lundi 6 juillet 2026

Depuis le 1er juillet 2026, qu’est-ce qui a changé dans la maîtrise de Listeria dans les aliments réfrigérés prêts à être consommés ?

Le blog vous avait proposé fin mars 2026, Listeria monocytogenes pour les Nuls. Plus que 99 jours d'ici le 1er juillet 2026.

Contexte

Le critère de sécurité sanitaire des aliments précédemment en vigueur pour les denrées alimentaires prêtes à être consommées permettant le développement de L. monocytogenes ne fixait pas de limite réglementaire pour L. monocytogenes dans les aliments prêts à consommer une fois ceux-ci sortis du contrôle direct du fabricant, lorsque ce dernier n'était pas en mesure de démontrer que la concentration en L. monocytogenes, si la bactérie était présente dans le produit, ne dépasserait pas la limite de 100 UFC/g pendant toute la durée de conservation.

Cette situation créait un vide juridique dans les cas où il n'était pas garanti que la prolifération de L. monocytogenes dans des aliments prêts à consommer contaminés mis sur le marché resterait en deçà de la limite de 100 UFC/g. Les données scientifiques indiquent qu'une exposition à L. monocytogenes à des niveaux inférieurs à 100 UFC/g présente un faible risque de contracter la listériose pour les adultes en bonne santé, alors que des niveaux inférieurs à 100 UFC/g peuvent néanmoins provoquer une maladie chez les populations les plus vulnérables. Dans l'intérêt de la santé publique, une nouvelle limite plus stricte a été fixée pour combler ce vide juridique.

Eh oui, la date du 1er juillet est désormais dépassée et une agence de sécurité sanitaire des aliments, la Food safety Authority of Ireland, propose des des recommandations à l’intention des entreprises alimentaires suite à l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation européenne relative au contrôle de Listeria dans les aliments prêts à consommer.

Quel impact le nouveau critère aura-t-il sur les entreprises alimentaires et les consommateurs ?

Le nouveau seuil fixé pour L. monocytogenes étant plus strict que la limite actuelle de 100 UFC/g applicable aux aliments prêts à consommer permettant le développement de L. monocytogenes mis sur le marché, on peut s'attendre à une augmentation des cas de non-conformité pour certains de ces produits. Cette situation risque davantage de se produire si les entreprises ne disposent pas de procédures robustes pour gérer efficacement les risques de contamination croisée et de prolifération de L. monocytogenes dans les aliments prêts à consommer qu'elles fabriquent et/ou commercialisent. Toutefois, bien que ces nouvelles règles imposent des exigences plus strictes aux entreprises, elles garantiront, à terme, une meilleure protection globale des consommateurs, en particulier des plus vulnérables, contre le risque de listériose. Source FSAI.

Autre initiative, un étiquetage pour lutter contre Listeria

Des chercheurs du DTU National Food Institute du Danemark proposent un nouvel étiquetage à propos de Listeria pour le saumon fumé et d'autres aliments prêts à consommer afin de réduire le nombre d'infections à Listeria et par conséquent à aider les consommateurs à choisir des produits qui inhibent la croissance de Listeria.

« Il conviendrait d'introduire un système d'étiquetage pour les aliments prêts à consommer ayant été stabilisés lors de leur production afin de prévenir la prolifération de Listeria. Cela nous permettra de réduire le nombre de personnes contractant une infection à Listeria. L'étiquetage doit inspirer confiance aux consommateurs lorsqu'ils mangent des produits de la pêche, par ailleurs sains, mais susceptibles de contenir Listeria », explique Martin Laage Kragh, chercheur à l'Institut national des aliments de la DTU.

Il existe déjà des produits fabriqués de telle sorte que Listeria ne puisse pas s'y développer. Toutefois, il est actuellement difficile pour les consommateurs de savoir quels produits ont été stabilisés pour prévenir la prolifération de la bactérie et peuvent donc être consommés sans risque.

Les chercheurs proposent un système d'étiquetage volontaire utilisant le terme « STABILISÉ », ce qui devrait permettre aux consommateurs de choisir plus facilement des aliments présentant un risque minimal d'infection à Listeria.

« L'étiquetage ne doit être utilisée que par les producteurs capables de démontrer que Listeria ne peut pas se développer dans leurs produits », précise la professeure Lisbeth Truelstrup Hansen, de l'Institut national des aliments à la DTU.

En bref, la stabilité signifie que la conservation du produit doit être adaptée à la durée de vie indiquée.

« De nombreux produits ont une durée de vie trop longue compte tenu de leur mode de fabrication. Or, en modifiant la recette – souvent une simple petite modification suffit –, il est possible de rendre ces produits sûrs », indique le professeur émérite Paw Dalgaard, de l'Institut national des aliments à la DTU.

Eh oui, les DLC les plus courtes sont les meilleures !

A voir si cette initiative danoise aura une durée de vie assez longue ...

Incidence de la listériose en France et dans l’UE

Entre 1999 et 2020, le nombre annuel de cas de listériose a varié entre 188 et 414, avec des incidences annuelles entre 3,1 et 6,2 cas par million d’habitants ; en 2024, 619 cas ont été notifiés, pour une incidence de 9 cas par million d’habitants. Source Santé publique France.

Le nombre de cas de listériose dans l'UE est passé de 0,40 pour 100 000 habitants en 2010 à 0,69 pour 100 000 en 2024.

dimanche 5 juillet 2026

Environnement de fabrication et Listeria monocytogenes

« Impact of surface type and sanitizer use on reduction of Listeria monocytogenes biofilms subjected to varying nutrient availability », source Journal of Food Protection, In Press (Impact du type de surface et de l'utilisation de désinfectants sur la réduction de biofilms de Listeria monocytogenes soumis à des conditions variables de disponibilité en nutriments).

Faits saillants

  • L. monocytogenes est capable de persister sous forme de biofilm sur diverses surfaces en contact avec les aliments.
  • L. monocytogenes a survécu sur des surfaces pendant 17 jours malgré une disponibilité limitée en nutriments.
  • L'efficacité des désinfectants dépend du type de surface en contact avec les aliments.
  • L'acide lactique a montré une efficacité accrue vis-à-vis L. monocytogenes.

