vendredi 11 septembre 2026

Microplastiques dans des tissus de tumeurs cérébrales : une étude ne permet pas de tirer des conclusions quant au développement du cancer, selon leBfR.

Microplastiques dans des tissus de tumeurs cérébrales : une étude ne permet pas de tirer des conclusions quant au développement du cancer. Source BfR.

Une équipe de recherche a procédé à la détection de micro- et nanoplastiques (MNP) dans des cerveaux humains. Des tissus sains ont été comparés à des tissus pathologiques. Il a été constaté que la concentration de MNP dans les tumeurs cérébrales et dans les tissus environnants était plus élevée que dans les tissus sains.

Toutefois, cela ne prouve pas que les MNP influencent la croissance des tumeurs cérébrales ou qu'ils en sont la cause. Les auteurs soulignent également que les données ne révèlent aucun lien de causalité : il est impossible de démontrer, sur la base des données disponibles, si les MNP provoquent une tumeur cérébrale ou si la tumeur cérébrale entraîne une accumulation de microplastiques.

Les précédentes détections de MNP dans des cerveaux humains ont suscité des controverses en raison de lacunes méthodologiques (voir ici).

L'étude examinée ici se distingue de ces travaux, notamment par le fait qu'elle porte sur un nombre plus important d'échantillons et que les auteurs eux-mêmes signalent, dans leur publication, les limites des méthodes de détection utilisées. Il est également frappant de constater que les concentrations de microplastiques mesurées dans les échantillons de cerveau lors de cette étude sont nettement inférieures.

Aucun lien entre les MNP et la formation ou la croissance de tumeurs cérébrales ne peut être établi à partir de cette étude. En l'état actuel des connaissances, il n'existe aucune preuve toxicologique fiable indiquant que l'ingestion de microplastiques via l'alimentation présente des risques pour la santé. Le BfR fournit des informations complémentaires sur l'état actuel des connaissances dans sa foire aux questions (FAQs).

Glycérol dans les aliments : la valeur guide sanitaire s’applique non seulement à la glace pilée, mais aussi aux aliments solides, selon le BfR

« Selon des responsables allemands de la sécurité des aliments, les limites d'exposition au glycérol pour les boissons devraient également s'appliquer aux aliments solides », source Food Safety Magazine Editorial Team.

L'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) a conclu que les valeurs sanitaires établies pour l'exposition aiguë au glycérol issu de boissons devraient également s'appliquer aux aliments solides contenant cet additif. Cette position vient enrichir les discussions menées par les autorités de l'UE et du Royaume-Uni concernant les risques d'intoxication au glycérol chez les jeunes enfants et les niveaux d'exposition sans danger.

Le glycérol (ou glycérine), autorisé dans l'UE sous le code E 422, est utilisé aussi bien dans des boissons comme les granités que dans des aliments solides tels que les produits de boulangerie fine. Aucune teneur maximale n'a été fixée pour le glycérol ; il est autorisé selon le principe du quantum satis, ce qui signifie qu'il peut être utilisé en quantité nécessaire pour obtenir l'effet recherché.

Le dernier avis de 2025 du BfR visait à déterminer si les conclusions antérieures concernant les effets potentiels du glycérol sur la santé dans les boissons s'appliquaient également aux aliments solides. En se fondant sur les études disponibles chez l'homme et en l'absence de données expérimentales humaines pour des matrices alimentaires spécifiques, le BfR a jugé justifié de supposer que le glycérol provenant d'aliments solides n'est pas absorbé plus lentement que celui provenant de boissons.

Par conséquent, le BfR a indiqué que la dose aiguë de référence (ArfD pour acute reference dose) de 125 milligrammes par kilogramme (mg/kg) de poids corporel (pc), établie par l'EFSA, ainsi que la dose minimale thérapeutiquement efficace de 250 mg/kg pc précédemment identifiée par le BfR, peuvent également être appliquées à l'évaluation du glycérol dans les aliments solides, notamment les produits de boulangerie fine.

