Un
rapport
réalisé dans différents pays au sein de l’UE, dont la France,
représentée par l’Anses, propose « Une
étude de prévalence en magasin visant à examiner les niveaux de
contamination microbiologique des substituts végétaux prêts à
consommer (PAC) de produits laitiers, de viande et de poisson ».
Source
EFSA du 12 août 2026.
Avec
d’autres mots, que valent les fakes aliments (ou les faux
aliments : les
fauxmages,la fausse viande,etc., en termes de sécurité des aliments. Il y a, selon moi, des gens qui
ont vraiment de l’argent à perdre, surtout quand il s’agit
d’aliments ultratransformés …
Résumé
Ce rapport exhaustif examine la
contamination microbiologique des substituts végétaux prêts à
consommer (PAC) de produits laitiers, de viande et de poisson,
reflétant l'intérêt croissant du marché et des consommateurs pour
les sources de protéines alternatives.
L'objectif principal était d'évaluer
la prévalence et les niveaux des principaux indicateurs microbiens
et pathogènes dans ces produits, afin d'évaluer leur innocuité et
les risques potentiels pour la santé publique. Une stratégie
d'échantillonnage systématique a été mise en œuvre, couvrant une
gamme diversifiée de substituts végétaux PAC disponibles dans le
commerce. Les échantillons ont fait l'objet d'analyses
microbiologiques rigoureuses, incluant le dénombrement des germes
viables totaux, des entérobactéries, de Listeria monocytogenes,
de Salmonella spp. et d'autres micro-organismes pertinents,
selon des protocoles de laboratoire standardisés. Les résultats ont
révélé des niveaux de contamination microbienne variables selon
les catégories de produits, certains échantillons dépassant les
seuils de sécurité établis pour certains pathogènes ou
indicateurs d'hygiène. Notamment, la présence de Listeria
monocytogenes et de Salmonella spp. était rare, mais a
souligné la nécessité d'une vigilance constante dans les chaînes
de production et d'approvisionnement.
L'étude a identifié des facteurs
influençant la contamination, tels que la formulation du produit,
les conditions de transformation et les pratiques de stockage,
soulignant l'importance de systèmes de gestion de la sécurité
alimentaire robustes et adaptés aux produits végétaux prêts à
consommer.
En conclusion, bien que la majorité
des substituts végétaux prêts à consommer aient démontré une
qualité microbiologique satisfaisante, des cas isolés de niveaux de
contamination élevés justifient l'attention de l'industrie et des
autorités réglementaires. Les résultats confirment la nécessité
d'une surveillance continue, d'une évaluation ciblée des risques et
de l'élaboration de lignes directrices spécifiques pour garantir la
sécurité des aliments végétaux prêts à consommer.
Ce rapport fournit des données
essentielles pour éclairer les politiques, orienter les meilleures
pratiques de l'industrie et protéger la santé publique, alors que
le secteur continue de se développer.
Conclusion
Bien que la qualité microbiologique
des échantillons analysés dans le cadre de cette enquête ait été
globalement satisfaisante, certains problèmes ont été relevés.
L'enquête met en évidence la présence de pathogènes d'origine
alimentaire dans des substituts végétaux (produits laitiers,
viandes et poissons) prêts à consommer ; bien que rare, ce
phénomène peut survenir de manière sporadique. La maîtrise
adéquate des risques potentiels doit être prise en compte dans le
cadre des bonnes pratiques d'hygiène (BPH) de l'exploitant du
secteur alimentaire et des procédures fondées sur HACCP, au sein de
son système de management de la sécurité des denrées
alimentaires. Les exploitants doivent gérer ces dangers de manière
appropriée grâce aux programmes préalables : contrôle rigoureux
des matières premières auprès des fournisseurs, programmes
d'hygiène adéquats, formation du personnel, ainsi qu'un entretien
approprié et une maîtrise de la température de la chaîne du
froid. À défaut, il existe un risque que toute contamination
pathogène potentielle atteigne des niveaux susceptibles de provoquer
de graves maladies d'origine alimentaire, de manière comparable à
ce qui est observé pour les produits d'origine animale (produits
laitiers, viandes et poissons) prêts à consommer.
Des recherches supplémentaires sont
nécessaires pour mieux comprendre la prévalence des pathogènes
dans les matières premières utilisées pour les aliments végétaux
prêts à consommer et pour valider les procédés de transformation.
