mardi 7 juillet 2026

Cas groupés de salmonellose en France liée à des œufs de Pologne

Cas groupés de salmonellose en France liée à des œufs de Pologne, source article de Joe Whitworth paru dans Food safety News 7 juillet 2026.

Une éclosion de cas de salmonellose survenue en France a probablement été causée par des œufs contaminés provenant de Pologne.

Seize personnes ont été contaminées par Salmonella Enteritidis, dont neuf hommes et sept femmes. Quatre personnes ont été hospitalisées. Les patients étaient âgés de 1 à 55 ans et présentaient principalement de la fièvre et de la diarrhée, selon Santé publique France.

En réponse aux questions de Food Safety News, la Direction générale de l'alimentation (DGAL) a indiqué que le lien initial avait été établi grâce à une enquête auprès de patients, révélant une corrélation entre l'apparition des symptômes et la consommation de produits contenant des œufs crus. L'origine de ces œufs a ensuite été déterminée grâce au code imprimé sur les coquilles.

Les œufs blancs incriminés étaient vendus en supermarché. Ils avaient déjà été consommés lorsque le lien entre la consommation d'œufs et l'apparition des symptômes a été établi, il n'y a donc pas eu de rappel.

La DGAL a indiqué avoir contacté les autorités polonaises afin de s'assurer que toutes les mesures soient prises pour garantir la sécurité des consommateurs.

Épidémie précédente :

Lors d’une précédente épidémie, l’unité régionale Île-de-France de Santé publique France avait été informée d’un foyer de 50 cas d’infection à Salmonella Enteritidis. Il s’agissait de l’épidémie la plus importante jamais enregistrée en Île-de-France, tant par le nombre de cas que par sa durée et sa gravité.

Commentaire

Un grand merci à Joe Withworth pour ces informations. Comme presque tout le temps, l’absence de transparence et d’information sont l’apanage une fois de plus de la DGAL et de Santé publique France.

Hong Kong : Autorisation de la présence de chiens dans les établissements alimentaires

On n’arrête pas le « progrès » à Hong-Kong, jugez plutôt …

À partir du 9 juillet, les chiens seront autorisés à pénétrer dans les établissements alimentaires (entendez par là, les établissements de restauration -aa) désignés par le Département de l'hygiène alimentaire et environnementale (FEHD). Avant cette date, aucun chien n'est admis dans les établissements alimentaires, à l'exception des chiens guides et des chiens de travail.

Le porte-parole du FEHD a déclaré que cette nouvelle mesure vise à répondre aux attentes du public, à créer de nouvelles opportunités commerciales pour le secteur de la restauration et à promouvoir la cohabitation harmonieuse entre les humains et leurs animaux de compagnie. À l'exception des restaurants de fondue chinoise, des restaurants de barbecue et des restaurants d'une superficie inférieure à 20 mètres carrés, tous les restaurants titulaires d'une licence complète peuvent demander l'autorisation d'admettre des chiens.

Les 1 000 établissements de restauration retenus sont situés dans divers quartiers de Hong Kong, de Kowloon et des Nouveaux Territoires. La répartition par quartier et par catégorie de ces établissements figure ici.

Un porte-parole du FEHD a déclaré : « Le FEHD déploiera des agents dédiés pour rendre visite aux établissements retenus les 16 et 17 juin afin de leur remettre les lettres d'approbation et d'informer les exploitants des exigences réglementaires, des conditions de licence et des autres dispositions relatives à la conformité. Les candidats retenus doivent s'acquitter d'une somme de 140 dollars au plus tard le 24 juin pour modifier leur licence et y inclure cette autorisation. Si les candidats ne terminent pas les démarches dans le délai imparti ou renoncent à leur éligibilité pour d'autres raisons, le FEHD fera appel à d'autres candidats figurant sur la liste d'attente pour pourvoir les places vacantes, en respectant l'ordre établi lors du tirage au sort. »

Les candidats ayant accompli les démarches et obtenu l'approbation officielle recevront une signalétique spécifique au format A3 ; celle-ci devra être affichée bien en vue aux entrées principales des établissements à partir du 9 juillet afin d'en faciliter l'identification par le public. Le FEHD publiera les noms et adresses des établissements autorisés.