L'intoxication au glycérol chez les jeunes enfants suscite l'attention des autorités réglementaires européennes

Cette conclusion s'appuie sur l'évaluation récente, par les autorités européennes, de l'exposition au glycérol, en particulier chez les jeunes enfants consommant des granités. L'EFSA a fixé la dose aiguë de référence à 125 mg/kg de poids corporel en mars 2026, après avoir conclu que les enfants et les adultes pouvaient dépasser ce seuil en consommant une seule portion de certaines boissons contenant du glycérol. L'EFSA a également recommandé à la Commission européenne d'envisager l'établissement de teneurs maximales pour le glycérol dans les boissons.

Par ailleurs, en 2025, le BfR a constaté que même une petite portion de granité contenant des concentrations moyennes mesurées de glycérol pouvait exposer les jeunes enfants à des niveaux susceptibles d'entraîner des effets sur la pression intracrânienne. Des inquiétudes concernant le glycérol ont commencé à émerger en 2023, lorsque la Food Standards Agency a recommandé de ne pas vendre de granités contenant du glycérol aux enfants âgés de quatre ans ou moins, à la suite de cas d'intoxication au glycérol ayant entraîné des hospitalisations. En cas d'exposition à des niveaux très élevés, généralement lorsque plusieurs portions sont consommées par un enfant sur une courte période, l'intoxication au glycérol peut provoquer un état de choc, une hypoglycémie et une perte de connaissance.

EFSA : L'utilisation du sel d’aspartame-acésulfame ou E 962 ne soulève pas de préoccupations en matière de sécurité sanitaire

Autant le dire de suite, Que Choisir juge que le sel d’aspartame-acésulfame (E962) est ‘peu recommandables, il est préférable d’éviter d’en consommer’. Pour être complet, si l’on peut dire, je lis dans 20minutes, « C’est scandaleux », tempêtent les ONG foodwatch, Yuka et la Ligue contre le cancer ».

Passons donc plus sereinement à l’information scientifique du 10 septembre 2026 de l’EFSA qui conclut que le sel d’aspartame-acésulfame (E 962) est sans danger aux niveaux d’exposition actuels.

L’EFSA a achevé la réévaluation de l’additif alimentaire « sel d’aspartame-acésulfame » (E 962) et a conclu que son utilisation ne soulève pas de préoccupations en matière de sécurité sanitaire.

Le sel d’aspartame-acésulfame est un édulcorant autorisé dans divers aliments et boissons sans sucre ou à teneur énergétique réduite. Une fois ingéré, il se dissocie en ses composants individuels : l’aspartame et l’acésulfame.

Le groupe d’experts n’a relevé aucune préoccupation en matière de sécurité sanitaire associée aux usages et aux niveaux d’utilisation actuellement déclarés pour l’acésulfame K (E 950), l’aspartame (E 951) et le sel d’aspartame-acésulfame (E 962).

Cette conclusion repose sur la dose journalière admissible (DJA) pour l’aspartame, fixée précédemment à 40 mg/kg de poids corporel par jour (et désormais confirmée), ainsi que sur la DJA pour l’acésulfame K, récemment révisée à 15 mg/kg de poids corporel par jour. Les estimations actuelles de l’exposition pour toutes les tranches d’âge restent inférieures à ces DJA.

Les experts recommandent de mettre à jour les spécifications de l’UE pour le E 962 afin de garantir leur conformité avec celles de l’aspartame et de l’acésulfame K utilisés dans sa fabrication.

Conformément à l’approche appliquée à d’autres édulcorants réévalués, ils recommandent également de revoir les limites d’arsenic et de plomb figurant dans les spécifications de l’aspartame (E 951).

Contexte

L’avis scientifique a été adopté en juillet 2026 lors d’une réunion plénière publique du groupe d’experts de l’EFSA sur les additifs alimentaires et les arômes (FAF), permettant aux observateurs d’assister au processus décisionnel collectif du groupe.