Résumé

La capacité de Listeria monocytogenes à adhérer aux surfaces et à former un biofilm tout en survivant dans des environnements froids accroît le risque de transfert de contamination dans les environnements de transformation alimentaire. Cette étude vise à déterminer quels matériaux de surface en contact avec les aliments favorisent la formation et la survie de biofilms de L. monocytogenes dans des conditions favorisant ou limitant la disponibilité en nutriments. L'efficacité antimicrobienne de trois désinfectants (acide lactique à 5%, chlore à 200 ppm, ammonium quaternaire à 200 ppm) vis-à-vis debiofilms formés dans deux environnements nutritionnels a également été évaluée. Un cocktail de cinq souches de L. monocytogenes a été utilisé pour développer des biofilms sur quatre types de coupons (1 × 1 cm) : acétal, nitrile, caoutchouc et acier inoxydable. Dans les conditions favorisant les nutriments, les coupons ont été soumis à une incubation de 72 heures, avec renouvellement du milieu de culture toutes les 24 heures, suivie d'un traitement par un désinfectant. Pour les conditions limitant les nutriments, les coupons ont subi les traitements après une période de stockage supplémentaire de 14 jours à 4,4°C sans apport de nutriments, faisant suite à la période initiale d'incubation de 3 jours. Les résultats ont montré que les populations cellulaires associées aux biofilms dépassaient 6,75 log UFC/cm² sur tous les types de surfaces dans les conditions favorisant les nutriments. Les conditions limitant les nutriments ont entraîné une réduction des populations microbiennes sur tous les types de surfaces, atteignant des niveaux compris entre 6,21 et 6,48 log UFC/cm². Bien que l'efficacité des désinfectants ait varié selon le type de surface, tous les désinfectants ont permis d'obtenir des réductions significatives (P < 0,05) par rapport au témoin dans les deux conditions. L'acide lactique a systématiquement entraîné une réduction plus importante (P < 0,05) dans les deux conditions testées. Cette étude confirme la capacité de L. monocytogenes à adhérer à diverses surfaces en contact avec les aliments utilisées dans les installations de transformation alimentaire et à y former un biofilm, ainsi qu'à survivre dans un environnement pauvre en nutriments ; elle suggère également que l'efficacité des désinfectants vis-à-vis des biofilms dépend du type de surface servant de substrat.

Conclusion

Les résultats de cette étude indiquent que L. monocytogenes peut adhérer à diverses surfaces en contact avec les aliments utilisées dans les installations de transformation alimentaire et y former un biofilm. Des facteurs tels que la température de croissance et la disponibilité des nutriments influencent l'ampleur de la formation du biofilm. Les biofilms de L. monocytogenes formés dans un environnement riche en nutriments et transférés dans un environnement pauvre en nutriments peuvent survivre et maintenir une population relativement stable pendant 14 jours. L'application des désinfectants a permis de réduire les biofilms sur différents types de surfaces. Par rapport à un témoin négatif (sans traitement), tous les désinfectants se sont révélés efficaces (P ≤ 0,05) pour réduire les biofilms, contrairement à l'eau seule (P > 0,05). L'acide lactique s'est parfois montré plus efficace que le chlore et les composés à base d'ammonium quaternaire. Les récentes épidémies liées à L. monocytogenes dans des produits alimentaires prêts à consommer soulignent le défi que ce micro-organisme représente pour les producteurs de denrées alimentaires. Les recherches sur les interactions entre la disponibilité des nutriments, le type de surface et l'utilisation de désinfectants apportent un éclairage précieux sur le comportement et l'écologie de L. monocytogenes dans les installations de transformation alimentaire. Plus précisément, ces travaux ont confirmé la capacité de L. monocytogenes à survivre dans diverses conditions nutritionnelles et sur différents types de surfaces. Ils ont démontré que l'efficacité des désinfectants peut dépendre du type de surface et que diverses interventions de désinfection restent efficaces si elles sont correctement appliquées. Des essais supplémentaires portant sur les surfaces, les désinfectants et les souches de L. monocytogenes permettront de mieux comprendre le comportement de cette bactérie.

samedi 4 juillet 2026

Loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles. Quand la ministre de l’agriculture devient une adepte du « en même temps »

Il est question ici de la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles et où il est constaté que Mme Genevard, ministre de l’agriculture, s'est convertie au « en même temps » du président Macron.

Ētrange débat, le 29 juin au Sénat. (source blog-notes d’Olivier Masbou).

La Haute Assemblée vient de voter la réintroduction, à titre dérogatoire, par 183 voix pour et 129 contre, et contre l’avis du Gouvernement, de l’acétamipride et le flupyradifurone (article 2 quater).

On aurait pu en restait là et attendre le résultat de la prochaine Commission mixte paritaire. Mais le Gouvernement, qui n’est plus à une contradiction près, a déposé et défendu un amendement de suppression de cet article 2 quater. A cette occasion, la ministre de l’Agriculture a réussi, dans la même intervention, à défendre la réintroduction des deux molécules et la suppression de l’article autorisant cette réintroduction !

« Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est parce que ce n’est pas la science qui a parlé en premier sur cette question, pas l’Anses, ni l’Efsa dont c’est la mission, mais le Parlement, a déclaré Annie Genevard (.) Des pays de l’Union européenne utilisent ces substances, nous, non. Il y a donc distorsion de concurrence – c’est un fait ».

Mais ajoute la ministre « Le Gouvernement ne souhaite pas l’adoption dans ce texte de cette mesure dérogatoire. Le Premier ministre, Mme Barbut (ministre de l’environnement) et moi-même considérons que cette question a échappé au Parlement : la société s’en est emparée, au demeurant d’une façon contestable, via une pétition lancée par une jeune femme qui a elle-même déclaré ne rien connaître au sujet ».

Et de conclure : « La question est ainsi installée dans l’opinion publique, virulente, et nous craignons qu’elle n’emporte le texte tout entier ».

Courage, fuyons.
L’amendement du Gouvernement a été rejeté par 186 voix contre 129.

Suivez bien les informations car en l'absence de consensus entre l'Assemblée nationale et le Sénat, une commission mixte paritaire sera réunie le 16 juillet pour parvenir à une écriture définitive du texte.

Hausse des infections d'origine alimentaire à Campylobacter et Listeria au Danemark en 2025

« Hausse des infections d'origine alimentaire à Campylobacter et Listeria au Danemark en 2025, source Food Safety Magazine Editorial Team. Article traduit et adapté par les soins -aa.

