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lundi 21 septembre 2026

Surfaces antimicrobiennes pour emballages alimentaires réutilisables, selon une étude complète sur le sujet

« Surfaces antimicrobiennes pour emballages alimentaires réutilisables : un examen complet de leur fonctionnalité et de leur adéquation » est un article de 36 pages, en accès libre, paru dans Comprehensive Review in Food Science and Food Safety.

Cet article vise à passer en revue les différentes stratégies de fabrication de surfaces antimicrobiennes, à évaluer leur pertinence pour les applications d'emballages réutilisables et à mettre en lumière les lacunes actuelles des connaissances, tout en identifiant des pistes de recherche futures.

Etant donné la longueur de l’article, je ne vous propose que le résumé et la conclusion.

Résumé

Avec l'entrée en vigueur, en février 2025, du règlement européen relatif aux emballages et aux déchets d'emballages, les systèmes d'emballages plastiques réutilisables suscitent un intérêt croissant en tant qu'alternative plus circulaire et durable aux plastiques à usage unique. Toutefois, un obstacle majeur à leur adoption à grande échelle réside dans la difficulté à garantir une désinfection efficace après chaque réutilisation. Le risque de contamination croisée entre les cycles d'utilisation présente un risque de maladies d'origine alimentaire, susceptible d'éroder la confiance des consommateurs et de les dissuader d'utiliser ces systèmes. Les surfaces antimicrobiennes constituent une solution prometteuse pour renforcer la sécurité microbiologique et améliorer la nettoyabilité des emballages réutilisables. Ces surfaces sont conçues pour inhiber la croissance et la survie des micro-organismes tels que les bactéries, les virus et les champignons, responsables de la détérioration des aliments et des maladies d'origine alimentaire. Leur intégration dans les systèmes d'emballage pourrait potentiellement renforcer la confiance des consommateurs et accélérer l'adoption de ces systèmes en facilitant la désinfection et en réduisant le risque de contamination croisée microbienne. Il existe différentes stratégies de fabrication de surfaces antimicrobiennes, que l'on peut globalement classer en approches chimiques et physiques, chacune présentant des avantages et des limites spécifiques dans le contexte de l'emballage alimentaire. Cette étude examine de manière critique la fonctionnalité de ces types de surfaces et évalue leur potentiel pour les applications d'emballage alimentaire réutilisables.

Conclusion

Les surfaces antimicrobiennes représentent une stratégie prometteuse pour améliorer la sécurité microbiologique et la durée de conservation des produits alimentaires conditionnés dans des emballages réutilisables. Leur intégration pourrait renforcer l'engagement des consommateurs et accélérer l'adoption de ces emballages en facilitant une décontamination et une désinfection efficaces, réduisant ainsi le risque de contamination croisée par des agents pathogènes d'origine alimentaire. En inhibant la croissance et la survie des micro-organismes responsables de l'altération des aliments et des maladies, les surfaces antimicrobiennes offrent une garantie supplémentaire que les aliments sont livrés dans un environnement sûr et hygiénique.

Comme évoqué tout au long de cette étude, plusieurs stratégies permettent de fabriquer des surfaces antimicrobiennes sur divers matériaux. Les surfaces fonctionnalisées, supermouillables et intelligentes, ou « à libération contrôlée », généralement obtenues par revêtement chimique ou incorporation d’agents antimicrobiens, ont démontré une forte efficacité contre un large éventail d’espèces microbiennes. Cependant, leur application dans les emballages alimentaires soulève des préoccupations majeures, notamment la migration potentielle de composants toxiques dans les aliments, les répercussions sur le recyclage et l’économie circulaire, la contribution à la résistance aux antimicrobiens et le relargage d’additifs susceptible de nuire à leur performance à long terme.

À l'inverse, les surfaces antimicrobiennes obtenues par modification physique de la rugosité et de la texture, souvent inspirées des systèmes naturels, s'affranchissent de ces inconvénients en reposant exclusivement sur des caractéristiques structurales à l'échelle micro- et nanométrique. Selon leur géométrie, ces surfaces peuvent soit empêcher l'adhésion microbienne grâce à des propriétés anti-salissures et superhydrophobes, soit détruire les cellules par contact grâce à une action mécanobactéricide. Bien que ces approches soient très prometteuses pour les emballages alimentaires réutilisables, des défis restent à relever. En particulier, la durabilité des caractéristiques de surface après des lavages et réutilisations répétés, leur efficacité antimicrobienne à long terme et leur contribution potentielle à la formation de microplastiques doivent être étudiées en profondeur avant toute adoption à grande échelle.

À l'avenir, l'intégration réussie de surfaces antimicrobiennes dans les systèmes d'emballage alimentaire réutilisables dépendra d'un équilibre entre fonctionnalité, sécurité et durabilité. Si les approches chimiques ont démontré leur efficacité, leurs risques potentiels soulignent l'importance de développer des approches alternatives, telles que les motifs topographiques de surface antimicrobiens, plus conformes aux principes de l'économie circulaire et aux priorités des consommateurs en matière de santé et de sécurité des emballages. Par conséquent, les solutions basées sur la topographie de surface offrent une voie prometteuse, mais leur mise en œuvre pratique nécessite une évaluation rigoureuse en conditions réelles. L'amélioration de la durabilité et des performances à long terme sera essentielle pour réduire l'écart entre l'innovation en laboratoire et son adoption industrielle à grande échelle.

