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jeudi 8 octobre 2026

Le Danemark et l'Autriche contribuent à résoudre deux importantes épidémies de salmonellose en Europe

Une étude avec 36 auteurs est paru en septembre 2026 dans Epidemiology and Infection à propos de foyers de cas étendus à Salmonella Enteritidis en Europe liées à de la viande de poulet originaire de Pologne, 2023 (Widespread European outbreaks of Salmonella Enteritidis related to chicken meat from Poland, 2023)

Cet article présente des données sur les épidémies survenues en Europe et décrit les investigations microbiologiques, épidémiologiques et alimentaires menées en Autriche et au Danemark lors de ces deux épidémies transfrontalières simultanées à S. Enteritidis.

Résumé

Salmonella Enteritidis se transmet généralement à l'homme par la consommation d'œufs ou de viande de volaille. En juillet 2023, le Danemark et l'Autriche ont signalé simultanément deux épidémies causées par des souches de S. Enteritidis de séquence type (ST) 11 génétiquement distinctes. Dans les deux pays, des cas ont été rattachés à ces épidémies grâce au typage de séquence multilocus basé sur le core génome (cgMLST) entre le 1er janvier et le 1er octobre 2023. Les investigations ont inclus des entretiens avec les patients, la traçabilité des aliments et, par analyse cgMLST, la comparaison d'isolats d'origine humaine, alimentaire et environnementale.

Au total, 207 cas ont été recensés dans 11 pays de l'UE. Les informations recueillies sur l'alimentation des patients ont orienté les soupçons vers le poulet, souvent vendu sous forme de viande à kebab. Des enquêtes approfondies de traçabilité, menées à partir des restaurants et grossistes concernés en Autriche et au Danemark, ont identifié la viande de poulet produite en Pologne comme le vecteur de ces épidémies.

Suite au décès d'un patient en Autriche, les autorités de la sécurité des aliments ont renforcé les contrôles sur ce produit, entraînant des rappels de denrées alimentaires. Des rappels de produits spécifiques à base de poulet originaire de Pologne ont également été effectués au Danemark. Malgré les interventions nationales et les réglementations visant les producteurs de volaille, l'UE reste collectivement vulnérable aux épisodes de contamination alimentaire à grande échelle prenant leur source dans un seul État membre. Une collaboration internationale et intersectorielle efficace a été déterminante pour identifier le vecteur de ces épidémies.

Conclusion

Cette enquête démontre l'efficacité de la traçabilité alimentaire internationale comme outil de résolution des épidémies.

Elle souligne également l'importance d'une généralisation du séquençage du génome entier ainsi que de la capacité à partager et comparer les données de séquençage issues d'isolats humains et alimentaires entre les différents pays. L'utilisation d'une plateforme commune telle qu'EpiPulse favorise la collaboration et renforce la réponse collective face aux menaces pour la santé publique. L'émergence d'épidémies de S. Enteritidis liées à du poulet polonais met en lumière la complexité des défis ainsi que la nature multidimensionnelle de la prévention et de la lutte contre les maladies d'origine alimentaire dans un monde de plus en plus interconnecté. Relever ces défis exige une action concertée de toutes les parties prenantes, gouvernements, organismes de réglementation, partenaires industriels et consommateurs, afin de mettre en œuvre des stratégies globales fondées sur des données probantes, visant à réduire le risque de contamination par Salmonella dans les produits avicoles et à préserver la santé publique à l'échelle mondiale.

Deux épidémies distinctes à Salmonella ST11

Un tableau présente les données relatives à l'épidémie 1 (N = 149), à l'épidémie 2 (N = 60) et au total (N = 209).
- Sexe : Les hommes constituent la majorité dans les deux épidémies (54,4 % pour l'épidémie 1, 68,3 % pour l'épidémie 2, 58,4 % au total).
- Tranche d'âge : Les groupes les plus touchés sont ceux des 11-20 ans (19,1 % au total) et des 21-30 ans (22,5 % au total). L'épidémie 2 présente une concentration notable dans la tranche d'âge des 81 ans et plus (16,7 %).
- Hospitalisation : 11,0 % de l'ensemble des cas ont été hospitalisés, bien que cette information soit inconnue pour 72,7 % des cas.
- Voyage à l'étranger : 12,4 % de l'ensemble des cas ont signalé un voyage, tandis que cette information est inconnue pour 52,2 % d'entre eux.
- Pays : Le Royaume-Uni a enregistré le nombre de cas le plus élevé (80 cas, soit 38,3 %), suivi de la France (49 cas, soit 23,4 %) et du Danemark (29 cas, soit 13,9 %). L'épidémie 1 était fortement concentrée au Royaume-Uni (46,3 %), alors que l'épidémie 2 était plus uniformément répartie entre la France (23,3 %), l'Autriche (18,3 %) et l'Allemagne (18,3 %).
- Consommation de poulet : 19,6 % de l'ensemble des cas ont confirmé en avoir consommé, tandis que l'information est inconnue pour 79,9 % d'entre eux.
- Consommation de kebab : 16,7 % de l'ensemble des cas ont confirmé en avoir consommé, tandis que l'information est inconnue pour 76,6 % d'entre eux.

NB : Merci à Joe Whitworth de Food Safety News d’avoir signalé cette information.

lundi 31 août 2026

Pologne : Les foyers de toxi-infections alimentaires à la hausse sur la période 2021-2023

Un article, publié en 2025, Foodborne Infections and Intoxications in Poland in 2021-2023, rapporte l’évaluation de la situation épidémiologique des infections et intoxications d'origine alimentaire en Pologne sur la période 2021-2023. Au niveau des périodes, on en est au même niveau en France, où les données les plus récentes sont celles de 2023, mais publiées en mars 2026 …

Par ailleurs, le blog vous a narré récemment les aventures des œufs de Pologne ici et là en Europe, notamment au Royame-Uni, mais aussi en France.

L’objectif de cette étude était d’évaluer la situation épidémiologique des infections et des intoxications d’origine alimentaire en Pologne entre 2021-2023 (période post Covid-19), et sa comparaison avec les années 2015-2019.

Les données de surveillance systématique ont été recueillies par le PSSE (Powiatowa Stacja Sanitarno-Epidemiologicalna ou Station sanitaire et épidémiologique du district) via le registre des foyers épidémiques ont été analysées.

