Affichage des articles dont le libellé est denrées alimentaires. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est denrées alimentaires. Afficher tous les articles

mercredi 16 septembre 2026

Allemagne : une enquête révèle des lacunes dans les connaissances des consommateurs sur les moisissures et les risques sanitaires potentiels associés

Les toxines de moisissures présentes dans les aliments ne sont pas détruites à la cuisson ; une enquête révèle des lacunes dans les connaissances des consommateurs sur les moisissures et les risques sanitaires potentiels associés. Source BfR.

De quoi s'agit-il ?

Les toxines de moisissures (mycotoxines) présentes dans les aliments ne sont pas neutralisées par la chaleur générée lors de la cuisson ou de la pâtisserie et peuvent donc conserver leurs propriétés dangereuses. De nombreux consommateurs ignorent ce fait, comme le montre une enquête récente menée par l'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR). « Les moisissures étant omniprésentes dans la nature, il n'est pas toujours possible d'éviter totalement la contamination des aliments », explique le professeur Andreas Hensel, président du BfR. « Il est donc d'autant plus important de savoir comment minimiser autant que possible les risques pour la santé à domicile. Cela implique notamment de conserver les aliments dans un endroit propre et sec, de jeter entièrement les aliments moisis et d'utiliser rapidement les épices. » Pour réduire les risques sanitaires liés aux mycotoxines et autres substances indésirables dans les aliments, le BfR recommande généralement d'adopter une alimentation aussi variée et équilibrée que possible. Dans le cadre de cette enquête représentative, le BfR a interrogé en ligne 1 000 personnes âgées de 16 ans et plus sur leurs connaissances et leurs habitudes concernant les moisissures au sein du foyer.

Les moisissures sont présentes presque partout dans la nature et se retrouvent donc sur les plantes que nous consommons directement ou que nous transformons. Dans des conditions favorables, elles peuvent produire des toxines, notamment pour se défendre contre leurs prédateurs naturels. Au total, les scientifiques ont identifié à ce jour environ 650 mycotoxines différentes, produites par quelque 400 espèces de moisissures. Selon la fréquence et la quantité ingérées, celles-ci peuvent provoquer des symptômes aigus chez l'homme, tels que des troubles gastro-intestinaux, mais aussi entraîner des lésions hépatiques ou accroître le risque de cancer.

Un lien en allemand renvoie à l’étude dont il va être question ci-après.

L'enquête, réalisée en avril de cette année, révèle que seule une faible proportion de la population (29 %) se préoccupe des risques sanitaires potentiels liés aux moisissures, tandis que la majorité (51 %) n'y prête aucune attention. Selon les résultats, les microplastiques ou les résidus de métaux lourds dans les aliments sont des sujets qui suscitent davantage d'inquiétude chez les consommateurs quant aux risques potentiels pour la santé. Malgré cette perception relativement faible du risque, la quasi-totalité des personnes interrogées adoptent un comportement conforme aux recommandations du BfR pour éviter les mycotoxines : environ 96 % d'entre elles ont déclaré conserver leurs aliments dans un endroit propre, sec et frais, tandis que 95 % ont indiqué jeter immédiatement les aliments moisis sans les laisser traîner à l'air libre. En revanche, des mesures de protection plus spécifiques, comme le fait de secouer régulièrement les stocks de farine et de céréales, sont moins connues : seules 17 % des personnes interrogées ont déclaré les appliquer.

Une marge de progression existe concernant la gestion des aliments déjà moisis. En effet, un peu moins d'un tiers des répondants ont indiqué qu'ils se contentaient de retirer les parties atteintes des fruits ou légumes frais moisis pour en consommer le reste. Or, le BfR recommande de jeter entièrement les aliments moisis, car les moisissures peuvent avoir pénétré en profondeur dans l'aliment, même si elles ne sont pas visibles en surface. Cette recommandation concerne tout particulièrement les aliments à forte teneur en eau, comme les fruits et légumes, mais aussi le pain, par exemple.

Beaucoup de gens ignorent également que des mycotoxines peuvent être présentes dans des aliments ne présentant aucun signe visible de moisissure. Cela concerne notamment les aliments transformés, tels que les boissons végétales ou les épices séchées. Afin de protéger au mieux les consommateurs contre les risques sanitaires liés à cette contamination « invisible », des teneurs maximales en mycotoxines ont été fixées à l'échelle de l'UE pour de nombreux aliments, et leur respect fait l'objet d'un contrôle régulier par les autorités.

samedi 12 septembre 2026

Canada : résultats de la surveillance de divers produits alimentaires et de la présence de contaminants microbiologiques

Le Canada publie les résultats de la surveillance de la sécurité des aliments concernant divers produits alimentaires et la présence de contaminants microbiologiques, source Food Safety Magazine.

Le 8 septembre 2026, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a publié les résultats de plusieurs campagnes d'échantillonnage et d'analyse visant divers contaminants microbiologiques et chimiques dans une gamme de produits alimentaires. La grande majorité des échantillons ont été jugés satisfaisants dans le cadre de ces campagnes.

Attention, ne sont présentés ci-dessous que les résultats sur la présence de contaminants microbiologiques.

L'ACIA a mené les activités de suivi appropriées lorsque les analyses ont révélé un risque potentiel pour la santé, et des rappels de produits ont été émis lorsque cela s'avérait nécessaire.

Présence de Cyclospora et de Giardia dans les légumes à feuilles importés

Une enquête ciblée a permis d'analyser 1 984 échantillons de légumes importés sur une période de cinq ans, du 1er avril 2020 au 31 mars 2025. Sur les 1 984 échantillons, 1 310 ont été analysés pour détecter la présence à la fois de Cyclospora cayetanensis (C. cayetanensis) et de Giardia spp., tandis que 664 ont été analysés pour détecter la présence de C. cayetanensis uniquement et 10 pour détecter la présence de Giardia spp. uniquement.

Sur les 1 984 échantillons analysés, 99,6 % ont été jugés satisfaisants. La présence de C. cayetanensis a été détectée dans cinq des 1 974 échantillons (0,3 %) analysés. La présence de Giardia spp. a été détectée dans trois des 1 320 échantillons (0,2 %) analysés.

