que j’avais une responsabilité, en tant que spécialiste. Je ressentais à la fois un devoir civique et académique de participer au débat et de rectifier les idées fausses, les exagérations ou les inexactitudes flagrantes qui s’étaient immiscées dans la perception du public et dans certaines publications scientifiques.

N'hésitez pas à lire en intégralité cet entretien de Frédéric Leroy avec Martine Romanens.

NB : Cette brève de vacances a pour origine un article paru dans le blog Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels et intitulé « Les personnes en meilleure santé mangent plus de viande » (Frédéric Leroy) – et un billet d'Oliviet Thiery sur LinkedIn.

Voir les précédentes brèves de vacances :

mardi 11 août 2026

Indonésie : Le programme de repas gratuits et nutritifs, côté pile et côté obscur

Contexte

Le programme indonésien de repas gratuits et nutritifs (Makan Bergizi Gratis) est une initiative nationale d'envergure lancée par le président Prabowo Subianto. Il vise à nourrir 83 millions d'écoliers et de femmes enceintes afin de lutter contre le retard de croissance et la malnutrition. Les repas sont préparés dans des cuisines centrales (Satuan Pelayanan Gizi), mais le déploiement du programme se heurte à d'importants obstacles budgétaires, de sécurité
des aliments.

Réalité

En janvier 2025, le gouvernement indonésien a lancé un programme national de repas nutritifs gratuits afin d'améliorer la nutrition et la santé de 82,9 millions de bénéficiaires. Ce programme vise à soutenir les efforts du gouvernement pour lutter contre le triple fardeau de la nutrition en Indonésie. Au 19 décembre 2025, plus de 46 millions d'écoliers bénéficiaient de ces repas gratuits. Cependant, un rapport gouvernemental a fait état d'une augmentation des cas d’intoxication alimentaire parmi les écoliers bénéficiant de ces repas.

Notre analyse révèle qu'au 31 décembre 2025, le programme de repas scolaires gratuits a provoqué 177 épidémies d'intoxication alimentaire, affectant la santé de plus de 20 000 écoliers dans 127 districts répartis dans 33 des 38 provinces indonésiennes. L'ampleur réelle de ces épidémies est probablement bien supérieure aux chiffres rapportés. Les symptômes observés incluaient diarrhée, douleurs abdominales, nausées, vomissements, fièvre, convulsions et essoufflement. La cause de la plupart des épidémies n'a pas été confirmée. Plusieurs analyses en laboratoire ont confirmé qu'une contamination par des bactéries pathogènes telles que Escherichia coli, Campylobacter, Salmonella ou Staphylococcus était à l'origine de ces intoxications alimentaires. Les efforts de détection et de réduction des cas sur le terrain sont actuellement insuffisants, car les services de santé des districts locaux n'ont pas été impliqués dans la mise en œuvre et le suivi du programme. Il n'existe actuellement aucune directive officielle précise sur la manière de mener la surveillance, la détection des épidémies et la riposte.

D'après un rapport gouvernemental officiel, sur 11 592 établissements, seuls 198 ont obtenu une certification d'hygiène et 26 respectent les normes internationales telles que HACCP. Nos entretiens avec 162 agents de surveillance ont révélé que de nombreux employés manipulant des aliments les préparent sans équipement de protection adéquat ni respect des procédures d'hygiène des mains. La viande crue, le poulet, les fruits de mer et autres ingrédients à risque n'étaient pas conservés à des températures sécuritaires, ce qui favorisait la prolifération des bactéries et des virus avant cuisson. De grandes portions de plats cuisinés étaient fréquemment laissées à température ambiante pendant 7 à 8 heures avant d'être consommées, dépassant largement le seuil de sécurité de 4 heures recommandé par l'OMS. Les plateaux-repas étaient probablement contaminés lors de leur essuyage avec un linge non stérile. Les fruits frais étaient insuffisamment rincés, tandis que les ustensiles et les surfaces de la cuisine étaient simplement essuyés au lieu d'être stérilisés. Dans certains établissements de restauration, le manque d'hygiène a permis aux mouches, voire aux asticots, de contaminer les repas.