Le Danemark a signalé une augmentation des infections à Campylobacter et à Listeria en 2025, tout en continuant à renforcer son système de surveillance « Une seule santé » (One Health) grâce à la mise en place d'une nouvelle plateforme de séquençage du génome entier (WGS), selon le dernier rapport annuel du pays sur les zoonoses.

Campylobacter : principale cause de maladies d'origine alimentaire

Campylobacter est resté la principale cause de maladies d'origine alimentaire au Danemark :

- 5 714 cas en 2025,

- 5 546 cas en 2024
- 5 186 en 2023.

Le nombre de cas de salmonellose a diminué, passant de 1 266 en 2024 à 1 051 en 2025. Le Danemark a également signalé 84 cas d'infection à Listeria monocytogenes, soit une augmentation de près de 38% par rapport à 2024 et le total annuel le plus élevé depuis 2022.

Au total, 56 foyers de maladies d'origine alimentaire ont été à l'origine de 1 109 cas en 2025, un chiffre comparable aux 55 foyers signalés l'année précédente. Les foyers signalés impliquaient Campylobacter, Salmonella, L. monocytogenes, norovirus, Escherichia coli, des bactéries sporulantes, Cryptosporidium, le virus de l'hépatite A, ainsi que trois foyers locaux causés par des lectines présentes dans des haricots mal préparés.

Parmi les 13 foyers de salmonellose signalés, deux foyers nationaux d'envergure étaient liés à des produits réfrigérés. L'un des épisodes était associé à une éclosion internationale récurrente à S. Strathcona liée à des tomates italiennes, tandis que de la laitue importée était le vecteur suspecté d'une seconde éclosion à S. Typhimurium.

Le nombre de cas de Campylobacter a fortement augmenté au cours de l'été et de l'automne, principalement en raison de deux grandes éclosions liées à de la viande de poulet. Neuf des onze éclosions à Campylobacter signalées en 2025 étaient associées à du poulet.

Le rapport a également mis en évidence six éclosions nationales de listériose, dont la plus importante a touché 11 personnes et était liée à des galettes de poisson prêtes à consommer.

Par ailleurs, six éclosions à norovirus sont survenues au Danemark en 2025 ; toutes étaient liées à des activités de traiteur ou à des établissements de restauration.

Commentaire

En France, le dernier bilan de la surveillance des infections à Campylobacter est celui de 2023. Santé publique France indique que Campylobacter est au 2e rang estimé du nombre total d’infections d’origine alimentaire.

Le nombre de cas estimés est environ de 50 000 à 60 000 cas annuels de campylobactériose en France, sur la base de la surveillance et des modèles épidémiologiques.

Au niveau des bilans publiés, les bilans plus ou moins récents en France sont ceux de 2024 sur la listériose et le syndrome hémolytique et urémique pédiatrique ; signalons aussi le bilan 2023 des TIAC. C’est dire les progrès qu’il nous reste encore à faire sur l’information et la communication.

MàJ du 4 juillet 2027Le nouveau gouvernement danois supprime le ministère de l’Agriculture. Mette Frederiksen a constitué un nouveau Gouvernement au Danemark. Il est constitué à partir d’une coalition minoritaire de centre gauche. Le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et de la Pêche est remplacé par un ministère de la Nature et du Bien-être animal. 

vendredi 3 juillet 2026

Les bons gestes de l'été sans thermomètre ? Ça ne va pas le faire !

« Alimentation : les bons gestes de l’été !», source article du ministère de l’agriculture du 2 juillet 2023.

Viandes et poissons : attention à la cuisson !
Chaque année, une recrudescence de cas d'infections alimentaires est constatée durant l'été. Pour limiter les risques, il est primordial de cuire à cœur les saucisses, boulettes, volailles et viandes hachées. Des bactéries pathogènes peuvent survivre si la cuisson n’est pas assez complète.

Question : Peut-on faire une cuisson complète sans thermomètre ?

L’Anses en parle dans sa nouvelle infographie, « 10 gestes utiles en cuisine pour ne pas tomber malade ». Le souci est que la température de 70°C est illustrée pour la cuisson à cœur d’une viande hachée, mais cela ne va pas plus loin …

Comme le blog rappelle depuis sa création, rien ne vaut un thermomètre !

jeudi 2 juillet 2026

Plus de 100 personnes malades lors d'une grave épidémie à Salmonella liée à des nouilles aromatisées qui touche plusieurs pays

Des nouilles aromatisées constituent la source la plus probable d'une épidémie en cours dans plusieurs pays à Salmonella Stanley ; des éléments de preuve établissent un lien entre les cas et des produits de la même marque, selon une évaluation rapide de l’épidémie réalisée par l’EFSA et l’ECDC

Entre novembre 2025 et juin 2026, 106 cas confirmés (au 01/07/26) ont été signalés dans 13 pays de l'Union européenne et de l'Espace économique européen (UE/EEE) ainsi qu'au Royaume-Uni. Cette épidémie a principalement touché des enfants et des jeunes adultes, et au moins 49 personnes ont dû être hospitalisées.

Des cas ont été signalés en Autriche, Tchéquie, Danemark, Estonie, France, Allemagne, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Suède et Royaume-Uni.  

Les éléments de preuve désignent des produits à base de nouilles aromatisées

Les investigations épidémiologiques ont révélé que les personnes concernées au Danemark, en Estonie, en Allemagne et en Lituanie avaient consommé des produits à base de nouilles aromatisées de la même marque.  

Des preuves microbiologiques viennent étayer ce lien, la souche responsable de l’épidémie ayant été détectée en Allemagne et en Lituanie dans des nouilles aromatisées au poulet et au poulet épicé. Les enquêtes ont établi un lien entre ces produits, qui ont été distribués dans plusieurs pays, et un même fabricant en Ukraine. Cela suggère l’existence d’une source commune de contamination au niveau de l’usine de production, bien que des investigations supplémentaires soient nécessaires.

D’autres souches de Salmonella ont été détectées dans des produits de la même marque, ce qui laisse supposer que plusieurs sources de contamination pourraient être en cause.  

Mesures de maîtrise et risques

Les autorités chargées de la sécurité des aliments dans les pays concernés ont mis en œuvre des mesures de contrôle, notamment le retrait et le rappel des produits impliqués, ce qui réduira le risque de nouvelles infections liées à cette épidémie.  

A ma connaissance, aucun rappel n’a été signalé en France.

Toutefois, la cause première et le ou les points de contamination n’ont pas encore été établis. Il est donc probable que d’autres cas puissent survenir, d’autant plus que ces produits ont une longue durée de conservation et peuvent rester stockés dans les cuisines des ménages pendant de longues périodes.  

