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jeudi 28 décembre 2023

Rappel d’huîtres d’Arcachon au Luxembourg ... et désormais en France. Norovirus inside ?

Comme noté précédemment dans un article du blog, «Gironde : Interdiction provisoire de pêche, de récolte et de commercialisation destinées à la consommation humaine des coquillages. Norovirus inside !», voici que vient d’être publié le premier avis de rappel d’huîtres d’Arcachon au Luxembourg.

Il s’agit du rappel d’Huîtres fines n°3 du Bassin d'Arcachon en raison de la présence possible de norovirus, le 28 décembre 2023.
- Unité : 24 pièces
- Code barre 3000046135305
- DLC / DDM : Toutes les DLC
-Lot : Tous les lots

Il est noté :

Les toxi-infections alimentaires causées par les Norovirus se traduisent par des troubles gastro-intestinaux souvent accompagnés des symptômes de gastro-entérite aiguë (apparition brutale de vomissements, nausées et/ou diarrhées parfois associés à des crampes abdominales, fièvre modérée, frisson, courbature et maux de tête).
Ces symptômes apparaissent après 10 à 50 heures après consommation.
Les femmes enceintes doivent être particulièrement attentives à ces symptômes, ainsi que les personnes immunodéprimées, les enfants en bas âge et les personnes âgées.

Pour l’instant, en France, pas de rappel via RappelConso, mais cela peut évoluer, et pas de message non plus de nos autorités sanitaires, ministères de l’Agriculture et de la Santé. Le communiqué du préfet de Gironde du 27 novembre 2023, «Interdiction temporaire de la pêche, de la récolte et de la commercialisation en vue de la consommation de l’ensemble des coquillages du Bassin d’Arcachon et du banc d’Arguin», doit sans doute suffire ...

Par ailleurs, il devrait y avoir, mais ce n’est pas certain, une notification au RASFF de l’UE ...

Complément
1. Récit à propos des «Huîtres du bassin d'Arcachon : des intoxications collectives à Bordeaux, «toute la famille a la gastro», source France bleu du 28 décembre 2023.
«Ça va passer, dit une jeune maman. On en mangera plus d'huîtres. En l'occurrence, je ne suis pas certaine que tout a été mis en place pour assurer la sécurité sanitaire des consommateurs. Donc moi, je suis un petit peu en colère aussi.»

2. Auchan semble être le premier distributeur à diffuser le 28 décembre 2023 un avis de rappel d’huîtres en provenance du bassin d’Arcachon, suite à sa fermeture pour contamination par des norovirus de l’ensemble du Bassin d’Arcachon.
La totalité des huîtres en provenance du bassin d’Arcachon vendues du 27/12/2023 au 28/12/2023 en rayon poissonnerie sont concernées.
Les huîtres concernées sont listées dans l'avis de rappel.
Les produits concernés ont été retirés de la vente mais ont pu être commercialisés avant. Si vous avez acheté un des produits décrits ci-dessus, nous vous demandons de ne pas les consommer et de les rapporter dans votre magasin habituel où ils vous seront remboursés. 

Pas encore de nouvelle de RappelConso ...

Gironde : Interdiction provisoire de pêche, de récolte et de commercialisation destinées à la consommation humaine des coquillages. Norovirus inside !

«Interdiction temporaire de la pêche, de la récolte et de la commercialisation en vue de la consommation de l’ensemble des coquillages du Bassin d’Arcachon et du banc d’Arguin»,
source communiqué de la préfecture de la Gironde du 27 décembre 2023.

Plusieurs cas de toxi-infections alimentaires collectives ont été portés à la connaissance des services en charge de la sécurité sanitaire. Des enquêtes de traçabilité sont en cours mais plusieurs signalements indiquent que les huîtres issues du Bassin d’Arcachon sont en cause.

Par ailleurs, des analyses menées sur des huîtres en élevage sur le Bassin d’Arcachon confirment la présence de norovirus. Les symptômes sont ceux de la gastro-entérite aiguë et aucun cas grave n’est à déplorer à ce jour.

À compter de ce jour, les lots de coquillages récoltés ou pêchés sur ces zones doivent êtreretirés de la vente. Il est demandé aux personnes qui détiendraient des coquillages provenant de ces zones de ne pas les consommer et de les rapporter au point de vente.

On lira aussi le communiqué de presse 27 décembre 2023 du Comité régional de la conchyculture Arcachon Aquitaine, «Une fois de plus, le cœur lourd, les ostréiculteurs du bassin d’Arcachon font face à une fermeture.»

Commentaire
Il n’y a pas eu en décembre de rappels de coquillages mis en ligne par l’application RappelConso.
Il est fait état de «Plusieurs cas de toxi-infections alimentaires collectives ont été portés à la connaissance des services en charge de la sécurité sanitaire.» Ils seront vraisemblablement classés dans la rubrique commode des gastro-entérites aiguës par l’agence de santé publique.

Complément
Récit à propos des «Huîtres du bassin d'Arcachon : des intoxications collectives à Bordeaux, «toute la famille a la gastro», source France bleu du 28 décembre 2023.
«Ça va passer, dit une jeune maman. On en mangera plus d'huîtres. En l'occurrence, je ne suis pas certaine que tout a été mis en place pour assurer la sécurité sanitaire des consommateurs. Donc moi, je suis un petit peu en colère aussi.»

mercredi 20 décembre 2023

Danger Clostridium botulinum : 9 avis de rappel le 19 décembre

Tout le monde a encore à l’esprit les 15 cas d'intoxication par le botulisme, dont 1 décès, pendant la Coupe du monde de rugby organisée à Bordeaux, France.