L'intégration des principes de sécurité sanitaire des aliments tout au long de la chaîne d'approvisionnement, de l'achat à la consommation, en passant par le stockage, la cuisson et la distribution, est essentielle pour que l'Indonésie puisse réduire le fardeau de la malnutrition.

Référence. Mitigating food safety risks in Indonesia's free school meals programme. The Lancet Regional Health South Asia.

samedi 23 décembre 2023

Choses lues sur la sécurité des aliments, selon le Seismo Info de décembre 2023

Seismo Info, le célèbre couteau suisse de la sécurité des aliments de l'OSAV vous propose le numéro de décembre 2023. 
Certains des sujets ont été traités par le blog, voici donc une sélection des nombreux éléments diffusés par Seismo.

L'objectif de Seismo Info la détection précoce pour la sécurité des aliments.
Afin de garantir la sécurité des aliments à long terme et de prévenir les fraudes, l’OSAV identifie les dangers émergents pour la santé des consommateurs suisses. Détecter ces dangers suffisamment tôt permet de prendre les bonnes mesures au bon moment.

Microbiologie
Prévalence élevée de Clostridium perfringens virulent, multirésistant et formant des biofilms : Au total, 280 échantillons de viande, de contenu intestinal, d’eau et d’écouvillons passés sur les mains ont été analysés pour détecter la contamination par Clostridium perfringens. L’occurrence globale de C. perfringens atteignait 22,5%. Presque tous les isolats (95,24%) étaient multirésistants et 68,25% d’entre-eux formaient des biofilms. Foods, 7 pages. (20.11.2023).

Formation de biofilms et survie à la dessiccation de Listeria monocytogenes : Cette étude visait à caractériser la croissance et la diversité dans un cocktail de souches de L. monocytogenes pendant la formation d’un biofilm sur du chlorure de polyvinyle (PVC) et de l’acier inoxydable, en l’absence et en présence de différents microbiotes de l’environnement. Les résultats montrent qu’après un nettoyage et une désinfection, L. monocytogenes est capable de former des biofilms mono-espèce et multi-espèces sur le PVC avec une grande diversité de souches. IntJFoodMicr, 10 pages. (30.11.2023).

Listeria monocytogenes dans des aliments d’origine végétale prêts-à-consommer : Des échantillons de sandwichs végétariens et végétaliens, de mélanges de légumes à feuilles fraîchement coupés et de salades multiingrédients ont été collectés sur le marché belge afin d’analyser la prévalence de L. monocytogenes (par ex. pour 25 g de nourriture). L. monocytogenes n’a pas été détectée dans les échantillons de sandwiches (0 sur 51 lots), tandis qu’elle a été mise en évidence dans 1 lot de légumes à feuilles fraîchement coupés sur 51 et dans 6 lots de salades multi-ingrédients sur 48. IntJFoodMicr 1 page. (25.11.2023).

Des lacunes en matière de sécurité des aliments dans l’agriculture en milieu contrôlé aux États-Unis : Un article a mis en évidence les lacunes et les besoins qui doivent être comblés en matière de sécurité des aliments dans le secteur de l’agriculture en milieu contrôlé. Des recherches doivent être menées en particulier dans les domaines de l’eau, des semences et des substrats sans sol, ainsi que de la conception hygiénique, du nettoyage et de la désinfection. FoodSafetyMag, 3 pages. (23.11.2023). Publication originale : JFoodProt.

Influence des nouvelles sources d’alimentation sur la sécurité des aliments : L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié un résumé des conclusions d’une récente rencontre sur les aspects techniques et la réflexion prospective concernant les nouvelles sources d’alimentation et les nouveaux systèmes de production. La rencontre avait pour objectif d’évaluer les questions de sécurité des aliments liées aux produits alimentaires d’origine végétale, aux nouvelles applications de la fermentation de précision et à l’impression 3D alimentaire, ainsi que d’illustrer, par le biais d’un exercice de prospective, ce à quoi pourrait ressembler les nouveaux aliments et les nouveaux systèmes de production dans le futur. FoodSafetyMag, 5 pages. (05.12.2023). Publication originale : FAO.

