vendredi 3 janvier 2020

Tourbillon de rappels de charcuterie en raison de la présence de Listeria monocytogenes, quel gâchis


C’est un vrai tourbillon de rappels de terrines, bloc de fois gras, mousses, etc. qui s’abat sur les consommateurs en raison de la présence de Listeria monocytogenes
Voici donc les principaux rappels qui ont eu lieu ces derniers jours en France :

Carrefour :
Le 24 décembre 2019, suite à la présence de Listeria monocytogenes, la société Sapresti Traiteur procède au retrait et rappel de plusieurs lots de la référence : Tourbillon de bloc de foie gras de canard et figues 135g.

Puis vient le feuilleton Madrange chez Carrefour en gros depuis le 29 décembre 2019,
Suite à la mise en évidence de la présence de Listeria monocytogenes sur une ligne de production, l’établissement Compagnie Madrange procède à un retrait et rappel de Bipack Terrine de campagne-mousse de canard 2x50g Madrange. Il y a trois rappels … 1, 2 et 3.

Intermarché
  • Deux rappels (1 et 2) du produit Bipack Terrine de campagne-mousse de canard 2x50g Madrange pour cause de présence de Listeria monocytogenes.
Auchan
  • Le 27 décembre 2019, rappel de Mousse de canard au Porto 2x50g de marque Auchan.
  • Le 30 décembre 2019, rappel de Tourbillon de bloc de foie gras de canard et figues 135g
  • Le 31 décembre 2019, rappel de Bipack Terrine de campagne-mousse de canard 2x50g Madrange
  • Le 2 janvier 2020, rappel de Bipack Terrine de campagne-mousse de canard 2x50g Madrange
Tous ces rappels ont pour cause la présence de Listeria monocytogenes.

Système U

  • Le 30 décembre 2019, rappel de Tourbillon de bloc de foie gras de canard et figues 135g
  • Le 31 décembre 2019, rappel de Bipack Terrine de campagne-mousse de canard 2x50g Madrange
Casino
  • Le 31 décembre 2019, rappel de terrine de Campagne – Mousse de Canard de marque CASINO pour cause de présence de Listeria monocytogenes, source Oulah.
  • Le 31 décembre 2019, rappel de Bipack Terrine de campagne-mousse de canard 2x50g Madrange
Vous trouverez tous les détails sur les liens des distributeurs.

Désormais, la Suisse via l’OSAV, Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires, nous informe le 3 janvier 2020 :
... des listérias dans des «Mousses de canard au porto » et « Duo terrines aux Cèpes » de Madrange.
Lors de contrôles internes, le producteur Compagnie Madrange a mis en évidence des listérias dans des « Mousses de canard au porto 2 x 50 g » et des « Duo terrine aux cèpes 2 x 50 g ». Un danger pour la santé ne pouvant être exclu, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) recommande de ne pas consommer ces produits.

Pour l’instant, pas d’information au niveau du réseau d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) de l’UE, ni d’ailleurs de nos autorités sanitaires en France ...

Situation des pathogènes alimentaires selon le rapport annuel du Réseau scientifique sur l'évaluation des risques microbiologiques 2019


« Les risques liés au lait cru, Salmonella et Listeria sont discutés au sein de l'UE; des niveaux de contamination élevés sont révélés », source Food Safety News du 3 janvier 2020. Article adapté avec l'ajoût de la situation en France.

Les pathogènes dans le lait cru, Salmonella et Listeria monocytogenes ont été discutés lors de la réunion annuelle d'un réseau européen d'évaluation des risques microbiens.

Au total, 25 pays de l'Union européenne ainsi que la Suisse et la Norvège sont membres du réseau. La prochaine réunion aura lieu en mai 2020 à Parme.

Les résultats d'études sur la qualité du lait cru provenant de distributeurs automatiques en Suisse, en Allemagne et en Autriche ont été présentés. Le réseau scientifique sur l'évaluation des risques microbiologiques a tenu sa réunion annuelle en mai 2019 à Parme.

Études et résultats sur le lait cru
L’étude allemande a impliqué 159 échantillons de lait cru de vache provenant de distributeurs automatiques de la ferme collectés entre 2016 et 2018. Deux échantillons étaient positifs pour Campylobacter, sept pour E. coli producteurs de shigatoxines (STEC) et six pour Listeria monocytogenes.