Qu’en est-il du danger Clostridium botulinum dans les avis de rappel selon RappelConso au 20 décembre 2023

23 avis de rappels ont été publiés en 2023, mais 10 en décembre 2023, dont neuf le 19 décembre pour des produits halal comprenant de très nombreuses références.
Il est rapporté le rique et le motif de tous ces rappels sont les suivants :

- Risque : Clostridium botulinum (agent responsable du botulisme)
- Motif : Grisaillement en surface d’une partie de nos productions, lié à un ingrédient fournisseur non conforme. Cette situation ne permet pas d'exclure un risque de Clostridium botulinum.

- Regal aux olives Prix cool de marque Crystal
Date début/Fin de commercialisation : du 04/12/2023 au 11/12/2023

- Classic saveur délice de marque Isla Délice
Date début/Fin de commercialisation : du 22/11/2023 au 18/12/2023

- Régal aux olives de marque Crystal
Date début/Fin de commercialisation : du 04/12/2023 au 11/12/2023

- Cachir Prix cool de marque Crystal
Date début/Fin de commercialisation : du 22/11/2023 au 13/12/2023

- Cachir de marque Crystal
Date début/Fin de commercialisation : du 06/12/2023 au 11/12/2023

- Mortadélice / tranchettes de marque Isla Délice
Date début/Fin de commercialisation : 24/11/2023 au 18/12/2023

- Mortadélice 2kg de marque Isla Délice
Date début/Fin de commercialisation : 17/11/2023 au 18/12/2023

- Mousse de volaille de marque Isla Délice
Date début/Fin de commercialisation : 24/11/2023 au 07/12/2023

- Saveurdélice de marque Isla Délice
Date début/Fin de commercialisation : 22/11/2023 au 13/12/2023

Commentaire
Un inspection sanitaire sur les sites de production serait la bienvenue ...

Complément
Rappel également au Luxembourg le 20 décembre 2023 de plusieurs produits de la marque Isla Délice.

Mise à jour du 21 décembre 2023
Le réseau d'alerte rapide ou RASFF a encore frappé en retard avec cette notification de la France le 21 décembre 2023. Le produit a été distribué dans six pays dont la France.

Mise à jour du 22 décembre 2023
Deux nouveaux rappels le 22 décembre 2023 pour risque de développement de Clostridium botulinum :
- Régal aux olives halal 120 g
- Cachir goût de bœuf 500 g

- Rappels en Belgique le 21 décembre 2023 et 22 décembre 2023 de différents produits de la marque Isla Délice. Problématique : présence possible de la bactérie Clostridium botulinum.

vendredi 15 décembre 2023

2023 : Top 10 de la sécurité des aliments en France

Le blog reprend pour cette année le Top 10 de la sécurité des aliments en France, délaissé depuis 2019. Réalisé sans concertation et totalement subjectif, ce Top 10 entend être néanmoins un reflet de la situation de la sécurité des aliments en France.

1. Le préfet du Val-d'Oise, «la légende du contrôle sanitaire»
Le préfet du 95 a bien mérité haut la main de figurer en tête dans ce top 10 de la sécurité des aliments en France avec un nombre très impressionnant de contrôles sanitaires et de fermetures administratives. Un arbre qui cache le vide dans les autres départements à l’exception de la Seine-Saint-Denis, un peu trop timoré et du Gard en pleine renaissance …
Cette stratégie d’affichage sur les réseaux sociaux est revendiquée par Philippe Court, le préfet du Val-d’Oise. «C’est un enjeu de santé publique, c’est un sujet qui est au cœur des préoccupations quotidiennes de nos concitoyens», soulignait-il la semaine passée, lors d’une présentation du bilan de ces contrôles sanitaires. En 2023, plus de 80 établissements ont fait l’objet d’une fermeture administrative dans le Val d'Oise, qui dit mieux ?

2. Botulisme à Bordeaux
Tout ceci est entre les mains de la justice, mais tout de même 15 cas dont 1 décès à Bordeaux. Cette épidémie a eu un retentissement international important à cette épidémie en raison de la Coupe du monde de Rugby.
Cette épidémie à eu une portée internationale importante, chaque organisme ou agence sanitaire a publié un article à ce sujet de l'Institut Pasteur à l'OMS et bien d'autres ...

3. Intoxication alimentaire collective en France
Ce ne sont pas hélas les cas qui manquent, EHPAD de Pleine-Fougères (40 cas dont 4 décès), CPAM du Morbihan (370 cas), 120 élèves à la cantine de Mondeville, un restaurant du le Val d’Oise et ses 35 cas d’intoxication alimentaire, etc., bref, les toxi-infections alimentaires collectives se portent bien en France, malgré la mention ‘suspicion’ régulièrement mise en avant par nos autorités ...
Cette augmentation était déjà actée en 2022, voir l'article du blog à ce sujet.

4. Agribashing en France
Il n’a pas eu que la non-dissolution du ‘Mouvement des Soulèvements de la Terre’, mais des actions éco-terroristes, un peu partout en France chez nos agriculteurs et éleveurs qui nous nourrissent. Il est vrai qu’en France, avec notre justice et notre administration, «on marche sur la tête» ...