Présence de STEC et de Salmonella dans les légumes à feuilles

Une étude ciblée a analysé 1 613 échantillons de légumes à feuilles frais entiers, importés (832) et nationaux (781), sur une période de cinq ans allant du 1er avril 2020 au 31 mars 2025. Les échantillons ont été analysés afin de détecter la présence des pathogènes bactériens suivants : E. coli producteur de shigatoxines (STEC) O157:H7, STEC non-O157 et Salmonella spp. Tous les échantillons ont également fait l'objet d'un test de dépistage de E. coli générique, un indicateur de l'efficacité globale des bonnes pratiques agricoles et des conditions sanitaires.

Une grande majorité (99,7 %) des échantillons analysés s'est révélée satisfaisante. Aucun cas de STEC O157:H7 ni de Salmonella spp. n'a été détecté, respectivement, parmi les 1 609 et les 1 451 échantillons. Des STEC non-O157 ont été détectés dans trois (0,2 %) des 1 609 échantillons. Des concentrations élevées de E. coli générique ont été constatées dans deux (0,1 %) des 1 613 échantillons.

Dioxines dans certains aliments

Une enquête ciblée a porté sur l'analyse de 183 échantillons d'aliments pour y rechercher des dioxines et des composés de type dioxine ; ces substances ont été détectées dans 66 % des échantillons analysés. Les échantillons ont été prélevés dans des points de vente au détail entre le 1er avril 2021 et le 31 mars 2024. La proportion la plus élevée d'échantillons présentant des taux détectables de dioxines et de composés de type dioxine a été observée dans les graines et les beurres de graines (73 %), tandis que la proportion la plus faible a été relevée dans les pignons de pin (59 %).

Santé Canada a conclu que ces produits ne présentaient aucun risque pour la santé.

Listeria, Salmonella et S. aureus dans les saucisses de viande prêtes à consommer

Une étude ciblée a analysé 863 échantillons de saucisses de viande réfrigérées, préemballées et prêtes à consommer sur une période de trois ans, du 1er avril 2021 au 31 mars 2024, afin de détecter la présence des agents pathogènes Listeria monocytogenes (L. monocytogenes), Salmonella spp., et de Staphylococcus aureus (S. aureus). Les échantillons ont également été analysés pour détecter la présence de E. coli générique, qui sert d'indicateur des conditions d'hygiène et de salubrité globales de la chaîne d'approvisionnement alimentaire.

La quasi-totalité (99,9 %) des 863 échantillons analysés se sont révélés conformes. Aucun échantillon ne contenait de L. monocytogenes, de Salmonella spp. ni de S. aureus. Des concentrations élevées de E. coli générique ont été détectées dans l'un des 863 échantillons (0,1 %). 

Salmonella dans le tahini importé

Une enquête ciblée a permis d'analyser 908 échantillons de tahini (pâte de sésame) importés sur une période de sept ans, du 1er avril 2018 au 31 mars 2025. Ces échantillons de tahini ont été analysés afin de détecter la présence de la bactérie pathogène Salmonella spp.

La majorité (99,4 %) des échantillons analysés se sont révélés conformes. La bactérie Salmonella spp. a été détectée dans 0,6 % (cinq sur 908) des échantillons.

Enquête à grande échelle sur les bactéries, les virus et les parasites dans divers aliments

Entre le 1er avril 2018 et le 31 mars 2025, un total de 38 917 échantillons d'aliments ont été analysés dans le cadre d'une série d'enquêtes ciblées visant à rechercher la présence de pathogènes bactériens et d'indicateurs bactériens, de virus et de parasites. Parmi les échantillons analysés, 99,27 % étaient satisfaisants, 0,65 % ont nécessité une enquête approfondie et 0,08 % étaient insatisfaisants.

Les aliments analysés comprenaient notamment des fromages au lait cru, des produits frais et surgelés, des huîtres, des aliments pour bébés, des noix décortiquées crues, du kimchi, des pâtisseries fourrées à la crème et des champignons. Ces aliments ont été ciblés en raison de leur lien historique avec des éclosions de cas de maladies d'origine alimentaire et des rappels de produits au Canada.

Les micro-organismes recherchés comprenaient E. coli générique, E. coli O157, L. monocytogenes, Salmonella, S. aureus, Cyclospora, le virus de l'hépatite A et norovirus, ainsi que la flore aérobie mésophile, un indicateur d'hygiène.

Salmonella et S. aureus dans la pâte de poisson crue

Une étude ciblée a analysé 33 échantillons de pâte de poisson crue réfrigérée sur une période d'un an, du 1er avril 2024 au 31 mars 2025, afin de détecter la présence des agents pathogènes Salmonella spp. et Staphylococcus aureus (S. aureus). Tous les échantillons ont également fait l'objet d'un test de dénombrement des colonies aérobies, qui peut servir d'indicateur des conditions d'hygiène et de salubrité globales de la chaîne d'approvisionnement alimentaire.

Tous les échantillons analysés (100 %) ont donné des résultats satisfaisants tant pour Salmonella spp. que pour S. aureus, car ni Salmonella spp. ni des concentrations élevées de S. aureus n'ont été détectées dans aucun des échantillons. Des concentrations élevées de NCA ont été constatées dans 24 des 33 échantillons (72,7 %). L'Agence canadienne d'inspection des aliments a mené les mesures de suivi appropriées.

Salmonella dans des graines de pavot entières importées

Une enquête ciblée a porté sur l'analyse de 108 échantillons de graines de pavot entières importées, entre le 1er avril 2023 et le 31 mars 2025, afin de détecter la présence de Salmonella. Tous les échantillons analysés (100 %) se sont révélés conformes. Aucun échantillon n’a révélé la présence de Salmonella spp.

NB : A partir de ce lien vous pouvez accéder, en Français, à l’ensemble des données sur la présence de contaminants chimiques dans divers aliments dans le cadre de la surveillance par l’ACIA.

jeudi 3 septembre 2026

94 % des adultes américains s'inquiètent de la fréquence des rappels de produits alimentaires, selon un sondage. Quid en France ?

« Selon un sondage, 94 % des adultes américains s'inquiètent de la fréquence des rappels de produits alimentaires », source Food Safety Magazine Editorial Team.

Un nouveau sondage auprès des consommateurs, commandé par GS1 US, révèle que 94 % des adultes américains se disent préoccupés par la fréquence des rappels de produits alimentaires, un chiffre en légère hausse par rapport aux 93 % enregistrés en 2025. Parallèlement, 80 % des personnes interrogées estiment que les rappels de produits alimentaires sont efficaces pour protéger la santé et la sécurité sanitaire publiques, contre 85 % en 2025.