L'étude en Autriche a inclus 74 échantillons de lait cru de vache collectés en juillet et août 2017. Vingt-deux échantillons ont dépassé les limites du nombre total viable (TVC) compte tenu de la réglementation nationale autrichienne pour le lait cru, la limite est de 50 000 UFC/ml. Salmonella Dublin et Campylobacter jejuni ont été détectés une fois et STEC a été isolé dans deux échantillons.

Une étude suisse a examiné la qualité microbiologique de 73 échantillons de lait cru de vache vendus directement dans les exploitations aux consommateurs. E. coli et des staphylocoques coagulase positive ont chacun été détectés dans 30,1% des échantillons. Les résultats des TVC pour le lait cru des distributeurs automatiques étaient plus élevés que ceux des bouteilles préremplies, ce qui montre l'importance d'un nettoyage et d'une désinfection corrects des distributeurs automatiques.

Les autorités suédoises ont présenté une étude sur Campylobacter spp., Salmonella spp. et STEC dans les filtres à lait des fermes laitières. Au total, 302 filtres à lait ont été collectés dans trois régions du sud de la Suède, chacun dans une ferme différente qui a fourni le filtre après la traite du matin.

Quarante-cinq isolats de 42 échantillons positifs pour STEC ont été étudiés par WGS pour les facteurs de virulence tels que stx1, stx2 et eae. Le sérotypage sur 29 isolats a révélé que le sérotype le plus courant était O145:H28. Deux isolats appartenaient à O26:H11 et un à O157:H7. Seul ce dernier était hautement pathogène.

Trente-huit échantillons étaient positifs pour Campylobacter, dont 34 était positifs pour Campylobacter jejuni et quatre pour Campylobacter lari. La présence de pathogènes était plus élevée dans les exploitations comptant plus de 50 vaches et un système de traite sans attache.

Résultats microbiens sur la viande
Les résultats du projet Safemeat ont été présentés par des responsables belges. Un total de 105 carcasses de porcs a été échantillonné et 64 pour cent étaient positifs pour Salmonella spp. L'analyse microbiologique a montré que le nombre de positifs provenant des écouvillons rectaux et buccaux a augmenté après le processus d'épilation.

Des recherches sur le taux de contamination et les sources de Listeria monocytogenes dans les carcasses des abattoirs flamands ont également été présentées.

Listeria a été isolé dans trois abattoirs et 42 des 90 carcasses étaient positives, provenant de différentes zones de la carcasse. Pour cartographier les voies de contamination, des échantillons de peaux et de carcasses provenant de quatre abattoirs ont été collectés, montrant respectivement 97% et 47% de positifs. Cela signifie que le transfert direct des peaux aux carcasses et les souches persistantes dans l'environnement sont d'importantes sources de contamination à l'abattoir.

La Croatie a présenté des études sur la qualité et la sécurité microbiologique de la viande crue en portions le dernier jour de la date limite de consommation. Au total, 150 échantillons de viande crue pré-portionnée et 150 échantillons de viande hachée de différentes espèces ont été collectés.

Salmonella spp. a été détecté dans 10 échantillons et 22 échantillons de viande de volaille avaient une concentration en entérobactéries supérieure à 105 UFC/g. Cela indique qu'il n'est pas possible de prolonger la durée de conservation de ces produits.

Hépatite E, croissance de Listeria et résistances aux antimicrobiens chez les crustacés
Les saucisses de foie de porc et les saucisses de viande crue vendues sur les marchés de détail en Suisse ont été testées pour le virus de l'hépatite E (VHE). L'ARN du virus a été détecté dans 18 échantillons: 11 sur 42 pour les saucisses de foie et sept sur 190 pour les saucisses de viande crue.

Les entreprises alimentaires devraient appliquer des stratégies pour minimiser les risques tels que le traitement thermique des produits et le contrôle de la viande crue, tandis que les consommateurs qui souhaitent minimiser le risque d'infection par le VHE devraient éviter de manger des produits de viande crue, en particulier ceux contenant du foie cru.

Le délégué de l'Irlande a indiqué les aliments qui ne favorisent pas la croissance de Listeria monocytogenes. Les légumes et fruits frais, non coupés et non transformés sont légalement considérés comme incapables de permettre la croissance de Listeria, mais des preuves de survie et de croissance sur des produits frais entiers ont été démontrées dans certaines études. Il a été convenu qu'un questionnaire irlandais demanderait aux membres du réseau leurs points de vue et expériences sur le sujet.