Priorités de l’industrie des produits frais concernant la sécurité des aliments : Actuellement, il n’existe pas de vision globale claire des priorités définies par les membres de la communauté industrielle concernant la sécurité des aliments dans la chaîne d’approvisionnement des produits frais. Dans le cadre d’une étude, 281 participants ont classé 24 priorités en matière de sécurité des produits frais. La santé et l’hygiène, la formation, l’hygiène après la récolte, la traçabilité et l’assainissement des récoltes ont été classées parmi les cinq premières priorités en matière de sécurité des aliments. JFoodProt, 15 pages. (28.10.2023).

Bacillus cereus sensu lato isolé dans des baies crues et des produits à base de baies : On estime que Bacillus cereus est responsable de 1,4 à 12% de toutes les intoxications alimentaires dans le monde. Une étude récente s’est penchée sur le potentiel toxigène de 181 isolats de B. cereus récupérés sur différents types de baies et de produits à base de baies (fraises, framboises, mûres et myrtilles) en évaluant la présence de gènes d’entérotoxines (hblA, hblC, hblD, nheA, nheB, nheC et cytK) et d’un gène de céréulide synthétase (ces), une toxine émétique. Vingt-trois profils toxigéniques ont été trouvés. Foods, 11 pages. (03.11.2023).

Streptococcus suis dans la viande de porc : Les autorités sanitaires thaïlandaises recommandent vivement de ne pas consommer de porc cru ou pas assez cuit. Le département de contrôle des maladies a signalé qu’entre janvier et novembre 2023, 500 cas d’infection à Streptococcus suis se sont déclarés dans plusieurs provinces et 24 décès ont été constatés. Les patients ont déclaré avoir mangé du porc cru ou pas assez cuit, des repas contenant du sang de porc et avoir travaillé avec des animaux potentiellement infectés. ProMed, 3 pages. (05.11.2023). Publication originale : FSN.

Interaction entre les agents pathogènes et les produits prêts-à-consommer : Une étude récente publiée dans la revue Food Microbiology rassemble la preuve des interactions entre les bactéries entériques pathogènes et les fruits et légumes prêts-à-consommer. MedNewsToday, 5 pages. (06.11.2023). Publication originale : Food Microbiol.

Présence de Salmonella dans les insectes d’élevage : Les insectes constituent une source d’alimentation durable et riche en protéines. Il convient d’étudier et de réaliser un monitoring de la présence et de l’impact des pathogènes dans cette nouvelle chaîne d’approvisionnement, comme cela se fait pour les autres animaux de rente. Les sérovars de Salmonella Wandsworth et Stanley n’ont été isolés que dans un seul échantillon de grillons prêts-àconsommer. Une deuxième étude a permis de détecter des unités taxonomiques opérationnelles (OTU) liées à S. enterica dans des farines de grillons et de vers de farine. Aucune étude utilisant des mises en culture n’a mis en évidence de Salmonella dans les vers de farine. IntJFoodMicr, 10 pages. (09.11.2023). Voir aussi FSN.

Propagation de Salmonella Infantis multirésistante le long de la chaîne agroalimentaire : Récemment, une augmentation des cas de Salmonella Infantis multirésistantes porteuses des gènes blaCTX-M impliqués dans la résistance aux céphalosporines de troisième génération a été constatée dans l’UE. En Italie centrale, une étude a signalé la présence de souches de S. Infantis hébergeant des plasmides de type pESI, porteurs des gènes blaCTX-M1, à différents points d’échantillonnage le long de la chaîne agroalimentaire. Les résultats d’analyse ont confirmé la présence de plasmides de type pESI dans 97% des 35 échantillons prélevés. Au total, 118 gènes de virulence ont été identifiés dans les isolats hébergeant le plasmide de type pESI. IntJFoodMicr, 10 pages. (17.11.2023).

