
«L'hygiène, avant la microbiologie, n'est hygiénique que dans ses intentions. C'est la science des apparences qui repose entre des mains d'aveugles : est sain ce qui est beau, bon, et ne sent pas mauvais.» Pierre Darmon, L'homme et les microbes, Fayard, 1999.
jeudi 11 juin 2020
La chaîne de production d'huile d'olive extra vierge est susceptible de fraude

lundi 1 août 2022
48% des huiles d’olive prélevées sont non conformes, selon des contrôles de 2020 de la DGCCRF, as usual
Voici les principaux résultats d’une enquête de 2020 de la DGCCRF, sobrement intitulée, «Des fraudes récurrentes relevées sur les huiles d’olive».
La question est donc mais que fait la police pour sanctionner durement ces fraudeurs ? Hélas, on ne saura pas, le jeu du chat et de la souris se poursuit donc ...
En France, l’engouement pour les huiles d’olive de qualité est constant. Le pays bénéficie de pas moins de huit AOP, répondant à une demande croissante des acheteurs de consommer local/français ou bio. La DGCCRF mène de manière régulière des contrôles sur ces produits.
Ainsi, en 2020, la DGCCRF a réalisé de nombreux contrôles portant sur la qualité de l’huile d’olive (catégorie vierge extra, catégorie vierge), sur la conformité des étiquetages, sur les mentions valorisantes, ainsi que sur l’origine des produits.
Les services de la DGCCRF ont également effectué 97 prélèvements (122 en 2019 et 126 en 2018 -aa) pour vérifier les allégations concernant la qualité des produits. 48% des huiles d’olive prélevées ont été déclarés non conformes au terme des analyses effectuées, en raison de caractéristiques organoleptiques (caractéristiques, qualités ou propriétés perçues par les sens lors de la dégustation, comme la couleur, l'odeur ou le goût) insuffisantes car ne répondant pas aux critères de leurs catégories tels que définis par la réglementation. Ces anomalies étaient parfois associées à des problématiques d’étiquetage. Des mesures de police administratives ont été prononcées pour permettre le déclassement d’huiles d’olives impropres à la consommation et leur réemploi dans l’industrie non alimentaire.
Cible
177 établissements
contrôlés
206 contrôles
97 prélèvements
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Résultats
4 procès-verbaux pénaux
18 injonctions
40 avertissements
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Pendant ce temps, la Commission européenne insiste sur la terminologie à utiliser entre fraude et non-conformité de l’huile d’olive, «Les rapports hebdomadaires sur la fraude agroalimentaire et l'utilisation de l'iRASFF : fraude alimentaire versus non-conformité». Source Minutes de la réunion du 15 juin 2022 de l’EU Agri-Food Fraud Network (EU FFN).
La Commission rappelle les notifications de l’iRASFF dans la catégorie «Graisses et huiles», notamment celles relatives à l'huile d'olive. L'analyse des données pour 2020 et 2021 montre que certaines non-conformités ont été signalées à tort dans la partie Food Fraud de l'iRASFF. Le cas typique concerne la dégradation naturelle de l'huile d'olive extra vierge en huile d'olive vierge, où il est difficile de démontrer l'intentionnalité et qui doit être considérée en premier lieu comme une non-conformité. La demande doit ensuite être affectée en tant que notification AAC (Administrative and Assistance Cooperation) dans iRasff. Si à l'issue de l'enquête des éléments de fraude sont identifiés, la notification NC (non-conforme) pourra être affectée à une catégorie de fraude alimentaire, afin d'impliquer le Food Fraud Network.
mercredi 22 mai 2019
150 000 litres de fausse d’huile d’olive vierge extra saisis par Europol
vendredi 12 avril 2019
Rapport 2018 sur la fraude alimentaire dans l'UE
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- Problème d'étiquetage (mauvaise catégorie)
- La qualité de l'huile dans la bouteille est inférieure à la qualité d'une huile d'olive extra vierge
dimanche 2 août 2020
Fraude alimentaire : Des agences sanitaires nationales fournissent des détails sur l'opération d'Opson IX
dimanche 12 mars 2023
La répression portugaise cible la viande, les compléments alimentaires et l'huile d'olive
Les autorités portugaises ont saisi un certain nombre de produits alimentaires ces derniers mois, notamment de la viande, du poisson, des compléments alimentaires et de l'huile d'olive.