L’évaluation a suivi le protocole d’identification et de caractérisation des dangers liés aux édulcorants (publié pour consultation publique en 2019) ainsi que le protocole d’évaluation de l’exposition aux édulcorants (publié pour consultation publique en 2020).

jeudi 10 septembre 2026

Brèves de vacances : Le 110 mètres haies le moins rapide !

Le blog-notes d’Olivier Masbou est revenu de vacances pour nous proposer dans la rubrique le blog en camagne, « Le 110 mètres haies le moins rapide ».

Ce qui suit est une illustration parfaite des pesanteurs de la vie publique française. 

En janvier 2024, Gabriel Attal, alors Premier ministre, prend l’engagement de passer de treize réglementations différentes sur les haies à une seule. Ce régime unique a été adopté un an plus tard dans la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations futures promulguée le 24 mars 2025. 

Une typologie de haies a été fixée par arrêté interministériel en date du 3 avril 2026. Le régime unifié applicable aux travaux sur les haies va entrer en vigueur le 1er octobre 2026, soit 2 ans et 9 mois après la première annonce. 

33 mois, plus de la moitié d’un quinquennat, pour simplifier une seule mesure !

États-Unis : Une amélioration de la contamination des arachides par des aflatoxines, selon un rapport d'audit

De l’intérêt des audits en sécurité des aliments, une amélioration se dessine sur la présence d’aflatoxines dans les arachides issus des États-Unis.

Un rapport décrit les conclusions d’un audit réalisé par la Direction Générale de la santé et de la sécurité alimentaire de la Commission européenne aux États-Unis du 4 au 18 mars 2026.

Cet audit a été mené dans le cadre du programme de travail publié par la Direction Générale de la santé et de la sécurité alimentaire. Il visait à évaluer si les systèmes mis en place pour contrôler la contamination par des aflatoxines des arachides destinées à l’exportation vers l’Union européenne (UE) sont conformes à la législation de l’UE, ou du moins équivalents à celle-ci, afin de garantir le respect des limites fixées par ladite législation pour ces contaminants.

Cet audit a été programmé en raison de la persistance de notifications régulières dans le système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) au cours des dernières années concernant la présence d’aflatoxines dans des arachides importées aux États-Unis vers l’UE.

Les autorités et le secteur américains ont déployé des efforts considérables pour donner suite aux recommandations de l’audit précédent réalisé aux États-Unis sur ce sujet en 2019.

La filière américaine de l’arachide a mis en place un programme volontaire d’exportation d’arachides, qui couvrirait entre 80 et 90 % des lots exportés vers l’UE. L’audit a révélé que de bonnes pratiques agricoles et de bonnes pratiques de fabrication sont appliquées lors de la production et de la transformation des arachides afin de réduire le risque de contamination par les aflatoxines. Des instructions détaillées en matière d’échantillonnage sont en place et effectivement appliquées. Il a été conclu que les prélèvements des arachides en vue de l’analyse des aflatoxines, auquel l’équipe d’audit a assisté, était équivalent aux règles de l’UE. Les laboratoires accrédités, agréés dans le cadre du programme d’agrément des laboratoires de l’USDA, qui analysent la teneur en aflatoxines de tous les lots d’arachides destinés à l’exportation vers l’UE, affichent un niveau de performance élevé et respectent les exigences du règlement d’exécution (UE) 2023/2782 de la Commission.

Le taux de notifications RASFF pour dépassement des limites d’aflatoxines dans les arachides et produits à base d’arachides américains exportés vers l’UE s’est maintenu entre 4 % et 6,6 % des lots au cours de la période 2021-2025.

Brève de vacances : En 2026, les rappels de produits alimentaires en France ont atteint leur vitesse de croisière

J’avais écrit cet article en mars 2026, ici, pour signaler le net rebond des rappels de produits alimentaires en France en 2025, avec 15 % d’augmentation.