Conseils aux consommateurs

Les consommateurs ne doivent pas consommer les produits faisant l’objet d’un rappel et doivent les rapporter au point de vente ou les jeter.

Les consommateurs doivent respecter scrupuleusement les instructions figurant sur l’étiquetage des produits nécessitant une préparation supplémentaire avant consommation. Il est également important de respecter les règles d’hygiène alimentaire lors de la préparation.

NB : Image de l'EFSA.

Hygiène et sécurité des aliments : Attitudes et comportements des consommateures en Ecosse

Enquête « Food and You 2 » : Principaux résultats de la 11e vague d’enquête en Écosse, 17 juin 2026

Principaux résultats

Pour cette 11e vague, la Ford Standards Shetland (TSS) a collaboré avec la FA afin d'inclure un échantillon de consommateurs écossais dans l'enquête. « Food and You 2 » mesure les connaissances, les attitudes et les comportements déclarés des consommateurs adultes à travers le Royaume-Uni concernant la sécurité des aliments et d'autres questions liées à l'alimentation.
1 555 adultes (âgés de 16 ans ou plus) issus de 1 091 foyers en Écosse ont répondu à l'enquête.

Manger à la maison


Nettoyage
72% des répondants ont déclaré se laver systématiquement les mains avant de préparer ou de cuisiner des aliments.
92 % des répondants ont déclaré se laver systématiquement les mains immédiatement après avoir manipulé de la viande, de la volaille ou du poisson crus.

Conservation au froid

61 % des répondants ont indiqué que la température de leur réfrigérateur devait se situer entre 0 et 5°C.
54% des répondants possédant un réfrigérateur ont déclaré surveiller la température, soit manuellement (46%), soit via une alarme de température interne (8%).

Décongélation

50 % des répondants décongèlent la viande ou le poisson au réfrigérateur, tandis que 37 % ont déclaré laisser la viande ou le poisson décongeler à température ambiante.

Cuisson

79% des répondants ont déclaré cuire systématiquement les aliments jusqu'à ce qu'ils soient très chauds (fumants) et cuits à cœur, mais 20% ont indiqué ne pas toujours le faire. 94% des personnes interrogées ont déclaré ne jamais consommer de poulet ou de dinde lorsque la viande est rosée ou rend un jus rosé. 5% ont indiqué en consommer, au moins occasionnellement, lorsque la viande est rosée ou rend un jus rosé. 68 % des répondants ont affirmé ne jamais manger de steaks hachés de bœuf (ou burgers) lorsque la viande est rosée ou rend un jus rosé, tandis que 31% ont déclaré en consommer, au moins occasionnellement, dans ces conditions. 86% des personnes interrogées ont déclaré ne réchauffer les aliments qu'une seule fois, 9% deux fois et 3% plus de deux fois. 65% des répondants ont indiqué consommer les restes conservés au réfrigérateur dans les deux jours. 22% ont déclaré les consommer dans un délai de trois à cinq jours, et seuls 3% les consomment après cinq jours ou plus.

Prévention du transfert de contamination

64% des personnes interrogées ont déclaré ne jamais laver un poulet cru ; toutefois, 33% ont indiqué le faire, au moins occasionnellement.

Achats alimentaires et étiquetage
67% des répondants ont déclaré avoir commandé de la nourriture ou des boissons en ligne directement auprès d'un restaurant, d'un service de vente à emporter ou d'un café, et 60% ont passé commande via une plateforme de commande et de livraison en ligne (par exemple Juste Rat, Deliveroo, Uber Eats). 33% des personnes interrogées ont commandé de la nourriture et des boissons via une application en ligne (par exemple Amazon, Gumtree, Etsy). La plupart des répondants ont déclaré vérifier « toujours » ou « la plupart du temps » la date limite de consommation (85%) ou la date de durabilité minimale (80%) lors de l'achat de denrées alimentaires. Ils ont indiqué vérifier la liste des ingrédients (50%), les informations nutritionnelles (48%), le pays d'origine (47%) et les logos de garantie de qualité alimentaire (40%) environ une fois sur deux ou occasionnellement.

Dates limites de consommation

66% des personnes interrogées ont identifié la date limite de consommation comme l'information indiquant qu'un aliment ne peut plus être consommé sans risque.

Confiance envers les aliments

93% des personnes interrogées se disent très ou assez confiantes quant à la sécurité des aliments qu'elles achètent, et 87% sont très ou assez confiantes quant à l'exactitude des informations figurant sur l’étiquetage (par exemple, ingrédients, informations nutritionnelles, pays d'origine).

Préoccupations alimentaires

34% des personnes interrogées se disent très ou assez préoccupées par la sécurité et l'hygiène des aliments produits au Royaume-Uni, tandis que 64% le sont pour les aliments provenant de l'étranger. 33% se disent très ou assez préoccupées par la conformité réelle des aliments produits au Royaume-Uni (le fait qu'ils correspondent bien à leur description), contre 60% pour les aliments provenant de l'étranger.

Évolution des habitudes alimentaires et des comportements alimentaires

48% des personnes interrogées ont déclaré avoir consommé moins d'aliments transformés au cours des 12 mois précédents pour des raisons de santé. 45% ont indiqué avoir consommé davantage de fruits et/ou de légumes, et 45% ont affirmé avoir réduit leur consommation de sucre ou d'aliments et boissons riches en sucre pour des raisons de santé. 35% des répondants ont déclaré avoir commencé à réduire le gaspillage alimentaire pour des raisons environnementales. 25% ont commencé à acheter des aliments avec peu ou pas d'emballage, et 25% ont commencé à acheter des produits locaux ou de saison pour des raisons environnementales.

Allergies et intolérances alimentaires

23% des personnes interrogées ont signalé souffrir d'une réaction physique indésirable ou désagréable après avoir consommé certains aliments, ou éviter certains aliments en raison de la réaction physique indésirable ou désagréable qu'ils pourraient provoquer. La majorité (73%) a indiqué ne pas souffrir d'allergie ou d'intolérance alimentaire. Parmi les répondants ayant signalé une hypersensibilité alimentaire, 18% avaient reçu un diagnostic posé par un médecin, et 4 % par un thérapeute en médecine alternative.

NB : Ce type d'enquête n'existe pas en France où comme chacun le sait tout va bien ...

mercredi 1 juillet 2026

Bilan 2025 du réseau d'alerte de l'UE en matière de sécurité des aliments. Un bilan où les alertes continuent d'augmenter !