Le Danemark a partagé ses recherches sur le risque d'introduire une résistance aux antimicrobiens (RAM) via les crustacés et le panga d'Asie. Le pangasius est importé sous forme de filet pour une cuisson ultérieure tandis que les crevettes sont fournies crues et précuites et ces dernières sont souvent prêtes à consommer.

300 échantillons congelés ont été collectés. Tous les échantillons de filets de panga étaient contaminés par des entérocoques et 52% par E. coli. Alors que 89,7 pour cent des échantillons de crevettes avaient des entérocoques et 25 pour cent des E. coli. Dix E. coli multirésistants ont été isolés.

La plupart des gènes de résistance de l'étude sont déjà présents dans les produits danois mais des gènes mobiles de résistance aux quinolones ont également été identifiés. Un isolat a montré une résistance aux BLSE, aux macrolides, à la colistine et une résistance mobile aux fluoroquinolones. Les produits peuvent présenter un risque pour les consommateurs en introduisant des gènes de la résistance aux antimicrobiens encore rares dans les sources alimentaires domestiques.

Et la France ?

Évaluation quantitative des risques microbiologiques de Salmonella Dublin dans les fromages au lait cru
Dans le cadre de l’éclosion de salmonellose associée à deux types de fromages au lait cru (non pasteurisé en novlangue) fin 2015 et début 2016, le ministère français de l'agriculture a demandé une évaluation qualitative et quantitative d'un plan d'échantillonnage. Selon le plan d'échantillonnage, 0,4% des échantillons de fromage étaient positifs pour Salmonella spp.

La concentration en pathogènes change pendant la fabrication du fromage, la vieillissement en distribution, jusqu'à la consommation. La réduction des risques a été évaluée en comparant différents scénarios. Les résultats de la stimulation ont indiqué que l'efficacité des plans d'échantillonnage est sensible au niveau de contamination au moment de l'échantillonnage. L'échantillonnage à la fin de l'acidification s'est révélé le plus efficace.

Évaluation quantitative des risques microbiologiques sur Campylobacter dans la chaîne de viande de poulet de chair
Le représentant de la France a présenté un rapport sur la mise à jour des connaissances sur la contamination par Campylobacter des poulets de chair et l'évaluation de l'impact des interventions à différents stades de la chaîne alimentaire en France.

Le groupe de travail a effectué une analyse documentaire approfondie des mesures de maîtrise de Campylobacter dans la production de volailles et de leur amélioration depuis la publication de l'avis de l'EFSA sur Campylobacter dans la production de viande de poulet de chair : options de maîtrise et objectifs et/ou cibles de performance à différents stades de la chaîne alimentaire. (2011).

La contamination par Campylobacter et les interventions ont été envisagées avant l'abattage, pendant le processus d'abattage et pendant la phase de consommation; la modélisation de la filière avicole française de l'élevage à la consommation a été utilisée pour évaluer le risque de maladie des consommateurs et sélectionner/optimiser les mesures de maîtrise ; une analyse coûts/avantages de la réduction des risques a également été réalisée.

Le modèle prédit le nombre de cas de campylobactériose en France et la réduction des risques a été calculée pour chaque intervention.

En conclusion, à la ferme, le modèle a montré que les interventions les plus efficaces sont celles visant à réduire la contamination des carcasses ; à l'abattoir, le refroidissement par air semble être une intervention efficace. Enfin, au stade de la consommation, le nettoyage des mains et des ustensiles peut réduire le risque de campylobactériose.

Sécurité des aliments : Des changements à venir en 2020 en Europe et en Asie et peut-être en France ?


« À venir en 2020 en Europe et en Asie », source article de Joe Whitworth paru le 3 janvier 2020 dans Food Safety News. Je me suis permis quelques commentaires sur notre pays, absent de cet article ...

Bien que les gens qui lisent cet article ne puissent pas être d'accord sur le fait que 2020 soit le début d'une nouvelle décennie ou la fin de la dernière comme beaucoup sur les réseaux sociaux, je suis sûr que nous pouvons accepter de nous focaliser sur la sécurité des aliments.

Quelle que soit l'année, nous aurons des rapports annuels tels que les chiffres de l'UE sur les zoonoses, l'opération Opson dirigée par Europol et Interpol, et l'analyse du système d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF). Ainsi que quelque chose qui semble se prolonger depuis une décennie: la sécurité des aliments au Royaume-Uni avec le Brexit et de nouveaux accords commerciaux potentiels.