L'accès des chiens aux établissements autorisés sera permis à partir du 9 juillet. Le FEHD lancera une série de campagnes de communication, comprenant des messages d'intérêt public à la télévision et à la radio, ainsi que des publicités aux arrêts de bus, dans les stations de métro (MTR) et sur les façades des bâtiments publics, afin de faire connaître les modalités d'accès des chiens à ces établissements. Une vidéo promotionnelle sera notamment diffusée en avant-première sur la page Facebook du FEHD.

Le FEHD recommande aux établissements autorisés de prendre les dispositions nécessaires pour accueillir les chiens, notamment en aménageant les espaces de restauration, en installant des équipements adaptés, en formant le personnel et en contactant les compagnies d'assurance. Par ailleurs, la coopération entre les clients accompagnés de chiens et les autres membres du public est essentielle. Le FEHD a précédemment publié des lignes directrices sur les bonnes pratiques et le comportement à adopter, précisant les points à retenir tant pour les exploitants de restaurants que pour les clients, qu'ils soient accompagnés d'un chien ou non. Le FEHD encourage les différentes parties à se référer aux lignes directrices, à assumer leurs responsabilités et à se respecter mutuellement, favorisant ainsi l'accueil des animaux de compagnie.

Les conditions de l’autorisation de la présence de chiens dans les établissements alimentaires est ici pour ceux que cela intéresse ...

lundi 6 juillet 2026

Une enquête de l'UE révèle des lacunes dans les contrôles concernant l'histamine dans les poissons par les États membres

« Une enquête de l'UE révèle des lacunes dans les contrôles concernant l'histamine dans les poissons par les États membres », source article de la Food Safety Magazine Editorial Team du 6 juillet 2026.

Un nouveau rapport de synthèse de la Commission européenne a mis en évidence des incohérences dans la manière dont les États membres de l'UE effectuent les contrôles officiels de l'histamine dans les poissons, soulignant des lacunes au niveau des procédures d'inspection, de la formation du personnel et de l'harmonisation des méthodes d'analyse. L'UE signale des centaines de cas de maladies liées à l'histamine chaque année.

Le rapport complet est en anglais ; il existe en français un résumé des soucis rencontrés lors des inspections et contrôles de l’histamine.

Le rapport résume les conclusions d'un projet mené en 2025-2026, qui a examiné les approches des États membres en matière de contrôle de l'histamine. Cette substance peut provoquer une intoxication alimentaire lorsque les consommateurs ingèrent du poisson mal manipulé ou altéré.

Des centaines de cas d'intoxication à l'histamine sont signalés chaque année ; en 2024, l'UE a enregistré 264 cas de maladie et 55 foyers d'infection, entraînant 27 hospitalisations. Le pic d'intoxications a été observé en 2022, avec 513 cas, 100 foyers et 44 hospitalisations.

Le rapport souligne que le maintien d'une hygiène adéquate et d'une maîtrise des températures tout au long de la chaîne du froid, y compris lors de la manipulation, du stockage, du transport et de la distribution, est essentiel pour minimiser le risque de contamination par l'histamine.

Approches et besoins de l'UE en matière d'échantillonnage et d'analyse de l'histamine

Selon le rapport, tous les États membres incluent l'échantillonnage et l'analyse de l'histamine dans leurs programmes de contrôle officiel, et la plupart des pays font appel à des laboratoires accrédités et officiellement désignés. Environ la moitié des États membres utilisent la méthode analytique de référence de l'UE (à savoir la norme EN ISO 19343), tandis que d'autres s'appuient sur des méthodes analytiques alternatives validées selon des normes internationales.

Le rapport a mis en évidence des lacunes réglementaires concernant les méthodes analytiques alternatives pour la détection de l'histamine. Bien que la législation de l'UE autorise des méthodes alternatives validées par rapport à la méthode de référence, elle n'établit pas de normes adéquates pour la validation de ces méthodes par rapport à la méthode de référence. En outre, les États membres manquent de critères harmonisés pour l'utilisation de méthodes analytiques alternatives validées. L'absence de laboratoire de référence de l'UE pour l'histamine a pu limiter l'harmonisation des méthodes d'analyse et des pratiques de laboratoire au sein du bloc.