Chimie
Acrylamide et composés furanoïques dans les substituts de viande : Une étude a révélé que la teneur en acrylamide et en composés furanoïques après une cuisson à la poêle était plus importante dans les substituts de viande d’origine végétale que dans la viande conventionnelle. Si l’on considère la dose tolérable calculée par le groupe scientifique de l’EFSA sur les contaminants de la chaîne alimentaire, ces quantités ne présentent pas de risque pour la santé. Néanmoins, comme la consommation de nouveaux aliments d’origine végétale augmente, les recherches sur la formation de contaminants alimentaires dans les nouveaux aliments transformés doivent être poursuivies. FoodChem, 7 pages. (23.11.2023).

Exposition alimentaire à l’acrylamide dans les cantines espagnoles : Une étude a révélé que les pommes de terre transformées constituent la principale source d’acrylamide et que, selon la garniture choisie, le risque d’exposition peut être multiplié par plus de quatre. Le calcul de la marge des valeurs d’exposition pour les effets néoplasiques a indiqué que le risque pour la santé est important, et qu’il est plus élevé chez les femmes que chez les hommes, même si l’on ne considère que le repas principal de la journée. Foods, 15 pages. (25.11.2023).

Absorption d’arsenic et accumulation dans les haricots et la laitue : Une étude s’est penchée sur l’absorption d’arsenic et son accumulation dans les haricots et la laitue. Les plantes ont ainsi été arrosée avec de l’eau contaminée par de l’arsenic à différentes concentrations. L’étude a aussi évalué le risque que présente, pour la santé humaine, la consommation de ces légumes contenant de l’arsenic. Les résultats ont montré que la concentration d’arsenic varie selon les parties de la plante, avec des concentrations plus élevées dans la laitue que dans les haricots. Environ Sci Pollut Res Int., 12 pages. (02.11.2023).

Bioaccessibilité des PFAS dans le poisson pendant la cuisson : Une étude s’est penchée sur trois types de poissons ayant différentes teneurs en matières grasses. La bioaccessibilité des PFAS pendant le traitement de cuisson (vapeur et friture) a été évaluée en utilisant une simulation gastro-intestinale in vitro. Les résultats ont révélé que la bioaccessibilité d’un PFAS individuel variait considérablement en fonction de sa structure moléculaire, allant de 26,0 à 108,1%. La cuisson peut réduire la bioaccessibilité des PFAS, et la cuisson à la vapeur est plus efficace que la friture. JAgrFoodChem, 10 pages. (20.11.2023).

Nutrition
Consommation d’aliments ultra-transformés et multimorbidité : Une étude de cohorte prospective a été réalisé dans sept pays européens auprès de 266 666 participants (dont 60% de femmes) ne présentant pas de cancer, de maladie cardiovasculaire et de diabète de type 2 au moment du recrutement. Après un suivi d’une durée médiane de 11,2 ans, les résultats montrent qu’une consommation plus élevée d’aliments ultra-transformés (∼260 g/jour sans boissons alcoolisées) est associée à un risque accru de multimorbidité comme le cancer et les maladies cardiométaboliques. Les boissons sucrées et édulcorées artificiellement, les produits d’origine animale, les sauces, les pâtes à tartiner et les condiments ont été associés à un risque accru de multimorbidité, ce qui n’est pas le cas pour d’autres produits : cela suggère qu’il faudrait réaliser des analyses plus nuancées par sousgroupes pour les aliments ultra-transformés. Lancet Reg. Health - Eur., 20 pages. (01.12.2023).

Les marqueurs d’ultra-transformation sont plus fréquents dans les produits de viande végétale : Une étude a analysé les produits de viande végétale et les produits de viande conventionnelle prélevés sur un marché allemand et il en ressort que les marqueurs d’ultra-transformation étaient plus fréquents dans les premiers que dans les seconds. L’étude a aussi mis en évidence des différences dans la composition des nutriments, les produits de viande végétale ayant une teneur plus faible en énergie, en graisses totales, en graisses saturées et en protéines, mais une teneur plus élevée en glucides, en sucres, en fibres et en sel. Les chercheurs estiment que remplacer les produits de viande conventionnelle par des produits de viande végétale pourrait avoir des effets négatifs sur la santé en raison de la prévalence plus élevée des marqueurs ultra-transformés. PHN, 25 pages. (06.11.2023).

