«La contamination de laits infantiles remonterait à 2024», selon l'excellent article de Joe Withworth paru le 20 février dans Food Safety News. Adaptation par aa. La contamination des produits de nutrition infantile par la céruléide a été initialement détectée par Nestlé dans son usine de Nunspeet (Pays-Bas), fin novembre 2025, entraînant le blocage des approvisionnements. Un rappel de produits a été émis le 10 décembre 2025.
Une analyse de 65 lots d'huile d'acide arachidonique (ARA) reçus du producteur chinois entre avril 2023 et octobre 2025 a révélé une contamination remontant à octobre 2024 et qui a persisté tout au long de l'année 2025, avec la concentration la plus élevée dans les livraisons de juillet 2025.
Un remake du COVID ?
En janvier 2026, la Commission européenne a demandé au Réseau international des autorités de sécurité sanitaire des aliments (INFOSAN) de contacter les autorités chinoises afin d'obtenir des informations sur les lots contaminés d'huile ARA provenant du producteur chinois, notamment sur leur distribution, l'analyse des causes profondes et les mesures correctives mises en œuvre. Ces informations n'ont toujours pas été communiquées.
Bilan des victimes en France
Les chiffres officiels communiqués par la Direction Générale de la Santé (DGS) et les autorités sanitaires font état de :
- 18 hospitalisations de nourrissons : Parmi elles, 11 cas de gastro-entérites aiguës sévères sont directement suspectés d'être liés à la consommation de lots contaminés. Les 7 autres cas sont encore en cours d'investigation.
- 3 décès de nourrissons signalés : Des enquêtes judiciaires et des analyses scientifiques sont en cours pour déterminer si un lien formel existe entre ces décès et la consommation du lait incriminé. À ce jour, les autorités restent prudentes et n'ont pas encore confirmé de lien de cause à effet définitif.
- Une cinquantaine de signalements au total : Ce chiffre inclut des alertes remontées par les parents et les centres antipoison.
Analyses
Confirmer les cas est difficile car les symptômes peuvent ressembler à des infections gastro-intestinales virales courantes et les tests de dépistage de la céréulide dans les échantillons de selles ne sont pas disponibles de manière systématique, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).
Pour les cas critiques en 2026, les autorités françaises envoient les échantillons à Sciensano (Belgique), qui possède l'équipement le plus sensible en Europe pour quantifier la céréulide à des niveaux infimes.
Les fabricants de produits alimentaires (laitiers, riz, pâtes) quant à eux font appel à des laboratoires privés spécialisés équipés de la technologie LC-MS/MS (chromatographie en phase liquide-spectrométrie de masse).