Qu’en sera-t-il en 2026, vaste question ?

Il semble néanmoins acquis que le chiffre dépassera les 2000 rappels, une constante depuis 2022, car depuis le début de l’année, les rappels mensuels oscillent entre 150 et plus de 200.

- 3 243 en 2021 (de mars à décembre 2021)

- 2 441 en 2022
- 2 022 en 2023
- 2 086 en 2024
- 2 323 en 2025
- 1 572 (au 9 septembre)
Les données mentionnées ne concernent que les produits alimentaires avec un code-barre. 
Que peut-on en dire ?

- Y a-t-il beaucoup de rappels ?

Oui, incontestablement.

- Y en a-t-il davantage qu'avant ?

Ce que l’on peut dire, c'est que le nombre de rappels enregistrés est élevé depuis la création en 2021 de RappelConso, auparavant, c’était assez hétéroclite ...

- Notre alimentation est-elle devenue moins sûre ?

Bien sûr que non ! Le nombre de rappels ne suffit pas à le démontrer, mais c'est un élément dans le contexte de la sécurité des aliments en France.

mercredi 9 septembre 2026

Les bactéries présentes dans la poussière des salles de classe sont associées à une réduction de la fonction pulmonaire chez les enfants

« Des bactéries présentes dans la poussière des salles de classe peuvent contribuer à une légère diminution de la fonction pulmonaire chez les enfants », source CIDRAP News.

Précision

Le titre initial du communiqué de la Société européenne de pneumologie (ERS) est « Les bactéries présentes dans la poussière des salles de classe sont associées à une réduction de la fonction pulmonaire chez les enfants ». Celui de CIDRAP News est le suivant : « Des bactéries présentes dans la poussière des salles de classe peuvent contribuer à une légère diminution de la fonction pulmonaire chez les enfants. »

Une nouvelle étude souligne l'importance de la qualité de l'air intérieur dans les écoles, suggérant que les enfants exposés à la poussière des salles de classe présentant des niveaux plus élevés de deux pathogènes bactériens courants ont une fonction pulmonaire légèrement altérée.

Pour cette étude, présentée au congrès de la Société européenne de pneumologie (ERS) à Barcelone, en Espagne, les chercheurs ont analysé les données du projet SINPHONIE (Schools Indoor Pollution and Health: Observatory Network in Europe). 

L'étude a mesuré les concentrations de Streptomyces et de Mycobacterium dans la poussière de près de 300 salles de classe réparties dans 22 pays européens. Ces deux types de bactéries sont fréquemment présents dans les sols, la poussière et les systèmes d'eau.

L'équipe a également utilisé la spirométrie pour tester la fonction pulmonaire des enfants de chaque classe afin de calculer le volume d'air que les poumons peuvent contenir et la vitesse à laquelle ce volume d'air peut être expiré. 

« Nous savons que la qualité de l'air intérieur dans les écoles peut être affectée par les polluants, l'humidité, la ventilation, la température, l'humidité ambiante et des agents biologiques comme les champignons et les bactéries> », a déclaré Soutrik Banerjee de l'Université de Ferrare en Italie et de la société d'ingénierie française Alten, dans un communiqué de presse de l'ERS. « Cependant, on sait beaucoup moins de choses sur le lien entre les types de bactéries présentes dans la poussière des salles de classe et la fonction pulmonaire des enfants. »

L'altération était modeste

Les enfants scolarisés dans des classes présentant des concentrations plus élevées de Streptomyces avaient une capacité vitale forcée légèrement inférieure, une mesure de la quantité d'air qu'une personne peut expulser après une inspiration profonde.

Les enfants sont exposés chaque jour de la semaine à l'environnement intérieur des écoles, et une réduction légère à modérée de la fonction pulmonaire aujourd'hui peut être un précurseur de maladies pulmonaires évitables plus tard dans la vie. Selon Soutrik Banerjee.