Résumé

Entre 2021 et 2023, une augmentation du nombre de cas d'infections et d'intoxications bactériennes a été enregistrée (plus de 90 000 cas, incidence de 80,2 pour 100 000 habitants), liée à la hausse des infections à Clostridioides difficile (56,4 pour 100 000 en 2023 contre une moyenne de 29,5 pour 100 000 sur la période 2015-2019). Une augmentation de l'incidence de la listériose a également été observée. Parmi les infections virales, les infections à rotavirus étaient les plus fréquentes, avec une hausse en 2022 suivie d'une baisse en 2023, et une incidence comprise entre 15,7 et 20,1 pour 100 000 habitants. Entre 2021 et 2023, 2 722 foyers d'origine alimentaire ont été signalés, impliquant 20 102 cas (contre 2 767 foyers et 22 681 cas entre 2017 et 2019). La majorité des foyers étaient d'étiologie bactérienne (53 %) ; parmi ceux-ci, les foyers de salmonellose prédominaient, avec 80 % de cas dus à S. Enteritidis. La proportion de foyers à Clostridioides difficile s'élevait à 21,5 % (représentant 16,5 % de l'ensemble des cas liés à des foyers) ; dans les établissements de santé, les foyers de cette étiologie représentaient 78 % du total des foyers. Au total, 27,9 % des cas d'épidémie ont nécessité une hospitalisation, principalement lors d'épidémies d'infections à Clostridium difficile et d'hépatite A. Les épidémies sont survenues surtout au sein des foyers, mais la plupart des cas ont été recensés dans les établissements de restauration et les établissements de santé. En résumé, entre 2021 et 2023, le nombre d'infections et d'intoxications d'origine alimentaire était comparable à celui de la période prépandémique, mais leur structure étiologique a évolué (augmentation des infections à Clostridium difficile et des épidémies d'origine virale). Ces résultats confirment la nécessité de renforcer la surveillance et les capacités de diagnostic en laboratoire.

Dans le cadre de la surveillance des épidémies d'origine alimentaire entre 2021 et 2023, une augmentation constante de leur nombre a été observée après la baisse liée à la pandémie du COVID-19. Au total, 2 722 foyers de cas ont été signalées, impliquant 77 452 personnes exposées, dont 20 102 personnes malades. À titre de comparaison, durant la période précédant la pandémie (2017-2019), 2 767 foyers de cas avaient été enregistrées, touchant 22 681 personnes. Le nombre de foyers de cas a augmenté entre 2021 et 2023, passant de 618 en 2021 à 884 en 2022, puis à 1 220 en 2023, soit une augmentation de près du double sur cette période. Cette tendance s'est également reflétée dans le nombre de cas : 6 114 en 2021 et 7 699 en 2023, un chiffre comparable à la moyenne observée entre 2017 et 2019 (7 416 cas).

Sur le plan étiologique, les foyers de cas d'origine bactérienne ont été les plus fréquents entre 2021 et 2023, représentant 53,3 % des foyers et 46,4 % des cas associés (n = 9 326). Par rapport à la période de trois ans précédant la pandémie, la proportion de foyers et de cas relevant de ce groupe étiologique était plus faible (44,3 % des épidémies et 40,9 % des cas). Tant avant qu'après la pandémie, Salmonella a été l'agent étiologique le plus fréquent des foyers de cas d'origine alimentaire en Pologne.

En 2021, 2022 et 2023, cette bactérie a été à l'origine de, respectivement, 37,1 %, 29,8 % et 31,6 % des foyers de cas L'agent le plus fréquemment en cause était S. Enteritidis (80 % de toutes les éclosions de salmonellose) ; en 2023, 304 éclosions et 2 107 cas associés à cette étiologie ont été signalés, contre 173 éclosions et 1 451 cas en 2021 (soit une augmentation de 76 %).

En 2023, la proportion d'éclosions de salmonellose par rapport au nombre total d'éclosions d'origine alimentaire était comparable à celle observée durant les années précédant la pandémie (environ 30 %). À titre de comparaison, cette proportion était plus élevée en 2020-2021 (plus de 40 %). Entre 2021 et 2023, on a observé une augmentation de la proportion d'éclosions à Clostridioides difficile, qui ont représenté 21 % de l'ensemble des éclosions d'origine alimentaire (n = 585) et 16,5 % (n = 3 326) de tous les cas associés à ces éclosions.

En comparaison, sur la période 2017-2019, ces éclosions représentaient 9,2 % des éclosions et 5,1 % des cas. En 2022, 209 éclosions à Clostridioides difficile et 1 072 cas ont été recensés, faisant de cette étiologie la plus fréquente à cette époque. Sur la période 2017-2023, des éclosions à Clostridioides difficile ont été signalées par 111 des 318 stations PSSE (contre 44 stations sur la période 2017-2019 et 94 sur la période 2021-2023). Les infections virales ont été à l'origine de 18,2 % (n = 490) des éclosions et de 28,3 % (n = 5 510) des cas associés sur la période 2021-2023, une proportion inférieure à celle observée avant la pandémie (sur la période 2017-2019 : 38,4 % des éclosions et 33,2 % des cas).

Parmi les foyers d'origine virale survenus entre 2021 et 2023, norovirus est prédominant, représentant 7,7 % de l'ensemble des foyers et 20,3 % des cas. À titre de comparaison, en 2017-2019, norovirus était à l'origine de 7,4 % des foyers et de 17,7 % des cas associés à ces foyers. Le nombre de foyers dus à rotavirus a considérablement fluctué au cours de la période étudiée. En 2021, 17 foyers impliquant 81 cas ont été recensés, tandis qu'en 2022, on a observé une multiplication par huit du nombre de foyers et par six du nombre de cas, se rapprochant ainsi des niveaux prépandémiques. En 2023, le nombre de foyers et de cas a diminué par rapport à l'année précédente (31 foyers, 114 cas). Malgré leur nombre limité, ces foyers se caractérisaient par un nombre relativement élevé de cas par foyer. La part des foyers liés aux rotavirus dans le total des foyers est restée faible, passant de 13,8 % en 2017-2019 à 6,9 % en 2021-2023. Sur la période 2021-2023, une proportion élevée de foyers était d'étiologie inconnue (24,2 % des foyers et 25,8 % des cas), une proportion qui a progressivement augmenté pour atteindre 34,3 % (n = 419) en 2023. À titre de comparaison, ce chiffre était de 20 % en 2019.