Ingrédients adaptogènes dans les aliments et les boissons : Ces derniers temps, les consommateurs montrent plus d’intérêt pour les ingrédients adaptogènes végétaux. Un groupe pharmaceutique passe en revue la littérature sur le sujet afin de mieux comprendre les nombreux ingrédients, leurs mécanismes d’action, leur étiquetage et leurs utilisations potentielles. La prudence est de mise pour la consommation de ces ingrédients, car certains peuvent interagir avec les hormones, comme l’ashwagandha, qui a été interdit au Danemark en 2023. FSN, 2 pages. (23.11.2023). Publication originale : SLV. Informations complémentaires : VitafoodsInsight.

vendredi 24 novembre 2023

Choses lues sur la sécurité des aliments, selon le Seismo Info de novembre 2023

Seismo Info, le célèbre couteau suisse de la sécurité des aliments de l'OSAV vous propose le numéro de novembre 2023. 
Certains des sujets ont été traités par le blog, voici donc une sélection des nombreux éléments diffusés par Seismo.

L'objectif de Seismo Info la détection précoce pour la sécurité des aliments.
Afin de garantir la sécurité des aliments à long terme et de prévenir les fraudes, l’OSAV identifie les dangers émergents pour la santé des consommateurs suisses. Détecter ces dangers suffisamment tôt permet de prendre les bonnes mesures au bon moment.

Microbiologie

Découverte d’un mécanisme de tolérance chez Escherichia coli : des scientifiques de l’INRAE ont découvert qu’Escherichia coli O157:H7 peut développer une tolérance aux conditions acides de l’estomac dans certains environnements retrouvés dans des aliments solides comme la viande hachée et le fromage. INRAE, 2 pages. (17.10.2023). Publication originale : npj Sci Food.

Les produits frais - un réservoir de gènes de résistance aux antimicrobiens : dans cette étude, 75 échantillons de produits frais importés et 75 non importés achetés auprès de détaillants suisses ont été soumis à des tests de détection de bactéries résistantes aux antimicrobiens (BRA) et de gènes de résistance aux antimicrobiens (GRA). Au total, 95% des échantillons contenaient des GRA. SciTotalEnviron, 8 pages. (06.10.2023).

Prévention et contrôle des risques microbiologiques dans les fruits et légumes frais : une consultation JEMRA visait à évaluer les mesures spécifiques aux produits prises à tous les stades de la production des fruits et légumes frais, de la production primaire aux activités intervenant après la récolte, en passant par le transport, les points de ventes et l’utilisation faite par les consommateurs. Les résultats et conclusions ont été publiés. JEMRA , 112 pages. (10.10.2023).

Risques microbiologiques liés à l’utilisation d’eau lors des opérations de traitement après la récolte : une étude de l’EFSA s’est penchée sur les risques microbiologiques liés à l’utilisation d’eau lors des opérations de traitement et de transformation qui interviennent après la récolte sur les fruits, légumes et herbes frais et surgelés. Les risques les plus significatifs proviennent de Listeria monocytogenes, Salmonella spp., des souches de Escherichia coli pathogènes pour l’être humain et des virus entériques. EFSA, 111 pages. (03.11.2023).

Bacilles sporulés dans des produits laitiers d’origine végétale : une récente étude fournit un aperçu des niveaux et des types de contaminants microbiens présents dans 88 produits laitiers d’origine végétale utilisés pour fabriquer des alternatives aux produits laitiers traditionnels. Les chercheurs ont découvert que la charge microbienne variait fortement d’un produit à l’autre et que la proportion de bacilles sporulés sur l’ensemble des contaminants tendait à être particulièrement élevée dans de nombreux échantillons. Les principaux bacilles aérobies sporulés appartenaient aux groupes Bacillus subtilis et Bacillus cereus. Les principales espèces anaérobies recensées étaient Clostridum sporogenes/tepidum. FoodSafetyMag, 4 pages. (11.10.2023). Publication originale : IntJFoodMicr.