Enfin, du point de vue de la mise en œuvre industrielle, il est peu probable que les surfaces antimicrobiennes soient adoptées comme technologie de conservation unique. Elles pourraient plutôt s'intégrer à une stratégie globale visant à prolonger la durée de conservation des produits. L'association de surfaces antimicrobiennes à des technologies de conservation éprouvées, telles que le conditionnement sous atmosphère modifiée, le conditionnement sous vide, les systèmes d'emballage actifs, les absorbeurs d'oxygène et les indicateurs de fraîcheur, pourrait offrir des avantages complémentaires en réduisant simultanément la contamination microbienne et en inhibant la croissance microbienne. Cette intégration pourrait également réduire le niveau d'activité antimicrobienne requis de la surface elle-même, atténuant ainsi les inquiétudes concernant son efficacité à long terme et facilitant le développement de systèmes d'emballage alimentaire réutilisables plus sûrs, plus durables et commercialement viables.

vendredi 18 septembre 2026

Grande Bretagne : Les petites et micro-entreprises alimentaires font preuve d'un fort engagement en matière de sécurité des aliments, selon une étude de la FSA

La Food Standards Agency (FSA) mène depuis 2018 une enquête de suivi (il s’agit ici de la cinquième vague qui a eu lieu en 2025) auprès des petites et micro-entreprises du secteur alimentaire (opérateurs alimentaires de moins de 50 salariés) afin de comprendre leur vécu, leur perception de la réglementation et leur niveau de confiance envers le système alimentaire. La cinquième vague de cette étude couvre l'Angleterre, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord, tandis qu'une étude comparable est menée séparément en Écosse. L'étude examine la manière dont les petites entreprises alimentaires perçoivent les exigences réglementaires, leurs interactions avec la FSA ainsi que les pressions extérieures influençant leurs activités. Ce rapport présente uniquement les résultats concernant les opérateurs alimentaires d'Angleterre, du Pays de Galles et d'Irlande du Nord ; les résultats relatifs aux opérateurs alimentaires écossais font l'objet d'un rapport distinct publié par Food Standards Scotland.

Les entretiens ont été réalisés par IFF Research par téléphone, après une phase de tests cognitifs et une étude pilote. L'échantillon d'entreprises a été constitué en tenant compte des secteurs clés et des tailles d'entreprise entrant dans le champ de l'étude ; les résultats ont été pondérés pour refléter la population globale des petites et micro-entreprises du secteur alimentaire. Les notes ou scores obtenus en matière d’hygiène ont aussi été pris en compte dans cette étude.

Principaux résultats

La grande majorité des entreprises connaissaient la FSA (96 %) ; toutefois, la proportion d'entreprises déclarant bien connaître l'agence a diminué par rapport à 2023 (24 % en 2025 contre 32 % en 2023). Le niveau d'interaction avec la FSA est resté stable (26 % ayant eu au moins un contact), les entreprises exerçant une activité en ligne étant plus enclines que les autres à consulter le site internet de la FSA ou à rechercher des informations (38 % pour les entreprises en ligne contre 20 % pour celles n'exerçant pas en ligne).

Parmi les entreprises connaissant la FSA, la confiance envers l'agence est restée globalement élevée, bien que de légères baisses aient été observées sur plusieurs indicateurs par rapport à la vague précédente. Par exemple, les entreprises ont continué à manifester une grande confiance dans l'engagement de l'organisation à garantir la sécurité et les normes alimentaires (91 %) ; en revanche, la confiance dans la capacité de la FSA à utiliser de manière appropriée les informations fournies par les opérateurs alimentaires a reculé (87 %, contre 94 % précédemment). Les taux d'adhésion concernant la clarté de la communication de la FSA (81 %), son accessibilité (80 %) et sa compréhension des besoins des entreprises (79 %) sont restés élevés, mais ont également diminué par rapport aux vagues précédentes (baisses comprises entre 5 % et 9 %).

La plupart des entreprises se sont déclarées bien informées sur la réglementation qui les concernent (88 %). Les entreprises produisant ou vendant des denrées alimentaires sur place étaient plus susceptibles que les autres types d'entreprises de se déclarer bien informées (95 %). Le site internet de la FSA est demeuré la source d'information la plus courante (34 %), les autorités locales et les fournisseurs restant également des sources importantes (27 % et 15 %). La plupart des entreprises continuaient d'estimer que les réglementations en matière de sécurité des aliments protègent efficacement le public (96 %) et qu'elles sont raisonnables et pratiques (88 %). Une majorité d'entreprises considère que ces réglementations apportent une valeur ajoutée à leur activité (77 %), bien que ce chiffre ait reculé par rapport aux vagues précédentes (86 % en 2023).

Les entreprises ont fait état d'un renforcement de leur engagement envers les processus de sécurité des aliments. Elles ont également signalé une intensification des activités d'inspection (65 % en 2025 contre 56 % en 2023), et nombre d'entre elles ont bénéficié de conseils ou de formations dispensés par leur autorité locale ou leur conseil de district (28 %). Une proportion importante a indiqué avoir mis en place des procédures écrites pour le rappel ou le retrait de produits (50 %).

La gestion des allergènes était bien établie. La plupart des entreprises ont déclaré communiquer les informations relatives aux allergènes par des moyens tant écrits qu'oraux (67 %), et beaucoup ont utilisé les outils de la FSA destinés aux denrées alimentaires non préemballées (66 %). Les entreprises ont également indiqué recourir à diverses méthodes pour former leur personnel aux questions d'allergènes alimentaires (par exemple, formation formelle pour le personnel en poste : 78 %).

Les entreprises continuaient de faire face à diverses contraintes opérationnelles. Nombre d'entre elles ont identifié les changements de comportement des consommateurs liés au coût de la vie comme un défi majeur (67 %). Les préoccupations concernant l'inflation, les taux d'intérêt et les coûts de l'énergie se sont légèrement atténuées par rapport à la vague précédente, tout en restant importantes (respectivement 62 %, 62 % et 51 %). Les tensions sur le recrutement ont persisté, en particulier pour les postes nécessitant des compétences spécialisées (32 %), bien que les niveaux soient revenus plus près de ceux observés avant 2023.

L'utilisation des outils numériques a continué de progresser. Davantage d'entreprises ont déclaré disposer de leur propre site internet (61 %) et un nombre croissant d'entre elles ont commencé à les utiliser pour prendre des commandes (25 %). Les réseaux sociaux sont restés un outil de communication courant, tandis qu'une proportion plus faible d'entreprises a utilisé ces plateformes pour prendre des commandes (9 %). Le recours aux plateformes de livraison tierce partie est demeuré globalement stable (14 %), les entreprises de services étant les plus susceptibles d'y avoir recours (17 %).

La notoriété de la National Food Crime Unit est restée limitée (18 %), un niveau comparable à celui des années précédentes. Les cas signalés de fraude alimentaire sont également restés stables, les problèmes les plus fréquents concernant le vol (3 %) ou la substitution (2 %) de produits alimentaires.

