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lundi 6 novembre 2023

Consommation de coquillages bivalves dans les populations côtières françaises : données pour l'évaluation des expositions aiguës et chroniques

Une étude de l’Anses parue dans International Journal of Food Microbiology, traite de la «Consumption of Bivalve Shellfish in French Coastal Populations: Data for Acute and Chronic Exposure Assessment» (Consommation de coquillages bivalves dans les populations côtières françaises : données pour l'évaluation des expositions aiguës et chroniques). L’article est disponible en intégralité.

Faits saillants

- Les résultats d'une enquête côtière nationale en France auprès des consommateurs de coquillages ont été obtenus.
- La région, l’âge, le revenu, la saisonnalité et la récolte expliquent la variabilité des résultats.
- La consommation totale moyenne est de 78,4 g/semaine pour les consommateurs de coquillages côtiers.
- Les pêcheurs récréatifs de coquillages ne connaissent pas les recommandations de sécurité sanitaire.
- Dans l’ensemble, les résultats éclairent sur l’exposition chronique et aiguë aux risques liés aux coquillages.

Résumé

Les coquillages sont une source de nutriments mais sont également un sujet de préoccupation en termes de sécurité des aliments en raison de contaminants naturels tels que les phycotoxines ou de contaminants anthropiques tels que les agents microbiens et les métaux lourds.

Cependant, les données relatives à la consommation de chaque espèce de mollusques sont rares et manquantes pour un calcul approprié de l'exposition.

L'objectif de l'étude était de générer des données de consommation de coquillages dans la population côtière adulte en France pour évaluer l'exposition aux risques sanitaires, les effets des déterminants sur la fréquence de consommation et la consommation habituelle et la perception du risque alimentaire conchylicole.

Notre étude, baptisée étude CONSOMER, a été réalisée à partir d’une enquête en ligne en 2016 et 2017 et comprenait un questionnaire sur la fréquence alimentaire. Après validation, 2 479 questionnaires individuels étaient disponibles pour une analyse statistique.

Nos résultats fournissent des estimations de la fréquence de consommation de coquillages, de la taille des portions, de la consommation hebdomadaire en g/semaine et en g/semaine/poids corporel qui peuvent être utilisées pour les calculs d'exposition aiguë et chronique. Pour le risque aigu, le 97,5e percentile de la taille des portions se situait autour de 290 g pour la population côtière adulte. Pour l'exposition chronique, les activités récréatives de récolte de coquillages étaient associées à des apports hebdomadaires plus élevés. Une partie non négligeable de cette sous-population n'est pas au courant des recommandations en matière de sécurité des aliments concernant les zones de récolte.

Les résultats concernant la consommation des récolteurs de coquillages en particulier concordent avec les autres données disponibles. Les calculs d’exposition et les recommandations en matière de sécurité sanitaire devraient cibler les récolteurs de coquillages.

Il est rapporté en fin d’article,

La modélisation de la consommation de coquillages peut fournir des indices pour identifier les personnes les plus à risque en raison des contaminants contenus dans les coquillages et peut être un outil pour prédire l'exposition de populations spécifiques. Dans notre étude, il apparaît que les récolteurs de coquillages, ayant un taux de consommation plus élevé, sont potentiellement plus exposés aux contaminants des coquillages que les autres adultes des zones côtières. Dans une autre étude, il a été démontré que les personnes interrogées déclarant consommer du poisson pêché par eux-mêmes étaient plus exposées que les autres (von Stackelberg et al., 2017). Il est également préoccupant qu'ils ne soient pas particulièrement au courant des recommandations de sécurité sanitaire concernant la zone où ils récoltent des coquillages. Cette préoccupation est partagée par une autre étude montrant que les pêcheurs récréatifs de coquillages ne sont pas au courant des ouvertures et des fermetures des zones conchylicoles pour des raisons de sécurité sanitaires (Reich et al., 2015). Nos résultats suggèrent que des stratégies de communication devraient être développées pour mieux protéger cette sous-population.