De même, les élèves des classes présentant des niveaux plus élevés de mycobactéries  avaient un volume expiratoire maximal en une seconde (VEMS) et un débit expiratoire de pointe (DEP) légèrement inférieurs. Le VEMS mesure la quantité d'air qu'une personne peut expirer en une seconde, et le DEP correspond au débit expiratoire maximal qu'une personne peut expirer le plus rapidement possible.

« Bien que les réductions observées soient modestes pour chaque enfant, elles sont statistiquement significatives et pourraient avoir des conséquences importantes pour l'ensemble de la population », a déclaré Banerjee. « Les enfants sont exposés quotidiennement à l'environnement intérieur des écoles, et une légère à modérée réduction de leur fonction pulmonaire aujourd'hui pourrait être un facteur de risque de maladie pulmonaire évitable à l'âge adulte. »

« Ces bactéries peuvent avoir un effet biologique direct, ou bien elles peuvent être des indicateurs d’autres facteurs environnementaux intérieurs qui influencent la fonction pulmonaire », indique Banerjee.

Le professeur Alexander Möller, président de l'assemblée pédiatrique de la Société européenne de pneumologie et professeur de pneumologie pédiatrique à l'hôpital universitaire pour enfants de Zurich, Suisse, qui n'a pas participé à la recherche, a déclaré : « Cette vaste étude européenne montre que les poumons des enfants semblent souffrir lorsque deux types courants de bactéries se développent dans la poussière de leurs salles de classe. »

Bien que toutes les bactéries ne soient pas nocives, ces résultats suggèrent que l'environnement scolaire joue un rôle important dans la santé pulmonaire des enfants et confirment l'importance de bâtiments scolaires sains. Concrètement, il ne s'agit pas de transformer les écoles en environnements stériles, mais plutôt de privilégier une bonne qualité de l'air intérieur : une ventilation adéquate, la maîtrise de l'humidité et des moisissures, un nettoyage régulier et un entretien approprié des bâtiments.

Le glyphosate ne justifie pas une classification comme substance cancérigène, selon Agence Européenne des Produits Chimiques

Vous lirez l'article d’André Heitz du blog Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels sur le glyphosate qui, comme il l’indique en préambule, est « Confronté à un flot de désinformation, j'ai eu envie de me lâcher un peu et de faire du putaclic... Il y a quand même de bonnes nouvelles, même si celle-ci ne faisait aucun doute. »

Je vais directement à la situation du glyphosate ...

La Commission Européenne a demandé à l'Agence Européenne des Produits Chimiques (ECHA) d'étudier le classement du glyphosate à la lumière de l'étude de l’Institut Ramazzini de 2025 (Effets cancérigènes d'une exposition à long terme, dès la vie prénatale, au glyphosate et aux herbicides à base de glyphosate chez les rats Sprague-Dawley).

L'ECHA a conclu, ce 8 septembre 2026, et ajouté un paragraphe à sa page « Glyphosate ». En voici la traduction :

« RAC [Risk Assessment Committee – Comité d'Évaluation des Risques] : le glyphosate ne justifie pas une classification comme substance cancérigène

Lors de sa réunion du 8 septembre 2026, le RAC a adopté un avis sur les nouvelles données, issues d’une étude menée par l’Institut Ramazzini, concernant la cancérogénicité du glyphosate. À l’issue de son évaluation indépendante et scientifique, le RAC a conclu que cette étude ne modifiait pas les conclusions de l’évaluation des dangers liés au glyphosate, en particulier sa décision antérieure de 2022 selon laquelle cette substance ne justifie pas une classification comme substance cancérogène. Cet avis tient également compte des commentaires reçus lors de la consultation sur l’étude, qui s’est déroulée du 2 au 31 mars 2026, ainsi que des résultats de la discussion préliminaire du RAC qui s’est tenue en juin 2026. L’avis du comité sera disponible d’ici quelques mois ; il sera transmis à l’EFSA et à la Commission, puis publié sur le site web de l’ECHA. »

MàJ. On lira l'article paru dans Food Safety Magazine, « EU Reaffirms Stance That Glyphosate is Not Carcinogenic After Considering New Data » (L'UE réaffirme sa position selon laquelle le glyphosate n'est pas cancérogène après examen de nouvelles données).

