Voici deux indicateurs de la sécurité des aliments en France pour octobre 2023. Désolé, par manque de transprence de nos autorités sanitaires, je n'en ai pas d'autres sous la main, mais si des lecteurs en ont, je suis preneur ...
«L'hygiène, avant la microbiologie, n'est hygiénique que dans ses intentions. C'est la science des apparences qui repose entre des mains d'aveugles : est sain ce qui est beau, bon, et ne sent pas mauvais.» Pierre Darmon, L'homme et les microbes, Fayard, 1999.
mercredi 1 novembre 2023
Octobre 2023 : Excellent bilan de la sécurité des aliments en France
Rhône : Une boulangerie fermée en urgence pour de graves manquements aux règles d’hygiène à Villeurbanne
«Une boulangerie fermée en urgence pour de graves manquements aux règles d’hygiène à Villeurbanne», source Le Progrès.
La préfecture a pris un arrêté de fermeture administrative ce mardi, après une visite de la Direction départementale de la protection des populations, dans la matinée, dans l’établissement.
L’article réservé aux abonnés indique, «Si vous y avez déjà acheté du pain ou des viennoiseries, vous n’aurez probablement pas envie de lire cet article.»
Deux agents de la Direction départementale de la protection des population ont constaté dans la boulangerie Ines de nombreuses déjections de nuisibles, de la farine stockée à même le sol et des murs crasseux. En juin déjà, une première visite avait donné lieu à une mise en demeure mais les actions correctives n'ont pas été respectées.
Pour pouvoir rouvrir son établissement, le gérant doit procéder à un nettoyage des locaux, ne plus stocker de denrées dans des sacs poubelles, finir les travaux et mettre en service la chambre froide. Source Lyon Capitale.
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mardi 31 octobre 2023
C'est effrayant le chiffre du gaspillage alimentaire au sein de l'UE, mais un autre chiffre effrayant est celui des 773 foyers de cas d’origine alimentaire dans l’UE en 2021
This is scary. Another scary number is 773 foodborne outbreaks in the EU in 2021. https://t.co/7GA965AiyB
— joewhitworth (@joewhitworth) October 31, 2023
Il existe un lien entre la vaccination contre la grippe saisonnière et une utilisation réduite des antibiotiques, selon une étude
Une nouvelle étude réalisée au Japon suggère que la vaccination contre la grippe saisonnière est associée à une utilisation moins inutile d'antibiotiques chez les personnes de plus de 65 ans, ont rapporté des chercheurs la semaine dernière dans le Journal of Antimicrobial Chemotherapy.
À l'aide des données du Vaccine Effectiveness, Networking et la base de données de l’étude Universal Safety, qui comprend toutes les données sur les réclamations et les dossiers de vaccination des saisons grippales 2015-2016 à 2020-2021, des chercheurs du National Center for Global health and Medicine du Japon ont examiné l'association du statut de la vaccination avec la fréquence de prescription d'antibiotiques, la fréquence de consultation en établissement de santé, le risque d'admission à l'hôpital et le risque de décès dans la période de suivi pour la même saison (du 1er janvier au 31 mars).
Ils se sont concentrés sur les patients âgés de 65 ans et plus qui ont visité un établissement de santé souffrant d’une infection des voies respiratoires supérieures (IVRS), en comparant les patients vaccinés aux patients non vaccinés.
Taux d’hospitalisation réduit de 50%
L'analyse de 101 734 personnes avec des données de score de propension appariées dans chacun des groupes non vaccinés et vaccinés a montré que l'effet moyen du traitement de la vaccination était de −0,004 (IC à 95% de −0,006 à −0,002) pour la fréquence de prescription d'antibiotiques, de −0,005 (−0,007 à −0,004) pour la fréquence de consultation en établissement de santé, −0,001 (−0,002 à −0,001) pour le risque d'admission et 0,00 (0,00 à 0,00) pour le risque de décès.
«Nos résultats suggèrent que le vaccin contre la grippe saisonnière pourrait aider à réduire l’utilisation inappropriée d'antimicrobiens pour les IVRS, bien qu'il faille être prudent dans l'interprétation des résultats», ont écrit les auteurs de l'étude.
«Cet avantage indirect serait une autre raison de recommander la vaccination contre la grippe saisonnière à la population générale afin de renforcer les mesures de lutte contre la résistance aux antimicrobiens dans la société.»
Les distributeurs britanniques informent de la présence de Campylobacter chez le poulet pour 2023
C’est une chose inconnue chez nous mais pas au Royaume-Uni où «Les distributeurs britanniques informent de la présence de Campylobacter chez le poulet pour 2023», source article de Joe Whitworth paru le 31 octobre 2023 dans Food Safety News.