Le sondage indique également que les consommateurs prennent des précautions plus larges à la suite d'incidents liés à la sécurité des aliments. Parmi les répondants :

- 67 % ont déclaré avoir évité une catégorie entière de produits alimentaires après un rappel, contre 60 % en 2025 ;
- 66 % ont affirmé hésiter à racheter le même produit ou la même marque, contre 59 % en 2025 ;
- 59 % ont indiqué avoir jeté des aliments faisant l'objet d'un rappel, même si leur État ou leur région n'était pas touché, contre 57 % en 2025.

Bien que 9 % des consommateurs aient déclaré qu'ils n'achèteraient plus jamais une marque ayant fait l'objet d'un rappel, les personnes envisageant un nouvel achat ont mentionné plusieurs facteurs susceptibles d'influencer leur décision. Il s'agit notamment du délai écoulé depuis le rappel et de la gravité de la contamination (tous deux cités par 39 % des répondants), ainsi que des recommandations des autorités (citées par 35 % d'entre eux).

Bob Carpenter, dirigeant de GS1 US, a souligné que le système de rappel des produits alimentaires constitue une ligne de défense importante pour la protection des consommateurs. Il a suggéré qu'une traçabilité plus complète et un meilleur partage des données pourraient aider les entreprises à identifier les produits concernés et à fournir aux consommateurs des informations plus claires sur l'ampleur des rappels.

Traçabilité alimentaire et codes-barres 2D pour une meilleure gestion des rappels

GS1 US a réaffirmé son soutien à la réglement de la FDA sur la traçabilité alimentaire, établie en vertu de la section 204 de la loi FSMA (Food Safety Modernization Act), en promouvant l'application des normes GS1, la formation du secteur et la diffusion de recommandations. GS1 US a également souligné l'adoption des codes-barres bidimensionnels (2D) comme un outil potentiel pour la gestion des rappels de produits. Selon l'organisation, les données produit encodées dans ces codes ou accessibles par leur biais, notamment les informations relatives au lot, permettraient aux partenaires commerciaux et aux consommateurs d'identifier plus précisément les produits concernés lors d'incidents liés à la sécurité des aliments.

Commentaire

Je fais partie des français qui s'inquiètent de la fréquence des rappels de produits alimentaires. Pas vous ?
Pour information, en 2026, au 9 septembre 2026, il y a eu 1 576 rappels d'aliments en France.

mercredi 12 août 2026

Italie : Le « Fort Knox du fromage » subit de plein fouet les conséquences du changement climatique, qui fait grimper les coûts et les risques

« Le « Fort Knox du fromage » italien subit de plein fouet les conséquences du changement climatique, qui fait grimper les coûts et les risques. », source Ynetnews.

Credito Emiliano, qui exploite deux importants entrepôts de fromages d'une valeur d'environ 350 millions de dollars, a modernisé ses systèmes de chauffage et de refroidissement, amélioré l'isolation et accru son utilisation d'énergies renouvelables afin de maintenir des conditions stables. Malgré ces efforts, la chaleur extrême fait grimper la consommation électrique quotidienne des entrepôts d'environ 30 %, ce qui réduit la rentabilité, la banque s'efforçant de maintenir la température et l'humidité précises nécessaires à l'affinage optimal des fromages.

Le « Fort Knox du fromage » italien subit de plein fouet les conséquences du changement climatique, qui fait grimper les coûts et les risques.

La chaleur réduit également la production laitière et bouleverse les industries italiennes du vin et de l'huile d'olive.

Les insolites « banques de fromages » italiennes sont contraintes de dépenser beaucoup plus d'énergie car la vague de chaleur qui frappe l'Europe menace des centaines de milliers de meules de Parmigiano Reggiano détenues en garantie de prêts.

Ce modèle, en vigueur depuis 1953, permet aux producteurs de parmesan de recevoir une avance représentant environ 60 % à 80 % de la valeur d'une meule, alors que le fromage est encore jeune. Les meules sont ensuite affinées pendant 12 à 36 mois dans des entrepôts bancaires à Reggio Emilia et à Modène avant d'atteindre leur pleine valeur marchande.

Environ 500 000 meules sont conservées dans ces « banques à fromage », sur une production italienne annuelle totale d’environ 4 millions de meules. Un seul coffre renferme des fromages d’une valeur de plus de 300 millions d’euros. Un porte-parole de la banque a décrit l’installation comme le « Fort Knox du fromage », soulignant que les températures extérieures élevées nécessitent des quantités d’énergie toujours plus importantes pour préserver l’environnement stable dont le produit a besoin.

Cette vulnérabilité est de plus en plus prise en compte par les prêteurs dans leurs calculs de risque de crédit. Si les conditions climatiques réduisent la production ou endommagent l'affinage du fromage, la valeur des garanties sous-jacentes aux prêts peut également s'en trouver affectée.

L'économie du parmesan au sens large est estimée à environ 4,7 milliards de dollars, ce qui fait des perturbations liées au climat une préoccupation non seulement pour les agriculteurs et les fromagers, mais aussi pour les prêteurs dont le modèle de financement dépend de la valeur future du produit.

Cette même vague de chaleur perturbe d'autres secteurs clés de l'industrie agroalimentaire italienne.

En Lombardie, les vendanges 2026 ont débuté le 30 juillet, soit le début le plus précoce jamais enregistré, tandis qu'en Sicile, les producteurs ont étalé les vendanges sur près de 100 jours pour tenter de faire face aux vagues de chaleur répétées.

L'organisation agricole italienne Coldiretti a estimé les coûts supplémentaires à environ 250 euros par hectare pour l'énergie, les engrais et autres intrants, tandis que les valeurs à l'exportation ont chuté de 7 % au cours des quatre premiers mois de 2026.

La production d'huile d'olive a également été touchée. La production nationale cette année est estimée entre 270 000 et 300 000 tonnes, contre une moyenne historique de plus de 350 000 tonnes.