Les micro-entreprises avaient tendance à moins consulter le site internet de la FSA (micro-entreprises : 23 % ; petites entreprises : 37 %) et étaient moins susceptibles de déclarer disposer de directives ou de procédures écrites en matière de rappel ou de retrait de produits (micro-entreprises : 49 % ; petites entreprises : 56 %). Les petites entreprises étaient plus susceptibles de déclarer utiliser des outils en ligne pour la formation sur les allergènes alimentaires (micro-entreprises : 46 % ; petites entreprises : 61 %). Des différences selon le secteur et la région ont également été observées. Les entreprises du secteur des services ont fait état du plus fort taux d'utilisation des recommandations et outils de la FSA (74 %, contre une moyenne globale de 66 %), tandis que les entreprises d'Irlande du Nord étaient moins enclines à consulter les ressources numériques (par exemple, 21 % utilisaient le site internet de la FSA, contre une moyenne de 25 %).

Conclusion

Les résultats de la cinquième vague ont montré que les petites entreprises et les micro-entreprises du secteur alimentaire restaient déterminées à garantir la sécurité sanitaire des aliments et continuaient de répondre positivement aux attentes réglementaires. Bien que la confiance ait diminué dans certains domaines, elle est demeurée solide concernant les missions fondamentales de la FSA. Une meilleure compréhension de la FSA, une visibilité accrue des lignes directrices et un soutien à l'interaction numérique contribueraient à garantir que les messages réglementaires atteignent efficacement tous les types d'entreprises.

Commentaire

Je vous laisse imaginer si une telle enquête de suivi pouvait être réalisée en France par l’Anses ou la DGAL ou autre, c’est proprement impossible !

mardi 15 septembre 2026

L'UE propose des conditions de stockage plus flexibles pour certaines viandes fraîches avant congélation

« L'UE propose des conditions de stockage plus flexibles pour certaines viandes fraîches avant congélation », source Food Safety Magazine.

La Commission européenne a proposé des modifications aux réglementations de l'UE sur l'hygiène des denrées alimentaires. Ces changements offriraient aux opérateurs alimentaires une plus grande flexibilité concernant le stockage de la viande fraîche d'ongulés domestiques (bovins, ovins, porcins) avant sa congélation, en s'appuyant sur un avis scientifique récent de l'EFSA.

Le projet de règlement délégué modifierait l'annexe III du règlement (CE) n° 853/2004, qui fixe des règles d'hygiène spécifiques pour les denrées alimentaires d'origine animale. La proposition est ouverte aux commentaires du public jusqu'au 5 octobre 2026.

Selon les exigences actuelles, la viande d'ongulés domestiques destinée à être congelée doit l'être « sans retard excessif », tout en tenant compte, si nécessaire, d'une période de stabilisation de plusieurs jours pour atteindre un pH et une température à cœur stables.

Les modifications proposées rendraient les exigences plus précises tout en autorisant des approches alternatives pour le stockage avant congélation, notamment différentes combinaisons de durée et de température. Les opérateurs alimentaires pourraient également fournir des preuves microbiologiques, jugées satisfaisantes par les autorités compétentes, démontrant la sécurité de la viande fraîche avant congélation et après décongélation.

Lors de l'élaboration de la réglementation, la Commission européenne a consulté un groupe d'experts représentant les autorités compétentes de tous les États membres de l'UE et a obtenu le soutien de ce groupe. Des organisations privées représentant les parties prenantes ont également été consultées.

S'il est adopté, le règlement entrera en vigueur 20 jours après sa publication et s'appliquera six mois après celle-ci.

L'EFSA a examiné la croissance microbienne sur la viande de bovins, d'ovins et de porcins

Ces changements s'appuient sur un avis scientifique de l'EFSA concernant la sécurité microbiologique de la viande d'ongulés destinée à être congelée puis décongelée, adopté par l'agence en décembre 2025. L'EFSA a comparé la croissance de micro-organismes pertinents (pathogènes, d'altération et indicateurs) selon cinq scénarios de réfrigération, de stockage et de décongélation pour la viande de bovins, d'ovins et de porcins. L'évaluation a utilisé des modèles de microbiologie prédictive prenant en compte la température et, dans la mesure du possible, le pH et l'activité de l'eau.

Les conclusions de l'EFSA ont fourni une base scientifique pour préciser l'exigence actuelle de congélation « sans retard excessif » figurant dans la réglementation de l'UE et pour autoriser des combinaisons alternatives de durée et de température, ou le recours à des preuves microbiologiques, afin de démontrer la sécurité sanitaire de la viande.

L'EFSA n'a pas été en mesure d'évaluer la viande d'ongulés sauvages, ni d'extrapoler les résultats obtenus pour les ongulés domestiques aux ongulés sauvages en raison de données insuffisantes.

MàJ du 22 septembre 2026. On lira ce document de l’UE sur les règles d'hygiène applicables à la viande fraîche issue de mammifères domestiques.

Résumé

L'Union européenne (UE) a notifié au Comité des mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) un nouveau projet de règles d'hygiène relatives aux conditions de stockage de la viande fraîche provenant de mammifères domestiques (non sauvages), notamment les vaches, les porcs, les moutons, les chèvres et les chevaux (G/SPS/N/EU/965).

Les règles actuelles exigent que la viande destinée à la congélation soit congelée sans retard injustifié. La Commission européenne propose désormais des règles plus précises concernant le nombre de jours suivant l'abattage et les températures de congélation de la viande fraîche issue de mammifères domestiques. (Les règles applicables à la viande de gibier d'élevage resteront inchangées.)

mardi 8 septembre 2026

Consultation sur la présence de la toxine céréulide dans les préparations pour nourrissons

La Commission européenne lance une consultation sur la présence de la toxine céréulide dans les préparations pour nourrissons.

Début de la consultation, le 1er septembre 2026 , fin de la consultation, le 29 septembre 2026. Adoption prévue pour le 1er trimestre 2027.

En réponse à des préoccupations récentes en matière de sécurité des aliments, la Commission propose l’introduction de contrôles supplémentaires concernant les préparations pour bébés et les aliments spéciaux pour nourrissons. Cela permettra de garantir que la toxine céréulide n’est pas présente dans les denrées alimentaires suivantes vendues dans l’UE:

  • préparations en poudre pour nourrissons,
  • aliments diététiques en poudre destinés à des fins médicales spéciales pour nourrissons de moins de 6 mois,
  • préparations de suite en poudre.