En 2023, une augmentation des foyers d'étiologie inconnue a été signalée par le PSSE de Gdańsk (125 foyers), contre seulement 4 en 2019. Il s'agissait pour la plupart de foyers de petite taille survenus dans un cadre familial. Entre 2021 et 2023, un total de 5 609 cas liés à des foyers ont nécessité une hospitalisation (soit 27,9 % de l'ensemble des cas associés à des foyers sur cette période). La proportion de personnes hospitalisées au cours de la période susmentionnée se situait entre 26 % et 31 %, un taux comparable à celui observé avant la pandémie de COVID-19 (31 %). Sur le plan étiologique, les taux d'hospitalisation les plus élevés ont été enregistrés lors d'éclosions causées par Clostridioides difficile (78,4 %), le virus de l'hépatite A (69,4 %) et rotavirus (63,8 %). Pour les éclosions à Salmonella, cette proportion était de 25,6 %, contre 8,7 % pour celles d'origine norovirale. Entre 2021 et 2023, comme les années précédentes, les éclosions d'origine alimentaire sont le plus souvent survenues dans un cadre familial : 1 392 foyers ayant entraîné 4 863 cas, soit plus de la moitié de l'ensemble des foyers. La part de cette catégorie était légèrement inférieure à celle observée avant la pandémie, époque où les foyers familliaux représentaient 60,5 % du total ; toutefois, une nouvelle augmentation a été constatée en 2023, ramenant ce taux à un niveau proche de celui d'avant la pandémie (59,8 %). Les infections d'origine bactérienne prédominaient parmi les foyers familliaux, en particulier ceux causés par Salmonella spp., responsables de 50 % des éclosions (n = 697). Une faible

Une faible autre part des infections était causée par des virus : rotavirus (8,5 %, n = 118) et norovirus (3,9 %, n = 54). Il convient de souligner la proportion relativement élevée d'éclosions d'étiologie indéterminée, qui représentaient 28,7 % de l'ensemble des éclosions survenues au sein des foyers familliaux (n = 399). Le deuxième cadre le plus fréquent pour ces foyers était celui des hôpitaux et autres établissements de santé, où 26,6 % des foyers (n = 724) et 5 562 cas ont été recensés. La part de ce groupe a légèrement augmenté par rapport à la période 2017-2019 (20,3 % des éclosions).

Contrairement aux éclosions survenues au sein des foyers familliaux, cette catégorie était dominée par des infections à Clostridioides difficile, responsables de près de 78 % de toutes les éclosions en établissements de santé (n = 564). Les éclosions dans les établissements de restauration collective, les restaurants et les hôtels étaient moins fréquentes (11,6 % de l'ensemble des éclosions et 5 673 cas) ; leur proportion (24,2 %) était comparable à celle observée avant la pandémie.

L'étiologie de ces infections était variée : Salmonella Enteritidis prédominait, tandis que norovirus était également observés de manière sporadique. Dans les crèches et les écoles maternelles, où les éclosions représentaient environ 5 % du total, les infections d'origine virale prédominaient, principalement celles dues à norovirus et rotavirus. En termes de nombre de cas, le chiffre le plus élevé a été enregistré lors d'éclosions survenues dans des établissements de restauration (28,2 % de l'ensemble des cas), suivis par les hôpitaux et autres établissements de santé (27,2 %).

Les vecteurs les plus fréquemment identifiés étaient les œufs et les ovoproduits (94 foyers, soit 2,8 % des foyers sur la période analysée), suivis des gâteaux à la crème sans œufs (n = 31, soit 3 % des foyers) et de la viande et des produits à base de viande (n = 27 ; 0,6 %). En 2023, on a observé une augmentation du nombre de foyers liés aux gâteaux à la crème (20 contre 6 en 2022), tandis que le nombre de foyers impliquant des œufs et des ovoproduits (42 foyers) est resté relativement stable. L'agent étiologique prédominant dans l'ensemble des foyers à vecteur connu était Salmonella Enteritidis (70,4 % de ces foyers). Cette étiologie était particulièrement fréquente dans les foyers impliquant des œufs et des ovoproduits (81,9 %), des gâteaux à la crème (100 %) ainsi que de la viande et des produits à base de viande (85,2 %). Bien qu'ils ne représentent qu'une faible proportion de l'ensemble des foyers, ceux à vecteur connu se caractérisaient par un nombre élevé de cas : 718 cas en 2023, soit 9,4 % du total des cas cette année-là.

En Pologne, des différences ont été observées dans les proportions d'étiologies virales spécifiques à l'origine des foyers. Le taux global d'étiologies virales à l'origine des foyers a diminué, passant de 32,8 % (période pré-pandémique) à 18,2 % (2021-2023). Cette baisse était particulièrement marquée pour les foyers à rotavirus, une tendance à interpréter dans le contexte de la mise en place de la vaccination obligatoire contre le rotavirus en 2021.

Conclusion

L'analyse des données de la période 2021-2023 révèle des modifications de la structure étiologique des foyers de maladies d'origine alimentaire par rapport à la période pré-pandémique, alors que le nombre total de foyers est revenu à un niveau comparable à celui des années précédant la pandémie. Ces changements incluent une proportion croissante de foyers à Clostridioides difficile (CDI), une proportion légèrement plus élevée de foyers d'étiologie inconnue et une diminution de la proportion de foyers d'origine virale, en partie liée à l'introduction de la vaccination contre le rotavirus. Ces résultats soulignent la nécessité de renforcer davantage la surveillance épidémiologique systématique des maladies d'origine alimentaire et d'étendre les capacités de diagnostic en laboratoire dans ce domaine, tout en maintenant des normes élevées d'hygiène hospitalière.

A ce contexte, il faut aussi ajouter des épidémies d'origine zoonotique et agricole en 2026.

- Peste porcine africaine (PPA) : Le nombre de foyers dans les élevages commerciaux a triplé en 2026. Des foyers majeurs ont touché de grandes exploitations, notamment une ferme de très grande taille dans la voïvodie de Poméranie-Occidentale abritant plus de 21 000 porcs, parallèlement à la persistance de cas chez les sangliers.
- Maladie de Newcastle : La Commission européenne a mis à jour en avril 2026 les zones de restriction et de surveillance dans des régions telles que Lubuskie, Śląskie et Wielkopolskie, à la suite de foyers d'infection chez les volailles survenus plus tôt cette année.

mercredi 12 août 2026

Des œufs de Pologne sont à l'origine de quatre foyers de cas d'intoxication alimentaire à Salmonella en France

Le blog vous avait parlé de cet incident le 24 juillet 2026 dans Contamination aux salmonelles d'œufs d'origine polonaise : la Confédération Française de l'Aviculture (CFA) appelle à acheter des œufs français.