Les économistes préviennent que les pertes annoncées pourraient sous-estimer les dégâts à long terme, car les chocs thermiques peuvent se répercuter sur l'ensemble des chaînes d'approvisionnement. Une baisse de la production à un moment donné peut engendrer des pénuries et une hausse des coûts ailleurs quelques mois plus tard, amplifiant ainsi l'impact financier.

jeudi 6 août 2026

A propos de la récupération d'aliments dans les conteneurs à ordures. Le cas du Royaume-Uni

Voici un article qui s’intéresse à ce que Wikipédia appelle, « Le déchétarisme, le glanage alimentaire ou trésordure qui est le fait de fouiller dans les poubelles des magasins de grande distribution et des restaurants (mais aussi présentes sur la voie publique -aa) pour en extraire des aliments encore consommables par le déchétarien ou glaneur. »

L’article paru dans Global Food Security s’intitule, « Beyond the bin: demographic characteristics and attitudes associated with dumpster diving. The UK as a case study » ou « Au-delà des poubelles : caractéristiques démographiques et attitudes liées à la récupération dans les conteneurs à ordures. Le Royaume-Uni comme étude de cas »


Faits saillants
  • La récupération de nourriture dans les poubelles est une pratique courante au Royaume-Uni, puisque 4,7 % des adultes ont commencé à s'approvisionner en nourriture dans les poubelles ou les zones de déchets au cours des 12 derniers mois.
  • Les personnes souffrant d'une maladie chronique, ayant des enfants à charge ou ayant recours aux banques alimentaires sont plus susceptibles d'avoir commencé à fouiller les poubelles.
  • La crainte des intoxications alimentaires et la difficulté à manger sainement constituent des freins à la fouille des poubelles.
  • La pratique courante de la fouille des poubelles reflète des inefficacités systémiques dans la distribution alimentaire et la gestion des déchets dans les pays à revenu élevé.

Résumé

La récupération alimentaire dans les poubelles consiste à se procurer des aliments jetés dans les conteneurs à ordures des supermarchés. Cette pratique, apparue dans plusieurs pays riches, reflète les inefficacités systémiques de la distribution alimentaire et de la gestion des déchets, fréquentes dans les pays à revenu élevé. Il est essentiel de s'attaquer à ces problèmes pour atteindre les objectifs mondiaux tels que l'ODD* 2 (Faim Zéro) et l'ODD 12.3 (Réduire de moitié le gaspillage alimentaire). Cette recherche vise à identifier : 1) les caractéristiques démographiques associées à la récupération alimentaire dans les poubelles ; et 2) les attitudes et préoccupations liées à cette pratique. L'étude a analysé les données de l'enquête de la Food Standards Agency du Royaume-Uni, « Food and You 2 » (2023-2024), une enquête de l'Office for Official Statistics.

À partir des données recueillies auprès de 5 861 répondants au Royaume-Uni, une série de modèles a permis d'identifier : 1) les caractéristiques socio-démographiques, socio-économiques et géographiques ; et 2) les attitudes et préoccupations liées à la récupération alimentaire dans les poubelles.

Nous démontrons que les personnes souffrant d'une affection de longue durée, celles ayant des enfants à charge, celles qui ont recours aux banques alimentaires ou celles qui vivent en milieu urbain sont plus susceptibles de se procurer de la nourriture dans les poubelles des supermarchés. À l'inverse, celles qui craignent les intoxications alimentaires et souhaitent manger sainement sont moins susceptibles d'avoir recours à cette pratique.

Cette étude fournit aux décideurs politiques des éléments probants pour agir d'urgence afin d'apporter un soutien accru et une source d'alimentation alternative aux groupes vulnérables. Bien que cette étude porte sur le Royaume-Uni, ses conclusions ont une portée plus large en matière de sécurité des aliments au niveau mondial.

Nous proposons une explication rudimentaire à la prévalence de la récupération de nourriture dans les poubelles en milieu urbain : la concentration de supermarchés, de restaurants et d’entreprises alimentaires est plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural, ce qui offre davantage d’opportunités de récupérer de la nourriture dans les poubelles.

Le cas du Royaume-Uni illustre un paradoxe commun à de nombreux pays à revenu élevé : gaspillage alimentaire et insécurité alimentaire simultanés.

Conclusion

Bien que cette étude ait été menée au Royaume-Uni, ses implications concernent les efforts mondiaux en matière de sécurité des aliments, soulignant l'urgence d'interventions systémiques pour réduire le gaspillage alimentaire et garantir un accès équitable à une alimentation saine et nutritive dans le monde entier. Notre analyse descriptive montre que 5 % des personnes interrogées au Royaume-Uni ont commencé à se procurer de la nourriture dans les poubelles ou les zones de déchets des supermarchés ou des magasins au cours des 12 derniers mois, bien que la prévalence réelle soit probablement plus élevée. Nos analyses démontrent que cette pratique était plus fréquente parmi les groupes vulnérables, notamment les personnes ayant des enfants à charge et celles souffrant de maladies chroniques. La fréquence de la récupération de nourriture dans les poubelles au sein de ces groupes est particulièrement préoccupante, car les jeunes enfants, dont le système immunitaire est moins développé, sont plus exposés aux risques de graves conséquences sanitaires liées aux intoxications alimentaires.

* ODD : objectif de développement durable.

Commentaire

La France est tout aussi concernée par les faits rapportés ci-dessus. Dans le cadre de l’Agenda 2030, la France s’est fixée un certain nombre d’objectifs dont, ODD2 - Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir une agriculture durable.

« L’objectif vise à éradiquer la faim et la malnutrition en garantissant l’accès à une alimentation sûre, nutritive et suffisante pour tous. Il appelle à la mise en place de systèmes de production alimentaire et de pratiques agricoles durables et résilientes. L’ODD2 ne pourra être atteint que si les cibles de plusieurs autres ODD sont également atteintes. Les décideurs ont un rôle à jouer dans la promotion de systèmes de production durables à grande échelle et dans le bon fonctionnement des marchés alimentaires. »

Par ailleurs, dans une grande ville comme Paris où je vis, il existe dans de nombreux lieux des ‘vendeurs’ qui proposent des produits alimentaires aux acheteurs éventuels, plats cuisinés, boissons à base de fruits, etc., proposés à température ambiante, sans aucune garantie de sécurité des aliments.

jeudi 23 juillet 2026

Listeria monocytogenes dans les denrées alimentaires prêtes à être consommées : suivez la cirulaire de l'AFSCA

Le blog vous avait déjà proposé Listeria monocytogenes pour les Nuls. Plus que 99 jours d'ici le 1er juillet 2026 et plus récemment, Depuis le 1er juillet 2026, qu’est-ce qui a changé dans la maîtrise de Listeria dans les aliments réfrigérés prêts à être consommés ?