Incohérences dans les contrôles de l'histamine entre les États membres

L'enquête a révélé des faiblesses dans les systèmes de contrôle officiel de plusieurs États membres. Ces problèmes comprenaient des lacunes dans les procédures d'inspection, une formation insuffisante du personnel des autorités compétentes et des difficultés à garantir que les exploitants du secteur alimentaire respectent les exigences de l'UE en matière d'histamine. Les autorités ont également signalé que certains exploitants peinent à mettre en œuvre les plans d'échantillonnage et les méthodes d'analyse requis en raison d'une compréhension ou d'une formation limitées.

Dans certains cas, les autorités compétentes autorisent les exploitants à modifier le plan d'échantillonnage établi en vertu de la législation de l'UE, ce qui suscite des inquiétudes quant à l'application cohérente des exigences de contrôle de l'histamine dans l'ensemble des États membres.

Suisse : Augmentation des maladies infectieuses d'origine alimentaire en 2025

L’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) rapporte : « En 2025, le nombre de toxi-infections alimentaires a augmenté. Les infections les plus fréquentes étaient la campylobactériose, la salmonellose et l’infection par Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC). »

La Suisse n’est pas la seule à avoir une augmentation des toxi-infections alimentaires, le blog vous avait aussi récemment rapporté le cas du Danemark.

Comme le montre le rapport fédéral sur les zoonoses pour l’année 2025, les chiffres relatifs aux toxi-infections alimentaires sont relativement stables depuis plusieurs années, mais restent à un niveau élevé.

La campylobactériose reste de loin la zoonose la plus fréquemment enregistrée chez l’être humain. Au total, 8 654 cas de campylobactériose confirmés par diagnostic de laboratoire ont été déclarés, ce qui représente une légère augmentation par rapport à l’année 2024 (8 269 cas). Dans l’ensemble, on constate une tendance fluctuante mais stable à un niveau élevé au cours des dix dernières années.

Une stabilisation est constatée pour la salmonellose, qui reste la deuxième zoonose la plus fréquemment enregistrée en Suisse en 2025, avec 2 280 cas confirmés par diagnostic de laboratoire déclarés chez l’être humain (contre 2 257 cas en 2024), ce qui correspond à un taux de déclaration de 25,1 nouveaux cas pour 100 000 habitants. On observe toutefois une augmentation du nombre de cas par rapport aux dix dernières années. On ne sait pas encore si cette augmentation est due à un nombre de cas réellement plus élevé ou à une augmentation du nombre de tests en raison de l’utilisation croissante de méthodes PCR multiplex avec, par conséquent, une détection plus fréquente. L’augmentation des voyages de la population suisse ainsi que l’accroissement de la consommation d’œufs au cours des dernières années sont également avancés comme causes possibles.

Avec un total de 1 433 cas déclarés en 2025, la légère augmentation des infections dues aux Escherichia coli producteurs de shigatoxine (STEC) observée ces dernières années chez l’être humain se poursuit (1 382 cas en 2024). Cela correspond à un taux de déclaration de 15,8 nouveaux cas pour 100 000 habitants, le plus élevé enregistré depuis l’introduction de l’obligation de déclaration en 1999. Il est difficile de dire si cette augmentation continue des infections est due à un accroissement du nombre de tests effectués avec les méthodes PCR multiplex qui permettent une détection plus fréquente des cas.

53 cas d’infections dues à Listeria monocytogenes ont été déclarés en 2025 versus 51 en 2024). Le séquençage du génome entier a permis d’attribuer 24 cas à un cluster et d’identifier la source d’infection de deux clusters.

Le nombre de foyers de toxi-infection alimentaire collective est resté relativement stable ces dernières années. Depuis 2021, il se situe entre 37 et 43 cas par an. En 2025, les autorités ont signalé 72 foyers de toxi-infections alimentaires collectives, un nombre significativement plus élevé de foyers que celui des années précédentes. Plus de 660 personnes sont tombées malades, au moins 21 d’entre elles ont été hospitalisées et 2 sont décédées. Tous ces foyers étaient circonscrits à un seul canton. Cette augmentation du nombre de foyers ne reflète pas nécessairement une détérioration de la situation en Suisse, mais permet plutôt de conclure à une meilleure sensibilisation.