Plus tôt ce mois-ci, l'Autorité de sécurité alimentaire et économique (ASAE), avec l'aide de la Garde nationale républicaine (GNR), a saisi 8,5 tonnes de poulpe frais et congelé en provenance d'Espagne dans la ville d'Olhão.
Les responsables ont constaté que l'opérateur n'était pas correctement enregistré auprès de la Direction générale des affaires alimentaires et vétérinaires (DGAV) et qu'il ne disposait pas des documents nécessaires pour assurer la traçabilité des produits.
Toujours en mars, une unité régionale de l'ASAE a confisqué 4 200 paquets de compléments alimentaires d'une valeur estimée à 16 800 euros à un importateur de la municipalité de Sintra.
La mesure a été prise en raison de l'ajout d'une substance non autorisée à un complément alimentaire. L'oxyde de fer n'est pas répertorié comme source autorisée de fer dans les compléments dans la réglementation de l'UE.
Le Portugal a pris connaissance du problème après qu'une notification au système d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) ait été émise par les autorités estoniennes le 8 décembre 2022. Le produit en cause a également été distribué en Albanie, Autriche, Bosnie-Herzégovine et Lettonie.
Un total de 900 kilogrammes de produits alimentaires d'origine animale tels que de la viande et du poisson ont été trtrouvés d'une valeur estimée à 10 000 euros. Les opérations ont été suspendues jusqu'à ce que les non-conformités soient corrigées.
Plus tôt dans le mois, l'ASAE a démantelé une unité de fabrication illégale de confitures et de sauces à Águeda. Les agents ont découvert que dans un garage d'une maison, des confitures de fruits et des sauces étaient fabriquées, l'opérateur n'avait pas de licence et les conditions d'hygiène étaient mauvaises.
Certains produits fabriqués sur le site avaient déjà été détenus par les autorités dans un supermarché de Mealhada parce qu'ils étaient vendus au public avec des irrégularités dans l'étiquetage.
Une autre opération à Mealhada, avec la Garde nationale républicaine, a conduit à la saisie de 2,3 tonnes de produits carnés.
Les agents ont intercepté un véhicule qui transportait du porc d'un abattoir à Santarém à une salle de découpe à Macedo de Cavaleiros. Après avoir trouvé de la viande au sol, celle-ci a été détournée pour être nettoyée dans un site agréé. Ils ont également découvert des problèmes avec l'enregistreur de température installé dans le véhicule, ce qui signifiait que la température de la viande n'était pas contrôlée avec précision.
Le même mois, l'ASAE a révélé les résultats de l'opération Talhos, qui visait à vérifier la conformité des bouchers.
Au total, 232 opérateurs ont été contrôlés et 43 procédures administratives ont été ouvertes. Certains des problèmes comprenaient une mauvaise hygiène et le non-respect des normes techniques lors de la distribution, de la préparation et de la vente de viande et de produits carnés ; des registres inexacts ou déficients et le non-respect des durées de conservation. Au total, 525 kg de produits de viande ont été saisis et trois établissements ont été suspendus.
En décembre, une unité locale de l'ASAE a découvert 73 000 litres d'huile d'olive contrefaite à Portalegre.
L'opérateur était soupçonné d'avoir mis une substance, supposée être de l'huile de grignons d'olive, dans des milliers de conteneurs étiquetés comme huile d'olive extra vierge, qui ont ensuite été conditionnés et envoyés sur les marchés nationaux et internationaux.
Des poursuites pénales ont été engagées pour escroquerie. En plus de l'huile contrefaite, 116 000 étiquettes et divers documents ont été saisis. La valeur des objets confisqués était évalués à près de 800 000 euros.
NB : Tous les liens sont de mon fait -aa.
lundi 9 mars 2026
Contrôles de l’huile d’olive dans l’UE: des auditeurs pointent des lacunes
Les règles européennes définissent des exigences minimales concernant l’étiquetage, la vérification des catégories et les analyses sur la présence de pesticides. Cependant, les auditeurs ont constaté que certains contrôles de conformité sont incomplets et que des segments du marché sont parfois exclus des contrôles fondés sur les risques. Ces lacunes pourraient nuire à la qualité du produit et, en définitive, saper la confiance des consommateurs.
Les contrôles visant à détecter la présence de résidus de pesticides dans l’huile d’olive européenne sont bien établis et aboutissent rarement à la détection de manquements. Ceux concernant d’autres contaminants sont en revanche incohérents et l’approche fondée sur les risques n’est pas toujours documentée. Bien que l’UE importe l’équivalent d’environ 9 % de sa production annuelle d’huile d’olive, les auditeurs ont constaté, dans les États membres qu’ils ont visités, que les contrôles sur la présence de pesticides et d’autres contaminants dans ces importations étaient soit inexistants soit sporadiques.