Listeria monocytogenes dans un environnement dynamique de transformation des légumes surgelés : les résultats d’une étude montrent que le séquençage de génome complet (WGS) constitue un outil efficace pour retracer les sources de contamination et les voies de transmission, et pour identifier les clones internes : en effet 5 clones internes de L. monocytogenes différents ont été identifiés en recourant à la méthode cgMLST-CT. IntJFoodMicr, 42 pages. (09.11.2023).

Salmonella enterica serovar Agona isolée dans une nouvelle sorte de denrée alimentaire : une étude rapporte que des isolats multirésistants aux médicaments, 18-SA00377, ont été mis en évidence dans un complément alimentaire en Allemagne en 2018. Leur caractérisation a révélé la présence de 23 gènes de résistance aux antibiotiques s’étendant à 12 classes d’antibiotiques, ainsi que de gènes de résistance à 6 métaux lourds. FrontMicr, 5 pages. (25.10.2023).

Entérobactéries productrices de béta-lactamases à spectre étendu dans différents produits alimentaires : le rôle joué par la transmission d’entérobactéries productrices de béta-lactamases à spectre étendu (EPBLSE) à partir de vecteurs non humains à l’être humain reste flou. Les produits alimentaires pourraient faire office de réservoirs à EP-BLSE et contribuer à leur propagation. Une étude menée en Suisse visait à examiner systématiquement la présence d’EP-BLSE dans divers produits alimentaires non transformés d’origine diverse achetés à Bâle. Sur 947 échantillons alimentaires, 14,8% se sont révélés positifs pour EP-BLSE, les isolats détectés appartenant à 8 espèces de bactéries productrices de BLSE. FrontMicr, 10 pages. (06.11.2023).

Diversité des résistances aux antimicrobiens : l’objectif de cette étude était d’analyser la résistance aux antimicrobiens, la résistance au stress et les facteurs de virulence par séquençage du génome complet d’isolats de Salmonella, Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC) et Listeria monocytogenes. Les résultats montrent que les isolats de Salmonella étaient porteurs de multiples gènes de résistance aux métaux. Les isolats de STEC non-O157 étaient tous porteurs de gènes de résistance au stress acide et certains isolats de L. monocytogenes présentaient des gènes de résistance aux produits biocides. Front. sustain. food syst., 10 pages. (20.10.2023).

Traitement à haute pression - impact sur la virulence et la résistance aux antibiotiques : le traitement à haute pression (HPP) est une technique de pasteurisation à froid utilisée dans la conservation des aliments considérée comme sûre mais potentiellement responsable d’une augmentation/diminution du potentiel de virulence et de la résistance aux antibiotiques. Une étude menée sur la survie d’isolats de L. monocytogenes après un HPP indique que le stress généré pendant ce traitement peut influer sur les changements phénotypes et génotypiques liés à la virulence et à la résistance aux antibiotiques d’agents pathogènes isolés dans des aliments et dans des environnements de transformation des aliments. Foods, 15 pages. (24.10.2023).

Des souches de E. coli multirésistantes aux médicaments plus performantes que les souches inoffensives dans l’intestin : une étude révèle qu’une souche de E. coli, MDR ST131 multirésistante aux médicaments, parvient à coloniser l’intestin en prenant le dessus sur les souches inoffensives. Les recherches, menées sur des souris, expliquent pourquoi ces souches multirésistantes sont capables de dominer et de prendre la place d’autres souches dans l’intestin. Notiulti, 5 pages. (18.10.2023). Publication originale : PLoS Biol.

Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC) dans la viande et les légumes verts : une étude compile les résultats de 4 enquêtes menées à différentes périodes qui portaient sur la présence et les caractéristiques des Escherichia coli productrices de shigatoxines (STEC) dans la viande de bœuf, d’agneau et dans les légumes verts en vente sur le marché suédois. La combinaison du sous-type stx2a et du gène eae était présente dans les STEC détectées à la fois dans la viande de bœuf et d’agneau. IntJFoodMicr, 10 pages. (11.10.2023).