NB : Ce qu’il y a d’intéressant dans cette information en provenance de Suisse, comme pour le cas du Danemark, c’est que les données sont de 2025. Chez nous, pour les données des toxi-infections alimentaires collectives, il est question de record pour les données de 2023. 

Eh oui, c’est ainsi, nous n’en sommes qu’en 2023, pour 2025, rendez-vous en 2028 (?) ...

Depuis le 1er juillet 2026, qu’est-ce qui a changé dans la maîtrise de Listeria dans les aliments réfrigérés prêts à être consommés ?

Le blog vous avait proposé fin mars 2026, Listeria monocytogenes pour les Nuls. Plus que 99 jours d'ici le 1er juillet 2026.

Contexte

Le critère de sécurité sanitaire des aliments précédemment en vigueur pour les denrées alimentaires prêtes à être consommées permettant le développement de L. monocytogenes ne fixait pas de limite réglementaire pour L. monocytogenes dans les aliments prêts à consommer une fois ceux-ci sortis du contrôle direct du fabricant, lorsque ce dernier n'était pas en mesure de démontrer que la concentration en L. monocytogenes, si la bactérie était présente dans le produit, ne dépasserait pas la limite de 100 UFC/g pendant toute la durée de conservation.

Cette situation créait un vide juridique dans les cas où il n'était pas garanti que la prolifération de L. monocytogenes dans des aliments prêts à consommer contaminés mis sur le marché resterait en deçà de la limite de 100 UFC/g. Les données scientifiques indiquent qu'une exposition à L. monocytogenes à des niveaux inférieurs à 100 UFC/g présente un faible risque de contracter la listériose pour les adultes en bonne santé, alors que des niveaux inférieurs à 100 UFC/g peuvent néanmoins provoquer une maladie chez les populations les plus vulnérables. Dans l'intérêt de la santé publique, une nouvelle limite plus stricte a été fixée pour combler ce vide juridique.

Eh oui, la date du 1er juillet est désormais dépassée et une agence de sécurité sanitaire des aliments, la Food safety Authority of Ireland, propose des des recommandations à l’intention des entreprises alimentaires suite à l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation européenne relative au contrôle de Listeria dans les aliments prêts à consommer.

Quel impact le nouveau critère aura-t-il sur les entreprises alimentaires et les consommateurs ?

Le nouveau seuil fixé pour L. monocytogenes étant plus strict que la limite actuelle de 100 UFC/g applicable aux aliments prêts à consommer permettant le développement de L. monocytogenes mis sur le marché, on peut s'attendre à une augmentation des cas de non-conformité pour certains de ces produits. Cette situation risque davantage de se produire si les entreprises ne disposent pas de procédures robustes pour gérer efficacement les risques de contamination croisée et de prolifération de L. monocytogenes dans les aliments prêts à consommer qu'elles fabriquent et/ou commercialisent. Toutefois, bien que ces nouvelles règles imposent des exigences plus strictes aux entreprises, elles garantiront, à terme, une meilleure protection globale des consommateurs, en particulier des plus vulnérables, contre le risque de listériose. Source FSAI.

Autre initiative, un étiquetage pour lutter contre Listeria

Des chercheurs du DTU National Food Institute du Danemark proposent un nouvel étiquetage à propos de Listeria pour le saumon fumé et d'autres aliments prêts à consommer afin de réduire le nombre d'infections à Listeria et par conséquent à aider les consommateurs à choisir des produits qui inhibent la croissance de Listeria.

« Il conviendrait d'introduire un système d'étiquetage pour les aliments prêts à consommer ayant été stabilisés lors de leur production afin de prévenir la prolifération de Listeria. Cela nous permettra de réduire le nombre de personnes contractant une infection à Listeria. L'étiquetage doit inspirer confiance aux consommateurs lorsqu'ils mangent des produits de la pêche, par ailleurs sains, mais susceptibles de contenir Listeria », explique Martin Laage Kragh, chercheur à l'Institut national des aliments de la DTU.