Une étude montre que les allergènes alimentaires peuvent se retrouver dans les insectes comestibles après avoir été donnés à manger dans l'alimentation des insectes

« Une étude montre que les allergènes alimentaires peuvent se retrouver dans les insectes comestibles après avoir été donnés à manger dans l'alimentation des insectes. », source Food Safety Magazine.

D'après une étude récente publiée dans la revue Foods, les insectes comestibles élevés sur des substrats contenant des allergènes alimentaires peuvent conserver des résidus d'allergènes même après une période de jeûne de 48 heures avant la récolte. Ces résultats soulignent l'importance de prendre en compte la composition du substrat d'élevage lors de l'évaluation de la sécurité allergénique et de l'étiquetage des aliments à base d'insectes .

Des chercheurs de l'Institut expérimental de zooprophylaxie du Piémont, de la Ligurie et de la Vallée d'Aoste (IZSPLV) et du Centre national de référence pour la détection des allergènes alimentaires et des substances provoquant une intolérance alimentaire (CReNaRiA) en Italie ont étudié si les allergènes d'origine végétale pouvaient être transférés de l'alimentation des insectes aux larves de Hermetia illucens (mouche soldat noire).

Les larves de la mouche soldat noire ont été élevées pendant 15 jours sur des substrats de riz et de maïs contenant 10 % d'arachide, d'amande, de soja, de céleri ou de gluten. Cette concentration de 10 % a été choisie pour représenter une exposition maximale, correspondant au scénario le plus défavorable. Les chercheurs ont prélevé des larves à la fin de l'alimentation, après 24 heures de jeûne et après 48 heures de jeûne. Les échantillons ont été séchés et broyés afin de simuler les procédés industriels standards, puis analysés par PCR en temps réel et par la méthode ELISA.

Le soja a présenté les preuves les plus évidentes de persistance d'allergènes. De l'ADN de soja a été détecté dans les neuf échantillons de traitement, et ce, aux trois moments de prélèvement, contrairement aux témoins. Les tests ELISA ont également révélé la présence de protéines de soja à une concentration supérieure à la limite de détection de 2,5 parties par million (ppm) dans tous les échantillons de traitement, même après 48 heures de jeûne.

L'ADN de céleri a été détecté dans sept des neuf échantillons traités et est resté détectable après 48 heures de jeûne. Sa détection était significativement plus fréquente chez les larves traitées que chez les témoins. L'ADN d'amande a été détecté sporadiquement à la fin de l'alimentation et après 24 heures de jeûne, mais la différence avec les témoins n'était pas statistiquement significative. L'ADN d'arachide n'a été détecté dans aucun échantillon larvaire.

Les concentrations de gluten étaient inférieures à la limite de détection de 5 ppm de la méthode ELISA dans tous les échantillons. Les chercheurs ont toutefois précisé que ce résultat n'indiquait pas nécessairement une absence totale de gluten.

Il est important de noter que les chercheurs n'ont constaté aucune différence statistiquement significative dans la détection des allergènes entre les trois moments de prélèvement. Par conséquent, l'étude n'a pas démontré qu'un jeûne allant jusqu'à 48 heures puisse réduire systématiquement la persistance des allergènes. Les chercheurs suggèrent que cette persistance pourrait dépendre de l'allergène spécifique et être influencée par la composition du substrat, les conditions de transformation et la présence éventuelle de résidus dans le tube digestif ou leur association aux tissus larvaires.