Diversité génotypique des gènes de l’entérotoxine staphylococcique B (SEB) : dans le but d’examiner le schéma d’expression de l’entérotoxine staphylococcique B (SEB) dans les aliments ainsi que la diversité génotypique du gène codant pour SEB en combinaison avec les caractéristiques moléculaires et la résistance aux antimicrobiens de S. aureus, 498 isolats prélevés sur des aliments disponibles dans le commerce ont été analysés en vue de détecter le gène codant pour SEB et la production de SEB par S. aureus. Au total, 45 souches (9.0%) de S. aureus porteuses du gène codant pour seb ont été identifiées, toutes productrices de SEB. IntJFoodMicr, 12 pages. (12.10.2023).

Virulence et profils de résistance des souches de Vibrio cholerae non-O1/non-O139 : une nouvelle étude s’est penchée sur la virulence et les profils de résistance des souches de Vibrio cholerae non-O1/non-O139 provenant d’Allemagne et d’autres pays européens. Sur 87 isolats de V. cholerae non-O1/non-O139, 37 gènes de virulence ont été identifiés. FrontMicr, 10 pages. (30.10.2023).

Microplastiques dans l’aquaculture et résistances aux antibiotiques : un article souligne comment les microplastiques et les gènes de résistance aux antibiotiques peuvent affecter la production et la qualité des produits aquatiques, influencer le développement et la reproduction des organismes aquatiques et accélérer la propagation de bactéries résistantes. Environ Sci Pollut Res Int., 10 pages. (16.10.2023).

Souches de Cronobacter spp. isolées dans des produits alimentaires d’origine végétale : une étude visait à déterminer la diversité génotypique et les propriétés hémolytiques de 24 souches de Cronobacter spp. (15 Cronobacter sakazakii, 6 Cronobacter malonaticus, 2 Cronobacter turicensis et 1 Cronobacter condimenti) isolées dans des légumes verts prêts à l’emploi, des pousses, des fruits à coques et des fruits secs. Les résultats ont démontré que la diversité génotypique des souches de Cronobacter isolées dans des produits alimentaires d’origine végétale est grande. Une souche de C. sakazakii (s12) isolée dans des pousses de luzerne appartenait au complexe clonal CC4, qui englobe des souches souvent associées à des infections graves à l’origine de méningites chez les nourrissons. Foods, 10 pages. (23.10.2023).

Agents pathogènes d’origine alimentaire dans des bières à faible teneur en alcool ou sans alcool : au cours d’une récente étude, des mélanges spécifiques de 5 souches composés de E. coli O157:H7, S. enterica et L. monocytogenes ont été inoculés dans des échantillons, lesquels ont ensuite été stockés à 2 températures différentes (4 et 14°C) pendant 63 jours. Les résultats montrent que les agents pathogènes ont survécu et se sont développés dans les bières sans alcool et pas dans celles à faible teneur en alcool. JFoodProt, 12 pages. (20.10.2023).

Taux de certification en matière de sécurité alimentaire et nombre de maladies d’origine alimentaire : selon une récente étude financée par le National Institute of Food and Agriculture du Department of Agriculture (ÉtatsUnis), le fait que les entreprises du secteur alimentaire d’un pays soient plus ou moins nombreuses à avoir obtenu un certificat de sécurité alimentaire constitue le deuxième facteur le plus significatif pour prévoir le nombre de cas de maladies d’origine alimentaire. FoodSafetyMag, 3 pages. (11.10.2023). Publication originale : JFoodProt.

Chimie

Résultats de l’étude de biosurveillance 2020 chez les enfants en Autriche : cette étude évalue les degrés d’exposition liés à l’environnement et à l’alimentation dans les urines d’écoliers autrichiens âgés de 6 à 10 ans (n = 85), l’accent étant mis sur les mycotoxines, les phytœstrogènes et les sous-produits issus de la transformation des aliments. Au total, 22% des enfants dépassaient la dose journalière tolérable en déoxynivalénol, et l’estimation de la marge d’exposition pour l’ochratoxine A indique un possible risque pour la santé de certains enfants. Food Chem. Toxicol., 2 pages. (03.11.2023).