Il existe déjà des produits fabriqués de telle sorte que Listeria ne puisse pas s'y développer. Toutefois, il est actuellement difficile pour les consommateurs de savoir quels produits ont été stabilisés pour prévenir la prolifération de la bactérie et peuvent donc être consommés sans risque.

Les chercheurs proposent un système d'étiquetage volontaire utilisant le terme « STABILISÉ », ce qui devrait permettre aux consommateurs de choisir plus facilement des aliments présentant un risque minimal d'infection à Listeria.

« L'étiquetage ne doit être utilisée que par les producteurs capables de démontrer que Listeria ne peut pas se développer dans leurs produits », précise la professeure Lisbeth Truelstrup Hansen, de l'Institut national des aliments à la DTU.

En bref, la stabilité signifie que la conservation du produit doit être adaptée à la durée de vie indiquée.

« De nombreux produits ont une durée de vie trop longue compte tenu de leur mode de fabrication. Or, en modifiant la recette – souvent une simple petite modification suffit –, il est possible de rendre ces produits sûrs », indique le professeur émérite Paw Dalgaard, de l'Institut national des aliments à la DTU.

Eh oui, les DLC les plus courtes sont les meilleures !

A voir si cette initiative danoise aura une durée de vie assez longue ...

Incidence de la listériose en France et dans l’UE

Entre 1999 et 2020, le nombre annuel de cas de listériose a varié entre 188 et 414, avec des incidences annuelles entre 3,1 et 6,2 cas par million d’habitants ; en 2024, 619 cas ont été notifiés, pour une incidence de 9 cas par million d’habitants. Source Santé publique France.

Le nombre de cas de listériose dans l'UE est passé de 0,40 pour 100 000 habitants en 2010 à 0,69 pour 100 000 en 2024.

dimanche 5 juillet 2026

Environnement de fabrication et Listeria monocytogenes

« Impact of surface type and sanitizer use on reduction of Listeria monocytogenes biofilms subjected to varying nutrient availability », source Journal of Food Protection, In Press (Impact du type de surface et de l'utilisation de désinfectants sur la réduction de biofilms de Listeria monocytogenes soumis à des conditions variables de disponibilité en nutriments).

Faits saillants

  • L. monocytogenes est capable de persister sous forme de biofilm sur diverses surfaces en contact avec les aliments.
  • L. monocytogenes a survécu sur des surfaces pendant 17 jours malgré une disponibilité limitée en nutriments.
  • L'efficacité des désinfectants dépend du type de surface en contact avec les aliments.
  • L'acide lactique a montré une efficacité accrue vis-à-vis L. monocytogenes.

Résumé

La capacité de Listeria monocytogenes à adhérer aux surfaces et à former un biofilm tout en survivant dans des environnements froids accroît le risque de transfert de contamination dans les environnements de transformation alimentaire. Cette étude vise à déterminer quels matériaux de surface en contact avec les aliments favorisent la formation et la survie de biofilms de L. monocytogenes dans des conditions favorisant ou limitant la disponibilité en nutriments. L'efficacité antimicrobienne de trois désinfectants (acide lactique à 5%, chlore à 200 ppm, ammonium quaternaire à 200 ppm) vis-à-vis debiofilms formés dans deux environnements nutritionnels a également été évaluée. Un cocktail de cinq souches de L. monocytogenes a été utilisé pour développer des biofilms sur quatre types de coupons (1 × 1 cm) : acétal, nitrile, caoutchouc et acier inoxydable. Dans les conditions favorisant les nutriments, les coupons ont été soumis à une incubation de 72 heures, avec renouvellement du milieu de culture toutes les 24 heures, suivie d'un traitement par un désinfectant. Pour les conditions limitant les nutriments, les coupons ont subi les traitements après une période de stockage supplémentaire de 14 jours à 4,4°C sans apport de nutriments, faisant suite à la période initiale d'incubation de 3 jours. Les résultats ont montré que les populations cellulaires associées aux biofilms dépassaient 6,75 log UFC/cm² sur tous les types de surfaces dans les conditions favorisant les nutriments. Les conditions limitant les nutriments ont entraîné une réduction des populations microbiennes sur tous les types de surfaces, atteignant des niveaux compris entre 6,21 et 6,48 log UFC/cm². Bien que l'efficacité des désinfectants ait varié selon le type de surface, tous les désinfectants ont permis d'obtenir des réductions significatives (P < 0,05) par rapport au témoin dans les deux conditions. L'acide lactique a systématiquement entraîné une réduction plus importante (P < 0,05) dans les deux conditions testées. Cette étude confirme la capacité de L. monocytogenes à adhérer à diverses surfaces en contact avec les aliments utilisées dans les installations de transformation alimentaire et à y former un biofilm, ainsi qu'à survivre dans un environnement pauvre en nutriments ; elle suggère également que l'efficacité des désinfectants vis-à-vis des biofilms dépend du type de surface servant de substrat.