Les Vingt-Sept surveillent la traçabilité à des degrés divers lors de leurs contrôles de la sécurité et de la conformité des denrées alimentaires. Afin de renforcer la transparence et d’éviter les fraudes, des pays tels que l’Espagne et l’Italie utilisent des registres électroniques pour remonter jusqu’à l’origine des olives et de l’huile à tous les stades de la chaîne d’approvisionnement.
Cela étant, il s’avère difficile de suivre l’huile d’olive au-delà des frontières nationales, notamment lorsqu’elle provient de plusieurs pays européens ou qu’elle est obtenue par assemblage d’huiles originaires de l’Union et de pays tiers. En outre, aucune règle ou orientation n’indique précisément comment ou quand il faut contrôler la traçabilité. Enfin, certaines exigences légales – concernant, par exemple, l’assemblage d’huiles de différentes catégories ou années de récolte – manquent de clarté. Résultat: les pratiques varient d’un pays à l’autre, et la qualité des produits risque de s’en ressentir au fil du temps.
La Commission européenne ne connaît que partiellement le fonctionnement des systèmes de contrôle nationaux. Sa capacité à les surveiller efficacement est limitée, car les rapports annuels et les réunions avec les autorités nationales ne suffisent pas à partager toutes les informations pertinentes.
Source
- Rapport spécial 01/2026: Les systèmes de contrôle de l’huile d’olive dans l’Union européenne – Un cadre exhaustif, mais appliqué de manière inégale
- L’essentiel en un coup d’œil
lundi 21 juin 2021
Contrôle des huiles d’olive: le taux de prélèvements en anomalie observé est de 78%, as usual
Il se trouve que j’ai passé quelques jours en juin dans le Vaucluse et j’ai acheté sur le marché de Carpentras un litre d’huile d’olive de la région. Une fois rentré à ma location, au cours d’un échange avec mon loueur, je l’informe de mon achat. Il regarde très attentivement l’étiquetage de la bouteille d’huile d’olive et me dit que sans doute ce doit une huile d’olive de la région, et de qualité, mais ce n’était pas garanti !
Cette anecdote illustre bien les difficultés que l'on a à acheter sur les étals des marchés, où l'on trouve de tout, et surtout, à tous les prix, allant parfois jusqu’à plus de 30 euros le litre d'huile d'olive…
Voici les résultats de la dernière enquête de la DGCCRF publiée le 17 juin 2021, «Contrôle des huiles d’olive : la DGCCRF constate de trop nombreuses anomalies sur leur qualité».
Constat
Du fait du ciblage affiné chaque année sur les produits les plus susceptibles de présenter des non-conformités, le taux de prélèvements en anomalie observé est de 78%, soit un niveau comparable aux années précédentes.La messe est dite
Le plan de contrôle réalisé chaque année par la DGCCRF permet de maintenir une surveillance active dans un secteur où le taux d’anomalies sur les prélèvements se maintient à un niveau élevé depuis plusieurs années (78 % en 2019 sur les produits ciblés, après 77% en 2018, 75% en 2017, 72% en 2016). Ces taux élevés ne sont toutefois pas représentatifs du marché, du fait du ciblage opéré par les enquêteurs. Les anomalies les plus fréquentes concernent le non-respect des règles d’étiquetage des huiles et le classement erroné des huiles dans une catégorie supérieure à celle correspondant à leurs qualités organoleptiques.Conclusion
Les prélèvements révèlent un nombre encore trop important d’anomalies sur la qualité des huiles.Le sur-classement des huiles d’olive à la catégorie supérieure reste l’anomalie principale.
mardi 19 décembre 2023
Allemagne : Huile d’olive, 42% de non-conformités
Dans le cadre d'une récente enquête menée par l'Office d'enquête chimique et vétérinaire de Stuttgart (CVUA), plus d'une centaine de bouteilles d'huile d'olive extra vierge ont été analysées et ont révélé des irrégularités dans 40% d'entre elles. La situation était encore plus alarmante pour les huiles achetées en ligne, puisque presque toutes les bouteilles ne répondaient pas aux normes requises.
L'Office fédéral allemand pour la protection des consommateurs eu 1 er août 2022t la sécurité alimentaire (BVL) a identifié l'huile d'olive comme l'un des dix aliments les plus contrefaits en Allemagne, ce qui a incité les autorités locales à effectuer des contrôles de qualité réguliers.