Si on avait écouté la CFA, on n’en serait pas là !

Voici que l’on apprend par l’EFSA, qu’il y aurait eu, non pas un mais quatre foyers distincts liés à des salmonelles provenant d’œufs de Pologne en France. As usual, silence radio de Santé publique France, du ministère de l’Agriculture et de l’Anses, on a désormais l'habitude ...

L'EFSA rend compte de ces quatre foyers dans « Incidents de contamination alimentaire lié à Salmonella Enteritidis ST11 dans des produits à base d'œufs », source EFSA.

Résumé

Salmonella enterica demeure l'une des principales causes de foyers de toxi-infections alimentaires collectives dans l'Union européenne. Salmonella Enteritidis est le sérotype le plus fréquemment signalé dans le cadre de ces foyers, les œufs et les ovoproduits constituant des vecteurs d'infection majeurs. La séquence type prédominante, ST11, présente une répartition mondiale et comprend plusieurs lignées phylogénétiques caractérisées par une diversité génomique limitée au sein de chaque lignée ; cette particularité peut compliquer les enquêtes sur les foyers épidémiques en générant des profils de séquençage du génome entier (WGS) très similaires entre des isolats sans lien épidémiologique. Ce rapport décrit un incident de contamination alimentaire identifié en France entre mai et juillet 2026, impliquant quatre foyers distincts d'infections à S. Enteritidis ST11 géographiquement dispersés.

Les enquêtes épidémiologiques et microbiologiques ont confirmé que des produits à base d'œufs préparés de manière artisanale (« faits maison ») étaient à l'origine des infections. Cette conclusion a été étayée par l'identification de cinq isolats d'origine alimentaire, prélevés sur des œufs et des produits à base d'œufs au domicile des patients, appartenant à deux souches distinctes. Ces isolats correspondaient aux deux souches humaines représentatives des quatre foyers français.

Les enquêtes de traçabilité alimentaire ont relié tous les foyers à un réseau commun de distribution d'œufs impliquant deux centres de conditionnement et trois élevages de poules pondeuses appartenant au même groupe agroalimentaire en Pologne.

Ces élevages avaient déjà été associés à l'épidémie multinationale et polyclonale de salmonellose liée aux œufs qui a touché 18 pays européens entre 2016 et 2020. Tout comme lors de cet événement antérieur, plusieurs souches de S. Enteritidis ST11 ont été identifiées au cours de l'incident de 2026.

La détection répétée de Salmonella dans des œufs provenant du même groupe de production suggère une contamination persistante ou une éventuelle réintroduction en amont de la chaîne de production. Ces résultats soulignent la nécessité d'investigations supplémentaires pour identifier les causes profondes possibles d'une contamination verticale et/ou horizontale. Par ailleurs, la détection de cas groupés humains et non humains s'étendant à la France et à d'autres pays en 2026 suggère une possible dimension transfrontalière de l'incident et justifie des investigations complémentaires.

Contexte

Entre mai et juillet 2026, les autorités nationales de France ont enquêté sur quatre foyers d'infection liés à la consommation de produits faits maison contenant des œufs. Face au signal croissant observé par les autorités nationales compétentes en France, suggérant une possible propagation et circulation de clones étroitement apparentés appartenant au même type de séquence (ST11) de S. Enteritidis contaminant des œufs, ont fait une demande d'assistance scientifique de l'EFSA pour l'enquête sur les foyers multinationaux de toxi-infections alimentaires collectives ».

Pour mémoire, la notification initiale au RASFF de l’UE, 2026.4993, par la France date du 15 juin 2026. Il fait fait mention de 16 cas de contamination et quatre personnes ont été hospitalisées.

Quatre foyers distincts en France

Entre mai et juillet 2026, les autorités nationales ont enquêté sur quatre foyers d'infection liés à la consommation de produits faits maison contenant des œufs. Les enquêtes de traçabilité ont permis d'identifier des opérateurs alimentaires communs aux quatre foyers étudiés. Plus précisément, les opérateurs concernés (deux centres de conditionnement et trois élevages) appartenaient tous au même groupe polonais (groupe A). Par ailleurs, des lots d'œufs identiques ont été identifiés comme aliments communs à certains de ces foyers. Le lot d'œufs B a été utilisé pour la préparation de la mousse au chocolat et du tiramisu suspectés (deuxième et troisième foyers). Le lot d'œufs C était lié au foyer de tiramisu (troisième foyer) et à celui de mayonnaise (quatrième foyer). Le lot C s'est révélé positif à S. Enteritidis. Une description détaillée des aliments impliqués dans chaque foyer est rapporté dans le rapport de l’EFSA. Les trois élevages du groupe polonais A avaient déjà été impliqués dans une épidémie dans plusieurs pays survenue en Europe entre 2016 et 2020 (ECDC et EFSA, 2020). Le 27 juillet 2026, la France a signalé via le système RASFF que la vente en France des œufs suspectés d'être contaminés avait été suspendue à titre préventif (fup16, 2026.4993).

Premier foyer : Le produit suspecté était une mayonnaise faite maison, prélevée le 27 mai 2026 au domicile d'un patient. L'analyse microbiologique de la mayonnaise a révélé la présence de S. Enteritidis ST11, correspondant à la souche humaine représentative nationale de ce premier foyer, selon l'analyse nationale des clusters par séquençage du génome entier (WGS). Les enquêtes épidémiologiques liées à la mayonnaise positive ont permis de remonter la piste des œufs utilisés pour sa préparation (lot d'œufs A) jusqu'au centre de conditionnement polonais A et à l'élevage polonais A (fup13, 2026.4993).

Deuxième foyer : Le produit suspecté était une mousse au chocolat faite maison. Aucun reste de mousse au chocolat n'était disponible pour analyse. Les enquêtes épidémiologiques ont permis de remonter la piste des œufs utilisés pour la préparation de la mousse au chocolat maison (œufs du lot B) jusqu’au centre de conditionnement polonais B et à l’élevage polonais B (fup13, 2026.4993).

Troisième foyer : Le produit suspecté était un tiramisu maison. Il ne restait aucun échantillon de tiramisu à analyser. Les enquêtes épidémiologiques ont permis de remonter la piste des œufs utilisés pour la préparation du tiramisu maison (œufs des lots B et C) jusqu’au centre de conditionnement polonais B, à l’élevage polonais B et à l’élevage polonais C, respectivement (fup13, 2026.4993).