L'enquête CONSOMER fournit des données détaillées et qualitatives sur la consommation de coquillages qui peuvent être utilisées dans les évaluations de l'exposition alimentaire à la fois pour des scénarios aigus (biotoxines marines, pathogènes microbiologiques) et des scénarios chroniques (contaminants chimiques). Les données de consommation recueillies dans cette enquête sont intéressantes pour mettre à jour, comme d'autres États membres, la taille des portions par défaut de l'Autorité européenne de sécurité des aliments dans son évaluation des risques associés aux biotoxines marines (EFSA, 2010). Les données utilisées dans cet article sont disponibles sur demande. L'enquête CONSOMER comprend également des données sur la consommation de nombreuses espèces de poissons marins et d'autres produits de la mer (crustacés, céphalopodes et oursins) qui seront rendues publiques dans un avenir proche via un site internet public.


Mise à jour du 15 novembre 2023
Selon Food Safety News«L'étude soutient l'idée selon laquelle les épidémies liées aux coquillages en France sont sous-déclarées».

dimanche 16 juillet 2023

Qualité des huiles d'olive, le temps passe, rien ne change pour le consommateur !

Selon une étude de Que Choisir publiée le 26/06/2023 sur les huiles d’olive, plus de la moitié sont non conformes ! 

Sur les 14 huiles d’olive officiellement «vierges extra» que nous avons analysées, 8 ne répondaient pas aux exigences de cette appellation, et auraient dû être vendues comme «vierges» uniquement. Une pratique bien trop fréquente. 

Toujours aucune amélioration en vue au rayon des huiles d’olive. Alors que les alertes se sont multipliées, ces dernières années, concernant les fausses promesses des références vierges extra, notre nouveau test d’huiles d’olive confirme que le problème perdure. Le terme « extra » engage en effet ‒ en théorie ‒ à l’absence de défaut gustatif (le moindre petit goût de rance ou de fermenté, par exemple, est exclu) et physicochimique (aucune trace d’oxydation de l’huile n’est permise), durant toute la période de commercialisation du produit. Or, 8 des 14 références que nous avons analysées cette année présentaient ce type de défauts. Soit un taux de déclassement équivalent à celui constaté lors de notre précédent test, en 2021, et plus élevé encore que celui retrouvé en 2019 (à l’époque, 20 % des huiles testées s’étaient avérées non extra).

Le blog vous avait proposé un article en août 2021, 48% des huiles d’olive prélevées sont non conformes, selon des contrôles de 2020 de la DGCCRF, as usual.

Les principaux résultats d’une enquête de 2020 de la DGCCRF, sobrement intitulée, «Des fraudes récurrentes relevées sur les huiles d’olive».

Les services de la DGCCRF ont également effectué 97 prélèvements (122 en 2019 et 126 en 2018 -aa) pour vérifier les allégations concernant la qualité des produits. 48% des huiles d’olive prélevées ont été déclarés non conformes au terme des analyses effectuées, en raison de caractéristiques organoleptiques (caractéristiques, qualités ou propriétés perçues par les sens lors de la dégustation, comme la couleur, l'odeur ou le goût) insuffisantes car ne répondant pas aux critères de leurs catégories tels que définis par la réglementation. Ces anomalies étaient parfois associées à des problématiques d’étiquetage. Des mesures de police administratives ont été prononcées pour permettre le déclassement d’huiles d’olives impropres à la consommation et leur réemploi dans l’industrie non alimentaire.

Il n’y a pas que l’association Que Choisir qui fait des tests sur l’huile d’olive, le blog a publié le 26 mai 2023 un article, Huiles d'olive sous le prisme de la revue 60 millions de consommateurs. Rien de bien neuf, hélas !

S’agissant des huiles d'olive appellation «vierge extra»: la moitié d'un panel de 24 échantillons, déclassée en «vierge».
A l’évidence, tous ces résultats vont dans le même sens, le temps passe rien ne change et personne n'a la réponse ...

dimanche 28 mai 2023

Huiles d'olive sous le prisme de la revue 60 Millions de consommateurs. Rien de bien neuf, hélas !

Huiles d'olive appellation «vierge extra»: la moitié d'un panel de 24 échantillons, déclassée en «vierge» par «60 Millions de consommateurs», selon France info.

