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lundi 12 octobre 2026

Enjeux sanitaires et environnementaux : Avant même les chiffres, les mots ont gagné

Je relaie bien volontiers cet article de l’Afis (association française pour l’information scientifique) intitulé, « Avant même les chiffres, les mots ont gagné », publié en ligne le 10 octobre 2026.

La mise en récit des enjeux sanitaires et environnementaux structure les controverses [1]. Elle décide de ce qui sera débattu, en quels termes, et quels propos sembleront raisonnables. Avant que le premier argument ne soit avancé, les mots ont souvent déjà fait une partie du travail.

Le choix des termes n’est jamais neutre. Ainsi, l’acétamipride est, selon le locuteur, un « pesticide tueur d’abeilles » ou un « produit phytosanitaire sans alternative pour les noisetiers ». La controverse autour de la loi Duplomb s’est largement jouée sur ce terrain lexical, bien davantage que sur les données relatives au risque pour les abeilles ou la santé humaine. « Mégabassine », plutôt que « réserve de substitution », convoque la démesure et l’accaparement. « Fermeusine » circule partout sans jamais être défini : à partir de combien d’animaux ? selon quelles conditions d’élevage ? L’expression « OGM cachés » est mise en avant pour discréditer d’emblée les nouvelles techniques génétiques.

Ensuite, c’est la généralisation qui écrase le raisonnement au cas par cas. Ainsi, ce sont « les pesticides » qu’il conviendrait de bannir dans l’absolu, englobant des composés très variés, utilisés par ailleurs dans tous les types d’agriculture, conventionnelle, raisonnée, biologique… De même, les « polluants éternels » recouvrent une famille de plusieurs milliers de composés chimiques dont les caractéristiques (persistances, mobilités, toxicités) peuvent varier dans des rapports de un à cent, mille ou plus. Évaluer molécule par molécule, usage par usage, n’est pas une coquetterie de spécialiste : c’est la condition d’une réglementation efficace.

Autre confusion fréquente : celle des niveaux. Trace, présence, seuil toxicologique, seuil réglementaire, pollution, contamination : ces termes sont souvent traités, à tort, comme équivalents. Les méthodes actuelles de chimie analytique détectent des concentrations de l’ordre du nanogramme par litre (l’équivalent d’un morceau de sucre dissous dans plus de mille piscines olympiques), voire du picogramme (mille fois moins). Pour autant, des traces d’or dans un jardin ne font pas de son propriétaire un millionnaire (l’or est naturellement présent dans les sols). On trouve de l’arsenic d’origine naturelle dans toutes les eaux, du robinet ou en bouteille ; si les teneurs doivent être surveillées, boire de l’eau ne nous empoisonne pas.

L’air des grandes métropoles peut contenir des traces de cocaïne ou d’héroïne [2], sans que cela ne transforme les habitants en toxicomanes. La bonne question n’est jamais « y en a-t-il ? », pourtant très souvent mise en avant dans les médias, mais « quelle quantité, et par rapport à quelle référence ? »

Enfin, la confusion entre danger et risque est la plus lourde de conséquences. Le danger est une propriété intrinsèque, le risque résulte de l’exposition à ce danger. Si un requin est dangereux car il dispose de dents acérées et d’une mâchoire puissante, il n’y a risque que si l’on nage à proximité, et même là, la plupart des espèces de requins sont inoffensives. Le Circ (Centre international de recherche sur le cancer, dépendant de l’OMS) classe la charcuterie cancérogène avéré pour l’Homme (groupe 1), dans le même groupe que le tabac, l’amiante ou le rayonnement solaire, du fait d’une solidité des preuves comparable. Mais cette classification recouvre des ampleurs de risque sans commune mesure. Nul ne propose de vivre dans une cave pour fuir le soleil : on gère l’exposition. Le glyphosate est « probablement cancérogène » (groupe 2A) au même titre que le travail de nuit, les boissons de plus de 65 °C ou la viande rouge : faut-il tout interdire ? Des politiques fondées sur la gestion du danger et non du risque peuvent conduire à des décisions contre-productives et inutilement coûteuses.