Qui aurait prédit l’épidémie de Listeria en Espagne l’année dernière et plusieurs épidémies résolues à Listeria en Allemagne et aux Pays-Bas?
Et voyez ce que 2020 nous réserve ?

De plus, en fin d’article, il y a une série d’événements en Europe, en Afrique et en Asie afin de vous aider à remplir le journal de cette année.

Deuxième journée mondiale de la sécurité alimentaire
Il y a eu beaucoup de bruit pour marquer la première Journée mondiale de la sécurité alimentaire le 7 juin 2019 et deux événements internationaux à Addis-Abeba et à Genève, mais j'aurais aimé voir ou être informé de plus d'actions.

Nous connaissons tous les chiffres publiés en 2015: chaque année, jusqu'à 600 millions de personnes, soit près de 1 personne sur 10 dans le monde, tombent malades après avoir consommés des aliments contaminés. Parmi eux, 420 000 décèdent, dont 125 000 enfants de moins de 5 ans. Verrons-nous des estimations révisées en 2020 ?

Officieusement, l'Organisation mondiale de la santé travaille sur des mises à jour cette année. Officiellement, le plan est de mettre à jour le rapport pour 2025, mais 2020 pourrait voir les pays être encouragés à faire des estimations nationales, qui informeront sur les chiffres mondiaux. Pour l'instant, il suffit de marquer la date du 7 juin pour la deuxième Journée mondiale de la sécurité alimentaire.

Sécurité des aliments, accords commerciaux et Brexit
Le Royaume-Uni devrait toujours quitter l'Union européenne à la suite des résultats d'un référendum en 2016 et, malgré les retards de 2019, il est presque certain que cela se produira au début de 2020.

Le Royaume-Uni et l'Europe ont conclu un accord jusqu'à la fin de cette année pour garder les choses telles qu'elles sont actuellement. Le plan est de conclure un accord commercial entre les deux parties d'ici la fin de 2020. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré que cette période de transition ne serait pas prolongée.

Le gouvernement a répété à plusieurs reprises que la sécurité des aliments et les normes ne seront pas compromises, mais cela n'a pas dissipé les inquiétudes. Des négociations commerciales internationales avec les États-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon sont sur la table.

La question a été soulignée dans un message du Nouvel An par la présidente du Syndicat national des agriculteurs (National Farmers Union), Minette Batters. Elle a déclaré que le pays ne pouvait pas autoriser les importations de produits alimentaires tels que le poulet chloré et le bœuf nourri aux hormones, produits de manière illégale au Royaume-Uni, dans les rayons des supermarchés du Royaume-Uni.

Évaluation des risques du BPA par l'EFSA
L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) devrait publier cette année une réévaluation du bisphénol A (BPA). Le BPA est un produit chimique utilisé pour fabriquer des plastiques en polycarbonate et des résines époxy qui recouvrent certaines boîtes de conserve et bouchons en métal.

La sécurité des matériaux en contact avec les denrées alimentaires a été évaluée à plusieurs reprises et plus récemment en 2015. Cet examen a conclu que le BPA ne pose aucun risque pour la santé des consommateurs de tout groupe d'âge aux niveaux d'exposition actuels. Malgré cela, l'UE a renforcé la loi sur le BPA dans les plastiques en contact avec les aliments et les vernis ou enrobés en contact avec les aliments en septembre 2018.

Le National Institute of Environmental Health Sciences (NIEHS) des États-Unis, le National Toxicology Program (NTP) et la Food and Drug Administration (FDA) étudient également le produit chimique par le biais du Consortium Linking Academic and Regulatory Insights on BPA Toxicity (CLARITY-BPA). Les résultats ont montré des effets sur la santé à des doses élevées de BPA et un certain impact à de faibles doses, mais il n'était pas clair si le produit chimique était le seul responsable. Un rapport final était prévu pour fin 2019 mais n'a pas encore été publié.

En France, le BPA est interdit comme tout ce qui présuppose un débat scientifique ...

Joyeux anniversaire pour la FSA
La Food Standards Agency (FSA) du Royaume-Uni célébrera son 20e anniversaire en avril de cette année. Il y a encore beaucoup à faire, comme la mise à jour des réglementations, la criminalité alimentaire et les ventes d'aliments en ligne.

Heather Hancock, actuellement présidente de la FSA, quittera son poste en octobre. Emily Miles, directrice générale de l'agence, occupe ce poste depuis juillet 2019.

