lundi 25 janvier 2021

Quand un aliment est lui-même un corps étranger, un exemple avec une saucisse

Selon Ameli.fr,

L'inhalation d'un corps étranger correspond au passage anormal d'une substance solide (morceau d'aliment, petit objet...) de la bouche vers l'arrière-gorge, le larynx, la trachée ou les bronches, alors que cette substance aurait dû se diriger vers les voies digestives : œsophage, estomac.

C'est ce qu'on appelle communément une 'fausse route'.

Les corps inhalés sont le plus souvent :

  • des aliments : graines, cacahouètes, pistaches, bonbons ou des objets : pièces de jouets, petites piles rondes, perles, capuchons de stylo chez l'enfant ;

  • des vis, punaises, chevilles en plastiques... tenues entre les dents lors d'activité de bricolage chez l'adulte ;

  • des morceaux de viande, des fragments de dents, couronnes dentaires et des médicaments chez la personne plus âgée.

Voici qu'on apprend qu'«Herta en procès après la mort d'un enfant», source Le Figaro.

Le petit Lilian, âgé de presque trois ans, s'était étouffé avec un bout de saucisse Knacki. Ses parents veulent alerter sur le danger de ce produit pour les plus petits.
La société Herta, poursuivie pour homicide involontaire après la mort en 2014 du petit Lilian, qui s'était étouffé avec un bout de saucisse Knacki, comparaît lundi 25 janvier devant le tribunal correctionnel de Dax.

Herta, dont le président Arnaud de Belloy sera présent à l'audience, est attaqué en justice par Florence et Vincent Lerbey, pour «homicide involontaire par violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence» posée par le Code de la Consommation. Ils ne veulent pas qu'un tel drame se reproduise. Leur fils de 2 ans et 11 mois est mort le 11 août 2014 dans un camping de Messanges, sur la côte landaise, où la famille bordelaise séjournait en mobile-home.

Si les parents de Lilian ont finalement porté plainte contre Herta,«ce n'est pas pour de l'argent mais pour qu'il y ait une prise de conscience des consommateurs qui ignorent la dangerosité de ce produit», affirme à l'AFP Me Philippe Courtois, avocat de la famille. Le «diamètre de ces saucisses correspond à l'œsophage des plus petits et leur matière spongieuse peut se coller à la trachée», ajoute-t-il. À l’époque, seule une «recommandation pour les plus jeunes» de couper en «tout petits morceaux» était indiqué sur les paquets. Depuis 2015, à la demande de la famille Lerbey, une nouvelle mention avec logo d'alerte figure au dos des emballages : «Pour les enfants de moins de quatre ans, couper la saucisse dans le sens de la longueur puis en tout petits morceaux afin de prévenir les risques d'étouffement».

Dans un récent communiqué, Herta précise avoir alors, «conformément aux souhaits» des Lerbey, incité les autres fabricants de saucisses à pâte fine à reprendre ces termes, ce qu'ils ont «majoritairement» fait. Les parents de Lilian souhaitent que ce texte soit mis à l'avant des paquets pour plus de visibilité. Ils aimeraient également une campagne publicitaire pour faire connaître ce risque qui a déjà été tragique pour quelques autres enfants.

En 2018, la Cour d'appel de Paris a notamment reconnu Herta responsable du handicap d'une fillette de trois ans qui avait frôlé la mort avec une «Knacki ball» six ans plus tôt, et indemnisé les parents, estimant que l'emballage ne prévenait pas suffisamment du danger potentiel.

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