Les termes ne sont donc jamais neutres. N’est-ce pas là une bonne raison de choisir les moins chargés d’émotion ? L’alarme permanente use l’alerte : quand tout est « contaminé », « toxique », « empoisonné », comment reconnaître un risque réel et important ? Un vocabulaire précis et tempéré n’est pas un renoncement, la nuance est la condition de la précision et, derrière, la possibilité de décisions plus adaptées et plus efficaces.

Références

1 | Nisbet MC, “Framing, the media, and risk communication in policy debates”, In Cho et al. (eds), The Sage Handbook of Risk Communication, Sage, 2015, 216-227.
2 | Postigo C et al., “Determination of drugs of abuse in airborne particles by pressurized liquid extraction and liquid chromatography-electrospray-tandem mass spectrometry”, Anal Chem, 2009, 81 :4382-8.

Remarque : Le blog a souvent cité des évènements où il était question de 'traces de Listeria', voir 1, 2, 3 et 4.

samedi 5 septembre 2026

Présence de PFAS dans des compléments de protéines végétales disponibles dans le commerce, selon une étude

« Une étude révèle la présence de PFAS dans tous les compléments de protéines végétales testés et disponibles dans le commerce », source Food Safety Magazine Editorial Team.

À retenir

  • Des PFAS ont été détectés dans les cinq types de compléments de protéines végétales testés ; ils constituaient la principale source du risque cumulé non cancérogène estimé, la protéine de riz affichant le quotient de danger lié aux PFAS le plus élevé.
  • D'autres contaminants ont également été détectés, notamment des mycotoxines, des pesticides néonicotinoïdes, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et du 5-HMF (5-hydroxymethylfurfural ) ; certains résultats ont soulevé des préoccupations potentielles au regard des évaluations des risques préliminaires menées dans le cadre de l'étude.
  • Les chercheurs ont préconisé une surveillance systématique des contaminants émergents et ont souligné l'importance d'évaluer les risques liés à la présence simultanée de plusieurs contaminants, tout en notant que la taille réduite de l'échantillon et les hypothèses d'exposition limitaient la généralisation des résultats.

Une étude portant sur des compléments de protéines végétales disponibles dans le commerce a révélé la présence de plusieurs classes de contaminants chimiques, les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) étant identifiées comme la principale source du risque cumulé non cancérogène estimé.

Publiée dans le NFS Journal et menée par l'Université de Varmie-Mazurie à Olsztyn et l'Université d'agriculture de Cracovie (Pologne), l'étude a analysé des isolats de protéines issus de soja, de riz, de pois, de chanvre et de graines de courge afin d'y rechercher des PFAS, des mycotoxines, des pesticides, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAPs) et un contaminant lié à la transformation, le 5-hydroxyméthylfurfural (5-HMF). Les chercheurs visaient à caractériser la co-occurrence de contaminants issus de la pollution environnementale, de résidus agricoles, de toxines naturelles et de procédés industriels.

Les produits ont été achetés dans des points de vente à Olsztyn, en Pologne. Pour l'évaluation de l'exposition, les chercheurs ont retenu l'hypothèse d'une consommation quotidienne de 30 grammes de complément protéique par un adulte de 70 kg.

Dans leur conclusion, les auteurs notent :

Les résultats obtenus soulignent la nécessité d'un meilleur contrôle de la contamination environnementale, d'une optimisation des conditions de transformation visant à minimiser la formation de substances toxiques induites par la chaleur, ainsi que d'une surveillance systématique des contaminants émergents dans les produits à base de protéines végétales. Compte tenu de la popularité croissante de ces compléments dans l'alimentation courante, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour étudier l'exposition cumulative à long terme et la variabilité selon les marques et les procédés de fabrication, afin de mieux caractériser leur contribution à la charge chimique globale de l'alimentation.

samedi 25 novembre 2023

Hauts-de-France : Conditions de travail jugées dangereuses : la justice ordonne la fermeture administrative d'une teinturerie industrielle à Houplines

«Conditions de travail jugées dangereuses : la justice ordonne la fermeture administrative de la Teinturerie Delalys, source La Voix du Nord du 24 novembre 2023.