5. Rappels de produits alimentaires
Il n’y a que la myopie du ministère de l’Agriculture pour dire, «Cette visibilité accrue des alertes alimentaires peut laisser penser qu’elles sont plus nombreuses, or ce n’est pas le cas». On devrait avoir autour de 1 890 rappels en 2023, un peu moins qu’en 2022 (2 441), mais toujours beaucoup trop !.
RappelConso, une application qui a changé les choses en matière de rappel de produits alimentaires, c'est notable, mais le site travaille peu le week-end et pas du tout les jours fériés. Des retards sont à mettre au crédit de cette application, voire des retards et des oublis, le blog les signale très régulièrement. A noter que pour des raisons étranges, la DGCCRF ne publie plus les alertes de rappels de produits sur X (ex Twitter). Je crois savoir que c‘est par manque d’argent ou de personnel, ou bien les deux ...

6. Pathogènes alimentaires
Listeria monocytogenes semble être largement en tête des causes de rappel de produits alimentaires en France. Salmonella serait en seconde position, et en France comme Europe, il semble persister, un foyer épidémique à Salmonella Enteritidis dans plusieurs pays lié à de la viande de poulet et des produits à base de viande de poulet (kebab). Voir le complément en bas de page.

7. Glyphosate
Le renouvellement du glyphosate a eu lieu, et il faut s’en féliciter.
Parmi tous les articles proposés par le blog, il y a Glyphosate : Le mensonge institutionnalisé par Gérard Kafadaroff. La position de la France sur ce dossier a manqué, hélas, de courage et s’apparente à l’Absurdisthan.

8. Nestlé Buitoni
Après le scandale Buitoni, Nestlé se déleste de ses pizzas surgelées en Europe, et l’une des conséquences est qu’il n’y aura plus de pizzas Buitoni fabriquées sur le site de Caudry (Nord). Gâchi humain avec 59 cas de SHU pédiatriques, gâchi en termes de gestion, bref la fin avec la fermeture de l’usine est assez pitoyable … 
Nestlé a même été exclu en tant que sponsor du prochain congrès européen sur l'obésité. Cette épidémie et ce fiasco resteront un cas d’école.

9. RASFF
Le réseau d'alerte rapide, sensé être rapide, n’en a plus de que le nom. La France se distingue car cette année encore le nombre de notifications au RASFF de l’UE pour les produits d’origine France a augmenté. 
Par ailleurs, tous les rappels à l’étranger pour les produits d’origine France ne font pas l’objet d’une notification. Au moment d’écrire ce top 10, signalons qu’il y a 233 notifications en 2023 versus 222 en 2022. Comme pour les rappels, on va sans doute nous dire, «Cette visibilité accrue des alertes alimentaires peut laisser penser qu’elles sont plus nombreuses, or ce n’est pas le cas».
Enfin, nos autorités nous racontent qu’il existe un partage d’informations entre États membres de l’Union européenne, le blog montre souvent le contraire ...

10. Police sanitaire unique
La police sanitaire unique semble effective depuis le 1er janvier 2023 ; elle regroupe l’ensemble des compétences en sécurité des aliments au sein ministère l’agriculture.
Qu’il y ait ou non une police sanitaire unique, ce qui est souhaité, c’est qu’au plus vite, on atteigne le chiffre de 100 000 inspections en 2024, c’est loin d’être gagné, alors que la Belgique, notre voisin, a atteint ce chiffre en 2022.
La sécurité des aliments vue par le prisme des contrôles ou inspections est un constant défi, songez qu’en 2012, il y avait 86 239 inspections, et on a cassé ce dispositif, pour aujourd’hui, sous nos yeux le reconstruire péniblement.
L’«objectif est une augmentation de 10% des contrôles dès 2024», mais en même temps on nous dit «Ce dispositif, effectif à partir du 1er janvier 2024, vise à augmenter, dès 2024, de 80% le nombre d’inspections en remise directe soit un total de 100 000 contrôles par an.» Hum, Hum, qu'est-ce que cela peut vouloir dire ? Un exemple du «en même temps» ...

Commentaire
C'est à noter, l'Anses n'est pas présente dans le Top 10, la sécurité des aliments n'est qu'une des trop nombreuses priorités de l'agence, dommage, j'aimais bien quand elle ne s'occupait que de sécurité des aliments.

Complément du 17 décembre 2023
Selon ce RappelConso, il y a eu, à ce jour, 99 avis de rappel de fromages pour cause de présence de STEC et 653 avis de rappels (tous produits confondus) pour cause de présence de Listeria monocytogenes ...

mercredi 6 décembre 2023

Botulisme à Bordeaux : Le gérant du restaurant placé en garde à vue

«Botulisme à Bordeaux : le gérant du restaurant Tchin Tchin Wine Bar a été placé en garde à vue», soirce L’Indépendant.

Plusieurs personnes, qui s'étaient rendues au restaurant Tchin Tchin Wine Bar, ont dû être hospitalisées au CHU de Bordeaux (Gironde) à cause d’une intoxication à la toxine botulique, après avoir mangé des sardines en conserve. Une femme de 32 ans est décédée.

Une femme de 32 ans est décédée et une dizaine de personnes ont été hospitalisées après avoir contracté le botulisme, une maladie rare et mortelle. Toutes les victimes ont consommé des sardines dans un restaurant de Bordeaux, le Tchin Tchin Wine Bar, entre le 4 et le 10 septembre 2023.

Ce mardi 5 décembre, le gérant du restaurant a été placé en garde à vue dans les locaux du commissariat de la ville a appris Le Parisien d'une source proche de l'enquête. Le patron a été auditionné par la police judiciaire de Bordeaux et l’office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp).

Pour rappel, une enquête pour homicide involontaire a été ouverte. Cette dernière a évoqué un «défaut de fabrication» de ces conserves de sardines et «un mode opératoire très artisanal qui n'était pas maîtrisé».