Les auteurs indiquent que ces résultats ont des implications pour les exploitants alimentaires impliqués dans l'élevage d'insectes. Ils soulignent que l'utilisation de substrats exempts d'allergènes et un étiquetage préventif approprié des allergènes constituent des stratégies potentielles pour protéger les consommateurs. Ils insistent également sur le fait que la sécurité des produits à base d'insectes, en ce qui concerne les allergènes provenant de l'alimentation animale, doit être évaluée au cas par cas.

Les chercheurs ont reconnu la petite taille de l'échantillon de l'étude pilote, avec trois réplicats par point d'échantillonnage, et ont appelé à des recherches supplémentaires pour déterminer si les allergènes détectés proviennent du contenu intestinal ou des tissus des insectes.

Commentaire

Sur le sujet des insectes, on lira ici un récent article du blog.

mardi 8 septembre 2026

Les produits de nettoyage parfumés créent une pollution de l'air invisible, selon une étude

« Les produits de nettoyage parfumés créent une pollution de l'air invisible », source ACS.

Les nettoyants de surface enlèvent les germes et la saleté, mais leurs parfums réagissent avec l'ozone intérieur pour former des nanoparticules à des niveaux comparables à ceux de la circulation urbaine.

Quelle est l'odeur d'une pièce propre ? Beaucoup pensent aux agrumes, au pin ou aux fleurs, car ces parfums sont courants dans les produits de nettoyage. Une équipe de recherche dirigée par Brandon Boor a découvert que les composés odorants des produits de nettoyage, conventionnels et à base d'huiles essentielles végétales, réagissent rapidement dans l'air, formant des nanoparticules qui peuvent pénétrer profondément dans les poumons par inhalation. Pour réduire l'exposition à cette pollution invisible, l'équipe suggère d'utiliser des produits sans parfum, de faire fonctionner les ventilateurs d'extraction et d'éviter les appareils générant de l'ozone pendant le nettoyage.

Les chercheurs présenteront leurs résultats lors de la réunion d'automne de l'American Chemical Society (ACS), dans le cadre du symposium « Espaces intérieurs sains : le lien entre microbiome et chimie » (« Healthy Indoor Spaces: Bridging the Microbiome and Chemistry »). « Il est important de noter que le nettoyage enlève virus et bactéries des surfaces, mais il peut aussi générer une pollution de l'air invisible. On ne voit ni poussière, ni fumée dans l'air, mais ces particules se forment. », selon Brandon Boor.

« Nous avons démontré que les réactions de l'ozone intérieur avec les parfums des produits de nettoyage produisent des nanoparticules dont la dose respiratoire est comparable, voire supérieure, à celle que l'on subirait en se tenant à l'extérieur, près d'une route très fréquentée », explique Boor, professeur adjoint de génie civil et de la construction à l'Université Purdue, qui étudie la qualité de l'air intérieur. « La composition des particules est différente, mais la dose totale peut être plus élevée. On ne voit ni fumée, ni poussière, ni brume dans l'air. On a plutôt l'impression que l'air sent bon, donc qu'il est propre. »

Boor et sa collègue Nusrat Jung, également professeure adjointe de génie civil et de la construction à Purdue, ont commencé à étudier l'impact des produits de nettoyage et des désinfectants chimiques sur les environnements intérieurs pendant la pandémie du COVID-19. Dans le cadre de leurs travaux, ils ont observé que nombre de ces produits étaient fortement parfumés. « C'est souvent pour créer une ambiance olfactive agréable à l'intérieur », précise Boor. « Mais l'air pur ne devrait pas sentir les agrumes très concentrés. Il ne devrait pratiquement rien sentir. »

Des chimistes de l'atmosphère ont précédemment établi que les terpènes émis par les plantes, comme le pinène des pins, réagissent avec l'ozone pour créer des nanoparticules en suspension dans l'air. Ces nanoparticules s'agrègent et finissent par atteindre une taille suffisante pour ensemencer les nuages. Or, dans les forêts, les concentrations de terpènes sont relativement faibles, la formation de ces particules est donc lente.