L’objectif est de rendre ces aliments plus sûrs pour tous les enfants dans l’UE, tout en faisant en sorte que les règles soient équitables et cohérentes pour les producteurs de l’UE.

Sont proposés le projet de règlement et une annexe, uniquement en anglais.

Dans l’annexe, le nouveau crière est ci-dessous :
*Lors des analyses de produits liquides, la limite applicable doit être ajustée en fonction du facteur de reconstitution du fabricant afin de garantir le respect du seuil de 0,1 µg/kg pour les formes lyophilisées correspondantes. Seuls les laboratoires capables d’atteindre une limite de quantification (LQ) suffisamment basse sont habilités à réaliser ces analyses.
** Les prélèvements séchés de la matrice cible doivent être reconstitués en respectant le rapport eau/échantillon spécifié par le fabricant avant de procéder à l'extraction à l'acétonitrile. Les laboratoires peuvent utiliser un rapport inférieur si des données validées démontrent une efficacité d'extraction des toxines équivalente.

Cette législation fait suite à un important rappel mondial de préparations pour nourrissons, survenu début 2026, en raison d'une contamination à la céréulide.

L'huile d'acide arachidonique (AHA), utilisée comme ingrédient et provenant d'un fournisseur chinois commun, a été identifiée comme la cause de cette contamination.
L'UE a déjà pris plusieurs mesures en réponse à cet incident, notamment le renforcement des contrôles sur les importations d'huile d'AHA en provenance de Chine.

L’EFSA avait fourni le 2 février 2027 une évaluation rapide des risques liés à la céréulide dans les préparations pour nourrissons.

L'EFSA avait également établi une dose aiguë de référence (ARfD) pour la céréulide chez les nourrissons et des seuils de sécurité pour cette toxine dans les préparations pour nourrissons.

vendredi 14 août 2026

Un rapport de l'EFSA évalue la sécurité des aliments des substituts végétaux ou des faux aliments d'origine végétale

Un rapport réalisé dans différents pays au sein de l’UE, dont la France, représentée par l’Anses, propose « Une étude de prévalence en magasin visant à examiner les niveaux de contamination microbiologique des substituts végétaux prêts à consommer (PAC) de produits laitiers, de viande et de poisson ». Source EFSA du 12 août 2026.

Avec d’autres mots, que valent les fakes aliments (ou les faux aliments : les fauxmages,la fausse viande,etc., en termes de sécurité des aliments. Il y a, selon moi, des gens qui ont vraiment de l’argent à perdre, surtout quand il s’agit d’aliments ultratransformés …

Résumé

Ce rapport exhaustif examine la contamination microbiologique des substituts végétaux prêts à consommer (PAC) de produits laitiers, de viande et de poisson, reflétant l'intérêt croissant du marché et des consommateurs pour les sources de protéines alternatives.

L'objectif principal était d'évaluer la prévalence et les niveaux des principaux indicateurs microbiens et pathogènes dans ces produits, afin d'évaluer leur innocuité et les risques potentiels pour la santé publique. Une stratégie d'échantillonnage systématique a été mise en œuvre, couvrant une gamme diversifiée de substituts végétaux PAC disponibles dans le commerce. Les échantillons ont fait l'objet d'analyses microbiologiques rigoureuses, incluant le dénombrement des germes viables totaux, des entérobactéries, de Listeria monocytogenes, de Salmonella spp. et d'autres micro-organismes pertinents, selon des protocoles de laboratoire standardisés. Les résultats ont révélé des niveaux de contamination microbienne variables selon les catégories de produits, certains échantillons dépassant les seuils de sécurité établis pour certains pathogènes ou indicateurs d'hygiène. Notamment, la présence de Listeria monocytogenes et de Salmonella spp. était rare, mais a souligné la nécessité d'une vigilance constante dans les chaînes de production et d'approvisionnement.

L'étude a identifié des facteurs influençant la contamination, tels que la formulation du produit, les conditions de transformation et les pratiques de stockage, soulignant l'importance de systèmes de gestion de la sécurité alimentaire robustes et adaptés aux produits végétaux prêts à consommer.

En conclusion, bien que la majorité des substituts végétaux prêts à consommer aient démontré une qualité microbiologique satisfaisante, des cas isolés de niveaux de contamination élevés justifient l'attention de l'industrie et des autorités réglementaires. Les résultats confirment la nécessité d'une surveillance continue, d'une évaluation ciblée des risques et de l'élaboration de lignes directrices spécifiques pour garantir la sécurité des aliments végétaux prêts à consommer.

Ce rapport fournit des données essentielles pour éclairer les politiques, orienter les meilleures pratiques de l'industrie et protéger la santé publique, alors que le secteur continue de se développer.

Conclusion

Bien que la qualité microbiologique des échantillons analysés dans le cadre de cette enquête ait été globalement satisfaisante, certains problèmes ont été relevés. L'enquête met en évidence la présence de pathogènes d'origine alimentaire dans des substituts végétaux (produits laitiers, viandes et poissons) prêts à consommer ; bien que rare, ce phénomène peut survenir de manière sporadique. La maîtrise adéquate des risques potentiels doit être prise en compte dans le cadre des bonnes pratiques d'hygiène (BPH) de l'exploitant du secteur alimentaire et des procédures fondées sur HACCP, au sein de son système de management de la sécurité des denrées alimentaires. Les exploitants doivent gérer ces dangers de manière appropriée grâce aux programmes préalables : contrôle rigoureux des matières premières auprès des fournisseurs, programmes d'hygiène adéquats, formation du personnel, ainsi qu'un entretien approprié et une maîtrise de la température de la chaîne du froid. À défaut, il existe un risque que toute contamination pathogène potentielle atteigne des niveaux susceptibles de provoquer de graves maladies d'origine alimentaire, de manière comparable à ce qui est observé pour les produits d'origine animale (produits laitiers, viandes et poissons) prêts à consommer.

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre la prévalence des pathogènes dans les matières premières utilisées pour les aliments végétaux prêts à consommer et pour valider les procédés de transformation. Comme le montre cette enquête, le marché de détail propose une gamme variée de substituts végétaux (produits laitiers, viandes et poissons) prêts à consommer. Des investigations complémentaires sont requises pour identifier les points nécessitant une attention particulière, notamment les points critiques pour leur maîtrise ou CCP dans les procédés de fabrication de ces substituts végétaux émergents.