Quatrième foyer : Le produit suspecté était de la mayonnaise maison. L’autorité a indiqué que la souche représentative nationale de ce foyer correspondait à la souche de référence des deuxième et troisième foyers. Il ne restait aucun échantillon de mayonnaise à analyser. Toutefois, quatre échantillons d’œufs ont été prélevés au domicile du patient. Ces œufs se sont révélés positifs à S. Enteritidis et correspondaient à la souche humaine représentative nationale. Les enquêtes épidémiologiques ont permis de remonter la piste des œufs prélevés (lot C) jusqu’au centre de conditionnement polonais B et à l’élevage polonais C (fup13, 2026.4993).

Conclusion

La détection répétée de Salmonella dans des produits à base d'œufs provenant du groupe polonais suggère une contamination persistante ou une éventuelle réintroduction en amont de la chaîne de production des œufs. Cela souligne la nécessité d'investigations approfondies pour identifier les causes profondes possibles d'une contamination verticale et/ou horizontale des œufs. Cette situation exige également la mise en œuvre efficace de mesures de surveillance et de contrôle de Salmonella à tous les niveaux de la pyramide de production des poules pondeuses. Par ailleurs, la détection d'un foyer d'infection (humain et non humain) touchant la France et d'autres pays en 2026 suggère une possible dimension transfrontalière de l'incident et justifie des investigations complémentaires.

Commentaires

Nous verrons bien ce qu’il en sera de « la mise en œuvre efficace de mesures de surveillance et de contrôle de Salmonella à tous les niveaux de la pyramide de production des poules pondeuses. »

L’EFSA rappelle parmi les recommandations les règles d’hygiène ci-dessous, tout en sachant très bien que ces règles n’éliminent pas Salmonella qui était présent dans les œufs de Pologne.

« Il est conseillé aux consommateurs d'observer les bonnes pratiques d'hygiène lors de la manipulation des œufs et des ovoproduits, notamment en se lavant soigneusement les mains, en prévenant les contaminations croisées et en nettoyant correctement les surfaces en contact avec les aliments. »

* séquence type (ou Sequence Type, abrégé en ST) désigne un profil génotypique défini par la méthode MLST (Multi-Locus Sequence Typing). Il est obtenu en combinant les allèles de sept gènes de ménage (housekeeping genes). Les souches sont répertoriées dans la base de données internationale EnteroBase.

vendredi 24 juillet 2026

Contamination aux salmonelles d'œufs d'origine polonaise : la Confédération Française de l'Aviculture appelle à acheter des œufs français

Le 21 juillet 2026, Lidl informe du rappel suivant : la société OVOTEK SP. Z O.O.. procède au retrait et au rappel des produits Oeufs Frais x30 ainsi que les Oeufs Frais x20 suite à la présence de Salmonella Enteritidis. Ces oeufs ont été commercialisés jusqu'au 17 juillet 2026. 

Même date de rappel du 21 juillet 2026 chez RappelConso.

S’agissant du rappel de Lidl, « la Confédération Française de l'Aviculture appelle à privilégier les Œufs de France ! », communiqué du 23 juillet 2026.

La Confédération Française de l'Aviculture (CFA) prend acte du rappel d'œufs d'origine polonaise commercialisés par l'enseigne Lidl à la suite d'une contamination par des salmonelles.

En choisissant de commercialiser des œufs étrangers, l’enseigne Lidl démontre qu'elle ne fait pas suffisamment confiance à la filière française, pourtant capable de répondre aux attentes des consommateurs en matière de qualité, de sécurité sanitaire et de disponibilité. Un choix incompréhensible qui fait peser des risques sur la santé des consommateurs !

La France applique l'un des dispositifs de surveillance des salmonelles les plus exigeants d'Europe, offrant aux consommateurs un niveau élevé de garanties sanitaires.

Parallèlement, la production française d'œufs poursuit sa progression. Le plan de filière de l’interprofession commence à porter ses fruits. Les éleveurs ont investi et la production va augmenter de 5 % en 2026 afin de répondre à une demande croissante des consommateurs. La filière « Œufs de France » est aujourd'hui pleinement mobilisée pour fournir des œufs français, dans le respect des plus hauts standards sanitaires, environnementaux et de bien-être animal.

La Confédération Française de l'Aviculture appelle les distributeurs à continuer de privilégier les approvisionnements nationaux et à renforcer leurs engagements en faveur des « Œufs de France ». Soutenir la production française, c'est soutenir des éleveurs engagés, préserver notre souveraineté alimentaire et offrir aux consommateurs les meilleures garanties en matière de sécurité sanitaire.

La CFA invite également les consommateurs à privilégier les œufs portant la mention « Œufs de France » ou identifiés « Origine France », gages de traçabilité, de qualité et d'un haut niveau d'exigence sanitaire.

mardi 7 juillet 2026

Cas groupés de salmonellose en France liée à des œufs de Pologne

Cas groupés de salmonellose en France liée à des œufs de Pologne, source article de Joe Whitworth paru dans Food safety News 7 juillet 2026.

Une éclosion de cas de salmonellose survenue en France a probablement été causée par des œufs contaminés provenant de Pologne.

Seize personnes ont été contaminées par Salmonella Enteritidis, dont neuf hommes et sept femmes. Quatre personnes ont été hospitalisées. Les patients étaient âgés de 1 à 55 ans et présentaient principalement de la fièvre et de la diarrhée, selon Santé publique France.

En réponse aux questions de Food Safety News, la Direction générale de l'alimentation (DGAL) a indiqué que le lien initial avait été établi grâce à une enquête auprès de patients, révélant une corrélation entre l'apparition des symptômes et la consommation de produits contenant des œufs crus. L'origine de ces œufs a ensuite été déterminée grâce au code imprimé sur les coquilles.

Les œufs blancs incriminés étaient vendus en supermarché. Ils avaient déjà été consommés lorsque le lien entre la consommation d'œufs et l'apparition des symptômes a été établi, il n'y a donc pas eu de rappel.

La DGAL a indiqué avoir contacté les autorités polonaises afin de s'assurer que toutes les mesures soient prises pour garantir la sécurité des consommateurs.

Épidémie précédente :

Lors d’une précédente épidémie, l’unité régionale Île-de-France de Santé publique France avait été informée d’un foyer de 50 cas d’infection à Salmonella Enteritidis. Il s’agissait de l’épidémie la plus importante jamais enregistrée en Île-de-France, tant par le nombre de cas que par sa durée et sa gravité.