Entre janvier et août 2023, le laboratoire central des huiles et graisses alimentaires du CVUA a examiné 141 échantillons d'huile d'olive extra vierge, constatant que 59 échantillons (42%) présentaient des irrégularités d'étiquetage, des défauts graves ou une pure falsification. Source Affidia.
dimanche 16 juillet 2023
Qualité des huiles d'olive, le temps passe, rien ne change pour le consommateur !
Sur les 14 huiles d’olive officiellement «vierges extra» que nous avons analysées, 8 ne répondaient pas aux exigences de cette appellation, et auraient dû être vendues comme «vierges» uniquement. Une pratique bien trop fréquente.
Toujours aucune amélioration en vue au rayon des huiles d’olive. Alors que les alertes se sont multipliées, ces dernières années, concernant les fausses promesses des références vierges extra, notre nouveau test d’huiles d’olive confirme que le problème perdure. Le terme « extra » engage en effet ‒ en théorie ‒ à l’absence de défaut gustatif (le moindre petit goût de rance ou de fermenté, par exemple, est exclu) et physicochimique (aucune trace d’oxydation de l’huile n’est permise), durant toute la période de commercialisation du produit. Or, 8 des 14 références que nous avons analysées cette année présentaient ce type de défauts. Soit un taux de déclassement équivalent à celui constaté lors de notre précédent test, en 2021, et plus élevé encore que celui retrouvé en 2019 (à l’époque, 20 % des huiles testées s’étaient avérées non extra).
Le blog vous avait proposé un article en août 2021, 48% des huiles d’olive prélevées sont non conformes, selon des contrôles de 2020 de la DGCCRF, as usual.
Les principaux résultats d’une enquête de 2020 de la DGCCRF, sobrement intitulée, «Des fraudes récurrentes relevées sur les huiles d’olive».
Les services de la DGCCRF ont également effectué 97 prélèvements (122 en 2019 et 126 en 2018 -aa) pour vérifier les allégations concernant la qualité des produits. 48% des huiles d’olive prélevées ont été déclarés non conformes au terme des analyses effectuées, en raison de caractéristiques organoleptiques (caractéristiques, qualités ou propriétés perçues par les sens lors de la dégustation, comme la couleur, l'odeur ou le goût) insuffisantes car ne répondant pas aux critères de leurs catégories tels que définis par la réglementation. Ces anomalies étaient parfois associées à des problématiques d’étiquetage. Des mesures de police administratives ont été prononcées pour permettre le déclassement d’huiles d’olives impropres à la consommation et leur réemploi dans l’industrie non alimentaire.
Il n’y a pas que l’association Que Choisir qui fait des tests sur l’huile d’olive, le blog a publié le 26 mai 2023 un article, Huiles d'olive sous le prisme de la revue 60 millions de consommateurs. Rien de bien neuf, hélas !
S’agissant des huiles d'olive appellation «vierge extra»: la moitié d'un panel de 24 échantillons, déclassée en «vierge».
dimanche 28 mai 2023
Huiles d'olive sous le prisme de la revue 60 Millions de consommateurs. Rien de bien neuf, hélas !
Dans son numéro de juin, (en ligne et en kiosque) le magazine 60 Millions de ommateurs consacre une large enquête sur l'huile d'olive. Vingt-quatre produits ont été testés et une partie des références ne mérite pas la mention «vierge extra».
Sur le plan de l’appellation vierge extra, soit le «top» de l’huile d’olive, la moitié de notre panel de 24 échantillons, est déclassée en «vierge» seulement.
Notre jury expert a en effet décelé divers défauts, par exemple le défaut moisi/humidité a été trouvé dans 6 références, aussi bien bio que conventionnel, et quel que soit leur prix. Peut-être à cause d’un lavage insuffisant des olives, d’un stockage dans de mauvaises conditions…
Le problème de ces substances, c’est qu’elles migrent facilement et contaminent notamment notre alimentation. Leur présence dans les huiles d’olive peut provenir de la récolte, des moteurs des machines agricoles, etc. Nous en avons retrouvé dans 5 huiles, avec pour certaines, à des teneurs à la limite du seuil acceptable dans les corps gras.
En 2021, l’association Que Choisir, devenue depuis une ONG, rapportait aussi des tromperies récurrentes dans les huiles d’olive, rien de bien nouveau depuis, hélas …











