Une étude
de l’Anses parue dans International Journal of Food
Microbiology, traite de la «Consumption of Bivalve Shellfish in
French Coastal Populations: Data for Acute and Chronic Exposure
Assessment» (Consommation de coquillages bivalves dans les
populations côtières françaises : données pour l'évaluation des
expositions aiguës et chroniques). L’article est disponible en
intégralité.
Faits
saillants
-
Les résultats d'une enquête côtière nationale en France auprès
des consommateurs de coquillages ont été obtenus.
- La
région, l’âge, le revenu, la saisonnalité et la récolte
expliquent la variabilité des résultats.
- La consommation
totale moyenne est de 78,4 g/semaine pour les consommateurs de
coquillages côtiers.
-
Les pêcheurs récréatifs de coquillages ne connaissent pas les
recommandations de sécurité sanitaire.
-
Dans l’ensemble, les résultats éclairent sur l’exposition
chronique et aiguë aux risques liés aux coquillages.
Résumé
Les
coquillages sont une source de nutriments mais sont également un
sujet de préoccupation en termes de sécurité des aliments en
raison de contaminants naturels tels que les phycotoxines ou de
contaminants anthropiques tels que les agents microbiens et les
métaux lourds.
Cependant,
les données relatives à la consommation de chaque espèce de
mollusques sont rares et manquantes pour un calcul approprié de
l'exposition.
L'objectif
de l'étude était de générer des données de consommation de
coquillages dans la population côtière adulte en France pour
évaluer l'exposition aux risques sanitaires, les effets des
déterminants sur la fréquence de consommation et la consommation
habituelle et la perception du risque alimentaire conchylicole.
Notre
étude, baptisée étude CONSOMER, a été réalisée à partir d’une
enquête en ligne en 2016 et 2017 et comprenait un questionnaire sur
la fréquence alimentaire. Après validation, 2 479 questionnaires
individuels étaient disponibles pour une analyse statistique.
Nos
résultats fournissent des estimations de la fréquence de
consommation de coquillages, de la taille des portions, de la
consommation hebdomadaire en g/semaine et en g/semaine/poids corporel
qui peuvent être utilisées pour les calculs d'exposition aiguë et
chronique. Pour le risque aigu, le 97,5e percentile de la taille des
portions se situait autour de 290 g pour la population côtière
adulte. Pour l'exposition chronique, les activités récréatives de
récolte de coquillages étaient associées à des apports
hebdomadaires plus élevés. Une partie non négligeable de cette
sous-population n'est pas au courant des recommandations en matière
de sécurité des aliments concernant les zones de récolte.
Les
résultats concernant la consommation des récolteurs
de coquillages en
particulier concordent avec les autres données disponibles. Les
calculs d’exposition et les recommandations en matière de sécurité
sanitaire devraient
cibler les récolteurs
de coquillages.
Il
est rapporté en fin d’article,
La
modélisation de la consommation de coquillages peut fournir des
indices pour identifier les personnes les plus à risque en raison
des contaminants contenus dans les coquillages et peut être un outil
pour prédire l'exposition de populations spécifiques. Dans notre
étude, il apparaît que les récolteurs de coquillages, ayant un
taux de consommation plus élevé, sont potentiellement plus exposés
aux contaminants des coquillages que les autres adultes des zones
côtières. Dans une autre étude, il a été démontré que les
personnes interrogées déclarant consommer du poisson pêché par
eux-mêmes étaient plus exposées que les autres (von
Stackelberg et al., 2017). Il est également préoccupant qu'ils
ne soient pas particulièrement au courant des recommandations de
sécurité sanitaire concernant la zone où ils récoltent des
coquillages. Cette préoccupation est partagée par une autre étude
montrant que les pêcheurs récréatifs de coquillages ne sont pas au
courant des ouvertures et des fermetures des zones conchylicoles pour
des raisons de sécurité sanitaires (Reich
et al., 2015). Nos résultats suggèrent que des stratégies de
communication devraient être développées pour mieux protéger
cette sous-population.
L'enquête
CONSOMER fournit des données détaillées et qualitatives sur la
consommation de coquillages qui peuvent être utilisées dans les
évaluations de l'exposition alimentaire à la fois pour des
scénarios aigus (biotoxines marines, pathogènes microbiologiques)
et des scénarios chroniques (contaminants chimiques). Les données
de consommation recueillies dans cette enquête sont intéressantes
pour mettre à jour, comme d'autres États membres, la taille des
portions par défaut de l'Autorité européenne de sécurité des
aliments dans son évaluation des risques associés aux biotoxines
marines (EFSA,
2010). Les données utilisées dans cet article sont disponibles
sur demande. L'enquête CONSOMER comprend également des données sur
la consommation de nombreuses espèces de poissons marins et d'autres
produits de la mer (crustacés, céphalopodes et oursins) qui seront
rendues publiques dans un avenir proche via un site internet public.
Mise à jour du 15 novembre 2023
Selon Food
Safety News, «L'étude soutient l'idée selon
laquelle les épidémies liées aux coquillages en France sont
sous-déclarées».