C’est une décision rare. «C’est même une première en France», assure un familier de ce genre de dossier. Le tribunal judiciaire de Lille a ordonné fin septembre la fermeture administrative de la Teinturerie Delalys, basée à Houplines, en raison des conditions de travail jugées dangereuses pour les onze salariés.

Ce ne sont pas les motifs de fermeture qui manquent, un remake de Zola en quelque sorte ...

jeudi 5 octobre 2023

Huiles essentielles : Quand le Parlement européen sombre dans l'obscurantisme

Par définition, l’huile essentielle est un concentré de substances chimiques issues d’une matière première végétale. Ces substances peuvent interagir avec l’organisme et produire des effets justifiant leur usage à des fins physiologiques dans les compléments alimentaires. Toutefois, certaines substances peuvent aussi, sous certaines conditions, être à l’origine d’effets délétères contre lesquels il convient de se prémunir. Source DGCCRF, Compléments alimentaires – Huiles essentielles.

Malheureusement, l’ésotérisme et l’obscurantisme semblent l’avoir emporté sur la science ...

Pour aller plus loin, on lira la Note d’appui scientifique et technique du 02 février 2023 révisée de l’Anses relative à l’analyse de l’article de Fouyet et al. (2022) mis en avant par des acteurs économiques pour rejeter une règle de classification proposée par la Commission Européenne (mai 2023). Tout y est dit !

jeudi 3 août 2023

La caféine : à quel point est-elle dangereuse ? Une explication du BfR

vendredi 14 avril 2023

Choses lues sur les loups et les ours ...

Nos amis suisses semblent en avoir un peu marre des loups, c’est du moins ce qui me semble ressortir des différents articles sur le sujet, pensez donc, il s’attequent même aux bovins …

Intéressons-nous à cette information suisse récente, «Le loup grison M237 sans doute abattu en Hongrie après son périple».

Le loup grison désigné du matricule M237 est sans doute mort après avoir migré depuis la Suisse jusqu'en Hongrie en moins d'un an. Son émetteur GPS a été découvert à la frontière slovaquo-hongroise. Un chasseur l'a peut-être abattu, selon un média hongrois.

Migration record pour un loup européen
Le périple record du jeune loup issu de la meute de Stagias (Grisons) a commencé en juin dernier. Au début de l'été, il est passé de la Basse-Engadine en Italie, puis en Autriche.

En octobre, il a atteint la région d'Innsbruck, dans le Tyrol, avant de poursuivre sa route en direction de Vienne. A Nouvel An, il se trouvait à l'ouest de la capitale autrichienne avant d'arriver en Hongrie en février, puis de passer par la région de Budapest pour se diriger en direction de la frontière slovaque.

Il s'agit de la plus longue migration connue à ce jour en Europe pour un loup. Celle-ci démontre la capacité d'adaptation de cette espèce, selon la fondation KORA pour l'écologie des carnivores et la gestion de la faune sauvage. De la haute montagne aux zones habitées en passant par les plaines agricoles, M237 a gravi des sommets dont un culminant à 3500 m, et traversé rivières, routes et autoroutes. En un peu moins d'un an, il a rejoint la Hongrie, soit un trajet de 1 927 km.

Plan loup dans le canton de Vaud
Le parlement vaudois exige du gouvernement un plan de gestion «efficiente et courageuse» du grand prédateur. Pour de nombreux députés, surtout à droite, il faut agir et vite face aux attaques qui augmentent, sans compter que le loup s'approche désormais des fermes d'élevage et de la plaine.
Le plan d’action du gouvernement consiste «à alléger la charge mentale des éleveurs, à augmenter les indemnisations ou encore à renforcer le corps de police de la faune ainsi que les mesures d'effarouchement.» 

On est prié de ne pas sourire ...