Ces études devraient orienter l'élaboration de lignes directrices spécifiques concernant les BPH, les paramètres temps/température et les recommandations de formulation des produits, afin de garantir la sécurité microbiologique lors de la transformation et de la conservation. Par ailleurs, des modèles prédictifs adaptés et des challenge tests devraient étayer la détermination de la durée de conservation, en fournissant aux exploitants des orientations fondées sur des données scientifiques pour fixer cette durée.

Au cours de cette enquête collaborative menée dans 15 États membres, il a été observé que, si certains pays participants ont établi des lignes directrices nationales incluant des critères microbiologiques recommandés pour surveiller la contamination des produits végétaux PAC présents sur le marché, ce n'est pas le cas de manière uniforme dans tous les États membres. L'élaboration et la mise en œuvre de critères microbiologiques harmonisés pour évaluer la qualité microbiologique de ces substituts végétaux PAC seraient utiles pour favoriser la cohérence des évaluations officielles de la conformité microbiologique de ces types de produits. Enfin, les consommateurs perçoivent souvent les aliments d'origine végétale comme étant plus sûrs que leurs équivalents d'origine animale. Une vigilance continue de la part des autorités de réglementation et des exploitants du secteur alimentaire est nécessaire pour maintenir les normes de sécurité sanitaire des aliments et pour traiter les cas isolés susceptibles de poser un problème de santé publique s'ils ne sont pas gérés. Il est recommandé aux autorités chargées de la sécurité sanitaire des aliments, en collaboration avec les parties prenantes concernées, de revoir et de mettre à jour la communication sur les risques destinée aux consommateurs concernant le stockage et l'utilisation des produits végétaux PAC. 

Les produits végétaux réfrigérés PAC échantillonnés dans le cadre de cette enquête portaient souvent une date de durabilité minimale (« à consommer de préférence avant le... ») plutôt qu'une date limite de consommation (« à consommer jusqu'au... »). Ce constat a été fait pour 77 % (n = 334/436) des substituts de fromage et 63 % (n=323/509) des substituts de viande. La date de durabilité minimale concerne la qualité de l'aliment, tandis que la date limite de consommation a trait à la sécurité des aliments. Cela signifie que les consommateurs peuvent choisir de consommer un aliment portant une date de durabilité minimale après l'échéance de celle-ci, si son aspect, son odeur et son goût semblent normaux. 

En vertu de la législation sur la sécurité des aliments, les exploitants du secteur alimentaire doivent prendre en compte le comportement des consommateurs en évaluant les conditions raisonnablement prévisibles de distribution, de stockage et d'utilisation, ainsi que la consommation normale d'un produit alimentaire, lorsqu'ils déterminent si un aliment présente un risque pour la sécurité des aliments. Le non-respect des températures de conservation et les longues durées de conservation des produits portant une date de durabilité minimale, que certains consommateurs peuvent choisir de consommer bien après la date indiquée, sont susceptibles de favoriser la prolifération de micro-organismes nocifs jusqu'à des niveaux jugés dangereux pour la sécurité sanitaire. Il est important de fournir aux consommateurs des informations claires sur les risques, soulignant la nécessité de respecter les conditions de conservation indiquées sur l'étiquette et d'assurer une manipulation adéquate des produits végétaux prêts à consommer, en particulier après ouverture, lorsque la durée de conservation au réfrigérateur est limitée, afin de garantir la sécurité sanitaire des aliments jusqu'à l'assiette.

NB : On lira dans Food Safety Magazine un article qui traite du rapport de l’EFSA avec ce titre, « Une étude de l'UE sur les pathogènes dans les aliments d'origine végétale prêts à consommer suggère un potentiel de croissance microbienne et la nécessité d'une attention réglementaire » (EU Survey of Pathogens in RTE Plant-Based Foods Suggests Microbial Growth Potential, Need for Regulatory Attention).

Commentaire

Pour faire court, des gens du marketing se sont emparés de ce marché et ne connaissent, le plus souvent, peu ou pas grand-chose en matière de réglementation en hygiène et sécurité des aliments. J’espère qu'avec cette étude, l’EFSA ne fait pas la promotion de ces produits ...
Pour se rendre compte de ce que sont ces « produits », lire cet article du blog du 28 juin 2023, « Qui est l’un des plus grands experts de la listéria dans l’agroalimentaire ? » C’est édifiant !

dimanche 24 septembre 2023

Une agence irlandaise révèle des non-conformités liées à la sécurité sanitaire des produits de la mer

«Une agence irlandaise révèle des non-conformités liées à la sécurité sanitaire des produits de la mer», source article de Food safety News du 24 septembre 2023.

L'agence responsable de la sécurité sanitaire des produits de la mer en République d'Irlande a enregistré 18 violations potentielles de la loi sur la sécurité des aliments au cours du premier semestre 2023.

La Sea-Fisheries Protection Authority (SFPA) est chargée de faire respecter la législation alimentaire dans le secteur des produits de la mer jusqu'au point de vente au détail.

Huit mises en demeure ont été adressées à des entreprises au cours des trois premiers mois de 2023 et dix au cours du trimestre suivant, dans le cadre de contrôles officiels basés sur les risques.

Les agents de protection des pêches maritimes ont effectué 87 inspections de janvier à mars 2023 dans des établissements terrestres ainsi que dans des navires congélateurs et usines.

Les huit avis d'exécution comprenaient sept avis de conformité et une ordonnance d'interdiction.

Paschal Hayes, directeur général de la SFPA, a dit : «La protection de la sécurité sanitaire des produits de la mer est un élément central de notre mission en tant qu'autorité de réglementation. Assurer la confiance des consommateurs dans la qualité, la provenance et la sécurité sanitaire de nos produits de la mer est essentiel pour réaliser les ambitions collectives du secteur.

«Le faible niveau de non-conformité constaté illustre les efforts considérables déployés par la plupart des entreprises de produits de la mer pour respecter la réglementation, ainsi que le système d'inspection robuste en place pour garantir et, si nécessaire, faire respecter la conformité.»

D'avril à juin

Les 10 avis d’exécution du deuxième trimestre 2023 comprenaient six avis de paiement forfaitaire, trois avis de conformité et un avis d’amélioration.