Un rapport du National Audit Office en 2019 a révélé que le système de réglementation des aliments était complexe, soumis à des pressions financières et comportant des éléments dépassés. La FSA a présenté pour la première fois des plans sur une législation mise à jour en 2017 et des développements ont été réalisés depuis, mais le prgramme ‘Regulating Our Future’ (ROF) devrait être achevé en 2020.

La sortie du Royaume-Uni de l'UE n'est pas sur le point de s'améliorer, une baisse des prélèvements, des effectifs des autorités locales et un manque de réglementation concernant les ventes de produits alimentaires sur Internet et via des plateformes telles que Just Eat et Deliveroo.

La National Food Crime Unit (NFCU) a été créée en 2015 à la suite du scandale de la viande de cheval de 2013. Elle dispose désormais de plus de fonds et de personnel, mais a été critiquée par certains pour son manque de résultats publics. La Guardia Civil espagnole, la Douane française et le NAS italien Carabinieri ne sont pas axés sur les aliments, mais publient souvent les résultats des opérations. J'espère donc que 2020 sera l'année de percée de la NFCU sur ce front.

Au lieu de fêter les 21 ans de la création d’une agence de sécuritaé sanitaire des aliments en France, l’Afssa, l’Anses préfère fêter les 10 ans de l’Anses en 2020, comprenne qui pourra ?

Nouveau commissaire européen à la santé et à la sécurité alimentaire
Stella Kyriakides est la nouvelle commissaire européenne à la santé et à la sécurité alimentaire et succède à Vytenis Andriukaitis.

Kyriakides est originaire de Chypre et elle a déclaré que les priorités incluent la nouvelle stratégie de la fourche à la fourchette pour améliorer la sécurité alimentaire et la lutte contre la résistance aux antimicrobiens.

Elle a récemment salué la décision de ne pas renouveler les autorisations de chlorpyrifos et de chlorpyrifos-méthyl, insecticides utilisés pour lutter contre les insectes ravageurs dans une série de cultures. La première année de son rôle coïncide avec l'Année internationale de la santé des plantes 2020.

Eclosions à Salmonella dans des œufs de Pologne
La mise à jour annuelle du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et de l'EFSA sur une épidémie à Salmonella dans des œufs en provenance de Pologne est presque aussi régulière qu'une visite du Père Noël et des feux d'artifice le soir du réveillon.

En janvier, nous aurons la prochaine mise à jour d'une épidémie à Salmonella Enteritidis dans plusieurs pays liée à des œufs polonais après une en novembre 2018, décembre 2017 et octobre 2016.

La dernière mise à jour recensait 1 412 cas associés à l'épidémie: 532 infections confirmées et 166 infections probables depuis février 2017 et 343 cas confirmés historiquement et 367 cas probables historiques entre 2012 et janvier 2017.

Les pays concernés sont : Belgique, Croatie, République Tchèque, Danemark, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Islande, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Slovénie, Suède et Royaume-Uni. Le Royaume-Uni a le plus de cas de maladie avec 606, suivi par 287 aux Pays-Bas et 187 en Belgique. Peut-être que notre résolution du Nouvel An devrait être de souhaiter la fin de cette épidémie ?

Opération Opson: Europol et Interpol
Vers le milieu de l'année, attendez-vous à la publication des dernières nouvelles sur l'opération Opson. L'opération annuelle est coordonnée par Europol et Interpol et soutenue par les douanes, la police et les organismes nationaux de réglementation des aliments ainsi que par des partenaires du secteur privé.

En 2019, 16 000 tonnes et 33 millions de litres de faux aliments et de boissons potentiellement dangereux ont été saisis et 672 personnes arrêtées. L'opération de 2018 a entraîné la saisie d'environ 3 600 tonnes et 9,7 millions de litres de produits alimentaires et de boissons contrefaits ou de qualité inférieure et plus de 700 personnes ont été arrêtées ou détenues.

Changement dans les autorités alimentaires en 2020
Le Danemark a ciblé le contrôle des aliments sur les entreprises qui ne peuvent pas ou ne respecteront pas les règles à partir du début de cette année.

L'Administration vétérinaire et alimentaire danoise (Fødevarestyrelsen) prévoit de concentrer ses efforts en utilisant des données et l'expérience des inspecteurs. Toutes les entreprises alimentaires continueront de recevoir des visites d'inspection, mais la fréquence dépendra de ce qu'elles ont en rayon et de leur capacité à suivre les règles. Une assistance a été introduite pour permettre aux nouveaux entrepreneurs de démarrer correctement. Si une entreprise ne respecte pas les règles, elle devra payer les deux visites d'inspection de suivi.