Les supermarchés du Royaume-Uni ont rapporté des résultats nuancés de la présence et du dénombrement de Campylobacter chez le poulet pour les deux premiers trimestres de 2023.
Le niveau cible maximum de la Food Standards Agency (FSA) va jusqu'à 7% des oiseaux avec plus de 1 000 unités formant colonie par gramme (UFC/g) de Campylobacter.
Les données des distributeurs couvrent le premier semestre 2023 et font état de concentrations élevées de Campylobacter dans des poulets réfrigérés achetés en magasin et produits au Royaume-Uni.
Les résultats chez Morrisons, Asda et Sainsbury’s ont augmenté tandis que Marks and Spencer a enregistré des niveaux plus faibles. Le pourcentage de positifs variait selon les trimestres chez Waitrose et Lidl et restait le même pour Co-op.
Campylobacter est la cause la plus fréquente d’intoxication alimentaire bactérienne au Royaume-Uni, et la dose nécessaire pour rendre les gens malades peut être aussi faible que quelques centaines de cellules.
Tesco a cessé de publier des données car il a modifié la façon dont il surveille l'agent pathogène chez le poulet, de sorte que les résultats ne sont pas comparables à ceux d'autres distributeurs. Aldi n'a pas mis à jour sa page internet correspondante, ni fourni les chiffres lorsque la Food Safety News lui a demandé de le faire.
Résultats par distributeur
Lidl a enregistré près de 4% d'oiseaux dans la catégorie la plus élevée d'avril à juin et 2% de janvier à mars 2023. Ce chiffre était d'environ 3% fin 2022.
Marks and Spencer n'a eu aucun échantillon au seuil supérieur d'avril à juin. Le distributeur n’en avait également aucun au-dessus de 1 000 UFC/g en janvier et 1% chacun pour février et mars 2023 sur 376 prélèvements. Cela se compare à 1% dans la catégorie maximale en octobre, novembre et décembre pour le même nombre de poulets prélevés.
Asda a signalé que 3,6% des échantillons étaient supérieurs à 1 000 UFC/g au premier trimestre 2023 et 3,5% au deuxième trimestre. Cela se compare à aucun poulet à ce niveau au dernier trimestre de 2022.
Les résultats de Sainsbury’s pour Campylobacter au premier trimestre 2023 ont montré que 3% des poulets présentaient des niveaux supérieurs à 1 000 UFC/g, contre 1% au deuxième trimestre 2023 et 1% au quatrième trimestre 2022.
Co-op a poursuivi sa série de résultats montrant qu'aucun poulet testé n'était contaminé à des niveaux supérieurs à 1 000 UFC/g. La dernière fois qu’un échantillon avait des niveaux aussi élevés, c’était au troisième trimestre 2021.
Waitrose and Partners a enregistré 2% de tests positifs pour Campylobacter à des niveaux supérieurs à 1 000 UFC/g d’avril à juin, contre 4% de janvier à mars 2023 et 2% au dernier trimestre 2022.
«La clé de nos bons résultats continue de résider dans le travail incroyablement acharné de nos agriculteurs et de nos fournisseurs, combiné à notre collecte et analyse rigoureuses des données, en enquêtant sur le poulet à la fois à l'usine et dans les rayons des supermarchés», a déclaré un porte-parole de Waitrose and Partners.
Y a-t-il une vie après une fermeture administrative pour manque d’hygiène ?
Crottes de souris, défaut de #traçabilité, vétusté… À Meyzieu, la #boucherie Zahra est ferméehttps://t.co/k5ZQ3J2PxP#hygienealimentaire #securitedesaliments #controlessanitaires #ddpp #alimconfiance #alimentation #aliment #foodsafety #haccp
— Bruno Longhi (@LC_Hygiene) October 19, 2023
«Nous avons perdu beaucoup de clients» : épinglée pour manque d’hygiène, la boucherie Zahra a rouvert à Meyzieu. Source Le Progrès du 31 octobre 2023.
Une semaine après la fermeture administrative imposée par la préfecture du Rhône, la boucherie Zahra de Meyzieu épinglée pour «des manquements graves aux règles d’hygiène» a pu rouvrir ses portes. «Nous avons travaillé dur pour résoudre tout problème», affirme la propriétaire au Progrès.
La boucherie Zahra, située dans le quartier du Mathiolan à Meyzieu, a rouvert ses portes vendredi.
Fermée par la préfecture le 19 octobre à l’issue d’un contrôle sanitaire mené par des agents de la Direction départementale de protection des populations (DDPP), elle a obtenu l’autorisation de rouvrir après avoir réalisé les mesures correctives exigées par les autorités.