« Le rapport de l'UE sur les alertes en sécurité des aliments met en évidence les principaux dangers et incidents majeurs de 2025 », source article traduit et adapté de Food Safety Magazine. Difficile de qualifier ce bilan mais il est certain qu'il entre dans la lignée des précédents où les notifications d'alertes auhementent, augmentent ...

C’est donc désormais un classique, la Commission européenne a publié son rapport annuel 2025 sur le réseau d'alerte et de coopération (ACN pour Alert and Cooperation Network), révélant que ce réseau a traité un nombre record de 10 490 notifications en 2025, soit une augmentation de 11% par rapport à 2024.

L'ACN englobe le système d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF), le système d'assistance administrative et de coopération (AAC), le réseau de l'UE contre la fraude agroalimentaire ainsi que d'autres réseaux ; il permet aux autorités des États membres de l'UE d'échanger des informations et de coordonner leurs interventions face aux incidents de sécurité des aliments, aux fraudes agroalimentaires, aux problèmes de santé végétale et de bien-être animal, ainsi qu'à d'autres cas de non-conformité transfrontalière.

Comme nous l’avons ici le fonctionnement du RASFF est lui-même sujet à débat au sein de l’UE ...

Les notifications RASFF ont augmenté de 2% en 2025, tandis que les notifications d'alerte ont progressé de 14%, dépassant les refus aux frontières pour devenir le type de notification le plus fréquent. L'Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique sont les pays ayant transmis le plus grand nombre de notifications. La Commission a également fait état d'une baisse de 46% des notifications signalées comme fraudes alimentaires présumées, principalement parce que les notifications concernant des résidus de pesticides dans des produits issus de pays tiers ne sont plus automatiquement classées comme fraudes potentielles.


Catégories de denrées alimentaires les plus fréquemment signalées
  • Fruits et légumes : 1 572 notifications (18% des notifications concernant les denrées alimentaires)
  • Aliments diététiques, compléments alimentaires et aliments enrichis : 709 notifications (8%)
  • Fruits à coque, produits à base de fruits à coque et graines : 703 notifications (13%)
  • Viande et produits à base de viande : environ 10,4% des notifications
  • Céréales et produits de boulangerie : 487 notifications (6%)
  • Aliments pour animaux : 494 notifications (5%)
  • Herbes et épices : 377 notifications (4%)
  • Poissons et produits de la pêche : 347 notifications (4%)
  • Confiseries : 339 notifications (4%)
  • Matériaux entrant en contact avec des aliments : 250 notifications (2,8%)
  • Lait et produits laitiers : 228 notifications (2,6%)
  • Produits à base de cacao, de café et de thé : 225 notifications (2,6%)

Principaux faits en matière de sécurité des aliments

Le rapport a mis en évidence plusieurs dangers récurrents selon les catégories de produits alimentaires :
  • Fruits et légumes : les résidus de pesticides ont représenté 59% des notifications, suivis par les mycotoxines (15%). La plupart des notifications (78%) concernaient des produits importés de pays hors UE, notamment de Turquie et d'Égypte.
  • Fruits à coque et graines : plus de la moitié (53%) des notifications concernaient des mycotoxines, principalement des aflatoxines dans les arachides et les pistaches. Les alertes pour les micro-organismes pathogènes (15%), en particulier Salmonella, et aux défauts de documentation ou de contrôle (10%) arrivaient respectivement en deuxième et troisième position.

  • Compléments alimentaires : près de 71% des notifications ont été signalées comme des cas de fraude potentielle, et environ la moitié concernaient des produits vendus en ligne. Les allégations de santé trompeuses (41%) et les non-conformités liées au cannabidiol (CBD) (10%) constituaient les motifs de signalement les plus fréquents. La présence de dioxyde de titane (E171) demeure également un problème récurrent (4%) parmi les cas de non-conformité liés à divers autres ingrédients, qu'ils soient autorisés ou non.

  • Produits de viande : Salmonella constituait le principal danger (43%), en particulier dans la volaille, tandis que Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC) et Listeria monocytogenes étaient fréquemment signalés dans les produits de viande bovine et de porc.

  • Produits de la pêche : Les micro-organismes pathogènes, principalement L. monocytogenes, représentaient la catégorie de danger la plus importante (19%), suivis par les métaux lourds comme le mercure et le cadmium (16%), les problèmes de traçabilité (12%), la falsification et la substitution d'espèces (8%), les parasites (8%) et les contaminants biologiques, principalement dus à l'histamine (7%).

  • Matériaux en contact avec les aliments : Plus de la moitié des notifications concernaient des risques de migration chimique, notamment les amines aromatiques primaires (14% de tous les problèmes signalés), le formaldéhyde (7%) et les composés organiques volatils (7%).

Incidents notables liés à la sécurité des aliments dans l'UE en 2025

Le rapport a mis en lumière plusieurs événements significatifs en matière de sécurité des aliments gérés via l'ACN au cours de l'année 2025.
  • Épidémie à Listeria touchant plusieurs pays et liée à des fromages de France : Une épidémie dans plusieurs pays à L. monocytogenes, liée à des fromages au lait de vache et de chèvre pasteurisé produits en France, a entraîné 21 cas de maladie et deux décès. Le rappel a fini par s'étendre à des fromages distribués sous diverses marques distributeur dans 65 pays à travers le monde. Le rapport a souligné que la contamination s'était probablement produite lors de la production plutôt que par l'utilisation de lait cru.

  • Contamination par le céréulide dans des préparations pour nourrissons : Le rapport a décrit l'incident impliquant des préparations pour nourrissons contaminées par le céréulide comme l'un des événements de sécurité des aliments transfrontaliers les plus importants gérés via le RASFF ces dernières années. Des analyses de routine ont d'abord détecté la contamination par le céréulide dans l'usine de Nestlé aux Pays-Bas fin 2025. Des enquêtes ultérieures ont permis de remonter la source de la contamination jusqu'à une huile riche en acide arachidonique (huile AHA) importée de Chine, qui avait été fournie à plusieurs fabricants de préparations pour nourrissons. L'incident a touché des produits distribués dans plus de 60 pays et a entraîné des rappels coordonnés, la publication d'une évaluation rapide des risques, de nouveaux contrôles d'urgence de l'UE sur les importations d'huile AHA chinoise, ainsi que l'établissement de seuils de sécurité pour le céréulide dans les préparations pour nourrissons. Aucun cas grave confirmé n'a été signalé, ce qui s'explique par les faibles niveaux de contamination et par la mise en œuvre rapide des rappels et des mesures réglementaires.