Une entreprise, O Cathain Iasc Teoranta, a été condamnée à une amende de 4 500 euros par le tribunal de district d'An Daingean en avril.

L'entreprise, basée à Dingle, dans le comté de Kerry, a plaidé coupable à des accusations de violation de la loi sur la sécurité des aliments, notamment la mise sur le marché de produits de thon rouge dangereux, le non-respect des exigences en matière d'hygiène alimentaire et le défaut d'assurer le contrôle de la température des produits de thon rouge.

L’affaire est survenue à la suite d’une inspection inopinée des locaux en mars 2021, qui a également empêché la vente au détail de thon rouge.

jeudi 31 août 2023

Rappel de Punjabi Cashew Korma de Street Kitchen par Carrefour, suite à la présence d'un allergène non mentionné sur l'étiquetage

Je palie momentanément un oubli de RappelConso avec ce rappel chez Carrefour le 29 août 2023. Il s’agit de Cashew Korma - Street Kitchen

Suite à une erreur de production, la société MEDIASCORE FOODING procède au rappel du produit suivant : STREET KITCHEN - PUNJABI CASHEW KORMA suite à une erreur d’étiquetage (contre étiquette de sauce satay ne mentionnant pas l’allergène Amande).

Lot : 639/039222302 DDM : 29/02/24

L'ensemble du lot est retiré de la commercialisation.

Cependant, certains de ces produits ont été commercialisés avant la mesure de retrait et peuvent contenir un allergène non étiqueté : l’amande. Il est donc demandé aux personnes allergiques et/ou intolérantes aux amandes, qui détiendraient ce produit de ne pas le consommer et de le rapporter au magasin, où il leur sera remboursé.

Ces produits ne présentent aucun risque par ailleurs pour les personnes non allergiques aux amandes, qui peuvent tout à fait consommer ces produits, ou se les faire rembourser en magasin.

Complément

Toujours pas d'information de RappelConso.

Ajoutons à cet oubli, un autre rappel le 31 août 2023 par Carrefour de la barquette osso bucco de dinde 1kg pour cause de suspicion de présence de Listeria monocytogenes.
Marque : Pouce
Conditionnement : Barquette sous atmosphère protectrice
Lot : 0343157445
DLC 20/08/23 

vendredi 9 juin 2023

Quand des résidus de pesticides sont retrouvés dans les fraises par une ONG allemande. Réponse cash du BfR, pas d'effet sanitaire attendu

C’est une belle leçon de sécurité des aliments et des produits phytosanitaires que nous relate le BfR, d’une part vis-à-vis d’une ONG qui a ‘trouvé’ des traces de résidus dans des fraises et d’autre part en indiquant que «les agriculteurs biologiques ne renoncent pas totalement aux produits phytosanitaires.» On n’ose imaginer le tollé en France ...

«Des résidus de produits de production végétale dans les fraises. Pas d'effet sanitaire attendu» source communication n°022/2023 du BfR du 7 juin 2023.

Selon des analyses effectuées par une organisation non gouvernementale, des résidus de produits phytopharmaceutiques ont été détectés dans des fraises disponibles dans le commerce. Dans ce contexte, l'Institut fédéral allemand pour l'évaluation des risques (BfR) souligne que l'identification de résidus dans les aliments ne présente pas nécessairement un risque pour la santé des consommateurs. Toutes les substances actives identifiées dans les analyses ont été évaluées toxicologiquement et jugées sûres dans le cadre des utilisations approuvées. En conséquence, les utilsations sont approuvées pour une utilisation dans les produits phytopharmaceutiques dans l'Union européenne et autorisés pour une utilisation dans les fraises en Allemagne. Aucun des échantillons rapportés ne dépassait ou même ne s'approchait des limites maximales de résidus (LMR) fixées par la loi. Selon l'état actuel des connaissances, ces fraises ne devraient pas nuire à la santé. Pour trois des substances actives identifiées (difénoconazole, penconazole et trifloxystrobine), une dose aiguë de référence (ARfD) est dérivée. Cette valeur définit la quantité d'une substance qu'un consommateur peut ingérer avec des aliments au cours d'une journée sans encourir de risque pour la santé. Pour les trois substances actives mentionnées, le BfR a évalué si la consommation de fraises constituait un risque pour la santé des consommateurs.

Résultat : les niveaux relevés sont bien inférieurs aux doses aiguës de référence actuelles, qui ont été épuisées jusqu'à 3% maximum par la consommation de ces fraises. Même la présence simultanée de plusieurs substances actives dans les fraises n'est pas préoccupante pour la santé compte tenu de l'épuisement minimal des doses aiguës de référence respectives. Même si les produits phytopharmaceutiques autorisés sont utilisés correctement et conformément à leur destination, des résidus peuvent rester dans les cultures et donc dans les denrées alimentaires et les aliments pour animaux. Les résidus doivent être suffisamment faibles pour ne pas mettre en danger la santé des consommateurs – les résidus de produits phytopharmaceutiques sont autorisés dans les aliments jusqu'à la limite maximale de résidus (LMR) fixée par la loi. Du point de vue de l'évaluation des risques, les critères d'autorisation actuels excluent avec suffisamment de certitude les risques pour la santé des consommateurs. Selon la réglementation européenne en vigueur, les risques sanitaires pouvant découler de l'utilisation d'un produit phytopharmaceutique sont évalués par un État membre de l'UE au nom des États membres d'une zone. L'autorisation des produits phytopharmaceutiques est effectuée au niveau national. En Allemagne, elle est délivrée par l'Office fédéral allemand de la protection des consommateurs et de la sécurité alimentaire (BVL). L'Institut Julius Kühn, Institut fédéral de recherche sur les plantes cultivées (JKI), l'Agence fédérale allemande pour l'environnement (UBA) et l'Institut fédéral allemand pour l'évaluation des risques (BfR) sont impliqués dans le processus et effectuent des évaluations partielles dans le cadre de leurs attributions. Le BfR évalue les risques pour la santé des consommateurs, des opérateurs, des travailleurs, des passants et des résidents.