Conclusion

Les résultats de cette étude indiquent que L. monocytogenes peut adhérer à diverses surfaces en contact avec les aliments utilisées dans les installations de transformation alimentaire et y former un biofilm. Des facteurs tels que la température de croissance et la disponibilité des nutriments influencent l'ampleur de la formation du biofilm. Les biofilms de L. monocytogenes formés dans un environnement riche en nutriments et transférés dans un environnement pauvre en nutriments peuvent survivre et maintenir une population relativement stable pendant 14 jours. L'application des désinfectants a permis de réduire les biofilms sur différents types de surfaces. Par rapport à un témoin négatif (sans traitement), tous les désinfectants se sont révélés efficaces (P ≤ 0,05) pour réduire les biofilms, contrairement à l'eau seule (P > 0,05). L'acide lactique s'est parfois montré plus efficace que le chlore et les composés à base d'ammonium quaternaire. Les récentes épidémies liées à L. monocytogenes dans des produits alimentaires prêts à consommer soulignent le défi que ce micro-organisme représente pour les producteurs de denrées alimentaires. Les recherches sur les interactions entre la disponibilité des nutriments, le type de surface et l'utilisation de désinfectants apportent un éclairage précieux sur le comportement et l'écologie de L. monocytogenes dans les installations de transformation alimentaire. Plus précisément, ces travaux ont confirmé la capacité de L. monocytogenes à survivre dans diverses conditions nutritionnelles et sur différents types de surfaces. Ils ont démontré que l'efficacité des désinfectants peut dépendre du type de surface et que diverses interventions de désinfection restent efficaces si elles sont correctement appliquées. Des essais supplémentaires portant sur les surfaces, les désinfectants et les souches de L. monocytogenes permettront de mieux comprendre le comportement de cette bactérie.

samedi 4 juillet 2026

Loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles. Quand la ministre de l’agriculture devient une adepte du « en même temps »

Il est question ici de la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles et où il est constaté que Mme Genevard, ministre de l’agriculture, s'est convertie au « en même temps » du président Macron.

Ētrange débat, le 29 juin au Sénat. (source blog-notes d’Olivier Masbou).

La Haute Assemblée vient de voter la réintroduction, à titre dérogatoire, par 183 voix pour et 129 contre, et contre l’avis du Gouvernement, de l’acétamipride et le flupyradifurone (article 2 quater).

On aurait pu en restait là et attendre le résultat de la prochaine Commission mixte paritaire. Mais le Gouvernement, qui n’est plus à une contradiction près, a déposé et défendu un amendement de suppression de cet article 2 quater. A cette occasion, la ministre de l’Agriculture a réussi, dans la même intervention, à défendre la réintroduction des deux molécules et la suppression de l’article autorisant cette réintroduction !

« Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est parce que ce n’est pas la science qui a parlé en premier sur cette question, pas l’Anses, ni l’Efsa dont c’est la mission, mais le Parlement, a déclaré Annie Genevard (.) Des pays de l’Union européenne utilisent ces substances, nous, non. Il y a donc distorsion de concurrence – c’est un fait ».