Pour les ours, c'est en Slovénie que cela se passe. Rappelons que différents ours introduits dans les Pyrénées françaises proviennent de ce pays.
Il y aurait déjà 76 ours dans le massif pyrénéen ...
Complément
Pour ceux que cela intéresse, l'Anses diffuse un podcast Zootopique, «Changer notre regard sur les animaux» dans lequel «nous réfléchissons à comment changer notre regard sur les animaux, qu’ils soient sauvages, ou d’élevages. Que faire pour ne pas reproduire les erreurs du passé ? Peut-on, enfin, vivre en harmonie avec le reste du vivant ?»
A écouter avant de croiser un ours ou un loup, mais est-ce bien là le rôle de l’Anses ?

vendredi 13 janvier 2023

France : La filière des pommes est en danger

mercredi 4 août 2021

La COVID-19 n'est pas un danger de sécurité des aliments, selon la FAO

«La COVID-19 n'est pas un danger de sécurité des aliments, selon la FAO», source article de Joe Whitworth paru le 4 août 2021 dans Food Safety News.

Le virus qui cause le COVID-19 n'est pas un problème direct de sécurité des aliments, selon les lignes directrices mises à jour de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le 2 août 2021.

Le document sur les lignes directrices remplace celles provisoires de la FAO et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le coronavirus et la sécurité des aliments pour les entreprises alimentaires, initialement publiées en avril 2020.

Les lignes directrices antérieures ont été critiquées par Roger Cook, alors président de l'International Association for Food Protection (IAFP) et d'autres pour avoir suggéré que le SRAS-CoV-2 était un problème de sécurité des aliments.

Aucune confirmation de lien avec l’aliment ou l'emballage

Les données actuelles indiquent que ni les aliments, ni les emballages alimentaires ne sont une voie de propagation de virus tels que le SRAS-CoV-2. Les coronavirus ne peuvent pas se multiplier dans les aliments ou sur les surfaces mais le peuvent chez les humains et certains animaux. Une fois dans l'environnement, les virus se dégradent et deviennent moins infectieux, selon le document.

«Il est important de noter que, bien que la détection de virus ou de restes d'acide ribonucléique (ARN) viral sur les aliments et les emballages alimentaires fournisse la preuve d'une contamination antérieure et ne soit pas contestée, il n'y a aucune confirmation du SRAS-CoV-2, ou de tout autre virus causant des maladies respiratoires, transmis par les aliments ou les emballages alimentaires et provoquant des maladies chez les personnes qui touchent les produits alimentaires ou les emballages contaminés.»

Des études publiées dans des revues dont China CDC Weekly ont lié les cas de maladie à l'emballage de produits de la chaîne du froid contaminés par le virus.

Les lignes directrices visent à garantir que l'intégrité de la chaîne alimentaire est maintenue et que des approvisionnements alimentaires adéquats et sûrs sont disponibles pour les consommateurs en ne restreignant pas les chaînes d'approvisionnement par des mesures inefficaces.

Des épidémies de la COVID-19 ont été liées aux employés d’exploitations agricoles et des installations de transformation de viande, de volaille, de poisson, des fruits et légumes et des aliments pour animaux de compagnie.

«Il reste essentiel que l'industrie alimentaire et les autorités réglementant l'industrie alimentaire protègent tous les employés contre la propagation de personne à personne de ces virus en fournissant un environnement de travail sûr, en promouvant les mesures d'hygiène personnelle et en dispensant une formation sur les principes d'hygiène alimentaire», a déclaré Markus. Lipp, responsable principal de la sécurité des aliments.

Questions commerciales et rôle des tests

Un salarie infecté peut infecter des collègues, contaminer les environnements de production et de transformation des aliments, ainsi que des aliments ou des matières alimentaires pouvant entraîner des restrictions commerciales, même s'il n'y a aucun danger pour la sécurité des aliments.

Un certain nombre d'interdictions d'importation et d'exportation ont été mises en place à différents moments de la pandémie et la Chine a testé les importations d'aliments et d'emballages pour le SRAS-CoV-2 à l'entrée dans le pays.