Comme le montre cette enquête, le marché de détail propose une
gamme variée de substituts végétaux (produits laitiers, viandes et
poissons) prêts à consommer. Des investigations complémentaires
sont requises pour identifier les points nécessitant une attention
particulière, notamment les points critiques pour leur maîtrise ou
CCP dans les procédés de fabrication de ces substituts végétaux
émergents.
Ces études devraient orienter
l'élaboration de lignes directrices spécifiques concernant les BPH,
les paramètres temps/température et les recommandations de
formulation des produits, afin de garantir la sécurité
microbiologique lors de la transformation et de la conservation. Par
ailleurs, des modèles prédictifs adaptés et des challenge tests
devraient étayer la détermination de la durée de conservation, en
fournissant aux exploitants des orientations fondées sur des données
scientifiques pour fixer cette durée.
Au cours de cette enquête
collaborative menée dans 15 États membres, il a été observé que,
si certains pays participants ont établi des lignes directrices
nationales incluant des critères microbiologiques recommandés pour
surveiller la contamination des produits végétaux PAC présents sur
le marché, ce n'est pas le cas de manière uniforme dans tous les
États membres. L'élaboration et la mise en œuvre de critères
microbiologiques harmonisés pour évaluer la qualité
microbiologique de ces substituts végétaux PAC seraient utiles pour
favoriser la cohérence des évaluations officielles de la conformité
microbiologique de ces types de produits. Enfin, les consommateurs
perçoivent souvent les aliments d'origine végétale comme étant
plus sûrs que leurs équivalents d'origine animale. Une vigilance
continue de la part des autorités de réglementation et des
exploitants du secteur alimentaire est nécessaire pour maintenir les
normes de sécurité sanitaire des aliments et pour traiter les cas
isolés susceptibles de poser un problème de santé publique s'ils
ne sont pas gérés. Il est recommandé aux autorités chargées de
la sécurité sanitaire des aliments, en collaboration avec les
parties prenantes concernées, de revoir et de mettre à jour la
communication sur les risques destinée aux consommateurs concernant
le stockage et l'utilisation des produits végétaux PAC.
Les
produits végétaux réfrigérés PAC échantillonnés dans le cadre
de cette enquête portaient souvent une date de durabilité minimale
(« à consommer de préférence avant le... ») plutôt qu'une date
limite de consommation (« à consommer jusqu'au... »). Ce constat a
été fait pour 77 % (n = 334/436) des substituts de fromage et 63 %
(n=323/509) des substituts de viande. La date de durabilité minimale
concerne la qualité de l'aliment, tandis que la date limite de
consommation a trait à la sécurité des aliments. Cela signifie que
les consommateurs peuvent choisir de consommer un aliment portant une
date de durabilité minimale après l'échéance de celle-ci, si son
aspect, son odeur et son goût semblent normaux.
En vertu de la
législation sur la sécurité des aliments, les exploitants du
secteur alimentaire doivent prendre en compte le comportement des
consommateurs en évaluant les conditions raisonnablement prévisibles
de distribution, de stockage et d'utilisation, ainsi que la
consommation normale d'un produit alimentaire, lorsqu'ils déterminent
si un aliment présente un risque pour la sécurité des aliments. Le
non-respect des températures de conservation et les longues durées
de conservation des produits portant une date de durabilité
minimale, que certains consommateurs peuvent choisir de consommer
bien après la date indiquée, sont susceptibles de favoriser la
prolifération de micro-organismes nocifs jusqu'à des niveaux jugés
dangereux pour la sécurité sanitaire. Il est important de fournir
aux consommateurs des informations claires sur les risques,
soulignant la nécessité de respecter les conditions de conservation
indiquées sur l'étiquette et d'assurer une manipulation adéquate
des produits végétaux prêts à consommer, en particulier après
ouverture, lorsque la durée de conservation au réfrigérateur est
limitée, afin de garantir la sécurité sanitaire des aliments
jusqu'à l'assiette.
NB : On lira dans Food Safety Magazine un article qui traite du rapport de l’EFSA avec ce titre, « Une étude
de l'UE sur les pathogènes
dans les aliments d'origine végétale prêts à consommer suggère
un potentiel de croissance microbienne et la nécessité d'une
attention réglementaire » (EU
Survey of Pathogens in RTE Plant-Based Foods Suggests Microbial
Growth Potential, Need for Regulatory Attention).
Commentaire
Pour faire court, des gens du
marketing se sont emparés de ce marché et ne connaissent, le plus
souvent, peu ou pas grand-chose en matière de réglementation en hygiène et sécurité des aliments. J’espère qu'avec cette étude, l’EFSA ne fait pas la promotion de ces produits ...