De son côté, l'avocat du restaurateur avait indiqué que ce dernier a respecté toutes les précautions d'emploi. «Il a suivi les recommandations du fabricant […] À ce stade, je pense qu'il est trop tôt pour parler d'un non-respect des règles d'hygiène», a-t-il avancé dans un entretien accordé à Sud-Ouest.

mardi 28 novembre 2023

Cas de botulisme à Bordeaux : Rôle crucial des données de cartes de crédit et de la coopération internationale rapide, selon une étude

Dans un article de 2005, il a été fait état de l’utilisation des cartes de fidélité d’un distributeur afin de retrouver des clients qui avaient acheté des steaks hachés mis en cause dans une intoxication alimentaire.  

Voici à plus petite échelle un remake en quelque sorte, 18 ans après, mais cette fois-ci, il s'agit de cartes dites de crédit ...

«Les données des cartes de crédit utilisées pour retracer les cas possibles dans une épidémie de botulisme», source article de Joe Whitworth paru le 28 novembre 2023 dans Food Safety News.

Une épidémie de botulisme d'origine alimentaire en France a mis en évidence l'efficacité de l'utilisation des données de carte de crédit pour identifier des patients potentiels, selon des chercheurs.

En septembre 2023, une épidémie de botulisme touchant 15 personnes survient à Bordeaux lors de la Coupe du monde de rugby. Les malades venaient du Canada, de France, d'Allemagne, d'Irlande, d'Espagne, du Royaume-Uni et des États-Unis. Une personne est décédée. Des patients ont déclaré avoir consommé des sardines en conserve produites localement au restaurant Tchin Tchin Wine Bar.

Une recherche des personnes ayant consommé les sardines a été effectuée à partir des données des reçus de cartes de crédit du restaurant, selon une étude publiée dans la revue Eurosurveillance, «Foodborne botulism outbreak involving different nationalities during the Rugby World Cup: critical role of credit card data and rapid international cooperation, France, September 2023.»

Obtenir des coordonnées grâce à l'utilisation de la carte de crédit

En examinant les commandes de repas et les reçus des cartes, les chercheurs ont découvert que 29 clients avaient commandé des sardines en conserve. Une douzaine de cas suspects avaient déjà été identifiés. Les autorités sanitaires françaises ou britanniques en ont contacté 14 autres, mais elles n'ont présenté aucun symptôme. Cependant, trois d'entre eux étaient des citoyens britanniques symptomatiques qui ont été orientés vers des soins d'urgence au Royaume-Uni et ont reçu de l'antitoxine botulique.

L'identification des clients a été possible après avoir examiné les paiements par carte de crédit et récupéré leurs coordonnées personnelles via les sociétés émettrices de cartes de crédit.

Compte tenu de la gravité du botulisme, les sociétés émettrices de cartes ont coopéré avec les autorités sanitaires et ont contacté les clients identifiés pour obtenir leur approbation avant de transmettre leurs coordonnées. Cela a permis à trois Britanniques ignorant leur maladie d'être envoyés aux urgences pour y recevoir de l'antitoxine botulique.

Au moment où l’épidémie a été reconnue, la plupart des personnes exposées étaient rentrées dans leur pays d’origine. Cependant, tous ont été identifiés via les sociétés de cartes de crédit et ont reçu un contact en cas d'urgence de santé publique en cas d'apparition de symptômes.

Des données telles que des cartes de fidélité ou des reçus sont fréquemment utilisées dans les enquêtes sur les épidémies pour identifier les produits alimentaires achetés. Ces méthodes complètent d'autres moyens d'investigations épidémiologiques. Cependant, en raison des réglementations sur la protection des données, l'accès aux données personnelles via les reçus de carte de crédit n'est pas toujours possible dans les meilleurs délais. Cette pratique ne peut pas être appliquée systématiquement lors d'investigations épidémiologiques étant donné la sensibilité des données, ont dit les scientifiques.

Type de botulisme généralement peu lié au poisson

Tous les patients suspects avaient fréquenté le même restaurant bordelais à des dates différentes et consommé des sardines marinées en conserve. Ceux-ci faisaient partie d'un lot préparé par le restaurant le 1er septembre et servi entre le 1er et le 10 septembre. Plusieurs cas ont signalé un mauvais goût ou une odeur désagréable du produit mariné dans de l'huile et des herbes.

Les personnes sont tombées malades entre le 5 et le 12 septembre. L'âge médian des cas était de 36 ans, mais variait entre 30 et 70 ans. Parmi tous les cas, sept étaient des femmes et huit des hommes. Treize ont été hospitalisés, dont six ont nécessité une ventilation mécanique invasive. Sur les 15 cas suspects, 10 ont été confirmés en laboratoire.

Une étude précédente parue dans la même revue donnait plus de détails sur huit personnes originaires de quatre pays admises en unité de soins intensifs du CHU de Bordeaux.

Les inspecteurs ont visité le restaurant et, même s'ils n'ont identifié aucun écart dans le stockage des aliments, ils ont noté des techniques de stérilisation incorrectes dans la préparation des aliments en conserve.

Les échantillons de sardines provenant de cinq bocaux différents ont été testés positifs à la neurotoxine botulique de type B et à Clostridium botulinum de type B. Tous les autres échantillons d’aliments, y compris les ingrédients de la marinade, se sont révélés négatifs.

Des articles antérieurs sur le botulisme provoqué par le poisson et d'autres produits marins ont été liés à la neurotoxine botulique de type type E, tandis que le type B a été principalement associé aux produits transformés à base de porc.