Et voici que l’AFSCA de Belgique nous propose une circulaire Listeria monocytogenes dans les denrées alimentaires prêtes à être consommées du 22/07/2026 (nouvelle version). Il s’agit d’une version avec mise en évidence des modifications par rapport à la version précédente.

Merci à nos amis belges !

La présente circulaire a pour but d'informer les opérateurs de leurs obligations en ce qui concerne l'application du critère microbiologique pour Listeria monocytogenes, figurant dans le Règlement (CE) n° 2073/2005, ainsi que la durée de conservation, en ce qui concerne Listeria monocytogenes, des denrées alimentaires prêtes à être consommées autres que celles destinées aux nourrissons ou à des fins médicales spéciales.
La présente circulaire a également pour but d'informer les laboratoires exécutant des études de laboratoire pour L
isteria monocytogenes.

mercredi 17 juin 2026

Sécurité des aliments dans l’UE : Comment fonctionne le réseau d’alerte? rapide, peu rapide ou pas rapide du tout ? C’est la question qui est posée !

En date du 22 avril 2026, la médiatrice de l’UE va ouvrir une enquête sur la manière dont la Commission garantit la fiabilité du système d’alerte de l’UE en matière de sécurité des aliments ou pour dire les choses plus précisément Comment la Commission européenne assure la protection des consommateurs contre les dangers liés aux denrées alimentaires au moyen du système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF).

Le blog a souvent qualifié, depuis plusieurs années, le RASFF de réseau d’alerte dit rapide … Le blog a publié de très nombreux articles sur les retards des rappels tant au niveau du RASFF de l’UE que de RappelConso en France, ici.

La Médiatrice européenne Teresa Anjinho a ouvert une enquête d’initiative sur la manière dont la Commission européenne assure la protection des consommateurs contre les dangers liés aux denrées alimentaires grâce au système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF).

La Médiatrice a décidé d’ouvrir l’enquête après qu’un certain nombre de parties prenantes ont fait part de leurs préoccupations quant au fonctionnement du système d’alerte. Ces préoccupations concernent d'éventuels retards dans la transmission de certaines alertes concernant un problème de sécurité des aliments ainsi que la transparence et la qualité des données mises à la disposition des citoyens.

En ouvrant l'enquête, Mme Anjinho attire l'attention sur les récents retards dans l'information des autorités nationales et européennes sur le lait infantile contaminé. Elle note également qu’un système d’alerte fiable et efficace en matière de sécurité des aliments est nécessaire pour protéger plusieurs droits au titre de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, y compris le droit à la santé et à la protection des consommateurs.

La Médiatrice a posé une série de questions à la Commission pour obtenir un aperçu détaillé du fonctionnement du système. Il s’agit notamment de savoir combien de temps il faut en moyenne pour que les alertes soient diffusées aux membres du RASFF après qu’un risque a été identifié et combien de temps en moyenne il faut aux points de contact nationaux – généralement les autorités chargées de la sécurité des aliments – pour soumettre les notifications.

La Médiatrice a également demandé à la Commission si elle avait elle-même déjà identifié des risques avant qu’ils ne soient signalés par une autorité nationale et si elle envisageait d’introduire des mesures pour garantir que les notifications couvrent efficacement le commerce électronique.

Parallèlement, les médiateurs nationaux de toute l’Europe ont été invités à enquêter sur le fonctionnement du RASFF avec leurs autorités nationales, étant donné qu’un lien étroit entre les actions de la Commission et les autorités nationales concernant le système d’alerte est essentiel pour garantir son efficacité. En tant que coordinatrice du réseau européen des médiateurs, Mme Anjinho partagera ensuite ses conclusions avec la Commission.

Un certain nombre de questions à la Commission figurent à l'annexe de la présente lettre. Je vous saurais gré de bien vouloir recevoir la réponse de la Commission pour le 20 juillet 2026 au plus tard. Si la production d’informations concernant l’un des éléments nécessite une charge disproportionnée, j’invite la Commission à en informer l’équipe d’enquête dès que possible.

Liste des questions à la Commission

A) Lorsqu'un membre du réseau RASFF dispose d'informations relatives à l'existence d'un risque grave direct ou indirect découlant de denrées alimentaires et d'aliments pour animaux, il doit en informer immédiatement la Commission qui, après vérification des informations, les communique aux autres membres du RASFF. La Commission est invitée à fournir des informations sur les points suivants:
  • i. la manière dont il vérifie les informations reçues;
  • ii. Au cours des deux dernières années, combien de temps a été nécessaire en moyenne pour que les notifications d'alerte soient diffusées aux membres du RASFF après qu'un risque a été identifié; et si les délais de 48 heures et de 24 heures pour, respectivement, la soumission par les points de contact et la vérification/transmission par la Commission ont jamais été dépassés;
  • iii. dans le même délai, quel est le délai moyen pris par les points de contact pour soumettre les notifications et pour que la Commission les vérifie et les transmette dans le cas des informations, des nouvelles et des notifications de reclassement ;
  • iv. Enfin, quel est le temps moyen pris par les membres du réseau pour diffuser les notifications de rejet aux frontières, que la Commission ne vérifie qu’a posteriori ?

Pour les questions ii) à iv), la Commission est invitée à fournir l'aperçu statistique correspondant.

B) Comment la Commission procède-t-elle si elle identifie, à elle seule, un risque grave qui n'a pas (encore) été signalé par un membre du RASFF? Est-ce que cela s'est déjà produit, et si oui, comment cela a-t-il été géré ?

C) La Commission est responsable de la gestion du réseau RASFF. En outre, la Commission est également chargée d'assurer le fonctionnement, la maintenance, le support, la mise à jour ou le développement des logiciels et de l'infrastructure informatique sous-jacents à iRASFF. À la lumière de ce qui précède, la Commission est invitée à fournir des informations au Médiateur en ce qui concerne:

  • i. toutes les mesures qu’elle a prises pour garantir la qualité et la cohérence (modalités de notification, actualité) des notifications des points de contact, qu’il s’agisse de notifications d’alerte ou d’autres types de notifications;
  • ii. si elle envisage des mesures visant à garantir que les notifications tiennent mieux compte du contrôle de la sécurité des aliments par le secteur privé et couvrent efficacement le commerce électronique;
  • iii. En ce qui concerne iRASSF, la manière dont il garantit que le système repose sur la technologie la plus récente. En réponse à cette question, la Médiatrice souhaiterait que la Commission fournisse davantage d’informations sur TraceMap, y compris sur la manière dont il est concrètement utilisé dans le cadre du RASFF et sur la manière dont le contrôle humain et le respect de la législation sur l’IA sont assurés.