NB : Le reste de l'article est réservé aux abonnés ...
Intoxication alimentaire dans l'Yonne : Dix jeunes parisiens consomment du sirop au THC et finissent à l'hôpital
Ces jeunes Parisiens s'étaient rendus à Saint-Aubin-sur-Yonne pour faire la fête dans une maison de campagne. Celle-ci appartient à la grand-mère d'un des fêtards d'après les informations révélées par la presse.
La soirée a eu lieu samedi 28 octobre. Mais elle s'est achevée à l'hôpital pour dix d'entre eux. La raison de cette hospitalisation : une intoxication alimentaire causée par un sirop...
Les fêtards ont été pris de malaises et ont rapidement fait appel aux secours
Grâce à une prise en charge rapide, les jeunes gens venus de Paris pour faire la fête à la campagne se sont rapidement remis de cette intoxication alimentaire.
L'intoxication a été causée par un sirop renfermant une forte dose de THC
D'après les déclarations des jeunes gens intoxiqués, ce sirop aurait été acheté à Paris.
À l'issue de leur prise en charge à l'hôpital, les fêtards majeurs ont reçu une convocation pour suivre un stage de lutte contre les stupéfiants. Quant à la jeune fille mineure qui a, elle aussi, goûté à ce fameux sirop, elle a écopé d'un simple rappel à la loi.
NB : Le THC ou delta-9-tétrahydrocannabinolentraîne une dépendance ; il a des effets psychoactifs, en ce qu'il agit sur le cerveau.
On lira aussi l’article paru dans L’Yonne Républicaine.
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L’épidémie liée aux pizzas Buitoni de marque Fraîch’up de chez Nestlé a entraîné un niveau de grande ampleur de cas de SHU pédiatrique en France, mais pas seulement ...
Points clés
- L’incidence annuelle du SHU pédiatrique était la plus élevée observée depuis le début de la surveillance en 1996. Cette forte hausse de l’incidence, observée dans toutes les tranches d’âge et dans la majorité des régions, est liée en partie à la survenue de plusieurs épidémies dont une de très grande ampleur (57 cas confirmés), mais reste élevée avec une analyse restreinte au cas sporadiques.
- Ces épidémies ont impacté l’épidémiologie des cas de SHU pédiatriques en 2022 avec deux pics de cas, un premier en mars-avril en lien avec l’épidémie liée aux pizzas surgelées, et un deuxième en période estivale comme habituellement observé. Une hétérogénéité régionale est observée comme chaque année, mais elle est influencée en partie par la distribution des cas liés à des épidémies dans certaines régions (Hauts de France, Île de France, Pays de la Loire, Paca).
- Le sérogroupe O26 restait très majoritaire et était à l’origine de deux épidémies. Le nombre de souches O80 était stable, de même que le nombre de souches O157.
Pour les détails, il faut aller au rapport, «Surveillance du syndrome hémolytique et urémique post-diarrhéique chez l’enfant de moins de 15 ans en France en 2022».
En 2022, 253 cas de SHU pédiatriques ont été notifiés à Santé publique France, dont un cas dans les départements français et régions d’outre-mer.
Habituellement, si l’on peut dire, Santé publique France rapporte qu’il y a 100 à 160 cas de SHU notifiés en France …
Je reprend ci-après l’article paru dans Food Safety News le 31 octobre 2023 à ce sujet,
Lors de l’épidémie provoquée par les pizzas surgelées Buitoni Fraîch’Up, 59 patients avaient un âge médian de 6 ans. Ils sont tombés malades entre janvier et avril 2022. Deux enfants sont décédés.
Record de cas de SHU
La forte augmentation de l’incidence est en partie due à plusieurs épidémies, dont le seul incident majeur de Nestlé, mais également à un grand nombre de cas sporadiques.
En 2022, il y a eu deux pics de cas, le premier en mars et avril en raison de l'épidémie liée aux pizzas et un second durant l'été vers juillet, où l'on observe habituellement un pic.
Comme les années précédentes, la plupart des enfants avaient moins de 3 ans et étaient âgés de 1 mois à 14 ans. Un peu plus de la moitié étaient des filles. Les taux d'incidence étaient plus élevés dans tous les groupes d'âge et dans toutes les régions.
La durée médiane d'hospitalisation était de six jours, mais variait de 1 à 25 jours pour les 59 cas pour lesquels cette information était disponible.
Le sérogroupe O26 de E. coli était prédominant, suivi du sérogroupe O80. Le nombre de cas dus à O80 et O157 est resté comparable à 2021. Sur 226 cas, 114 étaient O26, 16 étaient O80 et neuf étaient O157.