«Cette épidémie de botulisme d'origine alimentaire en France met en évidence à la fois l'efficacité de l'utilisation des données des cartes de crédit pour identifier les personnes exposées et éventuellement prévenir rapidement les cas graves. Cela souligne également l’importance de réseaux de collaboration internationaux efficaces, en particulier lors de rassemblements de masse où des personnes de nombreux pays peuvent être exposées, comme lors des prochains Jeux olympiques organisés en France à l’été 2024», ont dit les chercheurs.

vendredi 17 novembre 2023

Botulisme à Bordeaux : l’avocat d’un couple de victimes irlandaises s’estimant «floué par la justice» exige un juge d’instruction

Le blog vous avait abondamment parlé, notamment ici et plus généralement ici.

«Botulisme à Bordeaux : l’avocat d’un couple de victimes s’estimant «floué par la justice» exige un juge d’instruction», source Le Figaro du 16 novembre 2023.

Un couple d’Irlandais, qui a frôlé la mort à cause d’une intoxication alimentaire après avoir dîné au Tchin Tchin Wine Bar, à Bordeaux, a porté plainte mercredi.

La plainte du couple irlandais pour blessures involontaires, est partie par recommandé, mercredi. Le parquet de Bordeaux en accusée réception, jeudi, dénombrant ainsi quatre plaintes dans l’affaire du botulisme à Bordeaux. En septembre, plusieurs clients du Tchin Tchin Wine Bar avaient été intoxiqués dans le restaurant où ils avaient dégusté des sardines contaminées car mal conditionnées dans des conserves maison. Une femme, dont la famille a porté plainte, est morte des suites de cet empoisonnement. Une enquête préliminaire pour homicide et blessures involontaires avait ainsi été ouverte par le parquet.

Deux mois après les faits, l’avocat de Caitriona et Eoghan s’insurge qu’un juge d’instruction ne soit pas nommé dans l’affaire. «Ce n’est pas normal, tonne Me Pierre Debuisson. Si on met six mois à avoir un juge d’instruction, ça veut dire qu’on attend cinq ans pour avoir un procès. Pour mes clients, c’est la double peine. Ils viennent en France, ils tombent malades, personne ne prend de leurs nouvelles et ils ont le sentiment d’avoir été floués par la justice». Le couple qui a engagé l’avocat pénaliste - spécialisé dans les affaires d’intoxications alimentaires - voyageait en France pour découvrir le pays et suivre la Coupe du monde de rugby au moment de l’accident. Le 12 septembre, au lendemain de leur soirée au Tchin Tchin Wine Bar, ils se baladaient à Lacanau quand Eoghan a été frappé par des troubles de la vue et pris de difficultés à respirer.

«Ils ont réussi à se diriger vers une pharmacie, qui leur a fait appeler le Samu. Quand le Samu a appris qu’ils avaient mangé au Tchin Tchin, ils ont tout de suite répondu : «Bon, on vous envoie un hélicoptère», relate Me Pierre Debuisson, 37 ans, confirmant une information du Parisien. Quand il arrive à l’hôpital ce jour-là, Eoghan perd connaissance durant son intubation, est plongé dans le coma et subit une trachéotomie (intervention chirurgicale qui consiste à faire un trou au niveau de la trachée et à y placer un petit tube pour permettre au patient de respirer) qui lui sauvera la vie. Soigné aux urgences de Pellegrin du CHU de Bordeaux avant d’être rapatrié à l’hôpital de Cork en Irlande, le voyageur n’est rentré chez lui que cette semaine.

«Les médecins ont dit à sa femme qu’ils avaient failli le perdre ce jour-là», poursuit l’avocat. Avant de souligner, qu’au lendemain des symptômes de son mari, cette dernière avait également été plongée dans le coma. «Cette infection neurologique les a plongés entre la vie et la mort au point d’avoir des troubles pour parler, marcher et manger. Il a des séquelles persistantes, dont des problèmes de mémoire et de pression sanguine», plaide-t-il encore. Avant d’insister : «Si dans quelques semaines il n’y a toujours pas de juge d’instruction, on a la possibilité d’en provoquer la désignation et on le fera.» En matière correctionnelle et criminelle, un dépôt de plainte avec constitution de partie civile entre les mains du doyen des juges d’instruction ouvre en effet d’office une information judiciaire, que le parquet ait engagé des poursuites ou non.

NB : On lira aussi dans Le Figaro, Botulisme : quel est le risque de contamination lorsque vous vous rendez au restaurant ?

samedi 14 octobre 2023

Un article met en évidence l’épidémie de botulisme en France

«Un article met en évidence l’épidémie de botulisme en France», source article de Stéphanie Soucheray paru le 13 octobre 2023 dans CIDRAP News.

Paru le 12 octobre 2023 est paru dans Eurosurveillance, des chercheurs font état d'une épidémie de 15 cas d'intoxication par le botulisme, dont 1 décès, le mois dernier pendant la Coupe du monde de rugby organisée à Bordeaux, France.

Les auteurs présentent les descriptions de cas cliniques de huit patients vus au CHU de Bordeaux, où le premier patient traité lors de l'épidémie a été admis en unité de soins intensifs (USI) le 6 septembre. Ce patient a nécessité une ventilation mécanique et a présenté un certain nombre de graves symptômes, notamment un affaissement oculaire, des troubles de la déglutition et une paralysie oculomotrice, dans lesquels l'œil affecté ne suit pas correctement.

«En raison des symptômes neurologiques, le patient a été initialement traité pour le syndrome de Guillain-Barré, mais le botulisme a également été suspecté», précisent les auteurs. Au cours des 4 jours suivants, deux autres patients sont arrivés à l’hôpital avec des symptômes neuro-ophtalmiques similaires et ont nécessité des soins intensifs.