Mais ajoute la ministre « Le Gouvernement ne souhaite pas l’adoption dans ce texte de cette mesure dérogatoire. Le Premier ministre, Mme Barbut (ministre de l’environnement) et moi-même considérons que cette question a échappé au Parlement : la société s’en est emparée, au demeurant d’une façon contestable, via une pétition lancée par une jeune femme qui a elle-même déclaré ne rien connaître au sujet ».

Et de conclure : « La question est ainsi installée dans l’opinion publique, virulente, et nous craignons qu’elle n’emporte le texte tout entier ».

Courage, fuyons.
L’amendement du Gouvernement a été rejeté par 186 voix contre 129.

Suivez bien les informations car en l'absence de consensus entre l'Assemblée nationale et le Sénat, une commission mixte paritaire sera réunie le 16 juillet pour parvenir à une écriture définitive du texte.

Hausse des infections d'origine alimentaire à Campylobacter et Listeria au Danemark en 2025

« Hausse des infections d'origine alimentaire à Campylobacter et Listeria au Danemark en 2025, source Food Safety Magazine Editorial Team. Article traduit et adapté par les soins -aa.

Le Danemark a signalé une augmentation des infections à Campylobacter et à Listeria en 2025, tout en continuant à renforcer son système de surveillance « Une seule santé » (One Health) grâce à la mise en place d'une nouvelle plateforme de séquençage du génome entier (WGS), selon le dernier rapport annuel du pays sur les zoonoses.

Campylobacter : principale cause de maladies d'origine alimentaire

Campylobacter est resté la principale cause de maladies d'origine alimentaire au Danemark :

- 5 714 cas en 2025,

- 5 546 cas en 2024
- 5 186 en 2023.

Le nombre de cas de salmonellose a diminué, passant de 1 266 en 2024 à 1 051 en 2025. Le Danemark a également signalé 84 cas d'infection à Listeria monocytogenes, soit une augmentation de près de 38% par rapport à 2024 et le total annuel le plus élevé depuis 2022.

Au total, 56 foyers de maladies d'origine alimentaire ont été à l'origine de 1 109 cas en 2025, un chiffre comparable aux 55 foyers signalés l'année précédente. Les foyers signalés impliquaient Campylobacter, Salmonella, L. monocytogenes, norovirus, Escherichia coli, des bactéries sporulantes, Cryptosporidium, le virus de l'hépatite A, ainsi que trois foyers locaux causés par des lectines présentes dans des haricots mal préparés.

Parmi les 13 foyers de salmonellose signalés, deux foyers nationaux d'envergure étaient liés à des produits réfrigérés. L'un des épisodes était associé à une éclosion internationale récurrente à S. Strathcona liée à des tomates italiennes, tandis que de la laitue importée était le vecteur suspecté d'une seconde éclosion à S. Typhimurium.

Le nombre de cas de Campylobacter a fortement augmenté au cours de l'été et de l'automne, principalement en raison de deux grandes éclosions liées à de la viande de poulet. Neuf des onze éclosions à Campylobacter signalées en 2025 étaient associées à du poulet.

Le rapport a également mis en évidence six éclosions nationales de listériose, dont la plus importante a touché 11 personnes et était liée à des galettes de poisson prêtes à consommer.

Par ailleurs, six éclosions à norovirus sont survenues au Danemark en 2025 ; toutes étaient liées à des activités de traiteur ou à des établissements de restauration.

Commentaire

En France, le dernier bilan de la surveillance des infections à Campylobacter est celui de 2023. Santé publique France indique que Campylobacter est au 2e rang estimé du nombre total d’infections d’origine alimentaire.

Le nombre de cas estimés est environ de 50 000 à 60 000 cas annuels de campylobactériose en France, sur la base de la surveillance et des modèles épidémiologiques.

Au niveau des bilans publiés, les bilans plus ou moins récents en France sont ceux de 2024 sur la listériose et le syndrome hémolytique et urémique pédiatrique ; signalons aussi le bilan 2023 des TIAC. C’est dire les progrès qu’il nous reste encore à faire sur l’information et la communication.