On constatera qu’il n’y a pas besoin de dépendre de l’intelligence artificielle, comme cela pourrait se faire en France ...

Le gouvernement suédois a chargé l'Agence suédoise des aliments (Livsmedelsverket) d'élaborer des critères de surveillance et de suivi des contrôles alimentaires municipaux.

Le problème est qu'il est difficile de réaliser un contrôle alimentaire égal et efficace car certaines autorités municipales n'effectuent pas les contrôles nécessaires. Il existe un grand nombre d'autorités de contrôle, ce qui limite les conditions d'un contrôle alimentaire efficace et égal, les petites autorités étant particulièrement vulnérables.

L'objectif est de renforcer la coopération entre les autorités de contrôle municipales afin de renforcer l'égalité des contrôles. L'Agence suédoise de l'alimentation a jusqu'à la fin de cette année pour faire rapport au gouvernement.

Tiens, cela me rappelle ce qui se passe en France ...

Cette année, l'une des priorités de l'Autorité néerlandaise de sécurité des aliments et des produits de consommation (NVWA) est de recruter des personnes supplémentaires pour traiter plus rapidement les rapports sur la sécurité des aliments. Il existe des capacités supplémentaires pour les travaux liés au nouveau règlement européen sur les contrôles officiels et au règlement phytosanitaire.

Les taux que la NVWA facture aux entreprises pour les inspections, les réinspections, la supervision du système, la certification, l'échantillonnage et l'analyse ont également changé depuis le 1er janvier 2020. Un total de 70 pour cent de la NVWA est payé par le ministère de l'Agriculture, de la Nature et de la Qualité Alimentaire (LNV) et le Ministère de la Santé, du Bien-être et des Sports (VWS). Les 30 pour cent restants proviennent des inspections et des réinspections dans les entreprises.

L'Agence croate des aliments a cessé le travail fin 2018 et a poursuivi ses activités à partir de janvier 2019 avec l'Agence croate de l'agriculture et des aliments (HAPIH) en tant que Centre pour la sécurité alimentaire, alors joyeux deuxième anniversaire!

La Singapore Food Agency présentera un nouveau système de reconnaissance de l'hygiène alimentaire (FHRS) fin 2020 pour les distributeurs agréés de produits alimentaires afin de reconnaître les efforts constants en matière de normes élevées en matière d'hygiène. Les établissements alimentaires obtiendront un prix bronze, argent ou or sur la base d'au moins respectivement deux, cinq ou 10 ans de bons dossiers d'hygiène.

Les notes existants de «A», «B», «C» ou «D» sur la base d’une évaluation instantanée des normes d’hygiène des locaux seront supprimés.

Evénements en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique latine prévus en 2020
  • International symposium on Andalusian Listeria outbreak, 23-24 janvier à Seville, Espagne.
  • BRC Food Safety Europe, 12 février à Londres, Royaume-Uni.
  • Asia-Pacific Symposium on Food Safety, 18-19 mars à Hong Kong.
  • Latin American Symposium on Food Safety, 30-31 mars à Santiago, Chili.
  • IFC 9th International Food Safety Forum, 31 mars-1er avril à Nairobi, Kenya.
  • IAFP Europe symposium, 7-9 avril à Munich, Allemagne.
  • CIEH Safe Food Conference, 22 octobre à Londres, Royaume-Uni.
  • China International Food Safety and Quality Conference, 4-5 novembre.
  • MoniQA Conference: The Future of Food Safety, 9-11 novembre à Rome, Italie.
  • ESCAIDE à Warsovie, Pologne, dates à confirmer.
  • Global Harmonization Initiative Congress on Food Safety and Security, dates et lieu à confirmer.
Et chez nous, en France, on attend de savoir quelle sécurité des aliments nos élites vont nous concocter … le changement dans la continuité serait bien dans l’air du temps …

La mission inter-inspections sur l’organisation des contrôles relatifs à la sécurité sanitaire des aliments a rendu son rapport récemment. La mission était mandatée pour faire une analyse critique du dispositif existant afin de le rendre plus efficace et plus lisible pour les citoyens et les entreprises. Les conclusions de la mission doivent désormais être analysées avant que les arbitrages ne soient rendus.

C’est au tour des petits arrangements entre amis avant que tout cela ne soit rendu public aux premiers intéressés, les citoyens !