Onze enquêtes épidémiologiques ont été menées suite à des suspicions de foyers d'infection. Il a été possible de confirmer deux fois l'origine d'un aliment, ce qui a donné lieu à des mesures de rappel et de retrait.
Pour deux autres incidents, soit un type d'aliment commun a été suspecté, mais aucune confirmation n'a été possible, soit une origine alimentaire a été suspectée sans qu'aucun élément spécifique n'ait été identifié.
Mises en évidence de l’épidémie
Les premières investigations ont révélé plusieurs aliments suspects consommés par les cas, notamment de la viande bovine hachée et des produits de la même chaîne de restauration rapide, mais les travaux de traçabilité ont exclu ces sources. L'analyse des données des cartes de fidélité a permis d'identifier l'achat fréquent de pizzas surgelées Buitoni, et un deuxième questionnaire destiné aux familles a confirmé la consommation régulière de ces pizzas par les personnes malades.
La gamme de pizzas impliquée était produite à partir de farine non cuite. Les ingrédients ont été testés positifs pour les souches épidémiques. Au total, 41 patients sur 55 ont déclaré avoir mangé cette marque de pizzas.
À l'été 2022, cinq cas de SHU ont été signalés par un hôpital des Bouches-du-Rhône. Neuf STEC O26:H11 confirmés et trois patients possibles ont finalement été identifiés. Onze cas d’infection sont survenues en région Provence-Alpes-Côte d’Azur et deux en Occitanie. Tous les patients avaient un SHU et ont été hospitalisés en juin et juillet.
Les investigations ont permis d'identifier des produits laitiers vendus par une ferme de l'Aupillon dans les Bouches-du-Rhône. STEC O26 a été isolé d'un produit appartenant au même groupe génomique que les souches isolées des patients. Après un rappel de produits à base de lait cru, aucun autre cas n'a été enregistré.
En septembre 2022, Santé publique France s'est penchée sur un excès de cas de STEC O145 dans plusieurs régions de l'ouest de la France. Quatre enfants atteints de SHU et deux souffrant de diarrhée sanglante ont été infectés par STEC O145:H28 en septembre. Les enquêtes épidémiologiques ont mis en évidence des légumes, mais il n'a pas été possible de trouver une source commune d'infection.
Lors d'un autre incident, 16 cas confirmés de STEC O157:H7 ont été constatés en avril et mai 2022. Il s'agissait de 14 enfants âgés de 1 à 13 ans et de deux adultes. Six enfants souffraient du SHU. La source n'a pas été trouvée.
Dans la discussion, les auteurs notent,
En 2022, l’incidence annuelle du SHU pédiatrique était la plus élevée observée depuis le début de la surveillance en 1996. Cette forte hausse de l’incidence, observée dans toutes les tranches d’âge et dans la majorité des régions, est liée en partie à la survenue de plusieurs épidémies dont une de très grande ampleur (57 cas confirmés), mais reste élevée avec une analyse restreinte au cas sporadiques.
Commentaire
L’article remercie les familles qui ont participé aux investigations, mais Santé publique France aurait dû mettre en première page de son site internet les données de la surveillance du syndrome hémolytique et urémique post-diarrhéique chez l’enfant de moins de 15 ans en France en 2022. Un peu d’empathie, cela ne fait pas de mal.
On pourrait aussi citer le retard des rappels de produits laitiers au lait cru par RappelConso, le 27 juillet 2023, alors le journal La Provence en parle le 22 juillet 2022.
Dernier constat, les consommateurs sont peu ou pas informés des cas de SHU pédiatriques régulièrement par des communiqués, le silence ou l’absence de transparence de la DGAL est assourdissant.
Que recouvre un nom ? Des enquêtes mettent en évidence les problèmes du public avec le terme ‘résistance aux antimicrobiens’
Une nouvelle étude suggère que les termes «résistance aux antimicrobiens» et «RAM» ne sont pas les meilleurs pour communiquer avec le public sur les dangers des infections résistantes aux antibiotiques, et qu'un terme plus mémorisable et plus alarmant pourrait être nécessaire pour sensibiliser le public.
L'étude, «Existing terminology related to antimicrobial resistance fails to evoke risk perceptions and be remembered», publiée la semaine dernière dans Nature Communications, décrit les résultats de deux enquêtes qui ont révélé que, parmi les six termes les plus couramment utilisés en anglais pour communiquer sur la menace des bactéries résistantes aux antibiotiques, «RAM» et «résistance aux antimicrobiens» figuraient parmi le score le plus faible pour l’association au risque et la mémorisation. Et dans l’ensemble, les six termes étaient moins associés au risque et moins mémorisables que les noms d’autres maladies, même celles qui constituent une menace moindre.