Les produits phytopharmaceutiques sont utilisés pour protéger les plantes ou parties de plantes, y compris les fruits frais, les légumes et les semences, contre les parasites tels que les champignons, les mauvaises herbes ou les organismes nuisibles. Ils sont également conçus pour assurer le rendement des cultures, protéger les cultures pendant le stockage et le transport et assurer une bonne qualité des aliments. Bien que moins de produits phytosanitaires soient utilisés en agriculture biologique qu'en agriculture conventionnelle, les agriculteurs biologiques ne renoncent pas totalement aux produits phytosanitaires.

Commentaire

Cela intervient dans un contexte malsain déclenché par une ONG allemande vis-à-vis des fraises espagnoles. Je ne suis pas sûr, hélas, que le communiqué du BfR puisse calmer les choses ...
«Allemagne : un appel au boycott des fraises espagnoles a été lancé», source Le Figaro.
Cette campagne de boycott vise la fraise cultivée dans la province de Huelva en Andalousie, première région exportatrice de fruits rouges en Europe.  

mercredi 26 avril 2023

Canada : Nouvelle politique sur la présence de Listeria monocytogenes dans les aliments prêts à consommer

Je vais tenter de vous faire un résumé de ce que propose Santé Canada en ce qui concerne la «Politique sur la présence de Listeria monocytogenes dans les aliments prêts-à-manger (2023) : Aperçu.»

En attendant l'UE ou le Royaume-Uni, il s'agit du premier pays à dégainer une nouvelle réglementation sur ce que nous appelons les aliments prêts à consommer et Listeria monocytogenes. Par ailleurs, le terme contôler (to control) signifie le plus souvent maîtriser que contrôler. Les sous-titres des paragraphes sont du blog.

Préambule
La politique sur la Listeria (2023) qui remplace la version datée du 1er avril 2011, a été élaborée par Santé Canada, avec la participation de l'Agence canadienne d'inspection des aliments et l'Agence de la santé publique du Canada, et elle tient compte des rôles et des responsabilités de l'industrie, du gouvernement et des consommateurs. La politique sur la Listeria (2023) vise à faciliter l'application et la vérification d'activités concernant Listeria monocytogenes dans les aliments prêts-à-manger pour protéger la santé et la sécurité des Canadiens. Sa mise en œuvre devrait permettre de déceler rapidement la persistance de l'espèce Listeria dans l'environnement de transformation des aliments et d'évaluer l'efficacité des mesures de contrôle mises en place pour lutter contre Listeria monocytogenes dans les aliments prêts-à-manger.

Listeria monocytogenes 
La bactérie Listeria monocytogenes est unique parmi les agents pathogènes d'origine alimentaire. Elle est très répandue dans la nature, peut proliférer à des températures de réfrigération et peut survivre dans l'environnement des usines de transformation des aliments pendant des mois, voire des années. Bien que rares, les infections à L. monocytogenes peuvent entraîner des maladies graves et sévères, en particulier chez les personnes vulnérables. Les éclosions d'origine alimentaire de listériose ont été pour la plupart liées à des aliments prêts-à-manger (PAM) qui ne nécessitent normalement aucune préparation complémentaire avant d'être consommés. Par conséquent, ce document décrit la politique de Santé Canada liée à l'application, à la mise en œuvre et à la vérification des mesures de maîtrise pour L. monocytogenes dans les aliments PAM.

Les aliments prêts à consommer
Les aliments PAM sont des aliments qui sont normalement consommés dans le même état que celui dans lequel ils sont achetés. Ils ne nécessitent normalement aucune préparation complémentaire avant d'être consommés, sauf peut-être d'être lavés ou rincés, décongelés ou réchauffés (c'est-à-dire, un traitement thermique permettant une réduction de moins de 5-log du nombre de L. monocytogenes).

Les aliments PAM assujettis à la politique sur la Listeria doivent souvent être réfrigérés (c'est-à-dire, emballage portant la mention 'Garder réfrigéré') ou congelés (c'est-à-dire, emballage portant la mention 'Garder congelé') pour leur conservation jusqu'au moment de la consommation.

Les fruits et légumes crus frais et coupés qui ont été pelés, tranchés, hachés ou râpés avant d'être emballés pour la vente et qui sont destinés à être consommés dans le même état que celui dans lequel ils sont achetés sont considérés PAM et sont assujettis à la politique sur la Listeria. Exemples : laitue coupée finement en sac, champignons tranchés, chou râpé pour la salade de chou, melons frais coupés et salade de fruits.

Objectif et portée
La politique sur la Listeria vise à faciliter l'application et la vérification d'activités concernant L. monocytogenes dans les aliments PAM pour protéger la santé et la sécurité des Canadiens. La mise en œuvre de la politique sur la Listeria devrait permettre de déceler rapidement la peristance de l'espèce Listeria (Listeria spp., cela comprend L. monocytogenes) dans l'environnement de transformation des aliments et d'évaluer l'efficacité des mesures de contrôle mises en place pour lutter contre L. monocytogenes dans les aliments PAM. Dans ce contexte particulier, la politique sur la Listeria guide l'industrie sur les façons de se conformer à la législation fédérale en lien avec les aliments et peut servir de ressource à l'organisme de réglementation concerné pour une telle mise en vigueur. Les détails concernant les fréquences d'échantillonnage, de vérification et d'attestation de conformité fondées sur le risque sont laissés à la discrétion de l'organisme de réglementation concerné.

Pour ce faire, il faut :
- respecter les bonnes pratiques agricoles (BPAs) et/ou les BPFs
- suivre un plan HACCP ou un plan de contrôle préventif (PCP)
- réaliser un échantillonnage environnemental de Listeria spp. dans l'usine
- contrôler les étapes de transformation qui éliminent ou réduisent le nombre de L. monocytogenes pendant la fabrication
- prévenir l'introduction de L. monocytogenes dans les aires de post-transformation où les aliments sont exposés à l'environnement avant l'emballage.

Fabricants d'aliments prêts-à-manger
Puisque la bactérie L. monocytogenes est très répandue dans la nature et peut se trouver dans l'environnement de transformation des aliments, les fabricants d'aliments PAM devraient être en mesure de démontrer que leur système de salubrité des aliments contrôlera L. monocytogenes. Les fabricants devraient procéder à un échantillonnage environnemental, tel que décrit aux figures 2 à 4 (voir la section Échantillonnages environnementaux à des fins d'analyses ou tableau 1), compte tenu du principe selon lequel l'environnement où se trouvent des aliments à risque élevé devrait faire l'objet d'une fréquence d'échantillonnage accrue. Ceci devrait être effectué à des fins de vérification de l'efficacité de leurs programmes d'assainissement (c'est-à-dire, nettoyage et désinfection) et de leurs contrôles des procédés. La présence de Listeria spp. peut être une indication de la présence de L. monocytogenes et devrait entraîner une intensification du nettoyage et de la désinfection. Un examen du système de salubrité des aliments peut également être nécessaire.