D) En ce qui concerne la fenêtre RASFF (y compris le portail des consommateurs), la Commission pourrait-elle expliquer si elle entend améliorer sa transparence, en particulier l’identification du nom du produit rappelé, et l’accessibilité du portail pour les citoyens vulnérables tels que les personnes âgées ou les personnes handicapées? Si la Commission n’a pas l’intention de mettre à disposition le nom des produits rappelés, pourrait-elle expliquer pourquoi son approche est différente de celle de Safety Gate pour les produits non alimentaires?

Commentaire

Je pense que la patate chaude va circuler au sein des différentes directions afin de savoir qui et comment répondre à ces interrogations, et il semble désormais évident, que le RASFF a été lié à de nombreux dysfonctionnements sur le dos des consommateurs …

Même s’il existe quelques exemples de rapidité, voir ici tout récemment, en France, RappelConso n’est pas exempt de tout reproche ...

jeudi 7 mai 2026

98,8% de ces échantillons alimentaires conformes aux limites fixées par la législation européenne en matière de résidus de pesticides, selon l’EFSA

A l’occasion du lancement de la nouvelle marque UFC-Que Choisir, devenant « Que Choisir Ensemble », UFC-Que Choisir a lancé une campagne de comm' innommableen un mot, une campagne idéologique stigmatisant les agriculteurs pour ce mouvement désormais en perdition.

Pendant ce temps, dans la vraie vie, selon le dernier rapport de l’EFSA, le respect des limites fixées par l’UE en matière de résidus de pesticides reste élevé, comme en témoignent les résultats de plus de 125 000 échantillons alimentaires prélevés dans toute l’Europe. Le dernier rapport confirme, comme les années précédentes, que le risque pour la santé humaine résultant de la présence de résidus de pesticides dans les aliments reste faible.

Programme d'échantillonnage coordonné de l'UE 

Chaque année, les États membres de l'UE, ainsi que la Norvège et l'Islande, collectent et communiquent à l'EFSA les résultats d'analyse de milliers d'échantillons provenant d'aliments largement consommés afin de fournir une image représentative du marché de l'UE. Les mêmes produits sont ciblés tous les trois ans afin de suivre leur évolution au fil du temps.

En 2024, les autorités nationales chargées de la sécurité des aliments ont prélevé 9 842 échantillons parmi les produits suivants : aubergines, bananes, brocolis, champignons de culture, pamplemousses, melons, poivrons, raisins de table, huile d’olive vierge, grains de blé, graisse bovine et œufs de poule.

Au total, 98,8% de ces échantillons se sont révélés conformes aux limites fixées par la législation européenne, un résultat comparable aux 98,7% enregistrés en 2021, lorsque la même sélection de produits avait été analysée.

Aucun résidu mesurable de pesticide n’a été détecté dans 43,1% des échantillons, tandis que 54,5% d’entre eux contenaient un ou plusieurs résidus respectant les limites maximales de résidus (LMR). Les LMR ont été dépassées dans 2,4% des échantillons, dont 1,2 % ont été confirmés comme non conformes (ce qui signifie qu’ils dépassaient la LMR après prise en considération d'une incertitude de mesure).

Conclusion

Voilà la réalité des faits, loin de la campagne de Que Choisir qui est illustrée par cette image stigmatisant nos agriculteurs. Il s’agit une photo prise en Malaisie en 2020, montrant comme le dit la légende, une « agricultrice chinoise asiatique » (!) et son pulvérisateur…

mercredi 29 novembre 2023

Hexahydrocannabinol (HHC) dans les denrées alimentaires : indications d'effets psychoactifs, selon un avis du BfR

«Hexahydrocannabinol (HHC) dans les denrées alimentaires : indications d'effets psychoactifs», source avis du BfR du 5 octobre 2023.

L'hexahydrocannabinol (HHC) appartient au groupe des substances cannabanoïdes. Sa structure chimique est similaire à celle du Δ9-tétrahydrocannabinol (Δ9-THC), le principal cannabinoïde psychoactif de la plante Cannabis sativa L. Cependant, contrairement au Δ9-THC, on ne le trouve qu'en petites quantités dans la plante et est produit principalement artificiellement. (synthétiquement). Il est apparu pour la première fois sur le marché pharmaceutique américain fin 2021. En Europe, les premiers résultats ont été publiés en mai 2022. En décembre 2022, les produits HHC étaient présents dans 70% des États membres de l’UE.

Le HHC est entre autres utilisé dans les liquides pour cigarettes électroniques ou proposé sous forme d’huiles HHC. Cependant, on le trouve également dans des produits que les consommateurs peuvent percevoir comme des denrées alimentaires, notamment des produits de type gomme de vin et des compléments alimentaires. L'hexahydrocannabinol est proposé comme «substitut légal» au cannabis ou au Δ9-THC car il n'est actuellement pas soumis à la loi allemande sur les stupéfiants, à la nouvelle loi sur les substances psychoactives (NpSG) ou aux conventions internationales de contrôle des drogues pertinentes. Cependant, dans l'UE, le HHC est désormais surveillé en tant que nouvelle substance psychoactive par l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA).

Les données scientifiques sur le HHC sont encore insuffisantes – tant en termes de toxicité (empoisonnement) que d’autres effets sur l’homme. Cependant, il existe quelques résultats d'études sur des animaux et des cultures cellulaires ainsi que des témoignages de personnes ayant consommé du HCC. Ceux-ci suggèrent que le HHC, notamment sous sa forme β-HHC, peut induire des effets similaires à ceux du Δ9-THC. Toutefois, des doses un peu plus élevées sont probablement nécessaires. Selon les connaissances actuelles, la teneur en HHC des produits perçus comme des denrées alimentaires (par exemple les gommes de vin avec 25 mg de HHC par pièce) pourrait ainsi être suffisante pour induire un état d'euphorie chez ceux qui les consomment. Les effets sur la santé d'une consommation excessive (même accidentelle chez les enfants) ne peuvent pas encore être évalués avec certitude. Toutefois, la survenue d'une intoxication grave doit être envisagée en raison du risque de confusion avec des denrées alimentaires.

lundi 9 octobre 2023

L'UE va renforcer les règles sur l'utilisation des nitrites et des nitrates comme additifs

«L'UE va renforcer les règles sur l'utilisation des nitrites et des nitrates comme additifs», source article du 9 octobre 2023 paru dans Food Safety News.