Commentaire

Un grand merci à Joe Withworth pour ces informations. Comme presque tout le temps, l’absence de transparence et d’information sont l’apanage une fois de plus de la DGAL et de Santé publique France.

mercredi 27 décembre 2023

Panorama des foyers de cas d'intoxication alimentaire en Europe

C’est une sorte de panorama des problèmes d'intoxication alimentaire de l’année 2023 que nous convie Joe Whitworth avec cet article paru dans Food Safety News du 27 décembre 2023, «2023 : De Salmonella en Suède et en Pologne aux foyers de cas d’intoxication alimentaire à E. coli et de botulisme».

Alors que la Pologne et Salmonella se sont déjà rencontrées, en Suède, des œufs et Salmonella étaient moins attendus cette année. Il y a eu une augmentation inquiétante des incidents de botulisme et Fukushima est revenu sur le devant de l’actualité en 2023.

Alors que nous avons entendu parler davantage de Listeria dans les champignons énoki cette année, Salmonella dans la halva, le tahini, les produits de sésame et le virus de l’hépatite A dans des baies congelées sont encore très présents.

Reconnaissance de l’Alliance to Stop Foodborne Illness
Plus tôt cette année, l'Alliance to Stop Foodborne Illness a annoncé sa liste des 40 meilleurs professionnels de la sécurité des aliments de moins de 40 ans. J’étais parmi les lauréats.

C’était un moment de reconnaissance inattendu et un moment fort de ma carrière. Malheureusement, cela n'a pas empêché tous les cas où les équipes de communication me citent des détails déjà fournis ou semblent peu utiles lors de demandes d'informations. La sécurité des aliments étant une responsabilité partagée, j'aimerais que davantage d'informations soient partagées avec le public et avec nous. Cliquez ici pour voir tous les 40 meilleurs professionnels de la sécurité des aliments âgés de moins de 40 ans.

Les épidémies les plus étranges de 2023
En réalité, nous ne connaissons probablement pas l'épidémie la plus inhabituelle cette année, mais nous le découvrirons peut-être à l'avenir grâce à des études ou des articles. D’après ce qui est public, je ferais deux suggestions.

Premièrement, une vaste épidémie en Finlande a finalement été attribuée à des niveaux élevés d'un additif présent dans des tortillas.

Plus de 800 personnes, principalement des enfants, ont été touchées en août à Mikkeli. Des investigations approfondies ont révélé des concentrations élevées de propionate de calcium dans des échantillons de tortillas provenant de Pologne. Le propionate de calcium est utilisé dans les produits de boulangerie comme conservateur. Les concentrations dans les tortillas impliquées étaient dix fois plus élevées que dans les autres tortillas.

Deuxièmement, une épidémie au Portugal associée au broa de milho (un type de pain de maïs). Plus de 200 personnes sont tombées malades en juillet. Des alcaloïdes tropaniques, l'atropine et la scopolamine, ont été détectés à des niveaux très élevés. Une enquête a révélé des preuves de contamination par des graines du genre Datura, une plante qui peut être présente comme mauvaise herbe dans les champs cultivés.

Souci lié aux œufs et Salmonella en Suède
Alors Salmonella Enteritidis n'a été retrouvé chez des poules pondeuses commerciales que trois fois depuis 2003, il y aurait eu peu de chances que la Suède ait un problème d'œufs à Salmonella en 2023. Mais c'est exactement ce qui s'est passé après la détection dans les installations du plus grand producteur d'œufs du pays en décembre 2022.

82 personnes provenant de 17 régions ont été infectées par Salmonella Enteritidis entre décembre 2022 et février 2023. La souche épidémique a été retrouvé à plusieurs reprises à CA Cedergren au printemps et en été malgré d'importants efforts de nettoyage et d'abattage des poules. Après avoir initialement ordonné que les œufs de l'installation soient traités thermiquement, la production a été interrompue pour un nettoyage supplémentaire en septembre.

Les isolats en Suède sont proches de ceux provenant d'épidémies ailleurs, comme en Belgique en 2022. Des souches similaires ont également provoqué des épidémies pluriannuelles, avec des cas dans plusieurs pays liés aux œufs polonais et espagnols. Une suggestion est que la souche est présente dans la pyramide de production centralisée. Des investigations sur la propagation de Salmonella entre des troupeaux de poules pondeuses dans différents pays sont en cours au niveau de l'UE.

Poulets et œufs de Pologne contaminés par Salmonella
Le problème de Salmonella dans les produits de volaille polonaise est bien connu. En tant que producteur et exportateur majeur de ces produits, il suffit d’un problème dans quelques entreprises pour déclencher une alerte majeure. En 2022, 190 notifications de la présence de Salmonella dans le système d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) de l'UE concernaient des produits de viande de volaille de Pologne.

Il y a eu cette année 200 cas de salmonellose au Royaume-Uni causés par différentes souches de Salmonella Enteritidis, avec deux foyers liés aux œufs et trois à la viande de volaille. Entre janvier et octobre 2023, 14 pays de l’UE, le Royaume-Uni et les États-Unis ont signalé 335 infections à Salmonella impliquant des producteurs polonais. Des inquiétudes concernant l'utilisation d'antibiotiques ont également été soulevées dans une enquête menée par la chaîne de télévision ITV, le Bureau of Investigative Journalism et le journal The Guardian.

En 2020, plusieurs foyers ont été provoqués par du poulet pané surgelé en provenance de Pologne. Les mesures de contrôle renforcées en 2021 ont amélioré la situation, alors espérons qu'elle s'améliorera en 2024.

Épidémies majeures à E. coli en Norvège et au Royaume-Uni
L'une des épidémies majeures à E. coli cette année s'est produite en Norvège, non pas en raison de sa taille mais en raison de sa gravité et de sa localisation. Techniquement, cela n'a pas encore été déclaré terminé, mais sans mise à jour depuis fin octobre, nous espérons que cela se soit terminé.

L'Institut norvégien de santé publique (FHI) a signalé que E. coli O26:H11 avait été détecté chez 24 personnes. Il s'agissait de l'une des épidémies à E. coli les plus graves du pays. Quinze des personnes infectées avaient moins de 13 ans et neuf enfants ont développé un type d'insuffisance rénale appelé syndrome hémolytique et urémique (SHU). La souche épidémique a été retrouvée dans un hamburger, mais d'autres produits de viande hachée utilisant les mêmes matières premières ont également été retirés du marché.