Sur cette partie, on se référera au chapitre, Mesures de contrôle pour se conformer aux critères microbiologiques pour L. monocytogenes dans les aliments prêts-à-manger.

Bien entendu, «Les aliments importés doivent être préparés avec au moins le même niveau de contrôle de la salubrité des aliments que les aliments préparés au Canada, car ils doivent satisfaire aux mêmes résultats en matière de salubrité des aliments.»

NB : Le document «Politique sur la présence de Listeria monocytogenes dans les aliments prêts-à-manger ». Date d’entrée en vigueur : 1er octobre 2023 comprend 52 pages et est disponible ici.

jeudi 6 avril 2023

Tsunami de législations européennes en matière de durabilité, selon la fédération de l'industrie alimentaire belge

En France, le journal L’Opinon du 6 avril 2024 titre sur les «Excès de normes: le Medef tire la sonnette d’alarme».

502 obligations et 3 670 pages de réglementations sur les entreprises sont sortis des bureaux de la Commission européenne et du Parlement depuis 2017. «On court tout droit à la catastrophe », alerte dans l’Opinion le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux

Les faits - L’Opinion publie en exclusivité les résultats d’une étude commandée par le Medef sur le poids des normes européennes. Entre 2017 et 2022, les entreprises françaises ont dû digérer chaque mois une moyenne de sept nouvelles obligations et 51 pages de réglementation.

En Belgique, la Fevia,  la Fédération de l'industrie alimentaire belge, parle de «Tsunami de législations européennes en matière de durabilité». Rien de moins ...

Vous avez certainement entendu parler de la déferlante de nouvelles législations en matière de durabilité que l’Union européenne prépare. Mais que prévoient les directives diligence raisonnable et rapports de durabilité ou encore les règlements déforestation, travail forcé et taxonomie ? Quel sera leur impact sur les entreprises alimentaires, petites et grandes ? Fevia en a résumé pour vous les grandes lignes, en fonction des informations actuellement à sa disposition. 

L’Union travaille depuis plusieurs années sur différents dossiers législatifs liés à la durabilité. Comme nous l’explique la députée européenne belge Saskia Bricmont (Verts/ALE) dans l’entretien que nous avons mené avec elle à ce propos, ces législations constituent une des réponses de nos institutions aux questions humaines et environnementales auxquelles font face l’Europe, et le monde, et qui ont été traduites dans le Green Deal. Les entreprises auront un rôle de premier plan à jouer dans la mise en place de cette société plus juste et plus durable. Il est donc impératif de s’y attabler sans tarder. 

Pas nouvelle du côté de l’ANIA, association nationale des entreprises alimentaire de France, étonnant, non ?

Commentaire
Le green deal de l’UE est un très mauvais deal pour nos agriculteurs et pour nos entreprises. Je suis certain qu’en France nos politiques vont se faire un devoir d’appliquer ces nouvelles règles et normes, juste pour montrer que nous somme le meilleur élève de l’UE ...

mardi 4 avril 2023

Des nouvelles de la réautorisation du glyphosate au Luxembourg

Luxembourg: La justice contraint le Grand-Duché à réautoriser le glyphosate
Le Luxembourg a annoncé lundi qu'il réautorisait la commercialisation des produits à base de glyphosate, après avoir été en 2020 le premier pays de l'UE à bannir cet herbicide controversé, une interdiction annulée par la justice du Grand-Duché.

Le pays avait retiré le 1er février 2020 l'autorisation de mise sur le marché aux produits phytopharmaceutiques à base de glyphosate, tout en tolérant l'écoulement des stocks existants, avant d'interdire complètement leur utilisation sur les sols luxembourgeois à partir du 1er janvier 2021.

L'interdiction a été invalidée par une décision rendue vendredi en appel par la Cour administrative du Luxembourg. Les juges ont pointé «l'absence d'indication de la moindre argumentation juridique» pour interdire les 8 produits concernés en contradiction avec le régime juridique de l'UE qui permettait leur distribution.

«L'annulation a pour conséquence que les autorisations pour les produits phytopharmaceutiques en cause sont rétablies à compter de la date du prononcé de l'arrêt», a réagi lundi le ministère luxembourgeois de l'Agriculture.

Bayer gagne son recours
«La Cour a confirmé que le retrait (des autorisations de marché) violait le droit européen», s'est félicité le géant allemand de la chimie Bayer qui avait déposé un recours devant les juridictions administratives contre l'interdiction de ses produits, notamment de sa marque Roundup.

«Ce retrait n'était basé sur aucun élément scientifique ou réglementaire incriminant le glyphosate ou les produits basés sur cette substance», a réagi un porte-parole du groupe auprès de l'AFP.

Etude publiée en juillet
La Commission européenne a décidé début décembre de prolonger d'un an, jusqu'au 15 décembre 2023 l'autorisation actuelle du glyphosate dans l'UE, déjà renouvelée en 2017 pour cinq ans, dans l'attente d'une évaluation scientifique par les régulateurs européens.

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) prévoit de rendre en juillet 2023 une étude très attendue sur «les risques de l'exposition au glyphosate pour les animaux, les humains et l'environnement», jugée indispensable pour décider de la prolongation ou non, pour cinq années supplémentaires, de l'autorisation délivrée à l'herbicide.

Le gouvernement du Luxembourg, petit Etat de 645 000 habitants situé entre l'Allemagne, la Belgique et la France, avait banni le glyphosate à la suite d'un accord politique conclu en 2018 par la coalition au pouvoir, une première dans l'UE. L'Autriche avait un temps projeté de l'interdire à partir de début 2020 avant de faire machine arrière.

Le gouvernement du Grand-Duché assurait début 2020 que près de 60% des exploitations agricoles luxembourgeoises avaient déjà renoncé au glyphosate, avant même la mise en place de l'interdiction.