La Commission européenne a fixé de nouvelles limites pour l'utilisation des nitrites et des nitrates comme additifs alimentaires. Les niveaux plus stricts visent à protéger contre les bactéries pathogènes telles que Listeria, Salmonella et Clostridium botulinum, tout en réduisant l'exposition aux nitrosamines, dont certaines sont cancérigènes. Sur la base d'une évaluation scientifique antérieure réalisée par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), les limites ont été approuvées par les États membres de l'UE. Les limites plus strictes tiennent compte de la diversité des produits et de leurs conditions de fabrication à travers l'Europe. Les entreprises alimentaires ont désormais au moins deux ans pour s’y adapter. Ces substances sont utilisées comme additifs alimentaires en raison de leurs propriétés antimicrobiennes, principalement dans la charcuterie et la viande transformée, mais également dans le poisson et le fromage. Ils fonctionnent comme des conservateurs et sont utilisés pour rehausser la couleur et prolonger la durée de conservation des viandes transformées. Les nitrates se trouvent naturellement dans les légumes, avec les concentrations les plus élevées dans les légumes à feuilles comme les épinards et la laitue. Ils peuvent également entrer dans la chaîne alimentaire en tant que contaminant environnemental dans l'eau.

Les mesures ne vont pas jusqu'à l'interdiction

Une étude de la Commission européenne de 2014 a révélé que, à quelques exceptions près, la quantité typique de nitrites ajoutée aux produits carnés non stérilisés était inférieure au niveau maximum établi par l'UE. D'autres travaux menés en 2016, impliquant l'industrie et différents produits carnés, ont également conclu qu'il était possible d'abaisser les niveaux maximaux de nitrites. Certains groupes, comme Foodwatch France, avaient réclamé l'interdiction de l'utilisation de nitrites et de nitrates ajoutés dans les aliments. Une motion a également été discutée plus tôt cette année au sein de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI) du Parlement européen.

La commissaire Stella Kyriakides, chargée de la santé et de la sécurité alimentaire, avait di : « En fixant de nouvelles limites pour les additifs nitrites et nitrates dans les aliments, nous faisons un pas de plus dans cette direction et mettons en œuvre une autre action importante dans le cadre du plan européen de lutte contre le cancer. J’appelle désormais l’industrie alimentaire à mettre rapidement en œuvre ces règles fondées sur la science et, dans la mesure du possible, à les réduire davantage afin de protéger la santé des citoyens.»

De plus amples détails sur les limites pour des produits particuliers peuvent être trouvés dans ce document de la Commission européenne, Annexes du Règlement de la Commission modifiant l'annexe II du règlement (CE) nº1333/2008 du Parlement européen et du Conseil et l'annexe du règlement (UE) nº231/2012 de la Commission en ce qui concerne les additifs alimentaires «nitrites» (E 249 - 250).

mercredi 20 septembre 2023

Des problèmes récurrents de sécurité des aliments en Inde ...

Il n’y a pas de SignalConso en Inde et les consommateurs semblent bien démunis ...

J’ai commandé un paner biryani chez 'Mini Punjab The Food Krafter' (un traiteur) via Zomato. J'ai été surpris de trouver plusieurs fourmis mortes dans la nourriture. Je demanderais aux autorités de prendre des mesures strictes ...

Zomato est un agrégateur multinational de restaurants indien et une entreprise de livraison de nourriture.

vendredi 15 septembre 2023

Val d'Oise : Opération de contrôles au marché Héloïse d'Argenteuil. 480 kg de denrées alimentaires détruites

C'est mieux qu'à la braderie de Lille où seulement 451kg  de denrées ont été retirées.

Cette opération a été menée par Laetitia Cesari-Giordani, secrétaire générale de la préfecture du Val d’Oise, les agents de la Direction départementale de la protection de la population, de la police aux frontières et des policiers nationaux.

Fraudes, arnaques, non-respect de la chaîne du froid, tromperies sur les prix... L’Etat dans le Val d’Oise assure également votre sécurité sur les marchés !  

Réaction d'un internaute après cette opération,

mercredi 26 juillet 2023

L'UE lève lève les restrictions «Fukushima» sur les importations de produits alimentaires. D’autres pays soulèvent des problèmes de rejet d'eau

«L'UE lève les contrôles liés à Fukushima. D’autres pays soulèvent des problèmes de rejet d'eau», source article de Joe Whitworth paru le 26 juillet 2023 dans Food Safety News.

La Commissioneuropéenne va lever les restrictions à l'importation de denrées alimentaires en provenance du Japon suite à l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima en 2011.

Mme Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a déclaré que l'Union européenne avait accepté de supprimer les mesures restrictives à l'importation restantes liées à l'incident.

«Nous avons pris cette décision sur la base de la science, sur la base de preuves et sur la base de l'évaluation de l'Agence internationale de l'énergie atomique», a-t-elle déclaré.

Le gouvernement japonais s'est félicité de cette annonce, ajoutant qu'il avait demandé à plusieurs reprises à l'UE et à ses États membres de lever les mesures.

L'UE supprime les restrictions

Après l'accident, l'UE a imposé des analyses de radioactivité avant l'exportation des produits alimentaires. Depuis que les restrictions ont été adoptées en 2011, elles ont été réexaminées par la Commission européenne tous les deux ans et ont été assouplies à mesure que les risques diminuaient. Le dernier examen, en septembre 2021, a limité les restrictions en matière d'essais avant exportation aux champignons sauvages, à certaines espèces de poissons et à des plantes sauvages comestibles.

Aucun non-respect des niveaux maximaux de radionucléides fixés dans la réglementation n'a été observé à l'importation dans l'UE depuis juin 2011, ce qui montre que le système de contrôle et les vérifications effectués par les autorités japonaises sont efficaces, a déclaré la Commission européenne. Les niveaux de radionucléides dans les denrées alimentaires et les aliments pour animaux en provenance du Japon continueront d'être surveillés pour garantir la sécurité sanitaire des consommateurs.

Stella Kyriakides, commissaire européenne à la santé et à la sécurité alimentaire, a déclaré qu'à la suite du travail des autorités japonaises et de la collaboration avec des experts de l'UE, les restrictions peuvent être assouplies.