Au Royaume-Uni, une épidémie à E. coli producteurs de shigatoxines (STEC) O183 a rendu malade au moins 25 personnes. Six personnes ont été hospitalisées, une a développé un SHU et une personne est décédée. Étant donné que nous attendons toujours le rapport sur une grande épidémie à E. coli au Royaume-Uni en 2022, il faudra peut-être un certain temps avant d’en savoir plus.

Épidémies de botulisme et rappels
Il semble y avoir eu davantage d'incidents de botulisme cette année, certainement provoqués par des produits commerciaux. En début d'année, nous avons eu un cas de botulisme lié à du lait d'amande en Australie. En juillet, 11 personnes ayant mangé une sorte d'omelette espagnole en Espagne sont tombées malades et en septembre, 16 personnes ayant consommé des sardines dans un restaurant en France ont développé le botulisme.

Il y a eu également des incidents en Argentine et au Vietnam, ainsi qu'un autre cas en France lié aux piments en conserve. Plusieurs rappels ont également été présents dans plusieurs pays. Certains problèmes incluent un stockage incorrect des produits, des instructions manquantes et le désir d'articles plus artisanaux, locaux et faits maison. Les consommateurs doivent comprendre les dangers potentiels d’une telle production et de réduire les risques.

Le rejet d'eau traitée à Fukushima au Japon
Le Japon envisageait de rejeter dans la mer l'eau stockée dans la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. L'eau a été traitée par un système avancé de traitement des liquides pour éliminer presque toute la radioactivité, à l'exception du tritium, qui sera dilué lorsqu'il entrera dans la mer.

Cette décision a été soutenue par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et plusieurs pays, dont les États-Unis. Pourtant, la Chine, Hong Kong et la Russie figuraient parmi les pays qui ont imposé des restrictions à l’importation de produits de la mer en provenance du Japon. Ces interdictions font l'objet de discussions en cours à l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Complément
A ce tableau, j’ajouterais les 700 personnes victimes d’une intoxication alimentaire lors du repas de Noël en décembre 2023 chez Airbus.

vendredi 15 décembre 2023

La Food Standards Agency intensifie sa réponse à la présence de Salmonella dans les produits avicoles polonais

«La Food Standards Agency intensifie sa réponse à la présence de Salmonella dans les produits avicoles polonais», source article de Joe Whitworth paru le 15 décembre 2023 dans Food Safety News.

De plus amples informations ont été partagées par la Food Standards Agency (FSA) sur la présence de Salmonella dans la viande de volaille et les œufs en provenance de Pologne.

Il y a eu cette année 200 cas de salmonellose au Royaume-Uni causés par différentes souches de Salmonella Enteritidis liées à ces produits.

La FSA a enquêté sur plus de 90 incidents au cours des deux dernières années, avec deux foyers liés aux œufs et trois à la viande de volaille en provenance de Pologne cette année.

La FSA, Food Standards Scotland (FSS) et la UK Health Security Agency (UKHSA) ont récemment demandé aux consommateurs de faire attention lors de la manipulation et de la cuisson des produits de poulet, de dinde et de canard à la maison. Les sites de restauration utilisent la majorité des œufs importés.

Des problèmes répétés frustrent la FSA
Emily Miles, directrice générale de la FSA, et Christine Middlemiss, vétérinaire en chef, ont écrit une lettre à la Commission européenne et au vétérinaire en chef de Pologne pour signaler l'augmentation des cas impliquant des volailles et des œufs polonais. Des informations sur le nombre d'établissements concernés ont été partagées avec les autorités polonaises.

«Chaque fois que nous avons détecté un problème spécifique en matière de sécurité des aliments, nous avons agi rapidement pour assurer la sécurité sanitaire des consommateurs, mais nous sommes mécontents des événements répétés», a déclaré Miles.

Un groupe de gestion des incidents a été créé pour coordonner les activités des différents départements gouvernementaux, notamment le Defra et l'UKHSA, afin de passer d'une réponse au cas par cas à une approche plus holistique.

La FSA a dit que le problème de la Pologne survient alors que le pays connaît une augmentation inattendue d'autres incidents et épidémies.

Dans le cadre du Border Target Operating Model (BTOM), des notifications préalables seraient requises pour les produits de l’UE à partir de fin janvier. Des contrôles physiques sont prévus à partir d'avril. Il est toutefois possible d’utiliser la réglementation existante pour effectuer des contrôles supplémentaires plus tôt si nécessaire.

Le British Poultry Council (BPC) souhaite que les autorités vérifient chaque chargement en provenance de Pologne et rejettent ceux qui ne répondent pas aux exigences.

Richard Griffiths, directeur général de BPC, a dit : «Nous avons établi depuis longtemps des processus rigoureux pour traiter Salmonella, et nous les suivons à la lettre pour produire des aliments auxquels les consommateurs ont confiance et qui leur accordent de la valeur. Il est décevant que la Pologne ne puisse pas faire de même et soit prête à exporter ses problèmes d'hygiène au lieu de les résoudre.»

L'UK Office for Sanitary and Phytosanitary (SPS) Trade Assurance va entreprendre un audit en Pologne en avril 2024 pour évaluer les contrôles en place.

En novembre, le Royaume-Uni a accueilli la réunion annuelle du Trade Specialised Committee on Sanitary and Phytosanitary Measures sous l’EU/UK Trade and Co-operation Agreement. La FSA a demandé des discussions sur l'amélioration de la coopération et du partage d'informations sur les incidents de sécurité des aliments. Les pourparlers devraient avoir lieu début 2024.

Épidémie à E. coli due à un contact avec des animaux
Pendant ce temps, l'Animal and Plant Health Agency (APHA) faisait partie d'une équipe enquêtant sur une épidémie humaine à E. coli producteurs de shigatoxines (STEC) qui était épidémiologiquement liée à une attraction touristique en contact avec des animaux.

Dans un rapport couvrant les activités de juillet à septembre, l'agence a dit que les STEC O157 et STEC O26 étaient à l'origine de l'épidémie.

Un échantillonnage environnemental sur place a détecté STEC O26 dans une aire de jeux pour enfants ; d'autres domaines ont également été positifs pour des STEC. E. coli a été confirmé dans les 32 échantillons d'excréments d'animaux prélevés. Bien que certains STEC aient été détectés, il ne s’agissait pas de O157 ou de O26.