Les prélèvements environnementaux microbiologiques ont un rôle dans la vérification des protocoles de désinfection, mais le test du SRAS-CoV-2 dans les installations de transformation ou sur les emballages alimentaires est coûteux, prend du temps et n'aide pas à la prise de décision fondée sur les risques pour la protection des consommateurs et n'est pas recommandé, a dit le document.

Le virus est sensible aux désinfectants les plus couramment utilisés dans l'environnement de transformation des aliments. L'OMS recommande des désinfectants contenant plus de 70 pour cent d'alcool avec un temps de contact suffisant pour la décontamination. Les désinfectants courants avec des ingrédients actifs à base de composés d'ammonium quaternaire et de chlore ont également des propriétés virucides.

Les principes généraux de protection des salariés et les conseils pour les personnes travaillant dans la production primaire, la transformation des aliments, les transports et au niveau de la vente au détail tels que les magasins, les restaurants et autres points de vente d'aliments sont également couverts dans ces lignes directrices.

Avis aux lecteurs du blog

L’ancien site Internet du blog qui était hébergé par la revue PROCESS Alimentaire est de nouveau opérationnel avec ce lien https://amgar.blog.processalimentaire.com/

samedi 10 juillet 2021

Y'a d'la joie ?

Une nouvelle brève de l'été ...

Un rappel de produit alimentaire a été publié le 9 juillet 2021 par BVL en Allemagne et qui concerne une purée d’amandes, crémeuse et végane, prête à consommer de marque ‘Joy in a Jar’.

La cause du rappel de ce produit de marque ‘Joy in a Jar’ (Joie dans un pot, ça ne s’invente pas !) est la présence de Clostridium botulinum, c’est-à-dire pas de quoi continuer sa vie dans joie …

Merci à Joe Whitworth de m’avoir signalé cette information.

Complément. On peut vouloir manger bio, mais ce n'est pas danger (voir l’article sur l’enquête Esteban), ainsi en est-il de ce rappel de chips bio en Belgique, en raison de la présence d'une substance jugée cancérogène, mutagène et reprotoxique, l'acrylamide.

Mise à jour du 17 juillet 2021. Nouveau rappel en Allemagne de purée d’amandes, crémeuse et végane, prête à consommer de marque ‘Joy in a Jar’.

samedi 8 mai 2021

Dans la série Madame Pompili a dit, aujourd'hui, l'étiquetage de l'eau de Javel !

Dans la série Madame Pompili (ministre de la transition écologique) a dit, aujourd'hui, l'étiquetage de l'eau de Javel ... 

lundi 15 mars 2021

Certains arômes contenus dans les cigarettes électroniques potentiellement dangereux pour la santé

Il y a quelques mois l'Anses attirait notre attention sur les «Produits du tabac et du vapotage : l’Anses publie un panorama inédit des produits vendus en France».

L’Anses publie un bilan inédit des produits du tabac et de vapotage vendus en France. Les déclarations de plus de 3 000 produits du tabac, principalement cigarettes, cigares et cigarillos, et plus de 33 000 produits du vapotage, majoritairement des e-liquides conditionnés dans des flacons ou des cartouches de recharge, ont été analysées. Cette analyse a permis de relever des incohérences et non-conformités dans les déclarations dont les fabricants ont été informés afin qu'ils prennent les mesures correctives adaptées. A la lumière de ce premier bilan, l'Anses émet des préconisations en vue d'améliorer le processus déclaratif à l'échelle européenne.

La France est à ce jour le premier Etat membre à publier autant d’informations sur les produits mis sur le marché, dans le cadre de la nouvelle réglementation européenne.

L'Anses indique aussi,

Au-delà des exigences de conformité règlementaire, l’enjeu porte désormais sur l’évaluation des risques sanitaires liés à l’inhalation de certaines substances chimiques dans les produits du vapotage et les nouveaux produits du tabac chauffé. Des travaux de hiérarchisation des substances sont engagés car ils constituent le prérequis nécessaire à toute démarche d’évaluation des risques.