«Les résultats des contrôles favorables de ces dernières années démontrent le fort engagement et la coopération de nos partenaires japonais, et je suis très reconnaissante à tous ceux qui ont rendu cela possible», a-t-elle déclaré.

Les restrictions à l'importation ont été supprimées en Angleterre, en Écosse et au Pays de Galles en juin 2022 à la suite d'une évaluation de la Food Standards Agency (FSA) et de la Food Standards Scotland (FSS).

Préoccupations concernant le rejet d'eau traitée

La Commission européenne a déclaré qu'il était important que le Japon continue de surveiller la production nationale de radioactivité. Cela comprend les poissons, les produits de la pêche et les algues à proximité du site de rejet de l'eau traitée. Ils doivent être contrôlés pour la présence de radionucléides, y compris le tritium.

Un examen de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a révélé que les projets du Japon de rejeter dans la mer l'eau traitée stockée à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi sont «conformes» à ses normes de sécurité.

L'AIEA a déclaré que les rejets d'eau traitée auraient un impact radiologique «négligeable» sur les personnes et l'environnement.

L'eau stockée a été traitée par un système avancé de traitement des liquides pour éliminer presque toute la radioactivité, à l'exception du tritium. Avant de rejeter, le Japon diluera l'eau pour amener le tritium en dessous des normes réglementaires.

Cependant, Hong Kong a annoncé son intention d'interdire l'importation de produits aquatiques en provenance de 10 régions du Japon une fois que le pays commencera à rejeter les eaux usées de Fukushima, afin de garantir la sécurité des aliments et la santé publique.

Les produits comprennent tous les produits aquatiques vivants, congelés, réfrigérés, séchés ou autrement conservés, le sel de mer et les algues non transformées ou transformées.

Les responsables ont déclaré qu'il n'y avait aucune garantie que le système de purification puisse fonctionner de manière continue et efficace à long terme après le début du plan de rejet, et que le déménagement ne poserait pas de risques potentiels pour la sécurité des aliments. La Chine a pris des mesures similaires, selon des médias.

Dans une communication en juin adressée au Comité des mesures sanitaires et phytosanitaires de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), le Japon a appelé une douzaine de pays et régions qui avaient encore des mesures d'importation en place pour les supprimer et a fourni une mise à jour sur la situation des rejets d'eau.

lundi 24 juillet 2023

L'UE pourrait-elle être au bord d'un changement de paradigme à propos des phages ?

«L'UE pourrait-elle être au bord d'un changement de paradigme à propos des phages ?», source Poultry World du 18 juillet 2023.

Nous pourrions être au bord d'un changement de paradigme du phage dans l'Union européenne. C'est l'avis de divers experts lors d'un webinaire en ligne organisé le 11 juillet par PhageEU, une coalition d'acteurs représentant les phages dans l'industrie, la communauté scientifique et la société civile.

Un additif alimentaire basé sur la technologie des phages pourrait être autorisé par la Commission européenne dans un proche avenir, ont-ils convenu, ajoutant qu'il s'agirait d'un modèle pour le développement de produits révolutionnaires de phages chez la volaille et d'autres animaux producteurs denrées alimentaires.

Le webinaire a été l'occasion de discuter des défis techniques liés à la conception de produits bactériophages, des obstacles réglementaires en Europe pour cette nouvelle catégorie de produits ainsi que d'analyser le récent débat politique au sein des institutions européennes et les perspectives d'avenir.

Résistance antimicrobienne

En outre, les phages sont également reconnus comme un traitement alternatif pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens, a rapporté Phage EU. Le récent webinaire a offert une discussion intéressante sur la manière dont les bactériophages feront partie du cadre pour relever des défis tels que la résistance aux antimicrobiens et l'approche One Health de l’UE.

Barrières à la conception d'un cocktail de phages

La Dr Alison Low de l'Institut Roslin de l'Université d'Édimbourg a présenté les obstacles scientifiques à la conception d'un cocktail de phages. Elle a confirmé : «La sélection d'un phage pour cibler une infection spécifique peut présenter un obstacle à la phagothérapie. Elle a ajouté que les chercheurs de l'Institut Roslin utilisent une approche axée sur la génomique pour prédire les cocktails de phages actifs à partir de la séquence d'ADN de la souche bactérienne infectante.

Un cocktail de bactériophages ciblant Salmonella dans la volaille

La Dr Elinor McCartney, directeur technique chez Pen & Tec Consulting, a présenté une étude de cas de bactériophages basée sur le processus d'enregistrement du Bafasal, un cocktail de bactériophages produit par Proteon Pharmaceuticals et utilisé comme additif alimentaire ciblant Salmonella chez la volaille. «Nous sommes au bord d'un changement de paradigme du phage dans l'UE», a dit McCartney.

À la suite d'un examen minutieux de l'EFSA et des États membres de l'UE, début 2023, l'EFSA a émis un avis confirmant l'efficacité du Bafasal contre les sérotypes de Salmonella. Bien que quelques questions demeurent, selon McCartney, «une fois que le Bafasal sera approuvé dans l'UE, il y aura un modèle pour le développement de produits phages révolutionnaires chez la volaille et d'autres animaux producteurs de denrées alimentaires, ainsi que de nombreux autres pathogènes bactériens graves chez les animaux de compagnie et les humains.»

Des phages dans le débat politique

L'intérêt croissant pour la phagothérapie parmi les décideurs européens a été confirmé par Margareta Przybyla, conseillère aux affaires publiques de l'UE et représentante à Bruxelles de Phage EU. «Alors que la résistance aux antimicrobiens et l'approche One Health de lutte contre le changement climatique et la mise en place de sous-systèmes alimentaires durables ont été reconnues par toutes les institutions de l'UE comme des questions prioritaires, il existe de plus en plus d'opportunités de positionner les phages dans le débat politique et de sensibiliser à leur potentiel», a dit Przybyla.

Accroître la sensibilisation

Dans son allocution de clôture, le professeur Jarosław Dastych, PDG de Proteon Pharmaceuticals S.A. et membre fondateur de PhageEU, a souligné qu'en ce qui concerne l'autorisation, le processus réglementaire et le débat politique, le principal obstacle est l'acceptation et la sensibilisation croissante à la technologie des phages.

NB : L’image est issue du compte Twitter de PhageEU.