Classement des risques chimiques liés aux denrées alimentaires et aux aliments pour animaux : différentes méthodes existent pour classer les combinaisons danger-produit au sein des programmes de surveillance en fonction des risques. Ces méthodes ont jusqu’alors été développées soit pour les denrées alimentaires soit pour les aliments destinés aux animaux ; aucune ne considère les risques pour les 2 catégories. Une étude de cas sur les risques chimiques liés aux céréales a été menée aux Pays-Bas sur différents animaux et sur des êtres humains appartenant à différentes classes d’âge. Les résultats ont montré que les 2 méthodes classaient les mycotoxines (à savoir déoxynivalénol, aflatoxine B1 et zéaralénone) en tête des risques. FoodContr, 10 pages. (28.10.2023).

Exposition aux pesticides via l’alimentation, et maladies non transmissibles et mortalité : récemment, une revue systématique a été publiée sur la relation entre exposition aux pesticides via l’alimentation et maladies non transmissibles (MNT) et mortalité chez les adultes. Les résultats montrent que les pesticides sont responsables de 25 % des décès dus à des MNT au niveau mondial et qu’il existe un lien potentiel entre l’exposition aux pesticides via l’alimentation et des maladies telles que le cancer, le diabète, les maladies cardiovasculaires et les maladies respiratoires chroniques. Environ Health, 13 pages. (31.10.2023).

Nutrition

Addiction aux produits alimentaires ultra-transformés : une récente méta-analyse de 2 revues systématiques comprenant 281 études menées dans 36 pays différents révèle que la prévalence globale de l’addiction aux aliments s’élevait à 14% chez les adultes et à 12% chez les enfants. Ces chiffres sont comparables aux degrés d’addiction relevés pour d’autres substances légales chez les adultes (par ex. 14% pour l’alcool et 18% pour le tabac), mais le degré d’addiction chez les enfants est sans précédent. 20Min, 1 page. (16.10.2023). Publication originale : BMJ.

Microbiote intestinal et cancer du sein - l’alimentation comme facteur potentiel de modulation : l’influence du microbiote intestinal sur le cancer du sein demeure un domaine d’investigation peu exploré. Des analyses ont mis au jour des liens entre des types de bactéries significatifs et des apports alimentaires spécifiques chez des cas de cancer du sein, ce qui souligne le potentiel du microbiote intestinal comme source de biomarqueurs dans l’évaluation du risque de cancer du sein. Nutrients, 10 pages. (31.10.2023).

Allergies

La consommation d’aliments allergènes n’augmente pas le risque d’allergie chez les nourrissons : dorénavant en Suède, les œufs, les légumineuses y compris le soja et les arachides, les amandes et les noix de cajou sont introduits plus tôt dans l’alimentation des nourrissons, conformément à la révision des instructions en la matière. Toutefois, cela n’a entraîné aucun changement dans le taux d’allergies alimentaires ou d’eczéma chez les nourrissons de 18 mois, ce qui signifie que cette mesure n’augmente ni ne réduit le risque de développer de telles allergies. MedicalXpress, 4 pages. (10.10.2023). Publication originale : J Allergy Clin Immunol.

Fraude et tromperie

Défis de traçabilité et risques liés aux métaux lourds dans le commerce des crevettes : les étiquetages erronés dans le secteur mondial du commerce des fruits de mer soulèvent des inquiétudes quant à l’identité, la sûreté et la durabilité de ces produits. Une récente étude visait à analyser les erreurs d’étiquetage des crevettes vendues sur le marché espagnol et les potentiels risques liés à l’absorption de métaux lourds. Plus de la moitié des échantillons n’étaient pas conformes à la réglementation européenne sur l’étiquetage. Un tiers des crevettes analysées étaient des espèces de substitution (non mentionnées sur l’étiquette) et 10% ne satisfaisaient pas aux limites fixées par la législation européenne pour les métaux lourds. FoodContr, 44 pages. (07.11.2023).