Voici que Sciensano.be publie le 10 mars, «Certains arômes contenus dans les cigarettes électroniques potentiellement dangereux pour la santé».

La cigarette électronique est populaire dans la population belge, en raison notamment du grand nombre de goûts proposés. Sciensano a analysé 129 liquides pour cigarettes électroniques quant à la présence d’arômes qui pourraient présenter un risque pour la santé. Cette étude montre que des cigarettes électroniques actuellement commercialisées contiendraient certains arômes ayant des propriétés génotoxiques (substances chimiques qui peuvent être dangereuses pour la santé) qui constituent potentiellement un risque pour la santé.

Dans le monde entier, plus de 7000 arômes différents sont disponibles pour les cigarettes électroniques. La question est toutefois de savoir si tous ces arômes sont inoffensifs pour la santé. À côté des parfums synthétiques typiques, des extraits naturels, voire des huiles éthériques et des arômes sont parfois ajoutés aux liquides de ces cigarettes. Ils sont très nombreux et il est donc nécessaire d’analyser ces arômes quant à leur éventuelle toxicité.

Tous les arômes des cigarettes électroniques ne sont pas inoffensifs

Une analyse complète des risques de toutes ces liaisons chimiques prendrait beaucoup de temps et exigerait une approche systématique. Il existe des modèles informatiques qui peuvent notamment prédire/calculer la génotoxicité de liaisons chimiques, comme les arômes des cigarettes électroniques. Sciensano a utilisé ces modèles informatiques et a analysé 129 liquides pour cigarettes électroniques quant à leur génotoxicité. Si une substance est estimée génotoxique, cela signifie qu’il existe un risque potentiel pour la santé.

Les résultats de ces modèles informatiques font apparaître que parmi les 129 liquides analysés, 5 substances chimiques sont éventuellement génotoxiques : il s’agit de l’estragole, du safrole, de la 2-acétylfurane, du furanéol et du transhexénal. Une de ces substances, le safrole, est une substance chimique présente dans l’huile Sassafras et qui est déjà interdite en tant qu’arôme alimentaire. Dans une phase suivante de l’étude, Sciensano a analysé 24 liquides : 4 d’entre eux se sont avérés positifs pour 2 des 5 substances génotoxiques susmentionnées.

La législation n’est pas encore concluante

La réglementation sur les cigarettes électroniques veut assurer la sécurité du consommateur, en régulant les ingrédients notamment. Vous trouverez plus d’informations sur la législation européenne dans le communiqué de presse publié par Sciensano en octobre 2020 et dans la réglementation spécifique aux cigarettes électroniques disponible sur le site web du SPF Santé publique.

En plus des directives spécifiques pour certains ingrédients présents dans les arômes des e-liquides, les producteurs sont également obligés d’enregistrer leur produit (et les ingrédients utilisés dans celui-ci) avant qu’il ne soit commercialisé sur le marché de l’UE. En ce qui concerne les extraits de plantes et les huiles essentielles, le producteur n’est pas obligé d’envoyer la composition détaillée ; ce qui a pour conséquence que des arômes nocifs peuvent quand même être présents dans les cigarettes électroniques.

samedi 20 février 2021

Listeria et les légumes surgelés, un risque à prendre en compte par le consommateur

Récemment, le site de l'OSAV en Suisse a publié plusieurs mises en garde relatives à la présence Listeria dans des grains de maïs surgelés :

Tout ceci découle de connaissance aquises lors d'une épidémie à Listeria dans des légumes surgelés en 2018 ...

Du maïs congelé et, éventuellement, d'autres légumes surgelés constituent la source probable du foyer épidémique de Listeria monocytogenes qui a affecté l'Autriche, le Danemark, la Finlande, le Royaume-Uni et la Suède depuis 2015.

