Après
manger
tue, voici que «La charcuterie tue, selon un rapport officiel»,
selon Le
Point. Avec
un titre pareil, il ne me semble pas nécessaire d’aller plus loin
...
«L’Anses a publié un document,
relayé par «Le Journal du dimanche», dans lequel elle démontre
que les nitrites dans la charcuterie présentent un risque de
cancer.»
D’autres
médias semblent tout aussi affirmatif, «La
charcuterie et le risque de cancer du côlon liés par l'Anses».
La charcuterie est déjà classée
cancérogène pour l’Homme par l’OMS qui avait estimé en 2018
que près de 4000 cas de cancers du côlon étaient attribuables à
sa consommation en France.
D’après
différentes lectures, le chiffre de 4000 qui se répète à l’infini
et
qui devient par conséquent une certitude. Cela proviendrait
d’une
déclaration
d’un ancien président de la Ligue contre le cancer, «On
considère qu'il y a peut-être plus de 4000 cancers, en particulier
des colorectaux, attribuables à la consommation de viande
transformée. C'est simple, il faut en finir avec les nitrites »
Selon
le JDD,
«Un rapport officiel confirme que le jambon peut tuer». Là
aussi on ne sait pas dans la dentelle ...
Dans
un document qui a été communiqué cette semaine aux autorités,
l’agence sanitaire Anses reconnaît l’existence d’un risque de
cancer lié aux nitrites dans la charcuterie. Cette synthèse de onze
pages reprend les conclusions d’un avis qui sera rendu public mardi
12 juillet.
Le
ministère de l’Agriculture ne pourra plus dire qu’il ne sait
pas. Mardi, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de
l’alimentation (Anses) rendra publique son expertise sur les
risques liés à la consommation de nitrites, les conservateurs qui
donnent sa couleur rose au jambon et préviennent la formation de
bactéries toxiques. Selon une synthèse de cet avis initialement
attendu pour 2021 que s’est procurée le JDD, l’Anses semble se
ranger désormais dans le camp des opposants à ces additifs
chimiques présents dans 75% de la charcuterie vendue dans la grande
distribution. Les treize chercheurs -toxicologues, épidémiologistes,
microbiologistes ou chimistes- qui ont rédigé le rapport, ainsi que
deux conseils scientifiques de l’agence et sa direction, confirment
l’existence d’un risque et préconisent «de
réduire l’exposition de la population par des mesures
volontaristes en limitant l’exposition par voie alimentaire »,
dans
un objectif de « sécurité
sanitaire ».
C’est pourquoi
l’Anses préconise de produire des données scientifiques pour
revoir les doses journalières admissibles (DJA) en prenant en compte
la toxicité de ces substances. Elle suggère aussi de veiller à la
qualité de l’eau du robinet, par endroits trop riche en nitrates.
Enfin, l’agence invite à poursuivre les recherches sur d’autres
pathologies, notant que des travaux scientifiques récents évoquent
de possibles liens avec d'autres types de cancers. «Mais
dans ce cas, le niveau de preuve n’est pas suffisant», nuance
la même source.
Plus nuancé
donc un peu plus exact, Le
Figaro
rapporte dans un article,
«Un rapport confirme le lien entre nitrites dans les charcuteries et
cancer».
L’Agence nationale de sécurité des
aliments préconiserait de poursuivre la réduction déjà engagée
des sels nitrités dans les recettes de jambon ou de saucisson.
L’Agence
nationale de sécurité des aliments (Anses) doit publier mardi un
rapport sur l’utilisation des sels nitrités dans la charcuterie.
Ses conclusions devraient épicer encore un peu plus les débats
entre partisans de leur maintien, comme les charcutiers, et ceux
prônant son interdiction. Selon le Journal
du dimanche,
l’agence reconnaît «l’existence
d’une association entre le risque de cancer colorectal et
l’exposition aux nitrites et aux nitrates», rejoignant
ainsi les conclusions de 2015 du Centre international de recherche
sur le cancer (CIRC). En même temps, poursuit la synthèse du
rapport, «l’utilisation
de ces additifs dans les charcuteries et salaisons permet une
maîtrise efficace de la croissance de bactéries pathogènes» à
l’origine d’infections alimentaires.
Plutôt que l’interdiction, qui
couterait des millions d’euros aux industriels, le rapport
préconise de poursuivre la réduction déjà engagée des sels
nitrités dans les recettes de jambon et de saucisson. S’il peut
apparaître comme une victoire des charcutiers industriels, il
pourrait aussi sonner un revers pour ces derniers sur un point.
Toujours selon l’Anses, certaines recettes alternatives développées
par les industriels pour offrir des gammes «sans nitrites» ne
«constituent pas une dimunution réelle du consommateur» à ces
additifs.
L’Anses organise le
12 juillet à 9h30 une présentation des résultats de notre
expertise sur les risques associés à la consommation de nitrates et
de nitrites...
NB: Quand vous lisez OMS, lire Centre international de recherche sur le
cancer ou CIRC, qui a publié en 2015 une monographie
sur l’évaluation de la consommation de la viande rouge et des
produits carnés transformés.
Mise à jour du 15 juillet 2022. Le ministère de l'Agriculture indique dans un communiqué,
La santé des consommateurs français est l’unique boussole du
Gouvernement dans l’analyse de l’ensemble des données et la
prise de recommandations.
Mise à jour du 20 juillet 2022. On lira l'article d'André Heitz paru dans Contrepoints, Nitrites et nitrates dans l’alimentation : gesticulations
On assiste à une volonté médiatique d’interdire les nitrites dans l’alimentation, mais les rapports scientifiques sont plus nuancés.
Nicolas Marcos, diététicien, a fait un commentaire sur Twitter qui me semble utile de lire.
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La
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