Des conserves de sardines maison mises en cause

Les trois premiers patients vus à l'hôpital ont déclaré s'être rendus en France pour le tournoi de rugby. Le 10 septembre, les enquêteurs français ont interrogé les trois hommes, qui ont tous déclaré avoir mangé des sardines en conserve maison dans le même bar-restaurant de Bordeaux.

Du 11 au 12 septembre, l'hôpital a accueilli cinq autres patients, tous des visiteurs internationaux, présentant des symptômes d'intoxication par le botulisme, notamment une paralysie descendante et une maladie gastro-intestinale étendue.

Les patients venaient du Canada, de France, d'Irlande et des États-Unis. Deux patients étaient des hommes, six étaient des femmes et tous, sauf un, avaient moins de 50 ans. Le délai moyen entre la consommation de sardines et les premiers signes de maladie était de 13 heures.

«Six cas sur huit ont nécessité une ventilation mécanique invasive en raison d'une paralysie des muscles respiratoires», ont indiqué les auteurs. Le délai médian entre l’apparition des symptômes et l’intubation était de 25 heures.

Au 12 octobre, six des huit patients vus au CHU de Bordeaux sont sortis, et deux restent sous ventilation mécanique. Tous les huit avaient reçu un traitement à base d’antitoxine botulique.

La plus grande épidémie en France

Suite aux premiers cas, la Direction générale de la santé (DGS) a adressé une alerte nationale à tous les praticiens concernant les cas constatés à Bordeaux, 2 cas supplémentaires et 1 décès liés à cette épidémie. Au total, 15 personnes sont tombées malades et toutes ont déclaré avoir mangé des sardines dans le même restaurant.

Bien que rare, le botulisme peut être l'une des maladies d'origine alimentaire les plus graves, souvent causée par des aliments en conserve ou fermentés maison mal transformés.

De 2008 à 2018, la France a signalé 82 foyers de cas de botulisme d'origine alimentaire, dont 159 cas, et le plus grand nombre de personnes impliquées dans une seule épidémie était six, faisant de cette nouvelle épidémie la plus importante du pays.

Les cliniciens de toute la France ont été invités à rechercher des symptômes de botulisme chez les patients ayant récemment voyagé à Bordeaux. Ces symptômes comprennent des difficultés à avaler, une vision floue, des troubles de l'élocution et une paralysie flasque descendante.

«Le botulisme d'origine alimentaire peut être mal diagnostiqué», concluent les auteurs. «Ce article souligne l'importance de notifier rapidement les cas suspects de botulisme, car cela déclenche une prise de conscience et une enquête immédiate pour déterminer la source et contrôler l'épidémie.»

Référence

Courtot-Melciolle Léa, Jauvain Marine, Siefridt Mona, Prevel Renaud, Peuchant Olivia, Guisset Olivier, Mourissoux Gaëlle, Diancourt Laure, Mazuet Christelle, Delvallez Gauthier, Boyer Alexandre, Orieux Arthur. Food-borne botulism outbreak during the Rugby World Cup linked to marinated sardines in Bordeaux, France, September 2023. Euro Surveill. 2023;28(41):pii=2300513. https://doi.org/10.2807/1560-7917.ES.2023.28.41.2300513

Complément

Selon les auteurs de l’étude,
Il est possible que l'épidémie de botulisme à Bordeaux, provoquée par la neurotoxine botulique de type B, soit liée à l'utilisation d'huile d'olive et d'herbes aromatiques (marinade) avant la stérilisation des sardines en conserve.
Complément bis
On lira ce document de l’Anses du 26 octobre 2023, «Le botulisme : de quoi s’agit-il et comment s’en prémunir ?» 

mercredi 4 octobre 2023

Botulisme alimentaire : Retour sur la crise sanitaire. Page de pub de l'Institut Pasteur !

Dans cette intoxication alimentaire à Bordeaux liée à des conserves, il y a eu plusieurs cas de botulisme. Le blog vous proposé différentes approches, depuis Santé publique France très discrète sur ce sujet à l’OMS ...

La dernière approche en date est celle du 2 octobre avec ce communiqué de l’Institut Pasteur, «Botulisme alimentaire : Retour sur la crise sanitaire».

Début septembre 2023, plusieurs personnes ont été intoxiquées après avoir consommé des sardines en conserve artisanale dans un bar bordelais. Au 14 septembre 2023, cette intoxication a provoqué le décès d’une personne et l’hospitalisation de 10 autres. Retour sur la chronologie précise des événements et le rôle de l’Institut Pasteur dans la gestion de cette crise sanitaire. 

Le 11 septembre 2023, l’Agence Régionale de Santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine reçoit le signalement de plusieurs cas probables de botulisme. Sept personnes prises en charge au CHU de Bordeaux présentent des troubles neurologiques ou digestifs. Elles ont toutes fréquenté la semaine précédente un même bar bordelais, où elles ont consommé des sardines en conserve artisanale. Les symptômes et l’épidémiologie évoquent le botulisme alimentaire, provoqué par la bactérie Clostridium botulinum. «Il s’agit d’une bactérie qui, lorsque la stérilisation d’une conserve est mal faite, peut se multiplier et produire une toxine. Les gens se contaminent au moment de l’ingestion» précise Gauthier Delvallez, responsable adjoint du centre national de référence (CNR) des bactéries anaérobies et botulisme.