  • Épidémie à Salmonella Strathcona liée à des tomates : Le rapport a également mis en évidence une épidémie prolongée et transfrontalière à S. Strathcona associée à des tomates cerises et des tomates italiennes provenant de Sicile (Italie). Entre 2023 et 2025, l'épidémie a causé plus de 400 cas de maladie en Italie, en Allemagne, en Autriche et dans d'autres pays de l'UE, ainsi qu'au Royaume-Uni, au Canada et aux États-Unis. Des prélèvements environnementaux ont permis d'identifier la souche épidémique dans l'eau d'irrigation sur le site d'un producteur de tomates, confirmant ainsi le rôle de l'environnement dans la contamination des tomates.

  • Intoxication à la ciguatera liée à des vivaneaux importés : Les autorités allemandes ont signalé trois cas d'intoxication à la ciguatera après la consommation de vivaneaux rouges (vivaneaux de Malabar) importés d'Inde. Les poissons en cause avaient été distribués dans plusieurs pays européens, ce qui a entraîné des retraits coordonnés du marché, bien qu'aucun autre cas de maladie n'ait été identifié.

  • Contaminants pharmaceutiques dans des concombres : Les autorités slovènes ont détecté du paracétamol (également appelé acétaminophène) dans des concombres et des cornichons importés d'Inde ; les produits contaminés ont été retirés du marché avant toute transformation. Un autre lot distinct, de moindre importance et provenant d'un fournisseur indien différent, s'est révélé contenir par la suite de faibles concentrations de ce médicament. Les enquêteurs ont envisagé plusieurs voies de contamination possibles, notamment l'utilisation d'acide acétique contaminé dans la chaîne d'approvisionnement, l'eau d'irrigation contaminée, l'absorption environnementale par les plantes ou l'utilisation d'intrants agricoles contaminés, tels que des produits de lutte contre les serpents.

  • Métaux lourds dans les matériaux au contact des aliments : Les autorités slovènes ont signalé des tasses en émail décorées, importées de Chine, qui libéraient du plomb, de l'aluminium, du nickel, du cobalt, du baryum et du manganèse. Les produits avaient été largement distribués à travers l'Europe, ce qui a entraîné des retraits coordonnés, la destruction des produits et des mesures de suivi dans plusieurs pays.

lundi 29 juin 2026

Le nettoyage est l’'étape cruciale de la réduction microbienne

Si vous n’avez pas encore intégré le fait que le nettoyage est la clé de voûte de l’hygiène dans votre entreprise, c’est le moment de le faire, c'est important ! Le texte ci-après a été traduit et adapté par mes soins -aa.

« Le nettoyage est l’'étape cruciale de la réduction microbienne », source article de Neil Bogart et Abby Snyder paru dans Food Safety Magazine.

Dans la plupart des cas, le nettoyage est plus efficace que la désinfection pour réduire la contamination microbienne.

Les désinfectants sont souvent présentés comme « la solution miracle » en matière de désinfection, car ils sont spécifiquement appliqués pour détruire les micro-organismes présents sur les surfaces. Cette vision pourrait laisser penser que la désinfection offre la meilleure réponse en matière de sécurité des aliments. Or, ce n'est souvent pas le cas ; la réduction microbienne la plus significative est généralement obtenue lors du nettoyage.

Cette distinction est loin d'être anodine. Une conception erronée de la manière dont les activités de désinfection garantissent la maîtrise microbienne entraîne une mauvaise utilisation des ressources, des efforts de formation et de validation inefficaces, ainsi que des exigences réglementaires. Dans cet article, nous soulignons l'importance des activités de nettoyage dans le cadre des procédures opérationnelles standard en matière d'hygiène (Sanitation Standard Operating Procedures ou SSOPs)

Composantes des procédures de nettoyage-désinfection

Les activités de nettoyage et de désinfection, qu'elles soient sèches ou humides, suivent généralement une séquence structurée de procédures décrites sous le nom de « sept étapes du nettoyage-désinfection » (d’autres articles parlent de cinq étapes, etc.). Des procédures spécifiques à chaque établissement sont documentées dans les SSOPs. Bien que les procédures varient d'un établissement à l'autre, les procédures opérationnelles normalisées de nettoyage-désinfection comprennent en général l’étape de nettoyage de la ligne, l'inspection et l'application d'un désinfectant. Ces activités contribuent à atteindre les multiples objectifs de du nettoyage-désinfection : enlèvement des résidus alimentaires, prévention de la contamination croisée par des allergènes, réduction du transfert de colorants et d'arômes, réduction de la charge microbienne et prévention de la contamination croisée par des agents pathogènes.

Dans le cadre d'un nettoyage-désinfection humide conventionnel, les sept étapes comprennent généralement un pré-rinçage, l'application d'un détergent, une action mécanique (comme le brossage) et un rinçage final avant inspection et la désinfection, suivie d’un rinçage et séchage. L'eau joue un rôle central : elle agit comme force physique pour déloger les résidus, comme vecteur pour les détergents et les désinfectants, et comme milieu de transport pour l'évacuation des résidus.

Les mêmes étapes générales sont utilisées dans un nettoyage-désinfection à sec, mais leur mise en œuvre diffère considérablement lorsque l'eau est exclue du processus. Le nettoyage physique à sec est généralement effectué par balayage, grattage et aspiration. De nombreuses procédures opérationnelles standard en matière d'hygiène pour les environnements secs n'incluent pas l'application d'un désinfectant. Cependant, certains établissements ont recours à une application maîtrisée de désinfectants, généralement par traitement localisé. Les désinfectants utilisés sont formulés pour s'évaporer rapidement afin d'éviter l'introduction d'eau dans les environnements à faible humidité.

Il est certain que le nettoyage vise à enlever (éliminer, si possible?) les résidus alimentaires, tandis que la désinfection a pour but de détruire les micro-organismes. Cependant, ces définitions ne rendent pas pleinement compte de ce qui se passe réellement à chaque étape. Le nettoyage ne se contente pas d'enlever les souillures, il réduit également la charge microbienne présente sur les matériaux. En se concentrant uniquement sur l'enlèvement des souillures, ces définitions ont peut-être involontairement contribué à l'idée fausse que la désinfection est la principale (voire la seule) étape de réduction microbienne.

