Le blog vous
avait proposé fin mars 2026, Listeria
monocytogenes
pour les Nuls. Plus que 99 jours d'ici le 1er juillet 2026.
Contexte
Le critère de
sécurité sanitaire des aliments précédemment en vigueur pour les
denrées
alimentaires prêtes à être consommées permettant le
développement de L.
monocytogenes
ne fixait pas de limite réglementaire pour L.
monocytogenes
dans les aliments prêts à consommer une fois ceux-ci sortis du
contrôle direct du fabricant, lorsque ce dernier n'était pas en
mesure de démontrer que la concentration en L.
monocytogenes,
si la bactérie était présente dans le produit, ne dépasserait pas
la limite de 100 UFC/g pendant toute la durée de conservation.
Cette situation créait un vide
juridique dans les cas où il n'était pas garanti que la
prolifération de L. monocytogenes dans des aliments prêts à
consommer contaminés mis sur le marché resterait en deçà de la
limite de 100 UFC/g. Les données scientifiques indiquent qu'une
exposition à L. monocytogenes à des niveaux inférieurs à
100 UFC/g présente un faible risque de contracter la listériose
pour les adultes en bonne santé, alors que des niveaux inférieurs à
100 UFC/g peuvent néanmoins provoquer une maladie chez les
populations les plus vulnérables. Dans l'intérêt de la santé
publique, une nouvelle limite plus stricte a été fixée pour
combler ce vide juridique.
Eh oui, la date du 1er juillet est
désormais dépassée et une agence de sécurité sanitaire des
aliments, la Food
safety Authority of Ireland, propose des des recommandations à
l’intention des entreprises alimentaires suite à l’entrée en
vigueur de la nouvelle
réglementation européenne relative au contrôle de Listeria
dans les aliments prêts à consommer.
Quel impact le nouveau critère
aura-t-il sur les entreprises alimentaires et les consommateurs ?
Le nouveau seuil fixé pour L.
monocytogenes étant plus strict que la limite actuelle de 100
UFC/g applicable aux aliments prêts à consommer permettant le
développement de L. monocytogenes mis sur le marché, on peut
s'attendre à une augmentation des cas de non-conformité pour
certains de ces produits. Cette situation risque davantage de se
produire si les entreprises ne disposent pas de procédures robustes
pour gérer efficacement les risques de contamination croisée et de
prolifération de L. monocytogenes dans les aliments prêts à
consommer qu'elles fabriquent et/ou commercialisent. Toutefois, bien
que ces nouvelles règles imposent des exigences plus strictes aux
entreprises, elles garantiront, à terme, une meilleure protection
globale des consommateurs, en particulier des plus vulnérables,
contre le risque de listériose. Source FSAI.
Autre initiative, un étiquetage
pour lutter contre Listeria
Des chercheurs
du DTU
National Food Institute du Danemark proposent un nouvel
étiquetage à propos de Listeria
pour le saumon fumé et d'autres aliments prêts à consommer afin
de réduire le nombre d'infections à
Listeria
et
par conséquent à
aider les consommateurs à choisir des produits qui inhibent la
croissance de Listeria.
« Il conviendrait d'introduire un
système d'étiquetage pour les aliments prêts à consommer ayant
été stabilisés lors de leur production afin de prévenir la
prolifération de Listeria. Cela nous permettra de réduire le nombre
de personnes contractant une infection à Listeria. L'étiquetage
doit inspirer confiance aux consommateurs lorsqu'ils mangent des
produits de la pêche, par ailleurs sains, mais susceptibles de
contenir Listeria », explique Martin Laage Kragh, chercheur à
l'Institut national des aliments de la DTU.
Il existe déjà des produits
fabriqués de telle sorte que Listeria ne puisse pas s'y
développer. Toutefois, il est actuellement difficile pour les
consommateurs de savoir quels produits ont été stabilisés pour
prévenir la prolifération de la bactérie et peuvent donc être
consommés sans risque.
Les chercheurs proposent un système
d'étiquetage volontaire utilisant le terme « STABILISÉ », ce qui
devrait permettre aux consommateurs de choisir plus facilement des
aliments présentant un risque minimal d'infection à Listeria.
« L'étiquetage ne doit être
utilisée que par les producteurs capables de démontrer que Listeria
ne peut pas se développer dans leurs produits », précise la
professeure Lisbeth Truelstrup Hansen, de l'Institut national des
aliments à la DTU.
En bref, la stabilité signifie que la
conservation du produit doit être adaptée à la durée de vie
indiquée.
« De nombreux produits ont une durée
de vie trop longue compte tenu de leur mode de fabrication. Or, en
modifiant la recette – souvent une simple petite modification
suffit –, il est possible de rendre ces produits sûrs », indique
le professeur émérite Paw Dalgaard, de l'Institut national des
aliments à la DTU.
Eh oui, les DLC les plus courtes sont
les meilleures !
A voir si cette initiative danoise
aura une durée de vie assez longue ...
Incidence de la listériose en
France et dans l’UE
Entre 1999 et 2020, le nombre annuel
de cas de listériose a varié entre 188 et 414, avec des incidences
annuelles entre 3,1 et 6,2 cas par million d’habitants ; en
2024, 619 cas ont été notifiés, pour une incidence de 9 cas par
million d’habitants. Source Santé
publique France.
Le nombre de cas de listériose dans
l'UE est passé de 0,40 pour 100 000 habitants en 2010 à 0,69 pour
100 000 en 2024.