La confirmation du botulisme par l’Institut Pasteur

L’enquête démarre ensuite concrètement. Ces cas suspects amènent la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) de la Gironde à effectuer des prélèvements alimentaires pour rechercher la présence de toxine botulique dans les conserves suspectées. Le lendemain, 12 septembre, le bilan s’aggrave : une personne est décédée et sept se trouvent en service de réanimation. Au 14 septembre, 15 cas suspects de botulisme ont été identifiés, dont 10 sont hospitalisés. Si les signes évocateurs du botulisme se précisent, le diagnostic biologique doit encore être posé avec certitude. C’est le CNR des bactéries anaérobies et botulisme de l’Institut Pasteur qui lèvera les derniers doutes. Les échantillons collectés par la DDPP ainsi que les prélèvements des patients hospitalisés ont été analysés par le CNR qui a pu confirmer un botulisme de type B pour plusieurs patients et la présence de la bactérie et de sa toxine dans les conserves de sardines.

Une prise en charge adaptée, le plus tôt possible, à l’hôpital

On dispose de peu d’outils de lutte contre cette intoxication rarissime qui génère en moyenne 15 à 20 cas par an, en France. Le traitement du botulisme requiert, dans les formes sévères, des soins respiratoires intensifs avec ventilation assistée.

En cas de suspicion de botulisme, l’administration d’une anti-toxine botulique dans les 24 à 48 premières heures après le début des symptômes peut permettre de raccourcir le temps d’hospitalisation. La grande majorité des malades pris en charge sans délai guérissent sans séquelles, mais le traitement et la convalescence peuvent durer plusieurs mois.

Les CNR, des sentinelles face aux pathogènes

L’étroite collaboration entre les autorités sanitaires nationales et régionales et le CNR bactéries anaérobies et botulisme de l’Institut Pasteur a permis de rapidement identifier de façon certaine la bactérie à l’origine de cette crise sanitaire, la plus grave à ce jour en France en lien avec le botulisme alimentaire. Une étape essentielle pour une prise en charge optimale des personnes contaminées ou susceptibles de l’être.

Mise à jour du 12 octobre 2023

On lira l’étude, «Food-borne botulism outbreak during the Rugby World Cup linked to marinated sardines in Bordeaux, France, September 2023», parue le 12 octobre dans Eurosurveillance.

Complément bis
On lira ce document de l’Anses du 26 octobre 2023, «Le botulisme : de quoi s’agit-il et comment s’en prémunir ?» 

mercredi 20 septembre 2023

Quand l’OMS s’intéresse aux cas de botulime en France

Botulisme en France, source communiqué de l’OMS du 20 September 2023

Situation en un coup d'œil

Le 12 septembre 2023, les autorités locales de santé publique en France ont identifié un groupe de 10 cas suspects de botulisme, dont un décès. Au 14 septembre 2023, le National IHR (International Health Regulations) Focal Point pour la France a notifié à l'OMS un total de 15 cas suspects de botulisme, dont un décès, signalés à Bordeaux et en Ile-de-France.

Les investigations épidémiologiques ont indiqué que la source de l'infection est la consommation de sardines en conserve faites maison, à différentes dates, dans le même restaurant de Bordeaux au cours de la semaine du 4 au 10 septembre 2023. L'aliment a été fabriqué au restaurant pour être consommé sur place.

En raison de la période d'incubation pouvant aller jusqu'à huit jours et du fait que le restaurant attire des visiteurs internationaux pendant la Coupe du Monde de Rugby, il est possible que des cas supplémentaires parmi les visiteurs internationaux soient signalés en France, ou éventuellement hors de France lorsque les voyageurs rentrent chez eux, jusqu'au 18 septembre. .

Description de la situation

Le 12 septembre 2023, les autorités locales de santé publique en France ont identifié un groupe de 10 cas suspectés de botulisme, dont un décès.

Au 14 septembre 2023, le National IHR Focal Point pour la France a notifié au total 15 cas de suspicion de botulisme, dont un décès, signalés à Bordeaux et en Ile-de-France. Sur ces 15 cas, 10 ont été hospitalisés, et huit patients ont été admis dans une unité de soins intensifs. Quatorze cas sur quinze sont signalés parmi des ressortissants étrangers identifiés dans six pays en plus de la France. Il s’agit notamment du Canada, de l’Allemagne, des États-Unis d’Amérique, de la Grèce, de l’Irlande, du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord.

Tous les cas suspects ont consommé le même produit (sardines en bocaux) à des dates différentes dans le même restaurant bordelais au cours de la semaine du 4 au 10 septembre 2023. Les investigations épidémiologiques ont indiqué que la source de l'infection est la consommation de sardines en conserve faites maison. Le produit alimentaire a été produit et servi au restaurant.

Epidémiologie du botulisme

Le botulisme est une maladie neurologique grave causée par une toxine très puissante produite par la bactérie Clostridium botulinum. Elle se développe particulièrement dans les aliments mal conservés. Le botulisme humain peut faire référence au botulisme d'origine alimentaire, au botulisme infantile, au botulisme par plaie et au botulisme par inhalation ou à d'autres types d'intoxication.

Le botulisme d'origine alimentaire est une maladie grave, potentiellement mortelle. Il s’agit d’une intoxication causée par l’ingestion de puissantes neurotoxines – les toxines botuliques – formées dans les aliments contaminés. La transmission du botulisme de personne à personne ne se produit pas. Les manifestations, ou symptômes, de l’intoxication peuvent varier et se caractérisent par une paralysie flasque descendante pouvant entraîner une insuffisance respiratoire. Les premiers symptômes comprennent une fatigue marquée, une faiblesse et des vertiges, généralement suivis d'une vision floue, d'une bouche sèche et de difficultés à avaler et à parler. Des vomissements, de la diarrhée, de la constipation et un gonflement abdominal peuvent également survenir. La maladie peut évoluer vers une faiblesse du cou et des bras, après quoi les muscles respiratoires et les muscles du bas du corps sont touchés. Il n’y a ni fièvre ni perte de conscience. Les symptômes apparaissent généralement plusieurs heures à huit jours après la consommation d’aliments contaminés.