Dans son numéro de juin, (en ligne et en kiosque) le magazine 60 Millions de ommateurs consacre une large enquête sur l'huile d'olive. Vingt-quatre produits ont été testés et une partie des références ne mérite pas la mention «vierge extra». 

Sur le plan de l’appellation vierge extra, soit le «top» de l’huile d’olive, la moitié de notre panel de 24 échantillons, est déclassée en «vierge» seulement.

Notre jury expert a en effet décelé divers défauts, par exemple le défaut moisi/humidité a été trouvé dans 6 références, aussi bien bio que conventionnel, et quel que soit leur prix. Peut-être à cause d’un lavage insuffisant des olives, d’un stockage dans de mauvaises conditions…


Présence de plastifiants dans plusieurs références
Ce sont les phtalates, des molécules chimiques ajoutées volontairement par les fabricants de plastique, pour les assouplir. Normalement, il est interdit d’utiliser des matériaux contenant des phtalates sur la chaîne de production et de stockage des corps gras, comme l’huile. Difficile de connaître l’origine de cette contamination, peut-être des cuves, des tuyaux, des bâches… Or certains phtalates, le DEHP et le DBP, sont reconnus perturbateurs endocriniens et ont été décelés tous les deux dans 4 huiles, certes, à des teneurs très faibles.

Traces d'hydrocarbures d'huiles minérales
Ce sont des dérivés chimiques liés à l’activité humaine, ils sont un peu partout dans l’environnement, et on les retrouve aussi dans des colles, des encres d’impression, des lubrifiants de machines, des produits de nettoyage ou encore dans certains pesticides.

Le problème de ces substances, c’est qu’elles migrent facilement et contaminent notamment notre alimentation. Leur présence dans les huiles d’olive peut provenir de la récolte, des moteurs des machines agricoles, etc.  Nous en avons retrouvé dans 5 huiles, avec pour certaines, à des teneurs à la limite du seuil acceptable dans les corps gras.


Commentaire
Que doit-on penser de cette étude ?
Vu le nombre limité d’échantillons, il semble difficile de conclure. Je ne sais pas si cela va déclencher une communication ou une réaction de l’Anses ou de nos autorités sanitaires, voire la nouvelle police sanitaire unique …
Les résultats proposés par la revue de consommateurs vont dans le sens de ceux déjà proposés par la DGCCRF. Ainsi selon une étude publié en 2022, «48% des huiles d’olive prélevées sont non conformes, selon des contrôles de 2020 de la DGCCRF, as usual».

En 2021, l’association Que Choisir, devenue depuis une ONG, rapportait aussi des tromperies récurrentes dans les huiles d’olive, rien de bien nouveau depuis, hélas …

mercredi 17 mai 2023

Nouveau règlement européen (UE) 2023/915 sur les contaminants

Cette information est pour ceux qui sont fan de la réglementation européenne …

Il s’agit du nouveau règlement européen (UE) 2023/915 du 25 avril 2023 concernant les teneurs maximales pour certains contaminants dans les denrées alimentaires et abrogeant le règlement (CE) n°1881/2006.

Le 5 mai 2023, le règlement (UE) 2023/915 de la Commission du 25 avril 2023 concernant les teneurs maximales pour certains contaminants dans les denrées alimentaires a été publié et sera d’application à partir du 25 mai 2023. Ce règlement abroge le règlement (CE) 1881/2006.

Ce dernier a été modifié fréquemment depuis 2006. La Commission européenne a décidé ensemble avec les États membres de l’abroger et de remplacer par un nouveau règlement afin d’améliorer l’harmonisation des différents contaminants et augmenter la lisibilité du règlement.

Ce règlement 203/915 fait beaucoup référence au règlement (CE) n°178/2002 du Parlement européen et du Conseil du 28 janvier 2002 établissant les principes généraux et les prescriptions générales de la législation alimentaire, instituant l'Autorité européenne de sécurité des aliments et fixant des procédures relatives à la sécurité des denrées alimentaires.

Quelques changements majeurs incluent :

- L’ajout de définitions, comme entre autres sur l’exploitant du secteur alimentaire, la mise sur le marché ou le consommateur final (article 1).