Le site a fermé volontairement après avoir été informé de cas de maladies humaines. Les visites des autorités locales et de l'APHA ont identifié des lacunes en matière de conformité au code de bonnes pratiques de l'industrie. Les problèmes les plus courants dans les attractions en contact avec les animaux comprennent des installations de lavage des mains sous-optimisées, une mauvaise surveillance du contact avec les animaux, la contamination des allées par de la litière ou des excréments d'animaux souillés et un marquage peu clair des zones de contact avec les animaux par rapport aux zones sans contact.

Les travaux réalisés dans les locaux pour remédier aux déficiences ont amélioré la situation avant une réouverture progressive.

L'APHA a également déclaré qu'il n'y avait eu aucune enquête sur la cryptosporidiose au cours du troisième trimestre 2023.

vendredi 8 décembre 2023

Royaume-Uni : Les cas d’infections à Salmonella suscitent un nouveau warning sur les volailles polonaises

Le blog vous en avait déjà parlé ici, mais voyons en détail ce qu’il en est. «Les cas d’infections à Salmonella suscitent un nouveau warning sur les volailles polonaises», source article de Joe Whitworth paru le 8 décembre 2023 dans Food Safety News.

Les agences alimentaires du Royaume-Uni ont de nouveau exprimé leur inquiétude concernant la présence de Salmonella dans la volaille et les ovoproduits de Pologne.

La Food Standards Agency (FSA), la Food Standards Scotland (FSS) et la UK Health Security Agency (UKHSA) ont demandé aux consommateurs de faire preuve de prudence lors de la manipulation et de la cuisson des produits de poulet, de dinde et de canard à la maison.

Il y a eu cette année plus de 200 cas de salmonellose causés par différentes souches de Salmonella Enteritidis liées à des produits avicoles tels que la viande et les œufs de Pologne.

Problèmes passés avec la volaille
La FSA est en discussion avec des responsables polonais et européens pour garantir que des mesures sont prises pour améliorer la sécurité sanitaire des volailles et des œufs polonais. En 2022, 190 notifications au système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) de l’UE liées à la présence de Salmonella concernaient des produits de viande de volaille de Pologne.

En 2020, plusieurs épidémies au Royaume-Uni ont été causées par du poulet pané surgelé en provenance de Pologne. Après l’application de mesures de contrôle renforcées en 2021, la situation s’est améliorée. Cependant, en 2023, six foyers liés à des volailles et des ovoproduits réfrigérés en provenance de Pologne ont fait l'objet d'une enquête de l'UKHSA.

Les produits de viande de poulet sont également la source probable d'une épidémie dans plusieurs pays de l’UE causée par trois types de Salmonella Enteritidis. Les données de traçabilité alimentaire concernent principalement des producteurs polonais, mais aucune preuve microbiologique de contamination dans leurs installations n'a été retrouvée. Entre janvier et octobre 2023, 14 pays de l’UE, le Royaume-Uni et les États-Unis ont signalé 335 cas.

Les conseils de la FSA incluent de se laver soigneusement les mains après avoir manipulé des produits de volaille crue, de ne jamais laver de volaille crue et d'utiliser ou de congeler les produits avant leur date limite de consommation.

«Cuire les aliments à la bonne température et pendant la bonne durée tuera toutes les bactéries dangereuses. Dans le même temps, assurez-vous que toutes les surfaces et équipements qui entrent en contact avec les aliments soient propres afin d’éviter les risques de contamination croisée et lavez-vous toujours les mains avant et après avoir manipulé des aliments», a dit Tina Potter, responsable des incidents à la FSA.

«Un certain nombre de cas concernaient la consommation d'œufs produits en Pologne et utilisés dans les repas des restaurants et des cafés. Nous demandons donc aux autorités locales de rappeler aux entreprises du secteur alimentaire l’importance des bonnes pratiques d’hygiène.»

Utilisation industrielle des œufs
Une cuisson inadéquate et une contamination croisée dans la cuisine lors de la préparation des aliments peuvent conduire à la salmonellose. La bactérie peut également se propager d’une personne à l’autre.

Même si les consommateurs peuvent contribuer à réduire le risque de tomber malade à cause des produits de volaille vendus au détail, les épidémies liées aux œufs ont principalement été attribuées aux entreprises de restauration.

British Lion Eggs (une marque britannique de qualité et de sécurité sanitaire des œufs -aa) a appelé les fabricants de produits alimentaires, les distributeurs, les traiteurs et les consommateurs à utiliser des œufs britanniques.

Gary Ford, directeur général adjoint du British Egg Industry Council, a dit : «Il y a des problèmes persistants de sécurité des aliments avec les œufs non britanniques depuis des années. Une fois que l’on s’éloigne des contrôles complets de sécurité des aliments proposés par le British Lion Code of Practice, les entreprises qui choisissent d’utiliser des œufs importés jouent non seulement avec la santé de leurs clients, mais mettent également en jeu leur réputation durement gagnée.»

«Nous exhortons fortement les entreprises responsables à s'approvisionner en œufs de British Lion, clairement marqués du petit lion rouge sur l'emballage et la coquille, pour garantir qu'elles vendent et servent des œufs sûrs.»

jeudi 7 décembre 2023

La Food Standards Agency alerte les consommateurs à propos de la présence de Salmonella dans les volailles polonaises. Quid en France ?

Ce que rapporte la Food Standards Agence (FSA) dans un tweet et dans un article est exact, comme cela a été attesté par deux communications de l’ECDC au niveau européen, voir les articles du blog, 1 et 2.

Il y a eu récemment une augmentation des cas d’intoxication alimentaire au Royaume-Uni liées à Salmonella dans les produits à base de volaille réfrigérés et congelés importés de Pologne.
La FSA rappelle aux consommateurs d'être particulièrement prudents lors de la manipulation et de la cuisson de la volaille à la maison : La FSA alerte les consommateurs à propos de Salmonella dans les volailles polonaises.

Question, pour la France qui est aussi concernée, peut-on faire de même ?
Réponse: On ne peut pas faire cela vis-à-vis d’un autre Etat membre de l'UE, et de plus, c’est interdit par la Commission euuropéenne ...

lundi 27 novembre 2023

Des souris mortes dans des brocolis surgelés = rappel et notification au RASFF

Des souris mortes dans des brocolis surgelés de Pologne via la Lituanie découvertes par les services officiels de Lettonie, ainsi que le rapporte cette notifiation au RASFF de l’UE du 24 novembre 2023. Pas de distribution en Lettonie. Il s’agit du rappel de brocolis surgelés "Hortex" (emballage de 400 g) lot L S0GG090323, date de péremption 10.03.25, pays de production : Pologne.

NB : Merci à Joe Whitworth d’avoir signalé cette information.