Dans la plupart des cas, une réduction plus importante de la charge microbienne résulte du nettoyage, qu'il s'agisse de méthodes de nettoyage-désinfection humides ou sèches. Par conséquent, l'étape de désinfection peut inactiver certains microbes restants après un nettoyage efficace. Toutefois, la désinfection n'est qu'une intervention secondaire venant s'ajouter à une étape de nettoyage bien réalisée. Ainsi, une modification de la description du nettoyage ci-dessus consisterait à ajouter la précision suivante : les techniques de nettoyage enlèvent les souillures, notamment les résidus alimentaires, la saleté, la graisse ou autres matières indésirables (tels que les micro-organismes), des surfaces en contact avec les aliments. Cette description permet de clarifier le rôle du nettoyage dans la sécurité des aliments, au lieu de le réduire à un simple enlèvement des souillures.

A la suite d’un nettoyage, la désinfection se réalise sur des surfaces propres.

Le nettoyage est la première étape de la réduction microbienne

Les activités de nettoyage peuvent réduire considérablement la charge microbienne sur les surfaces. La réduction microbienne lors du nettoyage physique s'effectue par l'action mécanique du frottement, du brossage ou par la dynamique des fluides ou des poudres. En cas de nettoyage humide, la chimie des détergents, qui dissout les souillures, contribue également au nettoyage.

Des menées à ce jour, bien que limitées, montrent que le nettoyage peut entraîner des réductions logarithmiques significatives de la charge microbienne sur les surfaces. Par exemple, une étude modélisant les interventions de nettoyage à sec sur du lait contaminé sur des lignes de traitement de poudres a démontré que les étapes d'élimination physique permettent une réduction microbienne significative (1). Des études empiriques sur le nettoyage à sec ont également montré qu'une réduction importante de Salmonella (jusqu'à 5 log) (2). Des résultats similaires ont été observés lors du nettoyage par voie humide, notamment pour le nettoyage et la désinfection des bacs de produits (3). Quel que soit le système, le nettoyage seul a permis d'obtenir une réduction microbienne significative.

Cela semble intuitif. Peut-on vraiment croire que la charge microbienne d'une surface reste inchangée après le nettoyage ? Bien sûr que non. Dans de nombreux programmes de nettoyage-désinfection, les étapes de nettoyage représentent à elles seules la majeure partie de la réduction microbienne totale du processus, les agents désinfectants apportant une réduction supplémentaire une fois les surfaces déjà propres. Sur le plan mécanique, cette réduction s'explique par le fait que, dans les environnements alimentaires, les microbes se présentent rarement sous forme de cellules libres et exposées. Ils sont souvent associés à des résidus alimentaires adhérant aux surfaces ; ces résidus peuvent ancrer les micro-organismes et limiter leur exposition aux agents chimiques. Le nettoyage rompt ces associations grâce à des forces physiques. Le brossage et le frottage exercent des forces de cisaillement et d'abrasion qui détachent les cellules et désagrègent les matrices de souillures. Dans le nettoyage par voie humide, les jets d'eau et de détergent génèrent un cisaillement localisé sur les surfaces. Dans les systèmes à sec, le balayage, l'aspiration, la projection de sel ou de glace carbonique permettent également de déloger et d'enlever les souillures et les micro-organismes. Les produits chimiques peuvent renforcer ce processus en perturbant l'adhérence et en empêchant la redéposition. Ces mécanismes physiques ne se contentent pas de préparer la surface à la désinfection. Le nettoyage physique peut enlever une part importante de la charge microbienne. Au moment où l'agent désinfectant est appliqué, une grande partie de la charge microbienne a déjà été éliminée.

Les désinfectants ont des limites en conditions réelles

Les désinfectants présentent des avantages, mais ils ne sont pas miraculeux. Espérer qu'un nouveau produit chimique résoudra le problème de la contamination croisée environnementale est une approche peu susceptible de réussir. L'idée qu'une simple pulvérisation ou un traitement gazeux puisse réduire significativement la charge microbienne dans des niches environnementales complexes détourne l'attention de stratégies plus efficaces, axées sur la qualité du nettoyage. En pratique, les caractéristiques qui rendent les surfaces difficiles à nettoyer, telles que les fissures, les anfractuosités, les soudures irrégulières, les joints, ainsi que l'accumulation de souillures et de résidus, limitent également la capacité des désinfectants à atteindre les microbes et à agir sur eux. Les idées fausses concernant l'efficacité des désinfectants sont souvent renforcées par la manière dont ils sont étudiés. Les études sur les désinfectants conduites en laboratoire fournissent des informations utiles pour déterminer si un désinfectant peut inactiver des micro-organismes dans des conditions maîtrisées, mais elles ne permettent pas d'estimer de manière fiable l'efficacité de ces traitements en production. Les études réalisées en laboratoire sur des coupons où des surfaces planes en acier inoxydable sont inoculées puis traitées de manière uniforme, offrent des conditions très favorables à l'inactivation microbienne. Ces systèmes d'essai maximisent le contact entre le désinfectant et les cellules, ce qui se traduit souvent par des réductions logarithmiques importantes et constantes, difficilement transposables à une utilisation en conditions réelles. Lorsque les conditions d'essai se rapprochent davantage de la réalité du terrain, l'efficacité des désinfectants devient plus variable et généralement moindre. Les études à l'échelle pilote introduisent des facteurs tels que la complexité des surfaces, une répartition hétérogène du désinfectant et des méthodes d'application plus réalistes, autant d'éléments qui réduisent le contact entre le désinfectant et les organismes cibles. Par exemple, des travaux récents sur la réduction de Listeria ont montré que la méthode d'application influait considérablement sur l'efficacité du désinfectant, même lorsque le même produit chimique était utilisé. Ces résultats soulignent que l'efficacité d'un désinfectant ne dépend pas uniquement de la substance chimique elle-même, mais aussi de l'environnement physique dans lequel elle est appliquée. Se fier outre mesure aux données d'efficacité obtenues dans des conditions de laboratoire idéales peut conduire à un excès de confiance et à des stratégies de maîtrise non optimales. En pratique, plusieurs contraintes limitent la capacité d'un désinfectant à atteindre les niveaux de réduction microbienne souvent observés dans des conditions expérimentales idéales. Les résidus organiques peuvent neutraliser les principes actifs, réduisant ainsi leur efficacité avant même qu'ils n'atteignent les micro-organismes cibles.