«exploitant du secteur alimentaire» est un exploitant du secteur alimentaire au sens de l’article 3, point 3), du règlement (CE) n°178/2002, c’est-à-dire un  «exploitant du secteur alimentaire», la ou les personnes physiques ou morales chargées de garantir le respect des prescriptions de la législation alimentaire dans l'entreprise du secteur alimentaire qu'elles contrôlent.

«mise sur le marché» est la mise sur le marché au sens de l’article 3, point 8), du règlement (CE) n°178/2002, c’est-àdire la détention de denrées alimentaires ou d'aliments pour animaux en vue de leur vente, y compris l'offre en vue de la vente ou toute autre forme de cession, à titre gratuit ou onéreux, ainsi que la vente, la distribution et les autres formes de cession proprement dites.

«consommateur final»: un consommateur final au sens de l’article 3, point 18), du règlement (CE) n°178/2002, c’est-à-dire  le dernier consommateur d'une denrée alimentaire qui n'utilise pas celle-ci dans le cadre d'une opération ou d'une activité d'une entreprise du secteur alimentaire.

- L’interdiction de décontamination de denrées alimentaires (article 4) : Les denrées alimentaires contenant des contaminants figurant à l’annexe I (Teneurs maximales pour certains contaminants dans les denrées alimentaires) ne peuvent être délibérément décontaminées au moyen de traitements chimiques.

- Des mesures transitoires pour des denrées alimentaires légalement mises sur le marché avant une date visée (article 10). Il s’agit de denrées alimentaires légalement mises sur le marché avant les dates visées aux points a) à k) peuvent rester sur le marché jusqu’à leur date de durabilité minimale ou leur date limite de consommation.

A noter que les limites maximales en place via le règlement prédecesseur, règlement (CE) 1881/2006 vont être maintenues.

lundi 1 août 2022

Les nitrates dans l’alimentation humaine, selon la Division de la sécurité alimentaire du Luxembourg

Communiqué du 1er août 2022 de la Division de la sécurité alimentaire du Luxembourg, «Les Nitrates dans l’alimentation humaine». Publication d'une nouvelle fiche technique.

Une nouvelle page pour professionels a été créée : Contaminants – nitrates.

Fiche technique sur l'analyse des données 2015-2021
Le nitrate est un composé naturellement présent dans les plantes qui sont sous monitoring par les autorités alimentaires pour vérifier la conformité des légumes aux limites légales établies pour garantir la sécurité alimentaire.

Le nitrate est essentiel à la croissance des plantes. Il est absorbé par les racines du sol et distribué dans la plante, où il est transformé par photosynthèse en composés protéiques riches en énergie. Une forte exposition à la lumière favorise la décomposition des nitrates. Pendant la nuit et les mois d'hiver peu lumineux, le nitrate est transformé de manière incomplète et s'accumule davantage dans la plante. Selon le moment de la récolte, les teneurs peuvent donc varier fortement au sein d'une même variété de légumes.

Certains légumes, en particulier les légumes à feuilles tels que la laitue, la bette et les épinards, mais aussi les betteraves, les radis et certains choux contiennent des niveaux relativement élevés de nitrate. A noter que pour ces produits, les analyses ont été réalisées sur le produit entier avec les feuilles. Les légumes-fruits et les fruits présentent des teneurs comparativement faibles.

Pour les laitues, les épinards, la roquette, et les préparations à base de céréales et aliments pour nourrissons et enfants en bas âge, des teneurs maximales en nitrates ont été définies dans la règlementation pour garantir la sécurité alimentaire du consommateur. La Division de la sécurité alimentaire a publié une fiche technique reprenant une analyse sur la concentration de nitrates dans l’alimentation humaine en se basant sur les données récoltées de 2015 – 2021.

Les recommandations qui découlent de l’étude sont :
Les fruits et légumes sont des éléments importants d’une alimentation saine et équilibrée. La Division de la sécurité alimentaire recommande néanmoins de limiter la consommation d’épinards et de roquettes aux nourrissons dont la diversification alimentaire commencerait avant 6 mois et aux enfants atteints d'infections bactériennes du tractus gastro-intestinal, car ces enfants sont plus sensibles aux effets des nitrates.