De l'ail et des agrumes réduisent le méthane des bovins


Dans le contexte actuel, l’information est importante, ainsi apprend-on que « De l'ail et des agrumes réduisent le méthane des bovins », source article de Jim Romahn dans son blog Agri 007.

Des essais au Rural College, Écosse, montrent qu'un mélange d'extrait d'ail et d'agrumes a réduit les émissions de méthane jusqu'à 38%.

L’étude indique que 15 grammes par vache et par jour suffisent.

La production de lait a également augmenté jusqu'à huit pour cent, a indiqué la société suisse qui fabrique le complément. Il se peut que l'ail éloignerait les mouches embêtantes.

Le complément est produit à Abertillery dans le Monmouthshire par la société suisse Mootral.

Il n'y a eu aucun effet sur le goût ou l'odeur du lait des vaches mangeant le complément alimentaire.

Des essais à l'Université de Californie ont montré que des algues pouvaient réduire le méthane de 60%, mais Mootral a déclaré que l'ail coûte moins cher et est plus facilement disponible.

jeudi 2 janvier 2020

Curieux rappel d'huîtres provenant d'une zone interdite à la commercialisation pour cause de présence de norovirus


Il y a des jours où Ouest-France du 27 décembre 2019 frise le génie avec ce titre « Rivière de Crac’h : pourquoi les huîtres sont-elles encore contaminées ? ».
Alors que les fêtes représentent le plus gros de leur chiffre d’affaires, les ostréiculteurs de la rivière de Crac’h font une nouvelle fois face à une contamination de leurs huîtres par les norovirus. Décryptage sur les origines de cette pollution.
Quelle est la zone concernée par cet arrêté ?
L’arrêté pris par la préfecture du Morbihan le 21 décembre 2019 concerne la zone n° 56.09.2 : il s’agit de la zone Kerléarec, dans le haut de la rivière de Crac’h. Un périmètre très limité, indiquait la préfecture, samedi.
Que dit cet arrêté ?
L’interdiction temporaire porte sur la pêche, le ramassage, le transport, la purification, l’expédition, le stockage, la distribution, la commercialisation et la mise à la consommation humaine de tous les coquillages de cette zone restreinte.
De quelle nature est cette contamination ?
Il s’agit d’un virus. Les analyses effectuées par le laboratoire départemental de Saint-Avé, le 20 décembre 2019, ont montré que des huîtres de cette zone avaient été contaminées par des norovirus, le virus de la gastro-entérite.
De quelle nature est cette contamination ?
Il s’agit d’un virus. Les analyses effectuées par le laboratoire départemental de Saint-Avé, le 20 décembre 2019, ont montré que des huîtres de cette zone avaient été contaminées par des norovirus, le virus de la gastro-entérite.
Peut-on consommer des huîtres sans danger ?
Bien sûr ! Il n’y a aucun danger. Les coquillages commercialisés font en effet l’objet de contrôles stricts. La preuve : lorsque les analyses ont montré qu’il y avait un problème, les professionnels ont tout de suite réagi et retiré les lots concernés. Ils appliquent le principe de précaution, rappelle Philippe Le Gal, président du Comité Régional de la Conchyliculture Bretagne Sud (CRC). Sans oublier que l’arrêté ne concerne qu’une toute petite zone. Les coquillages provenant d’autres zones de production du littoral morbihannais, y compris celles autour de la rivière de Crac’h, ne sont donc pas concernés par l’arrêté. Ils peuvent donc être consommés sans risque pour la santé humaine.

Ce type de questions-réponses est intéressant dans le contexte qui va suivre ...

Je ne sais pas si le principe de précaution est appliqué mais ce qui est constaté, c’est qu’il y a un arrêté d’interdiction du 21 décembre 2019 par la préfecture du Morbihan, mais voici qu’un avis de rappel d’huîtres creuses de la Société Mytilimer Production diffusé par Auchan le 2 janvier 2020 nous apprend :
la zone de reparcage de ces huîtres, située en rivière de Crac’h (Morbihan-56) fait l’objet d’un arrêté préfectoral de fermeture en date du 31 décembre 2019 pour présence de norovirus dans des huîtres ayant entraîné une Toxi Infection Alimentaire Collective. (Arrêté N° 31.12.2019, préfecture du Morbihan). Il est donc demandé aux personnes qui détiendraient encore ces produits de ne pas les consommer et de les rapporter au point de vente pour destruction.