«Notre étude souligne la nécessité de renommer la RAM en un terme mémorisable, adapté au grand public et pas seulement à ceux des communautés médicales ou scientifiques», a dit l'auteur principal de l'étude, Eva Krockow de l'Université de Leicester, dans un communiqué de presse de l’université.
Langage incohérent et inefficace
Les quatre autres termes liés à la RAM étudiés étaient «résistance aux antibiotiques», «résistance bactérienne», «infections résistantes aux médicaments» et «superbactéries».
Le but de ces enquêtes, écrivent Krockow et ses collègues, était «d'ouvrir la voie à un changement de langage attendu depuis longtemps dans la communication sur les risques liés à la RAM» en testant si l'une des terminologies existantes peut servir de terme uniforme et aider à stimuler les efforts de sensibilisation au problème. Un langage incohérent et inefficace a été cité comme l'un des facteurs qui ont entravé les campagnes d'information, la «résistance aux antimicrobiens» étant particulièrement considérée comme un terme à la fois difficile à prononcer et abstrait.
Ils ne sont pas les premiers à souligner ce défi de communication. Dans un rapport de 2019, l'organisation philanthropique britannique Wellcome Trust a fait valoir que l'utilisation de plusieurs termes pour décrire le problème était l'un des problèmes contribuant à la faible sensibilisation du public. D’autres incluaient trop de jargon technique, une couverture médiatique décousue et une conversation sur les réseaux sociaux dominée par des experts.
«Le public ne se rend pas compte de l'ampleur et de la gravité réelles de la résistance aux antimicrobiens, et ce n'est donc pas une question sur laquelle le public appelle à une action politique», écrivent les auteurs du rapport Wellcome.
Aucun des six termes liés à la RAM n’a obtenu de très bons résultats dans les deux enquêtes. Alors que des termes comme «cancer», «Ebola» et «maladie cardiaque» avaient les scores moyens d'association de risque les plus élevés (6 sur 7), et «diarrhée», «SIDA» et «VIH» étaient les plus mémorables, «résistance aux antimicrobiens» et «RAM» figuraient parmi les termes les moins performants en termes d’association au risque et de mémorisation dans les deux enquêtes.
Les «infections pharmacorésistantes» et la «résistance aux antibiotiques» présentaient respectivement les scores les plus élevés de termes liés à la RAM en termes d'association de risque et de mémorisation, mais tous deux se situaient au milieu du peloton parmi les 40 termes relatifs à la santé.
«Bien que les participants aient correctement jugé que les maladies cardiaques et le cancer faisaient partie des plus grandes menaces pour la santé, ils ont gravement surestimé les risques de maladies tropicales telles qu'Ebola et le paludisme, tout en sous-estimant la menace de la RAM, qui se classe au 6ème rang en termes de décès mondiaux et est prévue dépasser le cancer comme principale cause de décès d'ici 2050», écrivent les auteurs.
Lorsque Krockow et ses collègues ont mené une analyse plus approfondie des réponses des participants, ils ont constaté que le terme «infections pharmacorésistantes» était significativement plus efficace pour induire des perceptions de risque que les cinq autres termes liés à la RAM, mais qu'il était peu mémorisable, tandis que «résistance aux antibiotiques» était plus facile à retenir.
Un nouveau terme peut être nécessaire
«La plupart des profanes ne comprennent pas le terme antimicrobien et ne savent certainement pas ce que signifie la RAM», a dit Goff à CIDRAP News.
Goff a dit qu'elle préfère utiliser le terme «superbactérie», notant qu'il englobe à la fois les bactéries et les champignons et qu'il trouve un écho auprès du public. J'observe une forte réaction de la part des personnes lorsque j'utilise le terme superbactérie, suivi de «cela signifie que la bactérie résiste à tous les antibiotiques», a-t-elle dit.
En fin de compte, les auteurs de l'étude concluent qu'aucun des six termes étudiés n'est susceptible d'être suffisant pour attirer l'attention sur la résistance aux antibiotiques en tant que problème de santé mondial et affirment que des études sont nécessaires de toute urgence pour identifier un nom différent, concret, familier et facile à retenir. et prononcer, et évoque une perception proportionnée du risque.
«Des leçons pourraient être tirées des récentes réussites, notamment du changement de nom du «nouveau coronavirus de Wuhan» en «COVID-19», ont-ils écrit.
Goff est d'accord. «Nous devons trouver un terme universel et nous y tenir», a-t-elle dit.