De manière générale, il est toujours recommandé de diversifier l’alimentation et de varier les légumes pour éviter de consommer systématiquement ceux particulièrement riche en nitrates. Les légumes de saison et de pleine terre, bénéficiant plus de lumière et produisant dès lors moins de nitrates, sont à privilégier.

Cette page reprend des éléments de la nouvelle fiche technique de la Division de la sécurité alimentaire : Les nitrates dans l’alimentation humaine - Analyse des données 2015 – 2021.

Conclusions
Certains légumes, en particulier les légumes à feuilles tels que la laitue, la bette et les épinards, mais aussi les betteraves, les radis et certains choux contiennent des niveaux relativement élevés de nitrate, en particulier lorsqu'ils sont cultivés sous abri ou dans des conditions d'éclairage réduit. A noter que pour ces produits, les analyses ont été réalisées sur le produit entier avec les feuilles.

L’EFSA a conclu en 2008 que les expositions estimées aux nitrates provenant des légumes étaient peu susceptibles d'entraîner des risques pour la santé et que, par conséquent, les effets bénéfiques reconnus de la consommation de légumes devraient prévaloir. Cependant, un risque pour certains nourrissons de manger plus d'un repas d'épinards par jour n'a pas pu être exclu.

Une atténuation supplémentaire de l'absorption de nitrate peut résulter du traitement, par exemple lavage, épluchage et/ou cuisson, offrant ainsi une marge de sécurité complémentaire aux consommateurs. Des études ont montré que différentes méthodes de lavage pourraient réduire la quantité de nitrate de 7,79 à 14,73%.

La surveillance des contaminants dans les aliments en général permet d'obtenir des données représentatives sur la présence de substances indésirables pour la santé dans les aliments présents sur le marché luxembourgeois.

La Division de la sécurité alimentaire continue à prélever des échantillons à la recherche de substances indésirables pour évaluer l'exposition des consommateurs, à analyser les tendances en vue d’identifier des risques potentiels pour la santé. La surveillance est donc un instrument important pour améliorer la protection préventive de la santé des consommateurs par des mesures ciblées.

Recommandations
Les fruits et légumes sont des éléments importants d’une alimentation saine et équilibrée. La Division de la sécurité alimentaire recommande néanmoins de limiter la consommation d’épinards et de roquettes aux nourrissons dont la diversification alimentaire commencerait avant 6 mois et aux enfants atteints d'infections bactériennes du tractus gastro-intestinal, car ces enfants sont plus sensibles aux effets des nitrates.

De manière générale, il est toujours recommandé de diversifier l’alimentation et de varier les légumes pour éviter de consommer systématiquement ceux particulièrement riche en nitrates. Les légumes de saison et de pleine terre, bénéficiant plus de lumière et produisant dès lors moins de nitrates, sont à privilégier.

Aux lecteurs du blog
La revue PROCESS Alimentaire censure pour une triste question d’argent les 10 052 articles initialement publiés gracieusement par mes soins de 2009 à 2017 sur le blog de la revue, alors que la revue a bénéficié de la manne de la publicité faite lors de la diffusion de ces articles. La revue PROCESS Alimentaire a fermé le blog et refuse tout assouplissement. Derrière cette revue, il faut que vous le sachiez, il y a une direction aux éditions du Boisbaudry, pleine de mépris, et un rédacteur en chef complice !

L'USDA annonce une action visant à déclarer Salmonella comme contaminant dans les produits de poulet crus, farcis et panés

 
Le blog vous a déjà parlé de ce sujet dans plusieurs articles,

«L'USDA annonce une action visant à déclarer Salmonella comme contaminant dans les produits de poulet crus, farcis et panés», source Global News wire.

Le Food Safety and Inspection Service (FSIS) du ministère américain de l'Agriculture (USDA) annonce qu'il déclarera Salmonella comme un contaminant dans les produits de poulet cru panés et farcis.

«La sécurité des aliments est au cœur de tout ce que fait le FSIS», a déclaré le secrétaire à l'Agriculture, Tom Vilsack. «Cette mission nous guidera alors que cette première étape importante lance une initiative plus large visant à réduire les salmonelloses associées à la volaille aux États-Unis.»