Il me semble que l’arrêté date du 21 décembre comme indiqué plus haut et il concerne la « zone n° 56.09.02 – Rivière de Crac’h - Kerléarec » comme chacun peut le vérifier …

L’arrêté a été pris en considérant :
  • les cas humains groupés survenus après la consommation d’huîtres de la zone n° 56.09.02 – Rivière de Crac’h - Kerléarec
  • la contamination de la zone n° 56.09.02 – Rivière de Crac’h - Kerléarec
Par ailleurs, il n’y a pas à mon sens d’arrêté d’interdiction du 31 décembre 2019, mais une « mise à jour au 31 décembre 2019 de la carte des zones de production de coquillages soumises à des fermetures sanitaires dans le Morbihan ».

La question posée est simple, ces coquillages auraient-ils dû être commercialisés ?

A suivre ...

Complément du 3 janvier 2020. Il y a aussi des rappels chez Intermarché, 1 et 2 et chez Carrefour, 1 par la société « Huîtres Henry ». Il s'agit d'huîtres classiques et bio... norovirus inside ...

Complément du 9 janvier 2020. On lira l’article du 9 janvier de Joe Withworth paru dans Food Safety News, « Des centaines de personnes malades en France à cause de coquillages crus contaminés » .

Une surface autonettoyante qui repousse même les superbactéries les plus dangereuses, selon des chercheurs de l'Université McMaster


C'est de nouveau Noël, voici « Le revêtement antiadhésif ultime », source communiqué de l’Univesité McMaster. Il s’agit d’une surface autonettoyante qui repousse même les superbactéries les plus dangereuses ...
Une équipe de chercheurs de l'Université McMaster a développé une surface autonettoyante qui peut repousser toutes les formes de bactéries, prévenant le transfert de superbactéries résistantes aux antibiotiques et d'autres bactéries dangereuses dans des environnements allant des hôpitaux aux cuisines.

La nouvelle surface en plastique - une forme traitée de pellicule transparente conventionnelle - peut être utilisée sous film rétractable sur les poignées de porte, les garde-corps, les tiges porte-sérum et d'autres surfaces qui peuvent être des aimants pour des bactéries telles que le SARM et C. difficile.

Le matériau traité est également idéal pour l'emballage alimentaire, où il pourrait arrêter le transfert accidentel de bactéries telles que E. coliSalmonella et Listeria du poulet cru, de la viande crue et d'autres aliments, comme cela a été décrit dans un article publié par la revue ACSNano.

La recherche a été dirigée par les ingénieurs Leyla Soleymani et Tohid Didar, qui ont collaboré avec des collègues de l'Institut de recherche sur les maladies infectieuses de McMaster et du Centre canadien de microscopie électronique de McMaster.

Leurs co-auteurs de l’article comprennent Sara M. Imani, Roderick Maclachlan, Kenneth Rachwalski, Yuting Chan, Bryan Lee, Mark McInnes, Kathryn Grandfield et Eric D. Brown.

Inspirée par la feuille de lotus hydrophobe, la nouvelle surface fonctionne grâce à une combinaison d'ingénierie de surface et de chimie à l'échelle nanométrique. La surface est texturée avec des rides microscopiques qui excluent toutes les molécules externes. Une goutte d'eau ou de sang, par exemple, rebondit simplement lorsqu'elle atterrit à la surface. Il en va de même pour les bactéries.

« Nous ajustons structurellement ce plastique », explique Soleymani, ingénieur physicien. « Ce matériau nous donne quelque chose qui peut être appliqué à toutes sortes de choses. »

La surface est également traitée chimiquement pour améliorer encore ses propriétés répulsives, qui devient une barrière flexible, durable et peu coûteuse à reproduire.

« Nous pouvons voir que cette technologie est utilisée dans toutes sortes de contextes institutionnels et domestiques », explique Didar.

« Alors que le monde est confronté à la crise de la résistance antimicrobienne, nous espérons qu'elle deviendra une partie importante de la boîte à outils antibactérienne. »

Les chercheurs ont testé le matériel en utilisant deux des formes de bactéries résistantes aux antibiotiques les plus troublantes: le SARM et Pseudomonas, avec la collaboration de Brown et de ses collègues de l'Institut McMaster de recherche sur les maladies infectieuses.

Grandfield a aidé l'équipe à vérifier l'efficacité de la surface en capturant des images au microscope électronique montrant que pratiquement aucune bactérie ne pouvait se transférer sur la nouvelle surface.

Les chercheurs espèrent travailler avec un partenaire commercial pour développer des applications commerciales pour un emballage.

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