Le blog a publié plusieurs article sur ces sujets:

Pourtant, un document de la FCD sur les «Critères microbiologiques applicables à partir de 2020 aux marques de distributeurs, marques premiers prix et matières premières dans leur conditionnement initial industriel» ne prend pas assez compte de ce danger dans le cas des surgelés :

Dans ce dernier cas, le critère Listeria monocytogenes défini pour le produit frais n’est pas applicable au produit surgelé et doit être adapté en tenant compte de l’usage attendu du produit surgelé, en particulier après décongélation.

Pour le cas des légumes surgelés quels qu'ils soient, l'usage attendu par le consommateur est de dire qu'ils ne sont pas des aliments prêts à consommer, d'autant que cela n'est pas indiqué sur l'emballage des produits surgelés ou dans le mode d'emploi ...

L'OMS rappelle à propos de la prévention des cas de listériose causés des végétaux surgelés contaminés

Cette épidémie (liés aux légumes surgelés de Hongrie en 2018) rappelle aux consommateurs que les légumes crus surgelés doivent être correctement cuits ou traités thermiquement avant d'être consommés.
Mise à jour du 2 mars 2021. L'OSAV de Suisse rapporte le 2 mars 2021 cette mise en garde : des listérias décelées dans la salade Anna’s Best Farmer, en vente chez Migros.
Des contrôles internes ont révélé la présence de listérias dans du maïs entrant dans la composition du produit Anna’s Best Saladbowl Farmer. Un risque pour la santé ne pouvant être exclu, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) recommande à la population de ne pas consommer ce produit. Migros l’a immédiatement retiré de ses rayons et ordonné un rappel.

mercredi 28 octobre 2020

Attention! Danger: ce que la peur nous fait faire, un colloque du BfR

Intéressante initiative du BfR, « Attention! Danger: ce que la peur nous fait faire », source BfR 35/2020, 28 octobre 2020.

Le BfR Knowledge Dialogue (Dialogue sur la connaissance du BfR) discute de la manière de gérer l'incertitude.

«La peur et la société» ne peuvent être discutées ces jours-ci sans évoquer la pandémie de coronavirus.

Mais à certains égards, nous vivons depuis un certain temps dans l'«âge de l'angoisse», une expression inventée par le poète anglais W. H. Auden en 1947.

Alors que la guerre nucléaire et les forêts mourantes étaient autrefois des sujets contemporains, des questions telles que l'extinction des espèces, le changement climatique et l'immigration (parmi beaucoup d'autres) sont aujourd'hui des sujets de préoccupation.

Mais l’alarme constante de la société est-elle vraiment justifiée?
Et: comment gagner en confiance malgré tout cela?

Telles sont les questions que le dialogue sur la connaissances de l’Institut fédéral allemand pour l’évaluation des risques (BfR) discutera le 2 novembre 2020 de 16 heures à 19 heures à la Magnus-Haus de Berlin. «Dans les situations de crise, la science ne peut pas toujours fournir une certitude absolue», déclare le professeur Andreas Hensel, président du BfR. «Mais cela peut nous aider à gérer l'incertitude.»

Le programme est ici.

« Entre peur et confiance: comment les risques défient la société » (Between fear and confidence: how risks challenge society) est le thème du Dialogue de la connaissance qui a suivi la conférence des parties prenantes du BfR. Des experts notables de la science, de la philosophie et des médias ont été associés pour l'événement. Il s'agit du professeur Dr. Heinz Bude (sociologue, Université de Kassel), du professeur Dr. Maren Urner (psychologie des médias, Université des sciences appliquées pour les médias, la communication et l'économie de Cologne), le professeur Dr. Borwin Bandelow (psychiatrie et psychothérapie, Université de Göttingen ), le professeur Dr. Wolfgang Freitag (Philosophie, Université de Mannheim) et Shary Reeves (actrice et auteur, Cologne) en plus du modérateur Ulrich Schnabel (journal «Die Zeit», Hambourg).

Seul un nombre limité de personnes ont accès à l'événement en raison de la situation du coronavirus. Cependant, le dialogue sur les connaissances sera diffusé en ligne via un flux en direct en allemand et en anglais. Inscription (jusqu'au 30 octobre 2020).