L'annonce du 1er août est un moment important pour la sécurité des aliments aux États-Unis, car nous déclarons Salmonella comme un contaminant dans un produit de volaille crue», a déclaré Sandra Eskin, sous-secrétaire adjointe de l'USDA pour la sécurité des aliments. «Ce n'est que le début de nos efforts pour améliorer la santé publique.»

En déclarant Salmonella comme un contaminant dans ces produits, le FSIS sera en mesure de garantir que les produits hautement contaminés qui pourraient rendre les consommateurs malades ne sont pas vendus aux consommateurs. Depuis 1998, les produits de poulet cru panés et farcis ont été associés à jusqu'à 14 épidémies et à environ 200 cas de maladie. Les produits de cette catégorie se trouvent dans la section des congélateurs et comprennent certains produits de poulet cordon bleu ou de poulet Kiev.

Ces produits semblent cuits, mais ils ne sont traités thermiquement que pour fixer la pâte ou la panure et le produit contient de la volaille crue. Les efforts continus pour améliorer l'étiquetage des produits n'ont pas été efficaces pour réduire les maladies des consommateurs.

Les produits de poulet cru panés et farcis seront considérés comme contaminés lorsqu'ils dépasseront un très faible niveau de contamination par Salmonella et feront l'objet de mesures réglementaires. Le FSIS proposera de fixer la limite à 1 unité formant colonie (UFC) de Salmonella par gramme pour ces produits, un niveau qui, selon l'agence, réduira considérablement le risque de maladie lié à la consommation de ces produits. L'agence demandera également des commentaires sur la question de savoir si une norme différente pour la contamination, telle que la tolérance zéro ou une norme basée sur des sérotypes spécifiques, serait plus appropriée.

L'avis devrait être publié dans le Federal Register à l'automne et le FSIS sollicitera les commentaires du public sur ce que devrait être la norme ainsi que pour éclairer un plan de mise en œuvre final, y compris un programme de tests de vérification. Une fois publié, l'avis sera publié sur la page Federal Register & Rulemaking du FSIS pour examen et commentaires. Lorsque la proposition sera finalisée, le FSIS annoncera ses plans de mise en œuvre définitifs et la date à laquelle il commencera les tests de routine pour la recherche de Salmonella dans ces produits.

Cette action fait partie des efforts plus larges du FSIS pour réduire la salmonellose associées à la volaille. En octobre 2021, l'USDA a annoncé qu'il réévaluait sa stratégie de maîtrise de Salmonella dans la volaille, y compris si Salmonella devait être considérée comme un contaminant dans des produits de volaille crus spécifiques.

Depuis le lancement de cet effort, l'USDA s'est concentré sur la collecte d'informations en rencontrant les parties prenantes pour entendre leurs idées, en demandant des recommandations à des experts en sécurité des aliments et en sollicitant des idées de projets pilotes de l'industrie pour tester différentes stratégies de maîtrise dans les établissements avicoles. L'USDA prévoit de présenter une proposition cadre pour une nouvelle stratégie globale visant à réduire la salmonellose attribuable à la volaille en octobre et de convoquer une réunion publique pour en discuter en novembre.

NB : Merci à Joe Whiworth de m'avoir signalé cette information.

Mise à jour du 2 août 2022

Mise à jour du 22 août 2022
On lira le point de vue de la Dr. Mindy Brashears est l’ancienne sous-secrétaire pour la sécurité des aliments, sur son blog dans Meatingplace, Cette approche sur Salmonella est une «faute».

Aux lecteurs du blog
La revue PROCESS Alimentaire censure pour une triste question d’argent les 10 052 articles initialement publiés gracieusement par mes soins de 2009 à 2017 sur le blog de la revue, alors que la revue a bénéficié de la manne de la publicité faite lors de la diffusion de ces articles. La revue PROCESS Alimentaire a fermé le blog et refuse tout assouplissement. Derrière cette revue, il faut que vous le sachiez, il y a une direction aux éditions du Boisbaudry, pleine de mépris, et un rédacteur en chef complice !

samedi 24 juillet 2021

Les alcaloïdes pyrrolizidiniques, selon l'OSAV de Suisse

Les alcaloïdes pyrrolizidiniques (AP) sont des composants naturels des végétaux. La présence dans les aliments de certains d’entre eux, les AP 1,2 insaturés, n’est pas souhaitable. En effet, ces derniers sont susceptibles de causer des lésions hépatiques et sont soupçonnés d’être cancérogènes. 