MàJ du 4 juillet 2027Le nouveau gouvernement danois supprime le ministère de l’Agriculture. Mette Frederiksen a constitué un nouveau Gouvernement au Danemark. Il est constitué à partir d’une coalition minoritaire de centre gauche. Le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et de la Pêche est remplacé par un ministère de la Nature et du Bien-être animal. 

vendredi 3 juillet 2026

Les bons gestes de l'été sans thermomètre ? Ça ne va pas le faire !

« Alimentation : les bons gestes de l’été !», source article du ministère de l’agriculture du 2 juillet 2023.

Viandes et poissons : attention à la cuisson !
Chaque année, une recrudescence de cas d'infections alimentaires est constatée durant l'été. Pour limiter les risques, il est primordial de cuire à cœur les saucisses, boulettes, volailles et viandes hachées. Des bactéries pathogènes peuvent survivre si la cuisson n’est pas assez complète.

Question : Peut-on faire une cuisson complète sans thermomètre ?

L’Anses en parle dans sa nouvelle infographie, « 10 gestes utiles en cuisine pour ne pas tomber malade ». Le souci est que la température de 70°C est illustrée pour la cuisson à cœur d’une viande hachée, mais cela ne va pas plus loin …

Comme le blog rappelle depuis sa création, rien ne vaut un thermomètre !

jeudi 2 juillet 2026

Plus de 100 personnes malades lors d'une grave épidémie à Salmonella liée à des nouilles aromatisées qui touche plusieurs pays

Des nouilles aromatisées constituent la source la plus probable d'une épidémie en cours dans plusieurs pays à Salmonella Stanley ; des éléments de preuve établissent un lien entre les cas et des produits de la même marque, selon une évaluation rapide de l’épidémie réalisée par l’EFSA et l’ECDC

Entre novembre 2025 et juin 2026, 106 cas confirmés (au 01/07/26) ont été signalés dans 13 pays de l'Union européenne et de l'Espace économique européen (UE/EEE) ainsi qu'au Royaume-Uni. Cette épidémie a principalement touché des enfants et des jeunes adultes, et au moins 49 personnes ont dû être hospitalisées.

Des cas ont été signalés en Autriche, Tchéquie, Danemark, Estonie, France, Allemagne, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Suède et Royaume-Uni.  

Les éléments de preuve désignent des produits à base de nouilles aromatisées

Les investigations épidémiologiques ont révélé que les personnes concernées au Danemark, en Estonie, en Allemagne et en Lituanie avaient consommé des produits à base de nouilles aromatisées de la même marque.  

Des preuves microbiologiques viennent étayer ce lien, la souche responsable de l’épidémie ayant été détectée en Allemagne et en Lituanie dans des nouilles aromatisées au poulet et au poulet épicé. Les enquêtes ont établi un lien entre ces produits, qui ont été distribués dans plusieurs pays, et un même fabricant en Ukraine. Cela suggère l’existence d’une source commune de contamination au niveau de l’usine de production, bien que des investigations supplémentaires soient nécessaires.

D’autres souches de Salmonella ont été détectées dans des produits de la même marque, ce qui laisse supposer que plusieurs sources de contamination pourraient être en cause.  

Mesures de maîtrise et risques

Les autorités chargées de la sécurité des aliments dans les pays concernés ont mis en œuvre des mesures de contrôle, notamment le retrait et le rappel des produits impliqués, ce qui réduira le risque de nouvelles infections liées à cette épidémie.  

A ma connaissance, aucun rappel n’a été signalé en France.

Toutefois, la cause première et le ou les points de contamination n’ont pas encore été établis. Il est donc probable que d’autres cas puissent survenir, d’autant plus que ces produits ont une longue durée de conservation et peuvent rester stockés dans les cuisines des ménages pendant de longues périodes.  

Conseils aux consommateurs

Les consommateurs ne doivent pas consommer les produits faisant l’objet d’un rappel et doivent les rapporter au point de vente ou les jeter.

Les consommateurs doivent respecter scrupuleusement les instructions figurant sur l’étiquetage des produits nécessitant une préparation supplémentaire avant consommation. Il est également important de respecter les règles d’hygiène alimentaire lors de la préparation.

NB : Image de l'EFSA.