L'utilisation de produits parfumés à l'intérieur libère des terpènes lorsque les composés odorants s'évaporent des surfaces ou des gouttelettes pulvérisées. Parmi les terpènes courants présents dans les liquides de nettoyage, on trouve le pinène, le limonène (citron), le thymol (thym) et le linalol (lavande), à des concentrations bien supérieures à celles que l'on trouve naturellement à l'extérieur. Par conséquent, les concentrations de terpènes dans l'air pendant le nettoyage peuvent atteindre des dizaines, voire des centaines de fois celles présentes dans une forêt, explique Boor.

Pour étudier ce qui se passe lors du nettoyage quotidien, les chercheurs ont testé des produits liquides parfumés classiques ainsi que des sprays et des lingettes désinfectantes à base de plantes dans une maison témoin sur le campus de Purdue. Cette minuscule maison est équipée d'une cuisine fonctionnelle, d'un parquet et d'une salle de bain. Les chercheurs ont découvert que les mêmes réactions chimiques qui forment des nanoparticules à l'extérieur se produisent à l'intérieur, mais plus rapidement et à des concentrations plus élevées, ce qui a des conséquences importantes pour la santé humaine.

Des activités comme laver les sols, vaporiser des produits sur les plans de travail et essuyer les surfaces avec des produits parfumés ont généré des milliards, voire des milliards de milliards de particules, selon le produit utilisé. La plupart de ces particules, appelées nanoparticules ou particules ultrafines, mesuraient entre 1 et 30 nanomètres, une taille souvent indétectable par les appareils de mesure de la qualité de l'air domestiques. En les suivant, les chercheurs ont observé que le nettoyage régulier peut générer une pollution par particules ultrafines à des niveaux supérieurs à ceux de l'extérieur. Cela représente un risque potentiel pour la santé, car ces particules sont suffisamment petites pour se déposer dans les voies respiratoires et profondément dans les poumons. Elles peuvent alors contribuer à l'irritation et à l'inflammation du système respiratoire, ou potentiellement pénétrer dans la circulation sanguine.

Le plus surprenant pour les chercheurs a été la rapidité avec laquelle ces particules se formaient et grossissaient : quelques minutes seulement. « Le temps de nettoyer un espace intérieur, on a déjà formé et inhalé une grande quantité de nanoparticules », explique Boor.

Plus récemment, Boor et Ernest Blatchley, professeur à Purdue, ont découvert que la désinfection simultanée de l'air avec des lampes germicides à ultraviolets lointains (UV-C) et le nettoyage des surfaces avec des produits parfumés créent un environnement propice à la formation de nanoparticules. En effet, les lampes interagissent avec l'oxygène de l'air et génèrent de l'ozone, ce qui porte les niveaux d'ozone dans la mini-maison à environ 20 à 40 parties par milliard, un niveau comparable, bien qu'un peu inférieur, aux niveaux extérieurs au moment des expériences. La combinaison d'une concentration élevée d'ozone et de fortes concentrations de terpènes a entraîné une formation de particules encore plus intense.

Boor souhaite que ces résultats éclairent les choix des consommateurs, et non les alarment. Il propose plusieurs mesures pour réduire l'exposition lors du nettoyage :

- Choisir des produits peu parfumés ou sans parfum.
- Éviter d'utiliser plusieurs produits parfumés au cours d'une même séance de nettoyage.
- Utiliser un ventilateur d'extraction ou ouvrir les fenêtres pour aérer la pièce.
- Ne pas nettoyer simultanément des surfaces avec des produits parfumés et des appareils générant de l'ozone, comme les lampes UV-C.

« Il est important de noter que le nettoyage enlève les virus et les bactéries des surfaces, mais il peut aussi générer une pollution atmosphérique invisible », explique Boor. « Il n'y a pas de poussière, ni de fumée visibles dans l'air, mais ces particules se forment. »