Présence

Les AP constituent un vaste groupe de substances naturelles présentes dans de nombreuses espèces végétales. On suppose qu’ils servent aux plantes à se protéger contre les ravageurs. L’homme en ingère, principalement par le biais du miel, des épices, des fines herbes, du thé, des infusions et des compléments alimentaires. En cause, bien souvent, des aliments à base de plantes exemptes d’AP, mais contaminés par des plantes sauvages contenant des
AP à la faveur de la récolte ou du processus de fabrication.

Des études de l’OSAV montrent que la quasi-totalité des AP contenus dans les feuilles de thé ou les préparations d’infusion se retrouvent dans la boisson infusée. Comparativement, le thé glacé semble être une source d’absorption moins importante (Étude).

Risques sanitaires

La présence d’AP 1,2 insaturés dans les denrées alimentaires n’est pas souhaitable en raison des risques potentiels qu’ils présentent pour la santé. Ces substances peuvent endommager le foie (lésions veino-occlusives) et causer de graves intoxications. En Suisse, et plus largement en Europe, le risque d’intoxication aiguë chez l’homme est quasiment nul au vu des niveaux d’AP actuellement relevés dans les denrées alimentaires. En revanche, l’Asie par exemple a recensé au cours des dernières décennies des cas causés par des céréales contaminées par des plantes contenant des AP. En Suisse, des intoxications mortelles surviennent occasionnellement chez le jeune bétail.

L’évaluation des risques liés aux AP 1,2 insaturés ne s’intéresse pas tant aux cas d’intoxication impliquant des doses élevées d’AP qu’aux propriétés cancérogènes de ces substances. Il ressort d’études menées sur des animaux de laboratoire que certains AP 1,2 insaturés ont entraîné le développement de cancers et des mutations génétiques.

D’où la nécessité pour l’Homme d’éviter au maximum d’en ingérer et de réduire autant que possible la teneur en AP des aliments.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a conclu qu’un risque sanitaire ne pouvait être exclu, en particulier pour les personnes qui consomment fréquemment et en grande quantité du thé et des infusions.

Mesures visant à réduire la teneur en AP des denrées alimentaires

D’après plusieurs études, les niveaux d’AP 1,2 insaturés ont significativement baissé au cours des dernières années dans la plupart des groupes d’aliments (infusions et thés notamment). Pour autant, certaines fines herbes / épices continuent d’afficher des teneurs parfois très élevées. En pareil cas, un signalement est effectué auprès du système européen d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF), et le produit est retiré du marché en Suisse.

Au sein de l’UE, des teneurs maximales en AP dans plusieurs fines herbes, épices, thés et compléments alimentaires ont été fixées et entreront en vigueur le 1er juillet 2022 (règlement (UE) 2020/2040). Elles seront reprises dans le cadre d’une révision prochaine de l’ordonnance sur les contaminants, qui fixera les mesures à engager en cas de dépassement des teneurs maximales.

lundi 10 mai 2021

Analyse des dangers microbiologiques et chimiques des insectes comestibles à la disposition des consommateurs canadiens

A l'heure où vraisemblablement des insectes vont bientôt disponibles dans l'UE, voici un article paru dans Journal of Food Protection, qui traite de l'analyse des dangers microbiologiques et chimiques des insectes comestibles à la disposition des consommateurs canadiens.

Résumé

Les insectes comestibles sont un nouvel aliment dans la plupart des pays; leur popularité augmente en raison de leur teneur élevée en protéines et de leur faible teneur en matières grasses, de leur facilité de culture et de leur faible impact environnemental. À notre connaissance, il s'agit du premier article traitant à la fois des dangers microbiologiques et chimiques des insectes comestibles.