Bien que les épidémies de botulisme soient relativement rares, elles sont considérées comme des urgences de santé publique qui nécessitent une reconnaissance rapide pour identifier la source de la maladie, distinguer les types d’épidémies (naturelles, accidentelles ou délibérées), prévenir des cas supplémentaires et administrer efficacement un traitement aux patients affectés. Le succès du traitement dépend dans une large mesure d’un diagnostic précoce, de l’administration rapide de l’antitoxine botulique et de soins respiratoires intensifs.

L'incidence du botulisme est faible, mais le taux de mortalité est élevé si un diagnostic rapide et un traitement approprié et immédiat ne sont pas administrés. La maladie peut être mortelle dans 5 à 10% des cas.

Réponse de santé publique

Le 11 septembre, des prélèvements alimentaires et de sérum ont été expédiés au Centre national de référence des bactéries anaérobies et du botulisme, Institut Pasteur de Paris, et la toxine botulique a été confirmée dans des prélèvements de sérum et dans un prélèvement alimentaire (sardines) le 14 septembre 2023.

Les autorités sanitaires locales ont inspecté le restaurant et tous les produits préparés par le restaurant ont été rappelés. Le 13 septembre, les autorités sanitaires locales ont tenu une conférence de presse et ont informé les professionnels de santé locaux.

Les autorités sanitaires nationales ont publié des conseils de communication sur les risques pour sensibiliser les agents de santé à la symptomatologie et au traitement.

Les informations sur les cas signalés parmi les citoyens de pays étrangers ont été partagées avec les autorités sanitaires compétentes de ces pays.

Évaluation des risques par l'OMS

Les investigations locales ont identifié environ 25 personnes grâce à des reçus de carte de crédit qui ont été exposées (c'est-à-dire qui ont probablement consommé l'aliment suspect). L'exposition s'est produite au niveau local et des mesures ont été mises en œuvre pour éliminer la source de infection, y compris le retrait de l'aliment suspecté, qui n'a pas été distribué à l'extérieur du lieu. Cependant, compte tenu de la durée d'incubation du botulisme qui peut aller jusqu'à huit jours et du fait que tous les clients du restaurant bordelais n'ont peut-être pas été identifiés malgré les efforts déployés, d'autres cas liés à cet événement pourraient encore survenir. Cette épidémie s'est produite en même temps que la Coupe du monde de rugby qui s'est déroulée dans la semaine du 4 septembre 2023, attirant des supporters et des équipes de rugby du monde entier.

En raison de la période d'incubation pouvant aller jusqu'à huit jours et du fait que le restaurant attire des visiteurs internationaux, il est possible que des cas supplémentaires parmi les visiteurs internationaux soient signalés en provenance de France ou à l'étranger jusqu'au 18 septembre.

Conseils de l'OMS

La prévention du botulisme alimentaire repose sur les bonnes pratiques de préparation des aliments, notamment lors du chauffage/stérilisation et de l'hygiène. Le botulisme d'origine alimentaire peut être prévenu par l'inactivation de la bactérie et de ses spores dans les produits stérilisés à la chaleur (par exemple, en autoclave) ou en conserve, ou en inhibant la croissance bactérienne et la production de toxines dans d'autres produits. Les formes végétatives des bactéries peuvent être détruites par ébullition, mais les spores peuvent rester viables après ébullition, même pendant plusieurs heures. Cependant, les spores peuvent être tuées par des traitements à très haute température tels que la mise en conserve (commerciale).

La pasteurisation thermique commerciale (y compris les produits pasteurisés conditionnés sous-vide et les produits fumés à chaud) peut ne pas suffire à tuer toutes les spores et la sécurité sanitaire de ces produits doit donc reposer sur la prévention de la croissance bactérienne et de la production de toxines. Les températures de réfrigération combinées à la teneur en sel et/ou aux conditions acides empêcheront la croissance des bactéries et la formation de toxines.

Les neurotoxines elles-mêmes sont thermolabiles et seront détruites en quelques minutes à des températures supérieures à 80°C ; par conséquent, seuls les aliments mal transformés dans lesquels les bactéries ou les spores survivent présentent un risque.

Les cinq clés de l'OMS pour des aliments plus sûrs servent de base aux programmes éducatifs visant à former les manipulateurs d'aliments et à éduquer les consommateurs. Ils sont particulièrement importants pour prévenir les intoxications alimentaires.

Les cinq clés sont :

- Prenez l’habitude de la propreté;
- Séparez les aliments crus des aliments cuits;
- Faîtes bien cuire les aliments;
- Maintenez les aliments à bonne température
- Utilisez de l’eau et des produits sûrs.

NB : Merci à Joe Whitworth d’avoir signalé cette information.

Mise à jour du 12 octobre 2023

On lira l’étude, «Food-borne botulism outbreak during the Rugby World Cup linked to marinated sardines in Bordeaux, France, September 2023», parue le 12 octobre dans Eurosurveillance.

Complément bis
On lira ce document de l’Anses du 26 octobre 2023, «Le botulisme : de quoi s’agit-il et comment s’en prémunir ?»