La géométrie des équipements empêche souvent un contact adéquat entre la surface et le désinfectant. Le temps de contact (ou temps de séjour) peut être relativement court, en particulier sur les surfaces bien drainées ou difficilement accessibles. La couverture peut également être irrégulière, car l'état de la surface, notamment la présence de piqûres de corrosion, de soudures de mauvaise qualité ou de microfissures, peut encore réduire l'efficacité du traitement. La complexité de la géométrie des équipements figure au premier rang de ces contraintes. Les zones les plus difficiles à nettoyer sont également les plus difficiles à désinfecter. Si des souillures et des cellules microbiennes restent physiquement logées dans une niche, l'application d'un désinfectant sur la surface ne pourra pas compenser un nettoyage inadéquat. Une intervention mécanique est généralement nécessaire pour enlever la contamination présente dans ces zones. Ce principe n'a pas été indiqué dans un précédent article : les endroits difficiles à nettoyer sont intrinsèquement difficiles à désinfecter.

Autrement dit, si les micro-organismes ne peuvent être physiquement enlevés lors du nettoyage, la désinfection n’apportera probablement qu’un bénéfice marginal. Inversement, lorsque les cellules sont efficacement enlevées par le nettoyage, la charge microbienne restante est déjà faible, et la désinfection ne contribue que de façon marginale. Dans les deux cas, l’efficacité du nettoyage est le facteur déterminant de la maîtrise de la contamination microbienne.

Reconnaître le rôle central du nettoyage est essentiel afin que des efforts et des ressources appropriés soient établis pour le nettoyage-désinfection. Lorsque les équipes supposent que les désinfectants sont responsables de la majeure partie de la réduction microbienne, elles peuvent trop s’appuyer sur les interventions chimiques, se relâcher dans leur exécution et sous-investir dans la formation aux techniques de nettoyage efficaces. Cet état d’esprit peut également conduire à une évaluation insuffisante des performances de nettoyage et à une sous-estimation de l’importance d’une conception hygiénique des équipements et de l’enlèvement des gîtes de prolifération.

Un changement de mentalité

Si le nettoyage est si crucial, pourquoi la désinfection retient-elle souvent toute l’attention ? Cette perception s'explique en partie par la manière dont le nettoyage-désinfection a été historiquement conçu. Le nettoyage est généralement décrit comme l'enlèvement des souillures alimentaires, tandis que la désinfection est explicitement définie comme l'étape visant à réduire ou à détruire les micro-organismes. Cette conception attribue implicitement la maîtrise de la contamination microbienne à la seule désinfection, négligeant la réduction microbienne substantielle qui se produit lors du nettoyage. De ce fait, le nettoyage est souvent perçu comme une étape préparatoire, tandis que la désinfection est considérée comme l'étape principale de la maîtrise de la contamination microbienne

Cette idée fausse est renforcée par la manière dont l'efficacité des désinfectants est étudiée. Les désinfectants sont systématiquement évalués quant à leur létalité microbienne dans des conditions définies, produisant des résultats clairs et quantifiables tels que des réductions logarithmiques. En revanche, l'efficacité du nettoyage physique est plus difficile à caractériser. Elle dépend de facteurs tels que la conception de l'équipement, l'accessibilité, l'action mécanique et la technique de l'opérateur, autant d'éléments qui introduisent une variabilité. Parce qu'il est plus difficile à mesurer et à standardiser, le nettoyage a reçu comparativement moins d'attention dans la recherche et la validation, bien qu'il soit souvent l'étape qui contribue le plus à la réduction microbienne.

Nous devrions considérer le nettoyage comme le fondement de la maîtrise de la contamination microbienne . Une approche pratique pour faire évoluer les mentalités consiste à évaluer plus rigoureusement l'efficacité du nettoyage en conditions réelles. De nombreux établissements effectuent déjà des inspections visuelles et prélèvent des échantillons, à l’aide de tests ATP ou des indicateurs d'hygiène microbiologique, après nettoyage et avant la désinfection. Cette pratique est précieuse car elle isole la performance de l'étape de nettoyage, permettant aux équipes d'évaluer l'efficacité de l'enlèvement des souillures et des micro-organismes associés, sans l'influence perturbatrice de l'application de désinfectant.

Plus généralement, bien que des efforts considérables aient été consacrés à l'étude de l'efficacité des désinfectants, l'élimination physique des micro-organismes lors du nettoyage reste relativement peu étudiée. Cela représente une lacune importante. Si le nettoyage est responsable d'une grande partie de la réduction microbienne en pratique, il devrait être étudié et validé avec la même rigueur que l'utilisation des désinfectants. Une question pertinente que les responsables de l'hygiène devraient se poser est de savoir si leurs processus de nettoyage sont compris, mesurés et validés au même titre que leurs étapes de désinfection.

Les établissements devraient également investir dans le renforcement de leurs programmes de nettoyage physique. Cela inclut la formation du personnel à reconnaître les signes visuels d'un nettoyage insuffisant, l'amélioration de l'accessibilité des équipements par leur démontage ou leur conception hygiénique, et la standardisation des procédures de nettoyage pour garantir leur uniformité.

Et maintenant ?

Avec le recul, le rôle du nettoyage dans la réduction microbienne paraît évident, mais ce simple changement de mentalité peut induire un changement de comportement. De nombreuses étapes de nettoyage sont manuelles ; il est donc essentiel que les employés comprennent que le nettoyage est une étape de la maîtrise de la contamination microbienne et non une simple tâche ménagère. La réduction des sites de prolifération microbienne devient un objectif pour les équipes pluridisciplinaires (par exemple, ingénierie/maintenance, sécurité et qualité des aliments, nettoyage-désinfection). Les désinfectants seront appliqués avec des attentes réalistes.

Il ne s'agit pas d'un argument contre la désinfection, mais plutôt de la replacer dans son contexte. Le nettoyage est la base du nettoyage-désinfection. La réduction microbienne dans les environnements de production alimentaire se produit principalement lors du nettoyage, grâce à l'élimination physique des souillures et des micro-organismes qu'elles abritent. Les désinfectants apportent une réduction supplémentaire importante, mais souvent progressive, une fois les surfaces nettoyées. Nos plus grands progrès en matière de la maîtrise de la contamination microbienne ne proviendront pas de produits chimiques plus puissants, mais de meilleures pratiques.