Des échantillons ont été collectés dans les magasins de détail ou achetés via le commerce électronique. Un total de 51 échantillons d'insectes entiers séchés ou sous forme de poudre d'insectes ont été testés pour Escherichia coli (E. coli) générique qui sert d'indicateur des conditions générales d'hygiène tout au long de la chaîne de production alimentaire, et des espèces bactériennes pathogènes Ni Salmonella (spp.), ni E. coli générique (> 100 unités formant colonies (UFC)/g) n'ont été retrouvés dans aucun des échantillons.

43 échantillons de grillons (barres protéinées, poudres, farines, insectes entiers) et 4 échantillons de vers à soie (insectes entiers) ont été analysés pour jusqu'à 511 pesticides. 39 échantillons contenaient des résidus d'un à quatre pesticides; 34 échantillons étaient conformes et 5 échantillons n'étaient pas conformes à la réglementation canadienne.

Sept résidus de pesticides différents ont été détectés avec le glyphosate et son métabolite, l'AMPA, étant les résidus prédominants détectés. Dix-neuf des échantillons analysés pour des pesticides ont également été analysés pour l'arsenic, le cadmium, le mercure et le plomb; il ne restait pas suffisamment de matière pour permettre les essais de métaux. Le taux positif pour l'arsenic, le cadmium, le plomb et le mercure était respectivement, de 100%, 79%, 58% et 74%. Les concentrations détectées allaient de 0,030 mg/kg à 0,34 mg/kg pour l'arsenic, de 0,031 mg/kg à 0,23 mg/kg pour le cadmium, de 0,019 mg/kg à 0,059 mg/kg pour le plomb et de 0,00094 mg/kg à 0,028 mg/kg pour le mercure.

Compte tenu du manque de détection de la contamination microbiologique et du taux et des niveaux positifs de pesticides et de métaux observés dans les produits, Santé Canada a déterminé que tous les produits d'insectes analysés étaient sans danger pour la consommation humaine. Cette étude est une étude limitée et l'ACIA continuera de surveiller ce nouvel aliment.

NB : Un document de l'ACIA (Agence canadienne d'inspection des aliments), 2017-2018. Bactéries pathogènes dans les insectes comestibles, est disponible ici.

jeudi 8 octobre 2020

Contrôle des résidus et des contaminants chez les animaux vivants et les produits animaux, y compris le contrôle des médicaments vétérinaires en France, selon un audit de l'UE


Ce rapport décrit le résultat d'un audit en France, réalisé de 4 à 15 novembre 2019 du programme de travail prévu par la Direction générale santé et sécurité alimentaire de la Commission européenne.

L'objectif de l'audit était d'évaluer la surveillance des résidus de médicaments vétérinaires, pesticides et contaminants chez les animaux vivants et les produits animaux et l'efficacité des contrôles officiels sur l'utilisation des médicaments vétérinaires dans la production de denrées alimentaires d'origine animale dans le cadre de la prévention, de l'élimination ou de la réduction des risques à un niveau acceptable pour les humains et les animaux, soit directement, soit à travers l'environnement.

L'audit s'est concentré sur les mesures juridiques et administratives en place pour mettre en œuvre les exigences pertinentes de l'UE et sur la performance des autorités compétentes pour ces exigences. Une attention particulière a également été accordée à l'examen de la mise en œuvre d'actions correctives promises en réponse aux recommandations pertinentes formulées dans le rapport d'un précédent audit de la Commission européenne en 2010.

Dans l'ensemble, le rapport conclut que la planification et la mise en œuvre des analyses de résidus, le suivi des résultats non conformes et les performances du laboratoire sont largement en ligne avec les exigences de l'UE et le système global de contrôle des résidus sont étayés par des contrôles en distribution et dans l'utilisation des médicaments vétérinaires.

Nonobstant cette évaluation globalement positive, l'équipe d'audit a identifié certains domaines dans lesquels des améliorations sont nécessaires, y compris un démarrage plus rapide de l'échantillonnage des résidus et le scellage inviolable des échantillons officiels.

Le rapport contient des recommandations aux autorités françaises compétentes, visant à corriger les lacunes identifiées et renforcer les mesures de contrôle en place.

NB : Cet audit est en conformité avec ce que rapporte l'EFSA en mai 2019, Résidus de médicaments vétérinaires : les taux de conformité restent élevés.